dimanche 24 août 2014

Divorcés, ils se sont remariés

Ils se sont rencontrés... ils se sont aimés... ils ont voulu se marier. Et là ça coince un peu car ils sont tous les deux divorcés. Se remarier à la mairie, ça va encore, mais pour ce qui est du "passage" à l'église c'est beaucoup plus compliqué, même impossible... enfin à voir...


Le remariage des divorcés est une question difficile et douloureuse dans l'église catholique. Pour faire court tout le monde sait qu'ils n'ont pas droit à un nouveau sacrement et ils vivent cela comme un rejet et un échec supplémentaire à ce qu'il perçoivent déjà comme un échec de leur couple. Cela occasionne moult critiques vis-à-vis de l’Église et beaucoup de souffrance.

Micheline et Denis sont de ceux-là et ils ont fait le pas, hier, en s'engageant l'un envers l'autre dans le mariage. Mariage civil. Mais au nom de leur foi ils souhaitaient inscrire cet engagement dans leur chemin de foi. Leur chemin ensemble depuis une bonne dizaine d'années est un chemin douloureux de recherche entre rejet, culpabilisation, révolte contre la position de l’Église en même temps que confiance en une possible évolution. Chemin cahoteux et confiant tout à la fois. Chemin de rencontres, d'ouverture, de dialogue, de remise en cause.

Alors samedi ils ont voulu qu'on prie avec eux et pour eux avant d'aller à la mairie.
Soyons clairs. Ce n'était pas une messe ni même une bénédiction comme on l'entend pour des célébrations de mariage, il n'y a pas eu de sacrement. Mais on a prié ensemble avec un prêtre et une belle assemblée d'amis. Des chants, un beau texte de Martin Gray, un passage d'évangile, une prière universelle, un Notre Père. Les mariés dans leur mot d'accueil, puis le prêtre dans son homélie ont bien situé la démarche : prier ensemble, confier au Père l'amour de Micheline et Denis, rendre grâce pour le rude chemin déjà fait ensemble et celui qu'ils vont continuer.

Et on ne s'y trompe pas. Quelques signes confirmaient la différence avec un mariage à l'église, selon la formule consacrée :
  • chronologiquement, et c'est important, ce temps de prière était avant le mariage à la mairie (alors que pour un mariage religieux il faut d'abord passer par la mairie),
  • le prêtre était en aube mais sans étole, il ne se tenait ni à l'autel ni au siège de présidence,
  • la mariée portait un simple et très sobre tailleur blanc et n'a revêtu une robe de mariée qu'à la sortie de la mairie.
Des détails ? Pas seulement. Ils ne sont pas passés inaperçus et ils étaient bien réfléchis. C'est cela qui fait la différence. Alors, qu'est-ce qui peut empêcher des chrétiens de prier ensemble ?

Dans certaines paroisses l'animation de ce temps de prière est confié à des laïcs. Je me réjouis que ce soit un prêtre qui l'ait assuré ici. Cela dit quelque chose de l'ouverture et de l'accueil de l’Église, de l'attention du clergé local à cette question.
 
A l'automne prochain, du 5 au 19 octobre, doit se tenir à Rome le Synode des évêques sur la famille. Cette question des divorcés-remariés est à l'ordre du jour. Les attentes sont fortes pour que l’Église continue l'ouverture amorcée par le Pape François, y compris dans ce domaine. "Nous devons écouter  la douleur de l'échec...  il faut accompagner et non pas condamner ceux qui connaissent l’échec de leur propre amour... marcher de l'avant avec eux" dit le Pape François.

Chaque situation est à prendre en compte pour elle-même. Chaque couple a son histoire, son chemin, ses chutes et ses espérances, sa vie de foi. Il ne s'agit pas de galvauder le sacrement du mariage, mais d'accueillir ceux qui ont été blessés par un échec et ne pas les rejeter de l’Église.

J'ai été heureuse de participer à ce temps de prière avec Micheline, Denis et leurs amis. Heureuse qu'ils se sentent accueillis dans l’Église, souhaitant qu'ils y trouvent leur heureuse place, et que cela se passe dans ma paroisse. Heureuse de ce germe d'espérance. Leur route continue, de même que la recherche de solutions qui s'appuient sur la miséricorde de Dieu. Amis divorcés-remariés, gardez confiance ! 


NB - Un grand nombre d'articles sont parus sur ce sujet dernièrement, ci-dessous quelques uns des derniers publiés dans La Croix :
- L'accueil des divorcés-remariés, le casse-tête des cardinaux pendant le consistoire (23-02-2014)
- Le Pape invite à ne pas "condamner" lorsque l'amour échoue (28-02-2014)
- Divorcés-remariés, les 5 conditions du Cardinal Kasper (03-03-2014)
- Divorcés-remariés, le cardinal Müller défend la doctrine (31-07-2014)
- Document de préparation du Synode sur la famille, et questionnaire (04-11-2013)
- "Divorcés remariés, la chance de Marie-Madeleine". Marcel Metzger, ancien directeur de l'Institut de droit canonique à Strasbourg (19-08-2014)

Voir aussi :
- Dossier du Synode sur la famille, sur le site de l’Église de France 

jeudi 7 août 2014

"Raconte-moi ton pays" ou "mes vacances en Suisse"

Du chalet, vue sur le Léman. En face, Vevey
Ça doit bien remonter au mois de novembre dernier. La Congrégation nous avait proposé une réflexion sur le baptême. Et pourquoi ne pas joindre le sérieux à l'agréable en allant sur les lieux de nos baptêmes respectifs. Mais voilà, dans la communauté il n'y a qu'une vendéenne et il y a une Suissesse. J'avais plaisanté : Lætitia, tu nous emmèneras visiter ton église ?...
Quelques semaines plus tard je trouvais dans mes sabots de Noël un "Bon pour un séjour au chalet en juillet 2014".

 Le chalet, c'est là qu'elle va toujours passer quelques jours de vacances quand elle retourne au pays. Un chalet suisse typique dans lequel son amie se fait un plaisir de l'accueillir, pas loin du Léman et le surplombant, juste à la frontière franco-suisse. L'amie allait donc aussi m'accueillir ainsi qu'une autre Sœur, amie de Laetitia. Quatre dans ce minuscule chalet ! Mais je ne savais rien du lieu qui nous attendait, et surtout je ne savais rien non plus de la météo que ce séjour nous réservait.

Dépaysement garanti pour la citadine hyper connectée que je suis. La nature et que la nature, dans toute sa splendeur et dans toute sa nudité ! Et la météo n'a pas aidé. Associée à ma patte folle elles m'ont contrainte à me mettre au jeu de cartes, au mikado... que j'ai horreur de tout ça !... et pourtant je m'y suis mise sans trop de peine.

Alors c'est le moment de faire connaissance, et à défaut d'un pèlerinage dans l'église de son baptême trop éloignée c'est l'accueil de son histoire, dans son terroir, quelques visites des curiosités locales à ne pas manquer, la rencontre de ses amis et la joie de les voir heureux de se retrouver. Que de nouvelles à se partager, d'histoires à raconter, de souvenir à évoquer ! La langue n'est pas une barrière et c'est trompeur. Il y a beaucoup à découvrir de la culture, des coutumes, de la vie propres à la Suisse.

Je soupçonne aujourd'hui que son invitation était autant une proposition de vacances pour moi qu'un appel à mieux la connaître en la resituant dans son pays, là où sont ses racines. Raconte-moi ton pays et je te connaîtrai mieux.

Et pas de vacances sans photos !


dimanche 6 juillet 2014

La nuit des églises

Samedi soir avait lieu la nuit des églises, quatrième édition en France, deuxième à Fontenay-le-Comte. Fixée au premier samedi de juillet cet événement a pour but d'ouvrir les églises, dont certaines sont trop souvent fermées, et d'en faire découvrir la richesse.
Les deux idées forces qui ont présidé à notre réflexion avant de lancer cette proposition de la « Nuit des églises » étaient : ouvrir ne serait-ce qu’une fois dans l’année des édifices chrétiens qui sont fermés ou très peu ouverts, et s’adresser en priorité aux communautés chrétiennes locales et aux habitants dont ces églises sont le cadre de leur vie quotidienne et qu’ils ne connaissent pas forcément.
Pour les chrétiens, le patrimoine accumulé au fil des siècles témoigne de la foi, de la prière et de la liturgie tels que les ont vécues les générations dont nous sommes les héritiers. Pour ceux qui n’entrent jamais dans nos églises et qui en ignorent à peu près tout du sens véritable qu’elles expriment, c’est une occasion de découverte et peut-être d’approfondissement (revue en ligne Narthex).
Ouverte à tous la veillée de samedi a attiré un public large et varié. Beaucoup de gens venus découvrir une église qu'ils ne connaissent pas du tout, ou qu'ils croient connaître.

L'église St Jean Baptiste était à l'honneur, et la date proche de la St Jean-Baptiste (24 juin), a permis de commencer tout naturellement la soirée par un feu de la St Jean, musique et farandole.

L'animatrice du patrimoine, s'est ensuite fait un plaisir de nous présenter le portail Sud de l'église, d'attirer l'attention sur des détails méconnus, des sculptures disparues... Dans la sacristie le curé prend la relève pour présenter et expliquer les chasubles, étoles, chapes, ostensoir et autres objets du culte. J'entends derrière moi une femme expliquer à sa voisine ce qu'est une sacristie... Puis l'entrée dans l'église, plongée dans la pénombre, mais habitée par l'Hymne à St Jean-Baptiste chanté par la chorale. La visite se poursuit, tantôt en petits groupes tantôt tous ensemble, accompagnée de chants de la chorale et d'interludes de l'orgue. La dimension plus religieuse est abordée en fin de parcours avec un commentaire biblique sur l'eau et le feu, leur enracinement biblique dans la vie et la liturgie chrétienne.

De leur côté les enfants ont découvert le vitrail de St Jean-Baptiste et la statue de la Pietà en reconstituant les puzzles qui les représentaient.

Une belle soirée où chacun a pu se réapproprier cette jolie petite église, alliant histoire, culture, religion, musique et chant. Chacun a pu se laisser toucher par une image, un détail jamais repéré et soudain débusqué par une torche, une parole,  un chant ou une mélodie... chacun a pu repartir avec une étincelle dans le cœur et l'envie de revenir... mais au fait c'est comment en plein jour ?...

Photos de la veillée



Vidéo du feu de la St Jean



La nuit des églises (05-07-2014)

 

jeudi 19 juin 2014

eglise.catholique.fr relookée

Le site de l'Eglise Catholique en France, jamais en retard on the web, a encore relooké son site et elle ne manque pas de le faire savoir, visioconférence à l'appui : Facebook, Twitter, Rcf, La Croix, Ouest France via son bloggeur-spécialisé-sujets-religieux-François-Verceletto... et pardon à ceux que j'oublie... Encore, oui, parce que le dernier lifting date de 2008 (et la création du site de 1996). Pas très vieux, mais "tant qu'assez" comme ils disent en Vendée :) Un nouveau site pour que grandisse dans le cœur de tout homme "la joie de l'évangile" dit Mgr Podvin.

Pourquoi un nouveau site ? "Le site portail permet aux internautes d’avoir une vision globale de l’Église catholique en France. Il présente l’institution via la publication des déclarations et prises de parole officielles ainsi que l’annonce des nominations. Il renvoie vers les sites des Services Nationaux d’une part et vers les sites diocésains d’autre part, faisant ainsi le lien entre l’information institutionnelle et l’actualité de l’Église." (Mgr Podvin, porte-parole des évêques de France).

Une mine d'infos, de mises à jour, d'événements disponibles en continu et à jour. La page d'accueil est très sobre, voire déroutante quand on a encore en tête la précédente, on pourrait croire qu'il n'y a rien, mais les différents onglets ouvrent la porte aux développements, aux renvois, aux liens de toute sortes.

Une visite s'impose, et sans tarder, et c'est par là !



lundi 9 juin 2014

Biennale 2014

La Biennale, tout simplement, c'est 3 jours de fête avec un point culminant le dimanche de la Pentecôte. Pour sa 66e édition (mais la fête remonterait à 1864, quand même !) la fête d'hier n'a pas failli à sa renommée : ambiance, musique, danses, beauté des chars, animations sonores et colorées, le tout un brin carnaval.

Préparés de longue date, décorés de milliers de roses en papier, les chars ont traversé la ville de jour et de nuit. Les délégations des villes jumelées ajoutaient leurs couleurs locales par la danse, la musique, les costumes : Crevillent (Espagne), Gaoua (Burkina-Faso), Krotoszyn (Pologne), Diosig (Roumanie), Palatine (Etats-Unis).

La Biennale c'est aussi 1 250 000 roses confectionnées par des bénévoles d'une biennale à l'autre, une quinzaine de chars, 30 000 visiteurs attendus, des orchestres variés, des groupes costumés, du soleil, de la fête, des danses et des couleurs, de jolies comtesses, de la joie et de la bonne humeur...

Et ce sont bien sûr les chars aux noms enchanteurs : Némo, la Petite Sirène, le Livre de la Jungle, le Roi Lion, Aladin, The Simpsons, le Cinéma, Délices du Palais, Bons à croquer, Elliot le Dragon, Charlotte aux Fraises, Provençale et bien sûr le Kiosque de la ville de Fontenay.



Photos et vidéos de la biennale

 












samedi 7 juin 2014

Tékitoi ?

Après avoir privilégié internet ces deux dernières années l'équipe de communication de la paroisse se demandait comment honorer le thème proposé par le pape François pour cette 48e journée des communications sociales : "La communication au service d'une authentique culture de la rencontre".

A partir du constat que dans la paroisse on connaît beaucoup de monde mais mal (des visages, parfois à peine un nom dessus) c'est le thème de la rencontre qui a été retenu et on a choisi de faire un pas de plus dans la connaissance de l'autre. Une soirée rencontre autour d'un plat pour se dire un peu plus qui on est. En fait t'es qui toi ?... je ne sais pas bien. Ainsi est née la soirée Tékitoi ?

Après un apéro d'accueil nous étions invités à mettre 3 gommettes sur un planisphère sur 3 pays qui nous sont chers (pour y avoir vécu, séjourné ou toute autre raison) et cela devenait aussi le 1er sujet de conversation à table. J'aurais bien voulu savoir pourquoi George, le prêtre Ghanéen, est allé coller des gommettes en Alaska et au Groënland ! Mais le tirage au sort des tables ne m'a pas donné cette opportunité. Mais je n'oublie pas, il y aura d'autres occasions.

Deuxième sujet de conversation : partagez un souvenir d'enfance. Là il a fallu réfléchir un peu, pour se rafraîchir la mémoire ou simplement pour retenir un souvenir plus marquant, humoristique, typique de l'époque ?... Alors sont (re)venues les jolies colonies de vacances de 3 ou 4 semaines à l'époque avec la première séparation d'avec les parents, un dégoût à vie des patates douces pour avoir mangé des frites de patates douces (il paraît qui c'est absolument abominable), l'arrivée du mercurochrome qui laissait des taches rouges sur les genoux des copines, autrement plus jolies que les pisseuses marques jaunâtres de teinture d'iode, les vacances avec la fratrie chez les grands parents à la campagne ou à la mer... Des souvenirs qui ont marqué nos enfances, et qui amenaient le sourire sur les visages.

Troisième sujet imposé : un passage ou un verset préféré de la Bible, et pourquoi, bien sûr. Cela a donné lieu à de très beaux partages sur le fils prodigue, les pèlerins d'Emmaüs, le prologue de St Jean, des versets de psaumes.

Et pour clore la soirée les questions au curé de la paroisse pour tester son niveau de connaissance  de ses paroissiens. Tout compte fait il s'en est tiré très honorablement. Et il n'a pas manqué ensuite de commenter quelques points du message du Pape homonyme juste pour donner envie de le lire, des fois que... Et même si on a privilégié, ce soir-là, la rencontre IRL n'oublions pas que "internet est une bonne chose, c'est un don de Dieu" (Pape François).

La soirée n'a pas été assez longue pour épuiser les sujets préparés mais chacun est reparti avec un autre regard au moins sur ses voisins de table.


lundi 19 mai 2014

S'il vous plaît, dites Merci après

Dans une première vie mon Papa et ma Maman m'ont appris à assortir d'un S'il te plaît  toute demande, la plus petite soit-elle. C'est d'ailleurs aussi ce que je vois faire chez mes neveux et autres jeunes parents avec leurs enfants. Et bien sûr après il y a Merci.

Puis dans une deuxième vie j'ai vu fleurir de froids Prière de... à l'attention de n'importe quel quidam de passage. Et là c'est clairement un ordre, et pas de merci si on obtempère. Prière de fermer la porte... Prière de ne pas marcher sur la pelouse...
Bon, admettons, une formule froide et impersonnelle qui s'adresse à tout le monde et n'importe qui, ça passe.

Depuis un certain temps on est passé à Merci de...  Ça  a l'avantage d'avoir l'air poli dans la demande et de dispenser de l'antique S'il vous plaît et Merci en retour.
Tiens, mon voisin Leclerc
a changé la formule
Que Merci de... remplace Prière de... pour la pelouse de la mairie, je veux bien, mais quand Merci de... devient un ordre qui dispense de S'il te plaît avant et de Merci  après (ce n'est plus la peine, on l'a déjà dit) alors là ça commence vraiment à me chauffer ! Allez donc savoir pourquoi, la formule m'agresse. C'est comme un ordre tout nu, sans ses jolis atours de S'il te plaît et Merci. Ben oui, je suis comme ça.

S'il vous plaît, dites Merci après seulement... ;)




mardi 6 mai 2014

Pleure, ô mon coeur

La souffrance est un grand mystère...
Aucune échelle ne la peut mesurer...
Aucun être vivant ne la peut comparer à une autre...
La tienne t'appartient,
la mienne est mienne.
La partager est une utopie
Et pourtant j'en ressens quelque chose.
Oser te dire "Je te comprends"
Oser "Je partage ta souffrance"
me paraît incongru, indécent
et pourtant tu me remercies de ma compassion.
Oser te dire "Je prie pour toi"
te réconforte réellement
et ne me dédouane d'aucun accompagnement.
Pleure ton coeur
tandis que tes yeux demeurent souriants.
Et soudain la souffrance prend forme de croix
et tu y consens.
Alors laisse-la aller jusqu'au troisième jour,
laisse-la éclater en Résurrection,
en vie nouvelle.
Pardon de te dire ça...
(serais-je capable de l'accueillir moi-même ?)
mais ta foi et ton espérance
sont à cette mesure,
je sais, j'ai vu, j'ai entendu.
Pleure, mon cœur,
Pleure en paix ô ton cœur.

vendredi 11 avril 2014

A propos du décès de Dominique Baudis

Quand j'ai appris son décès, hier via Twitter, je n'ai pas d'abord pensé à l'homme politique, au journaliste, au défenseur des droits... Non, spontanément m'est revenu à l'esprit le souvenir de la calomnie dont il a été victime et dont il s'est relevé. Et comme si la calomnie ne suffisait pas il a fallu qu'elle fasse les choux gras des médias du moment. Il a fait face, il s'est battu pour prouver son innocence. Il aurait pu capituler, d'ailleurs n'y a-t-il pas un peu songé quand il dit : "C'est la rage et les bouffées de colère qui m'aident à tenir. Si j'avais mis fin à mes jours, on l'aurait traduit comme un aveu de culpabilité." Il s'en est sorti, comme on dit, innocenté, digne, mais meurtri et blessé à vie. On ne sort pas indemne de ce genre de combat. Sa douloureuse expérience de la calomnie, du non respect de la présomption d’innocence ont marqué sa vie, "un tournant dans ma vie" dit-il, elles ont probablement aussi eu un impact dans sa fonction de défenseur des droits.

Les médias lui rendent hommage aujourd'hui... c'est peut-être la moindre des choses.

Dominique Baudis était un personnage public, mais combien d'autres dans l'ombre sont également victimes de la rumeur, d'informations non vérifiées, parce qu'on est à l'affût de l'insolite, du croustillant, du buzz, pour être le premier à diffuser LE scoop. Effet réseaux sociaux, effet nouveaux modes de communication qui se propagent à une allure que nous sommes incapables de maîtriser. Et parfois ça fait mal, très mal. Et parce que la rumeur, quand elle a commencé, elle enfle et on ne la maîtrise pas. Que la disparition de cet homme et le souvenir de son combat nous invitent à la vigilance dans nos paroles et nos écrits, et en particulier quand ils sont sur la place publique. 




jeudi 20 mars 2014

Morts de la rue : 453

Morts de la rue (et non dans la rue, même si c'est vrai aussi). Mort de la rue, comme on dit mort d'un cancer ou mort de la tuberculose. C'est la rue qui tue, qui est cause de la mort.

Je suis toujours impressionnée quand je vois ces pages couvertes de noms dans La Croix, comme une succession d'avis d'obsèques. Sauf que là il n'y a pas de famille pour faire part. Souvent un prénom, un nom, un âge, une date et un lieu, plus ou moins précis, de décès. Des hommes, des femmes, des enfants...

Valérie Rouvrais, 45 ans, est morte le 8 septembre 2013 à Clichy.

Parfois, et trop souvent quand même, des approximations d'identité, voire carrément de l'anonymat :

M., 23 ans est mort en février 2013 à Mulhouse.
Jean est mort en janvier ou février 2013 à Caen.
Un homme est mort le 15 mars 2013 sur le parvis de l'église du port à Nice.
Deux hommes dont nous ne connaissons pas le nom sont morts en 2013 à Caen.
Un homme pouvant être Dominique Ribaillier a été retrouvé longtemps après sa mort le 5 avril 2013 sous une tente, sur un quai parisien, à Paris 8e.
Un enfant, 3 à 8 ans, est mort le 22 juin à Saint-Ouen-l’Aumône.
Un deuxième enfant, 3 à 8 ans, est mort le 22 juin à Saint-Ouen-l'Aumône.
Un troisième enfant, 8 ans, est mort le 22 juin à Saint-Ouen-l'Aumône.
Un quatrième enfant est mort le 27 juin 2013 à  Saint-Ouen-l'Aumône.

Trois pleines pages de noms de personnes décédées, seules, sous un pont, sur le seuil d'une église, dans le métro. 453 ont été recensées pour 2013 et la liste n'est pas exhaustive. Moyenne d'âge 50 ans nous dit-on. Bien sûr une moyenne, donc il y a beaucoup plus âgé, et beaucoup plus jeune. 50 ans... quand l’espérance de vie aujourd'hui en France est de 80 ans.

Il y a quelques années, à l'occasion d'un séjour à La Rochelle, nous avions rencontré Murielle qui faisait régulièrement la manche à l'entrée d'un magasin. Gérard bavardait avec elle tandis que nous faisions les courses, et il l'avait prise en affection. Souvent, après, il nous reparlait d'elle, se demandant ce qu'elle était devenue, jusqu'au jour où il a vu son nom dans La Croix : Murielle, 52 ans, est morte à La Rochelle.

Chaque année La Croix leur rend hommage à sa façon en leur offrant ce faire-part dans ses pages. Signe d'une dernière attention à défaut de reconnaissance. C'était dans le numéro du 11 mars annonçant en même temps l'hommage public qui serait rendu à Paris le 18 mars, à l'initiative du collectif  Les Morts de la rue.
En ce mardi matin, le journal sur les genoux, je prenais dans ma prière tous ces noms, ou ces sans nom, sans visage, espérant qu'ils reposent en paix. Une façon de m'associer à la cérémonie du souvenir à Paris.


La liste des Morts de La Rue 2013 by LaCroixcom

mardi 18 mars 2014

Cathorelais

Un prêtre du diocèse du Mans me demande si j'accepterais que mon blog soit le relais de ses enquêtes... Le Père Renaud Laby achève un Master 2 en Sciences Sociales des Religions à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, à Paris.

Pour mener à bien son mémoire qui porte sur une sociologie des sites Web paroissiaux et diocésains il propose deux enquêtes, pour croyants et non-croyants. Je réponds volontiers à sa demande... ne manquez pas d'y répondre vous aussi... Merci. 

Chers amis internautes,

Sociologue des religions, je mène une étude universitaire sur les sites Web institutionnels catholiques et j’ai un réel besoin de connaître les personnes « cibles » de ces sites. Accepteriez-vous de répondre à l’une des deux enquêtes qui suivent que vous soyez ou non usager de ces sites, que vous soyez ou non catholique ? Elles sont uniquement constituées de questions fermées, vous n’aurez rien à rédiger. Il ne s’agit pas d’un simple sondage d’opinion mais d’une enquête approfondie sur vos pratiques en ligne, c’est pourquoi y répondre requiert d’y consacrer un peu de temps. Merci d’avance pour votre contribution à cette étude scientifique.


Père Renaud Laby, diocèse du Mans, Ecole Pratique des Hautes Etudes.

Si vous êtes catholique pratiquant ou non-pratiquant, cliquez ici :
https://fr.surveymonkey.com/s/internautescathos
Temps pour répondre à l’enquête estimé à 20 minutes.
N’oubliez pas de cliquer sur l’icône « J’enregistre mes réponses » à la fin du questionnaire.

Si vous êtes non-croyant et/ou en recherche, cliquez ici :
https://fr.surveymonkey.com/s/internautesnoncroyants
Temps pour répondre à l’enquête estimé à 10 minutes.
N’oubliez pas de cliquer sur l’icône « J’enregistre mes réponses » à la fin du questionnaire.

Bien cordialement,

Père Renaud Laby
Prêtre du diocèse du Mans
Master 2 EPHE

mardi 4 mars 2014

Je veux être heureuse pendant le Carême

Ça a commencé comme ça. Au début du repas elle nous a dit avec un beau sourire : "Je trouve que les textes d'aujourd'hui nous préparent bien au Carême... Je ne sais pas si c'est toujours comme ça, je ne me souviens pas, mais aujourd'hui je trouve que ça tombe bien ". Et moi, avec mon esprit so cartésien de lui répondre : pas sûr, parce que le dimanche qui précède le mercredi des Cendres n'est pas toujours le 8e du temps ordinaire. J'oubliais par là que la Parole de Dieu nous parle toujours au creux de nos attentes, de nos disponibilités latentes et pas en fonction d'un calendrier, fut-il liturgique.

Et elle a continué : j'aime bien le Carême, plus que l'Avent. Il y a plein de propositions, d'occasions de prière, d'échanges, de partages... Et puis on a le temps... l'Avent ça passe trop vite ! Heureuse parce que Jésus nous veut heureux... et puis il y a Pâques au bout.

Surprenante, inattendue réflexion que j'ai trouvée magnifique malgré ma réponse un peu lourde. Le Carême qui évoque plus effort, renoncement, pénitence, abstinence, enfin plein de choses pas très agréables, avec des mots gris, et qu'on n'est peut-être pas porté à faire spontanément. Je trouve merveilleux d'aborder ce temps fort de vie liturgique et en Eglise dans cette disposition d'y trouver le bonheur.
Ïmage CCFD - Carême 2014

Et comme le Carême, et même Pâques, n'est pas le bout, elle a repris : Je veux être heureuse pendant le Carême... et jusqu'au bout de ma vie.

Non ce n'est pas un détournement, ce n'est pas incompatible avec l'esprit de conversion propre au Carême. Elle a raison Germaine de partir de ce pied et elle nous entraîne.

Ami lecteur je te souhaite de trouver le bonheur sur ta route de Carême et de marche vers Pâques.




Et pour nous aider il y a plein de pistes, internet est d'une grande richesse, avec des sites et des propositions de valeur. Quelques éléments :
- Message du Pape François pour ce Carême 2014
- La paroisse St Hilaire de Fontenay offre un riche programme
- La paroisse d'à côté, Sainte Marie en Plaine et Marais, propose une méditation chaque jour, envoyée dans la boîte mail des inscrits
- Le site de l'Eglise de France
- Les Dominicains de Lille avec le Carême dans la ville
- "Le Carême, chemin de foi" sur une proposition du CCFD-Terre solidaire

liste non exhaustive... 

Et puis il y a aussi les blogs de mes amis, qui parlent bien aussi du Carême : François et Corine. A suivre...




samedi 8 février 2014

Dimanche de la santé et Journée Mondiale des Malades

Après la journée de la vie consacrée et le dimanche des vocations, voici le dimanche de la santé et la journée mondiale des malades. Là aussi, ne pas confondre, même si ça se ressemble bien et si beaucoup ne font pas la différence ! Je me fais gentiment reprendre par le diacre de la paroisse responsable du SEM (Service Évangélique des Malades) chaque fois que j'emploie une expression pour l'autre.

La Journée Mondiale des Malades date de 1992, instituée par Jean-Paul II et qu'il a fixée chaque année au 11 février, jour anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à Bernadette à Lourdes. Lourdes haut lieu de prière, de guérisons et de miracles.

La Journée Mondiale des Malades porte une attention toute particulière aux personnes éprouvées dans leur santé, avec un message du Pape chaque année. Ainsi s'exprimait Benoît XVI le 11 février 2007 pour la 15e journée : "Et c'est précisément à nos frères particulièrement éprouvés que la Journée mondiale des Malades d'aujourd'hui consacre son attention. C'est à eux que nous voudrions communiquer la proximité matérielle et spirituelle de la communauté chrétienne tout entière. Il est important de ne pas les laisser dans l'abandon et dans la solitude, alors qu'ils doivent affronter un moment aussi délicat de leur vie." 

Plus récent le dimanche de la santé s'est développé progressivement à l'initiative de quelques diocèses du Nord de la France (Lille, Arras, Cambrai) et s'est généralisé à partir du jubilé de l'an 2000. Il est désormais célébré dans quasiment tous les diocèses le dimanche le plus proche du 11 février. Cette année le 9 février, avec pour thème la confiance : Sur un chemin de confiance.

Confiance. Un mot tout simple de la vie courante et en même temps bien compliqué !
Donner sa confiance c'est accepter un appui, un soin, une aide, une main qui vous guide, un regard qui comprend, un sourire, un geste qui apaise... C'est accompagner la personne dans le respect de son parcours, la laisser se projeter dans un avenir même impossible.
Le dimanche de la santé tourné vers les malades, les soignants, tous ceux qui accompagnent les malades d'une manière ou d'une autre. Leur porter une attention toute particulière et leur donner place dans nos communautés. Invitation aussi à une réflexion sur notre propre santé, ce bien qu'on apprécie mal quand on a le bonheur de l'avoir, ce bien dont nous sommes responsables et dont nous avons à prendre soin.

Une prière pour ce dimanche de la santé 2014 :

Seigneur, sois mon rocher

Au cœur des tempêtes qui secouent ma vie,
Seigneur, apprends-moi à me reposer en Toi.
Au cœur des doutes qui m'assaillent, 
Seigneur, apprends-moi à me fier à Toi,
Au cœur des peurs qui me troublent,
Seigneur, sois mon rocher.

Tu sais les difficultés de mon chemin, 
Tu connais ses escarpements et ses ravins.
Pour choisir chaque jour la confiance,
pour décider de Te faire confiance chaque matin,
donne-moi de ne jamais lâcher Ta main
et donne-moi des frères pour aller vers demain.


lundi 3 février 2014

Chandeleur au monastère

Abbaye de Bellefontaine
Quelle idée d'aller dans un monastère pour la chandeleur ? Sachant que la chandeleur ce n'est pas que les crêpes mais aussi et d'abord la fête de la lumière (d'où le nom), fête de la Présentation de Jésus au Temple. Je ne me souviens pas avoir marqué cette fête avec une telle solennité. Que cette année ce soit un dimanche y a peut-être contribué. Dimanche, fête de la Présentation, journée de la vie consacrée, c'était une magnifique journée avec les cisterciens de Bellefontaine.


Les quelques hôtes que nous étions à l'office des Laudes avons été invités à passer la porte pour pénétrer dans le cloître. Lieu de clôture, réservé aux moines, on y entre avec un mélange de curiosité, de respect et de recueillement. Dans la pénombre brille le cierge pascal auquel seront allumés chacun de nos cierges, élargissant peu à peu la lumière dans ce silence monacal et matinal. Les moines dans leurs coules blanches ouvrent la procession grande, sobre, belle. Nous suivons, autour du cloître, au chant de Fille de Sion réjouis-toi. La procession s'achève dans l'église, jusqu'à l'autel où chacun remet son cierge au Père abbé qui le plante dans une vasque de sable, à côté du cierge pascal. Geste symbolique, silencieux, auquel chacun peut donner le sens qu'il veut. Cierge allumé au cierge pascal. Cierge porté en procession à l'image de notre chemin de vie. Procession qui commence dans l'ombre et s'achève à l'autel, dans la lumière. Cierge remis au pasteur, comme le don de soi renouvelé. Cierge pascal au commencement et à la fin... Chandeleur, fête de la lumière. Lumière du Christ, lumière qui éclaire les nations comme dit Syméon, lumière en nos cœurs. 

Abbaye de Bellefontaine
Détail du portail Sud



Une grâce ces quelques jours de retrait, 
de prière rythmée et soutenue par celle des moines, 
le silence et la paix des lieux, 
la liturgie belle et ample.

Que ta lumière révélée ce jour 
ne cesse de nous accompagner.

jeudi 30 janvier 2014

Journée de la vie consacrée vs dimanche des vocations

Titre un peu provocateur, j'admets. Je voulais plutôt dire : journée de la vie consacrée, dimanche des vocations, c'est quoi la différence ? Et la question vaut d'être posée.

Primo ce n'est pas le même jour, secundo ce n'est pas exactement la même chose, mais les deux concernent de vie consacrée.

Pour situer dans le temps, le jour de la vie consacrée c'est le 2 février (et hasard du calendrier cette année ça tombe un dimanche). Le dimanche de prière pour les vocations est fixé au 4e dimanche de Pâques, dimanche dit du Bon Pasteur, en écho à l'évangile lu ce jour (cette année c'est le 11 mai).

Et ce qui peut ajouter à la confusion cette année c'est que le message de François Pape* pour le dimanche des vocations vient d'être publié (le 15 janvier) quasiment à la veille du jour de la vie consacrée.

Ca va, lecteur, tu n'es pas encore perdu, tu suis ? Alors je continue.

Commençons par le dimanche de prière pour les vocations sacerdotales et religieuses, qui est plus ancien. C'est un fruit de Vatican II, et instauré par Paul VI. La première journée mondiale de prière pour les vocations sacerdotales et religieuses a eu lieu le 12 avril 1964 précédée la veille d'un radiomessage de Paul VI  afin que les catholiques généreux du monde entier s'unissent en une même prière pour demander au Seigneur les ouvriers nécessaires à sa moisson. Cette première journée avait pour thème "Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à son Eglise".

Quant à la journée de la vie consacrée, elle est beaucoup plus récente. A l'initiative de Jean-Paul II, en 1997 une journée mondiale de la vie consacrée a été fixée au 2 février chaque année, avec le triple but de :
  • rendre grâce pour le don de la vie consacrée à l'Eglise,
  • faire connaître et apprécier la vie consacrée,
  • inviter les consacrés eux-mêmes à réfléchir à ce don et à célébrer les merveilles de Dieu.
Présentation de Jésus au Temple
(Abbaye Notre-Dame de la Charité)


Et pourquoi le 2 février** ? L’Église célèbre ce jour-là la Présentation de Jésus, fête liturgique ancienne qui fait mémoire de la présentation de Jésus au Temple par Marie et Joseph, pour l’offrir au Seigneur, selon une prescription rituelle qui voulait que tout garçon premier-né soit consacré au Seigneur. Ce geste est l’image du don total de soi-même pour tous ceux qui sont appelés dans l’Église et dans le monde à suivre Jésus chaste, pauvre et obéissant.

La vie consacrée dans l'Eglise est un prisme aux multiples facettes, dont la vie religieuse (elle aussi très diversifiée) n'est qu'un aspect. Rendons grâce pour les diverses vocations dans l’Église et en particulier pour celle de la vie consacrée.



PS - J'entends la question suivante : et c'est quoi la différence entre vie religieuse et vie consacrée. OK je note pour un prochain billet.

* Attention, hein : LI e journée mondiale des vocations se lit bien cinquante et unième journée mondiale... OK remarque inutile ;)

** Jusqu'en 1996 ce 2 février était journée mondiale des communications sociales, journée également demandée par le Concile. Depuis 1997 elle est fixée au dimanche qui précède la Pentecôte (soit le 1er juin pour cette année).

dimanche 26 janvier 2014

Une messe sans communion

Pour les cathos pratiquants gens du sérail cette expression est un non-sens, et fait parfois sourire. C'est pourtant ce qu'on entend au presbytère quand les gens viennent demander une célébration pour un mariage ou des obsèques.  Pas très au fait du vocabulaire récent ni des pratiques possibles ils utilisent LE mot qu'ils connaissent, et demandent une messe. Parce que pour beaucoup toute démarche de prière catholique à l'église est messe, à défaut de savoir distinguer une messe d'une autre célébration. Alors pour être sûrs de la demande on se risque parfois à schématiser et on parle de messe sans communion pour une célébration, un temps de prière à l'église. (Et ne parlons pas d'Eucharistie, ce mot encore plus abscons pour le commun des mortels !). Et si par-dessus le marché on a une célébration sans messe, présidée par un prêtre et dans une église, alors là tout est brouillé. C'est donc bien une messe sans communion.

Alors cette longue intro pour évoquer une de ces messes sans communion à laquelle j'ai participé récemment, mais cette fois de l'autre côté de la barrière si je puis dire, non plus au pupitre d'animation, mais au premier rang du deuil. J'ai donc préparé cette messe sans communion célébration religieuse avec un objectif à deux facettes : d'une part que les textes soient porteurs d'espérance et d'ouverture et d'autre part que l'ensemble soit le plus compréhensible possible pour tous aussi bien dans le choix des textes que dans les paroles et les rites. Un vrai défi !

J'ai essayé... avec ce que l'église et la liturgie m'offraient. Mais c'est aussi un texte de Martin GRAY qui a eu ma faveur pour terminer la célébration. Oui, je sais cela peut paraître discutable, Martin GRAY à la foi en point d'interrogation. Et bien justement ce qu'il dit n'a rien de déplacé, même dans une église. Il n'y est pas question de foi en Dieu certes mais elle y est sous-jacente. Une belle parole sur le chemin des chercheurs de sens et de Dieu. 


ILS SONT TOUS VIVANTS

Je n'ai qu'une certitude :
Ceux que j'ai aimés, ma famille, mes camarades, mes enfants,
Demeurent vivants en moi.
Ils guident encore mes pas.
Leur être fidèle, ce n'est pas s'enfermer dans la douleur.
Il faut continuer de creuser le sillon : droit et profond.
Comme ils l’auraient fait eux-mêmes
Comme on l'aurait fait avec eux, pour eux.

Être fidèle à ceux qui sont morts,
C'est vivre comme ils auraient vécu, c'est les faire vivre en nous,
C'est transmettre leur visage, leur voix, leur message aux autres.
Ainsi, la vie des disparus germe sans fin.
Je ne sais pas si je dois me dire croyant.
Je ne puis dire : je crois en Dieu.
Je ne puis dire non plus : je crois...
Ce que je dis seulement,
C'est que la mort ne détruit pas l'amour que l'on portait
A ceux qui ne sont plus...
Je le sais parce que tous les jours je vis avec les miens...

Ce que je sais aussi, c'est que la vie doit avoir un sens.
Ce que je sais encore, c'est que l'amour est la clé de l'existence.
Ce que je sais enfin, c'est que l'amour, le bien, la fidélité et l'espoir
Triomphent finalement toujours du mal, de la mort et de la barbarie.
Tout cela, je le sais, je le crois...
Dieu est-il au creux de ces certitudes ?
Je ne sais pas... je cherche...

Martin GRAY


Bon, en fait j'avais surtout envie de vous partager ce beau texte de Martin Gray ;)