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dimanche 24 juin 2018

Prêtre aujourd'hui...

En cette veille du dernier dimanche de juin, je me laissais aller à regarder sur internet quelques images et vidéos d'ordinations sacerdotales. En effet ce week-end, proche du 28 juin, fête des apôtres St Pierre et St Paul, auront lieu plusieurs ordinations de prêtres en France. 125 ordinations nous dit-on. Objectivement 125 c'est un bon chiffre, mais ramené sur la terrain cela ne fait que 1,3 prêtre par diocèse.

Des jeunes s'engagent et donnent leur vie à Dieu au service de l’Église dans un diocèse, et cela pour toute leur vie. C'est long une vie aujourd'hui !... Leur don est total et généreux. Là aujourd'hui ils sont entourés de leurs familles, de leurs nombreux amis. Sur les réseaux sociaux ça transpire la joie et le bonheur.

Et en même temps je voyais internet s’enflammer à propos de ce prêtre qui a giflé le bébé qu'il devait baptiser. Une vidéo vue par des millions d'internautes, le scandale, des tweets violents et haineux contre cet homme et pendant qu'on y est contre le prêtre en général et l’Église elle-même.

Même si son geste peut s'expliquer par la fatigue, l'âge (89 ans), les cris du bébé... rien ne le justifie. On est bien clair là-dessus. Mais cela n'autorise pas pour autant un tel acharnement sur lui, une condamnation péremptoire faisant fi de ce qu'a pu être toute sa vie de prêtre. Ce prêtre a peut-être fait du bien toute sa vie, loin des caméras, loin des directs, loin des lynchages par écrans interposés. Ces fruits seront oubliés parce qu'une vidéo est devenue virale. Cette société du direct devient irrespirable écrit Mahaut Herrmann, journaliste.

Certes cet événement ramène sur le devant de la scène une multitude de questions sur l’Église et la vie des prêtres, questions récurrentes, mais les balancer ainsi avec mépris et agressivité ne fera rien avancer.

Voilà, c'est ça internet : le beau et le très moche et méchant qui s'entremêlent. Le quasi-anonymat derrière lequel on se réfugie pour se laisser aller à l'injure et au dénigrement.

Alors, à la messe de ce samedi soir l'intention de prière empruntée au Pape François prenait corps et visages : "Pour que les réseaux sociaux favorisent la solidarité et l'apprentissage du respect de l'autre dans sa différence".

Et puis, à la fin de la messe, la petite annonce en plus, celle qui n'est pas sur les feuilles. Dès les premiers mots l'assemblée est toute ouïe. Tout d'abord on nous dit que notre curé est prolongé dans sa mission de curé de notre paroisse et de la paroisse voisine. Bon, là ce n'est pas un scoop, on n'y apprend rien. Et le prêtre de poursuivre la lecture de son message : les prêtres de l'équipe pastorale de Fontenay apporteront leur soutien aux paroisses de Fontaines, Benet et Maillezais. Là, par contre, grosse surprise. Visages interrogateurs. Et le prêtre d'ajouter avec humour et sourire : "espérons que nos santés tiendront".
Nous y voilà. On savait bien que ça viendrait un jour. Mais tant que ce jour est demain on n'y pense pas trop. Et là c'est aujourd'hui. C'est aujourd'hui que des prêtres travaillent jusqu'à pas d'âge et que, un peu plus jeunes, leur mission s'étend sur des secteurs géographiques de plus en plus vastes.

Un nouvel évêque nous arrive, il était attendu, il est bienvenu, bien accueilli. Un grand chantier l'attend.... Comment allons-nous trouver ensemble des chemins de foi et de prière sans avoir toujours besoin d'un prêtre... ou plutôt sans qu'un prêtre soit toujours indispensable ?

Prions pour les prêtres, au service de leurs frères habituellement jusqu'à 75 ans et au-delà pour encore de nombreux services. Prions pour les vocations sacerdotales. Prions pour l’Église.


samedi 10 décembre 2016

Lettre ouverte à Isabelle

Chère Zabou,

Le voilà arrivé le grand jour pour lequel tu te prépares depuis si longtemps, pour lequel aussi tu nous as bien préparés. A la fois aboutissement d'un long chemin et nouveau départ.

Quand j'ai commencé à te "fréquenter" tu m'as tout de suite intriguée. Qui donc était cette toute jeune femme qui partageait si ouvertement sa foi sur les réseaux sociaux, qui jonglait entre CAPES, agrégation et blog, entre servants d'autel et école de prière, entre chemin de Compostelle puis via Francigena, réco et accompagnement spirituel ? Pas la dernière à blaguer et profonde dans sa foi et sa réflexion. Capable de rire, faire rire, d'un vrai coup de gueule et de pardon, de pleurer dans un couloir d'hôpital ou au chevet d'un mourant et aussitôt de rebondir dans sa foi... Partageant sans complexe sa prière au rythme des temps liturgiques... J'ai vite compris qu'une vocation bourgeonnait et se cherchait sans savoir laquelle évidemment.

Et voilà, ce matin, dans la cathédrale de Nanterre, tu as été consacrée par Mgr Aupetit dans l'ordre des vierges consacrées, une forme de vie consacrée que l'on redécouvre, pas facile à faire entendre dans le monde d'aujourd'hui. Tu dis toi-même ta vocation "si méconnue chez la plupart des chrétiens", mais qu'elle est pour toi, par la prière, réponse à l'attente de Dieu.

Lundi tu seras la même pour tes collégiens de ZEP qui te donnent parfois du fil à retordre mais que tu aimes, et ils te le rendent bien. Tu ne pourras rien leur dire de ton engagement, devoir de réserve oblige, mais pourtant ils ont déjà compris que tu les aimes et ne cherches qu'à les faire grandir. 
 
Ce chemin qui s'ouvre devant toi aujourd'hui est chemin de bonheur. Je te souhaite bonheur dans ce choix de vie, continue à être témoin heureuse de ta foi et de tes engagements en Église. Merci pour la richesse de ta présence sur ce continent digital, pour reprendre une expression de Benoît XVI, où nous nous sommes rencontrées, merci pour ce que j'y ai reçu de toi. Ma prière continue de t'accompagner. Avec Marie, que le Seigneur achève ce qu'il a commencé en toi.

Très fraternellement à toi,

Cybersister

PS 1 - Ne va pas t'y tromper, je sais que tu as aussi plein de défauts...
PS 2 - Je t'ai piqué une photo... et quelle photo ! Tu ne m'en veux pas ?  😉

lundi 5 septembre 2016

Elles ont fait bénir leur maison

Certains auraient pendu la crémaillère, elles ont choisi de faire bénir leur maison.

Elles ont emménagé là il y a six mois, pas tout à fait nouvelles dans le quartier pourtant puisqu'elles n'étaient qu'à deux kilomètres. Quelle idée de déménager à deux kilomètres ! C'est l'aboutissement d'une réflexion commune entre la paroisse St Hilaire de Fontenay et la Congrégation des Soeurs des Sacré-Cœurs de Jésus et de Marie. La première, en restructuration, cherchait à garder une présence religieuse dans un quartier de la ville et un lieu d'accueil pour de petits groupes. La seconde cherchait un habitat plus adapté à une communauté religieuse.

En ce lieu, en réponse à l'appel de la paroisse, la communauté de quatre Sœurs a une mission d'accueil et de proximité, de présence toute simple aux gens du quartier.

Une pièce de la communauté sert donc aussi à l'accueil de petits groupes : enfants du caté, réunions d'équipes liturgiques, soirées bibliques, groupes de prière...

Accueil de groupes mais aussi accueil individuel, porte ouverte à qui veut venir confier une joie, une peine, partager un moment de prière, passer un moment pour rompre la solitude, ou le simple plaisir de prendre un café en bavardant.

Et alors pourquoi bénir cette maison ?
Dans la Bible, une bénédiction est d’abord un acte de Dieu qui veut le bien pour l’homme. Elle est aussi reconnaissance de la grâce de Dieu. Lorsque l’Église bénit elle affirme la présence de Dieu* à l’œuvre dans sa création. Bénir une maison rappelle que l'existence de l'homme dans toutes ses dimensions (travail, loisir, repos...) intéresse Dieu. Bénir une maison c'est bénir ses occupants afin qu'ils reconnaissent la présence de Dieu dans leur vie et qu'ils la transmettent à leurs frères et sœurs.

Ainsi comprise la bénédiction ne pouvait être qu'un coup de goupillon sur les murs de la maison, mais elle s'enracinait dans la Parole de Dieu, et la prière commune. Puis le célébrant a béni les personnes présentes et les pièces de la maison.

Michèle, Marcelle, Christiane et Isabelle avaient invité largement amis et proches, "utilisateurs" de la salle, la réponse a été à hauteur de leurs attentes. La diversité des participants reflétait la diversité des bénéficiaires, des amis, l'ouverture de la communauté, les liens déjà tissés.  Michel, ému, a spontanément pris le micro pour remercier les Sœurs de leur soutien quand il a perdu sa femme.

La soirée s'est poursuivie par un temps convivial autour de boissons fraîches où de nouveaux liens ont pu se créer, jusque tard dans la soirée, certains pas pressés du tout de rentrer. On était bien là.

Que cette maison soit en effet un lieu où il fait bon vivre, où il fait bon venir, où Dieu se fait proche, où la Bonne Nouvelle est annoncée et vécue. "Venez, et voyez" (St Jean 1, 39).

* Père Sébastien Antoni, assomptionniste


Photos de l'après-midi

mardi 12 juillet 2016

Petit patrimoine fontenaisien

C'était une première, tant sur le fond que sur la forme. Une soirée co-organisée par la Pastorale du Tourisme et Fontenay Ville d'Art et d'Histoire pour une visite insolite de Fontenay-le-Comte : Chemin faisant levons les yeux sur le petit patrimoine religieux. PETIT patrimoine religieux ? Non point péjoratif le terme veut plutôt désigner ces richesses ignorées devant lesquelles on passe sans les voir, ou qu'on a tout simplement oubliées à force de les voir. Oui, levons les yeux, et pas que sur le patrimoine religieux.

Sous la forme d'une promenade découverte dans quelques rues des environs de l'église Notre-Dame, Marie-Gabrielle, animatrice du patrimoine, nous a entraînés au son de son accordéon attirant notre attention sur tel ou tel détail. Une nouveauté pour elle aussi, elle a dû fouiner un peu dans ses documents pour nous éveiller à ces détails, implorant de ce fait notre indulgence. Pas nécessaire ! passionnant son parcours et ses commentaires. Du parvis de l'église Notre-Dame aux jardins de l'Union Chrétienne elle nous a successivement dévoilé le porche de Notre-Dame et la petite place St Pierre, en hommage à une illustre religieuse aussi généreuse qu'intrépide capable de toutes les audaces, car pour le Bon Dieu que ne ferait-on pas ?

Puis la rue Émile Boutin qui conduit à l'entrée du parc Baron avec les vestiges de son château fort , rue de la Tuée (hum!), rue du Bédouard , rue Jean Imbert, rue Barnabé Brisson et le collège St Joseph, et toutes les richesses cachées de la rue Rapin : le château de Terre Neuve, la Tour Rivalland, l'ancien Carmel. Cette dernière partie du circuit est certainement celle qui a le plus surpris les fontenaisiens : depuis le temps qu'on est là, on n'était jamais venus ici ! Honte ! Merci Marie-Gabrielle. Il est vrai que pénétrer dans l'ancien cloître du Carmel n'est pas facile, souvent une grille en ferme l'accès. Carmel reconverti en logements.

La balade était ponctuée à trois reprises de lectures appropriées : une prière de St Jean-Paul II à la Vierge du Calvaire, pour l'arrêt au calvaire de la Commanderie, un extrait de la Vie de Ste Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face pour la station au Carmel et une poésie du P. Bonnaud (1898), curé de Charzais, "Prise de possession par Jésus de la chapelle de l'Union-Chrétienne", pour l'arrivée en cette chapelle.

Une quarantaine de personnes ont participé à cette première édition. De tous âges, d'origines diverses et aux motivations variées. De "vieux" Fontenaisiens curieux de découvrir ce qui aurait bien pu leur échapper, des "revenants", j'entends par là des Fontenaisiens partis pour études et travail professionnel et revenus au moment de la retraite, surpris de découvrir "comme c'est beau ici !", des croyants et des moins-croyants, une jeune tchèque avide de découvrir sa nouvelle terre...

La soirée s'est terminée autour d'une boisson fraîche dans les jardins de l'Union Chrétienne et un pique nique. Un dernier air d'accordéon avant de se quitter... certains n'ont pas résisté à son appel pour un pas de danse.

Quelques heures de bonheur alliant culture, détente, rencontre et partage. Pour une première, bravo les organisateurs, et merci... Rendez-vous dans un an pour la deuxième édition, n'est-ce pas ?


NB - Autres propositions de la Pastorale du Tourisme dans le Sud Vendée : 19 juillet et 9 août.





dimanche 10 juillet 2016

Pari tenu, il a sauté

Les Journées Mondiales de la Jeunesse, quel événement dans la vie d'un jeune catho ! Y participer est le rêve de beaucoup mais souvent le prix freine les élans.

Et voici qu'un jeune prêtre vendéen, Monsieur JMJ du diocèse, en novembre dernier, a lancé un appel aux dons pour aider les jeunes, avec un pari fou : si on atteint 10 000 € je saute à l'élastique. 10 000 €, c'est énorme, on se dit qu'on n'y arrivera pas. Pensait-il avoir mis la barre suffisamment haut pour échapper à l'exercice ? Se lancer comme ça, quand on sait la trouille qu'il a du vide, même sur une chaise il a le vertige, alors à plus de 50 m de haut ! Cela avait fait rire dans les sacristies et les chaumières, au conseil épiscopal aussi.

Il a toujours associé son saut à l'élastique à un saut dans la foi que sont les JMJ pour les jeunes. Une aventure en effet, en pays étranger, faite de rencontres, de découvertes et de partages, de catéchèses, de temps de prière, de célébrations et de fête... Un saut à l'élastique pour permettre à des jeunes de faire ce saut dans la foi.

Six mois plus tard la collecte a largement dépassé les attentes... Florent va devoir honorer son engagement. Et bravo pour les jeunes qui vont en bénéficier.

Et voilà le jour J arrivé. Pas très fier le Florent en haut du viaduc de Coquilleau mais courageux et toujours souriant. Et il est bien entouré : les jeunes venus l'accompagner qui l'attendent en bas dans la prairie et ceux qui sont montés sur le viaduc pour être avec lui jusqu'au bout ; ses parents, pas trop rassurés eux non plus... Après avoir revêtu l'équipement d'usage, solidement harnaché au corps et aux chevilles il s'est élancé dans le vide sous les applaudissements des jeunes.

De retour sur le plancher des vaches, via la vidéo de la journaliste, il a remercié tous ceux qui, par leurs dons, vont permettre à 200 jeunes vendéens de se rendre à Cracovie du 20 au 31 juillet, et eux, de faire le saut dans la foi.

Ami lecteur/JMJiste, si tu rencontres Florent à Cracovie, ne manque pas de le saluer et de le féliciter.

et bonnes Journées Mondiales de la Jeunesse 2016 !





dimanche 27 septembre 2015

Un cierge pour prière


C'était le cœur de la messe, le moment le plus important : la consécration et l'élévation. Il s'est avancé du fond de l'église, comme s’il n'y avait personne et comme s'il ne s'y passait rien, jusqu'à la statue de la Vierge. Il a mis une pièce dans le tronc, et ça a résonné... pris un cierge qu'il a allumé aux autres et qu'il a posé sur le plateau. Il est resté quelques instants, le regard fixé sur Marie, puis il est reparti comme il est venu. Pas un regard ailleurs, ni même vers l'autel et ce qui s'y passait.

Et ça m'a effleuré l'esprit : quand même c'est la consécration ! (sous entendu : il pourrait au moins avoir une attention à ce qui se passe là). Bien sûr nous les cathos pratiquants très réguliers, qui connaissons la liturgie sur le bout des doigts et qui savons mettre en ordre les diverses dévotions ça peut nous déranger un peu. Nous les cathos au long cours on sait qu'à ce moment le plus important de la messe tous les regards et toute l'attention doivent se tourner vers l'autel et que ce n'est pas le moment de faire autre chose. Mais que puis-je savoir des intentions de cet homme, de sa foi, de sa recherche, des soucis qu'il est venu déposer... à moins que ce ne soit une action de grâces ?...
C'est tout simplement cette piété populaire qui en nourrit certains et dont on ignore ce qui les habite quand ils accomplissent ces gestes. Gestes non moins profonds pour qui les accomplit avec conviction et qu'on risque de qualifier de superstitions si on leur retire l'esprit de foi dans lequel ils ont été accomplis.

Et pour cet homme, ce matin, c’était sa façon à lui de prier, toute modeste, et probablement ignorant de ce qui se passait à côté. Il est parti, son cierge a continué à brûler comme poursuivant sa prière (cf ci-dessous). Et moi aussi je l'ai relayé dans sa prière, le prenant dans la mienne.

Quelque part ça me faisait un peu penser à l'obole de la veuve dont parle Jésus (Marc 12, 41-42). La foule et sa richesse, la pauvre veuve qui n'a que deux petites pièces à donner...





lundi 22 décembre 2014

Vers le diaconat permanent



Dans la procession d'entrée qui s'avance, les servants d'autel, le diacre, les prêtres, mais aussi un nouveau : François. Nouveau dans la procession, mais pas nouveau pour l'assemblée, on le connaît bien à Fontenay ainsi qu'Isabelle son épouse et leurs quatre enfants. Déjà en aube blanche, vêtement des baptisés, il s'avance et se prosterne devant l'autel mais vient prendre sa place dans l'assemblée, au milieu de sa famille et de ses amis venus l'accompagner pour cette première étape publique de l'ordination au diaconat permanent.

"Publique", car il n'y a que trois semaines que la communauté paroissiale en a été informée, et a accueilli cette nouvelle avec joie. Depuis plusieurs années François chemine vers le diaconat permanent, avec Isabelle et le soutien d'une équipe d'accompagnement. Et pour lui laisser toute sa liberté de discernement, cette étape, même longue, est gardée secrète.

Avant l'ordination elle-même le futur diacre est institué pour le service de la Parole (lectorat) et de la prière (acolytat). C'est l'engagement de ce jour pour François.

A l'appel du célébrant, délégué de l'évêque, il répond "Me voici" et s'avance vers l'autel pour prendre place dans le chœur. Rappel qu'il s'agit bien d'un appel de l’Église pour un service d’Église.

C'est seulement après l'homélie que se déroule le rite de l'institution au ministère de la Parole (Lectorat) puis le rite de l'institution au ministère de la prière communautaire et de l'Eucharistie (Acolytat). Chaque rite signifié par la remise du lectionnaire, livre de la Parole de Dieu, et la remise du calice et de la patène signes de l'Eucharistie et de la prière, non point pour consacrer lui-même le pain et le vin (même après l'ordination) mais pour porter à Dieu les dons et les offrandes de la communauté chrétienne rassemblée.

François reçoit ainsi de l’Église, la mission de proclamer la Parole de Dieu, non seulement dans la liturgie, mais par toute sa vie et notamment dans sa responsabilité dans l'Enseignement catholique, et la mission du service de la prière dans (et de) l’Église.

La célébration de ce dimanche, au cœur de sa communauté paroissiale, met l'accent sur deux des trois dimensions du ministère diaconal, celles de la parole et de la liturgie. N'oublions pas que le ministère spécifique du diacre est celui de la charité, à l'égard de tous. Le diaconat est le sacrement du service pour que l'Église devienne toujours davantage un peuple de serviteurs.

Rendons grâces pour le oui de François, et aussi pour l'adhésion d'Isabelle. On le sait c'est François qui sera ordonné, mais sans le oui d'Isabelle rien ne pourra se faire. Un oui qui rejoint le oui de Marie que nous venons d'entendre dans l'évangile de ce 4e dimanche de l'Avent. Au fait, le choix de cette date... c'est un heureux hasard, ou c'est vraiment voulu ?...


Pour en savoir plus sur la diaconat permanent :
- "le diaconat en 20 questions" (diocèse de Luçon)
- homélie du Père Jacques Gomart à la célébration des Institutions du 21 décembre 2014
- le site national du diaconat permanent




dimanche 9 novembre 2014

J'lui dis... ou j'lui dis pas ?...

On est arrivées quasiment en même temps toutes les deux dans cette chambre de convalescence qu'on va partager quelques jours. Le temps de s'installer, de faire les formalités et l'heure du diner est vite arrivée. Brefs échanges pour faire un peu connaissance, le minimum. Ce n'est que le lendemain que je me suis rendue compte que ma compagne était du genre "je raconte ma vie", ce qui n'est pas tout à fait le mien. Je la laisse parler, elle est inépuisable, et un peu épuisante... jusqu'au moment où elle dit avoir perdu ses parents jeune, élevée par une grand mère et placée d'institutions religieuses en institutions religieuses. Je sens le vent tourner et me doute un peu de la suite. En effet, j'ai un long couplet sur les sœurs : elles étaient dures, et puis les sœurs, y en a des qui sont pas mal mais alors les autres... y en a qui sont vraiment pas commodes... Je souriais intérieurement : si elle savait...

Juste après j'ai mis ça sur Facebook, en terminant par : "Hum... je lui dis ?"
J'ai été littéralement harcelée par mes amis, avec beaucoup d'humour certes, mais c’était clair qu'il fallait que je décline mon état. J'ai même eu les conseils de Koz (et la griffe de Koz sur mon mur, ça vaut un autographe !). Pourtant je n'en avais pas vraiment envie.
Leur harcèlement m'a fait réfléchir. Et après tout pourquoi pas ? C'est une occasion de témoignage qui m'est offerte... et puis au seuil de l'année de la vie consacrée je ne vais quand même pas me défiler !
J'ai quand même attendu qu'une occasion se présente (malgré les conseils audacieux de certains), le passage d'un membre de l'aumônerie de l'hôpital pour la communion dimanche, par exemple.
En fait, je ne sais même plus comment c'est venu, mais au détour d'une de ses phrases, après déjeuner, j'ai abattu mes cartes. Ça a fait juste un petit blanc dans la conversation. Elle ne m'a même pas demandé, comme habituellement dans ce cas, de quelle Congrégation j'étais, elle a embrayé sur la personne de l'aumônerie puis la série de questions habituelles des gens pas tout à fait dans l'Eglise et qui ne comprennent pas ce qui s'y passe. La personne qui est venue ce matin, elle fait quoi, elle est diacre ? Elle peut pas être diacre ? C'est quoi un diacre ?... et l'ordination des femmes... ben il y a bien des femmes qui sont ordonnées... et les divorcés-remariés dans l'Eglise... et si un divorcé-remarié meurt, il pourra "passer par l'église" ?... et les suicidés, avant, ils n'avaient pas le droit de "passer par l'église" (exemples à l'appui)... Assaut de questions auxquelles j'ai essayé d'apporter des réponses simples, aussi justes que possible et pas trop longues... puis la conversation a dévié sur autre chose.

Voilà, j'ai donc tombé le masque et ça ne s'est pas poursuivi comme je supposais, mais qu'importe. Elle a posé ses questions c'est cela qui compte et la porte reste ouverte. C'est fou les questions que se posent les gens ! c'est fou l'ignorance qui demeure alors qu'on se bat pour se faire comprendre, être à leur portée. La nouvelle évangélisation  a encore de belles heures devant elle !

Merci les amis Facebook pour votre harcèlement ! ;)

dimanche 24 août 2014

Divorcés, ils se sont remariés

Ils se sont rencontrés... ils se sont aimés... ils ont voulu se marier. Et là ça coince un peu car ils sont tous les deux divorcés. Se remarier à la mairie, ça va encore, mais pour ce qui est du "passage" à l'église c'est beaucoup plus compliqué, même impossible... enfin à voir...


Le remariage des divorcés est une question difficile et douloureuse dans l'église catholique. Pour faire court tout le monde sait qu'ils n'ont pas droit à un nouveau sacrement et ils vivent cela comme un rejet et un échec supplémentaire à ce qu'il perçoivent déjà comme un échec de leur couple. Cela occasionne moult critiques vis-à-vis de l’Église et beaucoup de souffrance.

Micheline et Denis sont de ceux-là et ils ont fait le pas, hier, en s'engageant l'un envers l'autre dans le mariage. Mariage civil. Mais au nom de leur foi ils souhaitaient inscrire cet engagement dans leur chemin de foi. Leur chemin ensemble depuis une bonne dizaine d'années est un chemin douloureux de recherche entre rejet, culpabilisation, révolte contre la position de l’Église en même temps que confiance en une possible évolution. Chemin cahoteux et confiant tout à la fois. Chemin de rencontres, d'ouverture, de dialogue, de remise en cause.

Alors samedi ils ont voulu qu'on prie avec eux et pour eux avant d'aller à la mairie.
Soyons clairs. Ce n'était pas une messe ni même une bénédiction comme on l'entend pour des célébrations de mariage, il n'y a pas eu de sacrement. Mais on a prié ensemble avec un prêtre et une belle assemblée d'amis. Des chants, un beau texte de Martin Gray, un passage d'évangile, une prière universelle, un Notre Père. Les mariés dans leur mot d'accueil, puis le prêtre dans son homélie ont bien situé la démarche : prier ensemble, confier au Père l'amour de Micheline et Denis, rendre grâce pour le rude chemin déjà fait ensemble et celui qu'ils vont continuer.

Et on ne s'y trompe pas. Quelques signes confirmaient la différence avec un mariage à l'église, selon la formule consacrée :
  • chronologiquement, et c'est important, ce temps de prière était avant le mariage à la mairie (alors que pour un mariage religieux il faut d'abord passer par la mairie),
  • le prêtre était en aube mais sans étole, il ne se tenait ni à l'autel ni au siège de présidence,
  • la mariée portait un simple et très sobre tailleur blanc et n'a revêtu une robe de mariée qu'à la sortie de la mairie.
Des détails ? Pas seulement. Ils ne sont pas passés inaperçus et ils étaient bien réfléchis. C'est cela qui fait la différence. Alors, qu'est-ce qui peut empêcher des chrétiens de prier ensemble ?

Dans certaines paroisses l'animation de ce temps de prière est confié à des laïcs. Je me réjouis que ce soit un prêtre qui l'ait assuré ici. Cela dit quelque chose de l'ouverture et de l'accueil de l’Église, de l'attention du clergé local à cette question.
 
A l'automne prochain, du 5 au 19 octobre, doit se tenir à Rome le Synode des évêques sur la famille. Cette question des divorcés-remariés est à l'ordre du jour. Les attentes sont fortes pour que l’Église continue l'ouverture amorcée par le Pape François, y compris dans ce domaine. "Nous devons écouter  la douleur de l'échec...  il faut accompagner et non pas condamner ceux qui connaissent l’échec de leur propre amour... marcher de l'avant avec eux" dit le Pape François.

Chaque situation est à prendre en compte pour elle-même. Chaque couple a son histoire, son chemin, ses chutes et ses espérances, sa vie de foi. Il ne s'agit pas de galvauder le sacrement du mariage, mais d'accueillir ceux qui ont été blessés par un échec et ne pas les rejeter de l’Église.

J'ai été heureuse de participer à ce temps de prière avec Micheline, Denis et leurs amis. Heureuse qu'ils se sentent accueillis dans l’Église, souhaitant qu'ils y trouvent leur heureuse place, et que cela se passe dans ma paroisse. Heureuse de ce germe d'espérance. Leur route continue, de même que la recherche de solutions qui s'appuient sur la miséricorde de Dieu. Amis divorcés-remariés, gardez confiance ! 


NB - Un grand nombre d'articles sont parus sur ce sujet dernièrement, ci-dessous quelques uns des derniers publiés dans La Croix :
- L'accueil des divorcés-remariés, le casse-tête des cardinaux pendant le consistoire (23-02-2014)
- Le Pape invite à ne pas "condamner" lorsque l'amour échoue (28-02-2014)
- Divorcés-remariés, les 5 conditions du Cardinal Kasper (03-03-2014)
- Divorcés-remariés, le cardinal Müller défend la doctrine (31-07-2014)
- Document de préparation du Synode sur la famille, et questionnaire (04-11-2013)
- "Divorcés remariés, la chance de Marie-Madeleine". Marcel Metzger, ancien directeur de l'Institut de droit canonique à Strasbourg (19-08-2014)

Voir aussi :
- Dossier du Synode sur la famille, sur le site de l’Église de France 

jeudi 19 juin 2014

eglise.catholique.fr relookée

Le site de l'Eglise Catholique en France, jamais en retard on the web, a encore relooké son site et elle ne manque pas de le faire savoir, visioconférence à l'appui : Facebook, Twitter, Rcf, La Croix, Ouest France via son bloggeur-spécialisé-sujets-religieux-François-Verceletto... et pardon à ceux que j'oublie... Encore, oui, parce que le dernier lifting date de 2008 (et la création du site de 1996). Pas très vieux, mais "tant qu'assez" comme ils disent en Vendée :) Un nouveau site pour que grandisse dans le cœur de tout homme "la joie de l'évangile" dit Mgr Podvin.

Pourquoi un nouveau site ? "Le site portail permet aux internautes d’avoir une vision globale de l’Église catholique en France. Il présente l’institution via la publication des déclarations et prises de parole officielles ainsi que l’annonce des nominations. Il renvoie vers les sites des Services Nationaux d’une part et vers les sites diocésains d’autre part, faisant ainsi le lien entre l’information institutionnelle et l’actualité de l’Église." (Mgr Podvin, porte-parole des évêques de France).

Une mine d'infos, de mises à jour, d'événements disponibles en continu et à jour. La page d'accueil est très sobre, voire déroutante quand on a encore en tête la précédente, on pourrait croire qu'il n'y a rien, mais les différents onglets ouvrent la porte aux développements, aux renvois, aux liens de toute sortes.

Une visite s'impose, et sans tarder, et c'est par là !



mardi 18 mars 2014

Cathorelais

Un prêtre du diocèse du Mans me demande si j'accepterais que mon blog soit le relais de ses enquêtes... Le Père Renaud Laby achève un Master 2 en Sciences Sociales des Religions à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, à Paris.

Pour mener à bien son mémoire qui porte sur une sociologie des sites Web paroissiaux et diocésains il propose deux enquêtes, pour croyants et non-croyants. Je réponds volontiers à sa demande... ne manquez pas d'y répondre vous aussi... Merci. 

Chers amis internautes,

Sociologue des religions, je mène une étude universitaire sur les sites Web institutionnels catholiques et j’ai un réel besoin de connaître les personnes « cibles » de ces sites. Accepteriez-vous de répondre à l’une des deux enquêtes qui suivent que vous soyez ou non usager de ces sites, que vous soyez ou non catholique ? Elles sont uniquement constituées de questions fermées, vous n’aurez rien à rédiger. Il ne s’agit pas d’un simple sondage d’opinion mais d’une enquête approfondie sur vos pratiques en ligne, c’est pourquoi y répondre requiert d’y consacrer un peu de temps. Merci d’avance pour votre contribution à cette étude scientifique.


Père Renaud Laby, diocèse du Mans, Ecole Pratique des Hautes Etudes.

Si vous êtes catholique pratiquant ou non-pratiquant, cliquez ici :
https://fr.surveymonkey.com/s/internautescathos
Temps pour répondre à l’enquête estimé à 20 minutes.
N’oubliez pas de cliquer sur l’icône « J’enregistre mes réponses » à la fin du questionnaire.

Si vous êtes non-croyant et/ou en recherche, cliquez ici :
https://fr.surveymonkey.com/s/internautesnoncroyants
Temps pour répondre à l’enquête estimé à 10 minutes.
N’oubliez pas de cliquer sur l’icône « J’enregistre mes réponses » à la fin du questionnaire.

Bien cordialement,

Père Renaud Laby
Prêtre du diocèse du Mans
Master 2 EPHE

mardi 4 mars 2014

Je veux être heureuse pendant le Carême

Ça a commencé comme ça. Au début du repas elle nous a dit avec un beau sourire : "Je trouve que les textes d'aujourd'hui nous préparent bien au Carême... Je ne sais pas si c'est toujours comme ça, je ne me souviens pas, mais aujourd'hui je trouve que ça tombe bien ". Et moi, avec mon esprit so cartésien de lui répondre : pas sûr, parce que le dimanche qui précède le mercredi des Cendres n'est pas toujours le 8e du temps ordinaire. J'oubliais par là que la Parole de Dieu nous parle toujours au creux de nos attentes, de nos disponibilités latentes et pas en fonction d'un calendrier, fut-il liturgique.

Et elle a continué : j'aime bien le Carême, plus que l'Avent. Il y a plein de propositions, d'occasions de prière, d'échanges, de partages... Et puis on a le temps... l'Avent ça passe trop vite ! Heureuse parce que Jésus nous veut heureux... et puis il y a Pâques au bout.

Surprenante, inattendue réflexion que j'ai trouvée magnifique malgré ma réponse un peu lourde. Le Carême qui évoque plus effort, renoncement, pénitence, abstinence, enfin plein de choses pas très agréables, avec des mots gris, et qu'on n'est peut-être pas porté à faire spontanément. Je trouve merveilleux d'aborder ce temps fort de vie liturgique et en Eglise dans cette disposition d'y trouver le bonheur.
Ïmage CCFD - Carême 2014

Et comme le Carême, et même Pâques, n'est pas le bout, elle a repris : Je veux être heureuse pendant le Carême... et jusqu'au bout de ma vie.

Non ce n'est pas un détournement, ce n'est pas incompatible avec l'esprit de conversion propre au Carême. Elle a raison Germaine de partir de ce pied et elle nous entraîne.

Ami lecteur je te souhaite de trouver le bonheur sur ta route de Carême et de marche vers Pâques.




Et pour nous aider il y a plein de pistes, internet est d'une grande richesse, avec des sites et des propositions de valeur. Quelques éléments :
- Message du Pape François pour ce Carême 2014
- La paroisse St Hilaire de Fontenay offre un riche programme
- La paroisse d'à côté, Sainte Marie en Plaine et Marais, propose une méditation chaque jour, envoyée dans la boîte mail des inscrits
- Le site de l'Eglise de France
- Les Dominicains de Lille avec le Carême dans la ville
- "Le Carême, chemin de foi" sur une proposition du CCFD-Terre solidaire

liste non exhaustive... 

Et puis il y a aussi les blogs de mes amis, qui parlent bien aussi du Carême : François et Corine. A suivre...




jeudi 30 janvier 2014

Journée de la vie consacrée vs dimanche des vocations

Titre un peu provocateur, j'admets. Je voulais plutôt dire : journée de la vie consacrée, dimanche des vocations, c'est quoi la différence ? Et la question vaut d'être posée.

Primo ce n'est pas le même jour, secundo ce n'est pas exactement la même chose, mais les deux concernent de vie consacrée.

Pour situer dans le temps, le jour de la vie consacrée c'est le 2 février (et hasard du calendrier cette année ça tombe un dimanche). Le dimanche de prière pour les vocations est fixé au 4e dimanche de Pâques, dimanche dit du Bon Pasteur, en écho à l'évangile lu ce jour (cette année c'est le 11 mai).

Et ce qui peut ajouter à la confusion cette année c'est que le message de François Pape* pour le dimanche des vocations vient d'être publié (le 15 janvier) quasiment à la veille du jour de la vie consacrée.

Ca va, lecteur, tu n'es pas encore perdu, tu suis ? Alors je continue.

Commençons par le dimanche de prière pour les vocations sacerdotales et religieuses, qui est plus ancien. C'est un fruit de Vatican II, et instauré par Paul VI. La première journée mondiale de prière pour les vocations sacerdotales et religieuses a eu lieu le 12 avril 1964 précédée la veille d'un radiomessage de Paul VI  afin que les catholiques généreux du monde entier s'unissent en une même prière pour demander au Seigneur les ouvriers nécessaires à sa moisson. Cette première journée avait pour thème "Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à son Eglise".

Quant à la journée de la vie consacrée, elle est beaucoup plus récente. A l'initiative de Jean-Paul II, en 1997 une journée mondiale de la vie consacrée a été fixée au 2 février chaque année, avec le triple but de :
  • rendre grâce pour le don de la vie consacrée à l'Eglise,
  • faire connaître et apprécier la vie consacrée,
  • inviter les consacrés eux-mêmes à réfléchir à ce don et à célébrer les merveilles de Dieu.
Présentation de Jésus au Temple
(Abbaye Notre-Dame de la Charité)


Et pourquoi le 2 février** ? L’Église célèbre ce jour-là la Présentation de Jésus, fête liturgique ancienne qui fait mémoire de la présentation de Jésus au Temple par Marie et Joseph, pour l’offrir au Seigneur, selon une prescription rituelle qui voulait que tout garçon premier-né soit consacré au Seigneur. Ce geste est l’image du don total de soi-même pour tous ceux qui sont appelés dans l’Église et dans le monde à suivre Jésus chaste, pauvre et obéissant.

La vie consacrée dans l'Eglise est un prisme aux multiples facettes, dont la vie religieuse (elle aussi très diversifiée) n'est qu'un aspect. Rendons grâce pour les diverses vocations dans l’Église et en particulier pour celle de la vie consacrée.



PS - J'entends la question suivante : et c'est quoi la différence entre vie religieuse et vie consacrée. OK je note pour un prochain billet.

* Attention, hein : LI e journée mondiale des vocations se lit bien cinquante et unième journée mondiale... OK remarque inutile ;)

** Jusqu'en 1996 ce 2 février était journée mondiale des communications sociales, journée également demandée par le Concile. Depuis 1997 elle est fixée au dimanche qui précède la Pentecôte (soit le 1er juin pour cette année).

dimanche 26 janvier 2014

Une messe sans communion

Pour les cathos pratiquants gens du sérail cette expression est un non-sens, et fait parfois sourire. C'est pourtant ce qu'on entend au presbytère quand les gens viennent demander une célébration pour un mariage ou des obsèques.  Pas très au fait du vocabulaire récent ni des pratiques possibles ils utilisent LE mot qu'ils connaissent, et demandent une messe. Parce que pour beaucoup toute démarche de prière catholique à l'église est messe, à défaut de savoir distinguer une messe d'une autre célébration. Alors pour être sûrs de la demande on se risque parfois à schématiser et on parle de messe sans communion pour une célébration, un temps de prière à l'église. (Et ne parlons pas d'Eucharistie, ce mot encore plus abscons pour le commun des mortels !). Et si par-dessus le marché on a une célébration sans messe, présidée par un prêtre et dans une église, alors là tout est brouillé. C'est donc bien une messe sans communion.

Alors cette longue intro pour évoquer une de ces messes sans communion à laquelle j'ai participé récemment, mais cette fois de l'autre côté de la barrière si je puis dire, non plus au pupitre d'animation, mais au premier rang du deuil. J'ai donc préparé cette messe sans communion célébration religieuse avec un objectif à deux facettes : d'une part que les textes soient porteurs d'espérance et d'ouverture et d'autre part que l'ensemble soit le plus compréhensible possible pour tous aussi bien dans le choix des textes que dans les paroles et les rites. Un vrai défi !

J'ai essayé... avec ce que l'église et la liturgie m'offraient. Mais c'est aussi un texte de Martin GRAY qui a eu ma faveur pour terminer la célébration. Oui, je sais cela peut paraître discutable, Martin GRAY à la foi en point d'interrogation. Et bien justement ce qu'il dit n'a rien de déplacé, même dans une église. Il n'y est pas question de foi en Dieu certes mais elle y est sous-jacente. Une belle parole sur le chemin des chercheurs de sens et de Dieu. 


ILS SONT TOUS VIVANTS

Je n'ai qu'une certitude :
Ceux que j'ai aimés, ma famille, mes camarades, mes enfants,
Demeurent vivants en moi.
Ils guident encore mes pas.
Leur être fidèle, ce n'est pas s'enfermer dans la douleur.
Il faut continuer de creuser le sillon : droit et profond.
Comme ils l’auraient fait eux-mêmes
Comme on l'aurait fait avec eux, pour eux.

Être fidèle à ceux qui sont morts,
C'est vivre comme ils auraient vécu, c'est les faire vivre en nous,
C'est transmettre leur visage, leur voix, leur message aux autres.
Ainsi, la vie des disparus germe sans fin.
Je ne sais pas si je dois me dire croyant.
Je ne puis dire : je crois en Dieu.
Je ne puis dire non plus : je crois...
Ce que je dis seulement,
C'est que la mort ne détruit pas l'amour que l'on portait
A ceux qui ne sont plus...
Je le sais parce que tous les jours je vis avec les miens...

Ce que je sais aussi, c'est que la vie doit avoir un sens.
Ce que je sais encore, c'est que l'amour est la clé de l'existence.
Ce que je sais enfin, c'est que l'amour, le bien, la fidélité et l'espoir
Triomphent finalement toujours du mal, de la mort et de la barbarie.
Tout cela, je le sais, je le crois...
Dieu est-il au creux de ces certitudes ?
Je ne sais pas... je cherche...

Martin GRAY


Bon, en fait j'avais surtout envie de vous partager ce beau texte de Martin Gray ;)