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dimanche 1 novembre 2015

Des rameaux à la Toussaint ?

Ça a commencé par une petite phrase sur un réseau social. Un jeune diacre y rapportait une question qui lui était posée en cette veille de Toussaint : "Excusez-moi mon père, vous n'auriez pas des rameaux ?". Question qui a suscité étonnement et quelques moqueries.

Certes il y a lieu de remettre les pendules à l'heure et de rendre à chaque fête ses symboles et ses signes, mais je m'explique facilement la confusion.

Le dimanche qui précède Pâques, dimanche des Rameaux et de la Passion, l’Église fait mémoire de l'entrée triomphale de Jésus dans Jérusalem. Il est fêté et acclamé par les gens qui étendent des palmes sur son passage. Aujourd'hui, habituellement, les palmes sont remplacées par des rameaux de buis.

Ces rameaux de buis, toujours vert, pour acclamer Jésus qui va mourir et ressusciter, sont aussi symbole de vie et de résurrection ; dans nos maisons ils seront déposés près d'un crucifix. Ce buis béni est symbole de la vie qui renaît de la croix, de la foi en la résurrection, de l'Espérance que la vie triomphe de la mort.

Les rameaux sont aussi parfois déposés sur les tombes, une façon d'associer nos défunts à cette espérance en la résurrection.

Et voilà comment j'explique la demande ci-dessus de rameaux pour la Toussaint. Puisqu'on met les rameaux des Rameaux sur les tombes, pourquoi n'y aurait-il pas des rameaux pour la Toussaint, où l'on a coutume de se rendre sur les tombes de nos proches ? Sauf que le jour des Rameaux ce geste prend son sens dans la célébration qui le suscite et qui n'existe pas à la Toussaint, il n'a plus de sens à ce moment-là.

De rameaux de buis dans les cimetières je n'ai point vu, mais j'ai vu de magnifiques potées de chrysanthèmes de toutes les couleurs. Elles sont signes de souvenir, de respect, d'affection, de tendresse envers les défunts. Ils sont magnifiques les cimetières en ce moment.

samedi 4 avril 2015

C'est con la vie !

Je la revois disant cela. Une parente, il y a plusieurs années déjà, mais j'y pense souvent.
Elle avait perdu un mari, puis un fils encore jeune et à nouveau un mari. Elle revisitait les bonheurs vécus mais surtout les souffrances et la mort. Et c'est vrai que sur ce dernier point elle n'avait pas été épargnée ! Elle faisait le tour de sa famille et de ses amis, tantôt le visage éclairé d'un timide sourire tantôt les yeux embués selon les événements. Et de conclure laconiquement : c'est con la vie.

Et elle avait raison. Oui c'est con la vie qui ne mène qu'à la mort. Oui c'est con la vie qui n'a pas de sens. Qu'est-ce que la vie, qu'est-ce que la mort si elles ne débouchent sur rien ?

Elle oubliait que même sans la foi sa vie avait eu un sens ne serait-ce que par les enfants qu'elle avait élevés avec amour et oubli d'elle-même, les maris et fils qu'elle avait accompagnés dans la maladie avec le même amour et oubli d'elle-même, les nombreux services rendus autour d'elle... Mais ça elle ne le voyait pas, l'énigme de la mort était trop forte.

Oui c'est con la vie si, au-delà de la mort, elle ne débouche pas sur autre chose.
Ma foi chrétienne me fait croire en une vie de bonheur avec Dieu au-delà de la mort. Et cette foi se fonde sur la résurrection du Christ, événement que l’Église célèbre en ce jour de Pâques.
Pâques, victoire de la vie sur la mort.
Pâques, immense message d'espérance et de joie au milieu de nos nuits et de nos douleurs.
Cela ne les supprime pas mais c'est croire qu'elles n'auront pas le dernier mot.

Oui c'est con la vie si Christ n'est pas ressuscité. Saint Paul le disait avec un peu plus de nuance : si Christ n'est pas ressuscité ma foi est vaine (1ère lettre aux Corinthiens, 15, 14).

Lecteur, qui que tu sois, croyant ou incroyant, agnostique, en recherche, regarde autour de toi les gestes, les paroles, les signes d'amour : ils disent la victoire de la vie sur le mal et sur la mort. C'est pas con la vie !

Belle fête de Pâques ! 


samedi 23 mars 2013

La légende de l'arbre vert



C'est le printemps, et on en sent le premiers signes. Un ou deux oiseaux s'essaient à chanter le matin quand j'ouvre mes fenêtres, les pâquerettes lèvent le nez dans le pelouse encore ébouriffée après l'hiver, les arbres bourgeonnent, plus ou moins selon leur espèce.

La grande place de la ville est plantée de magnifiques marronniers d'un autre siècle. De jour en jour on les voit changer, les bourgeons d'abord timides gonflent et éclatent pour laisser surgir les feuilles fripées, vert tendre.

Mais l'un de ces marronniers est une énigme. Pourquoi, tous les ans à cette époque, est-il toujours en avance sur ses voisins ? Et lui seul, toujours lui, pas un seul autre ne déroge au cycle de floraison. Invariablement il bourgeonne avant les autres, il se pare de feuilles avant les autres, un peu insolent.

L'histoire raconte que pendant la Révolution la guillotine se trouvait à ses pieds (ou à proximité) et que le sang des nombreux condamnés à mort de 1793 l'a arrosé. La légende dit que la floraison précoce du marronnier est due au sang des guillotinés.

Évidemment chacun croit ce qu'il veut. Mais une légende a toujours un certain charme, et elle n'est qu'une légende. Elle laisse la porte ouverte à d'autres rêves en attendant que la science ne trouve LA solution de cette énigme. Messieurs les scientifiques, la balle est dans votre camp, mais je ne suis pas pressée d'avoir votre réponse. J'aime ce temps d'avance du marronnier, comme pour entraîner ses frères et leur donner confiance dans la nouvelle aventure qui commence. A quelques jours de Pâques cette image me fait penser à la résurrection. Christ premier-né, Christ ressuscité qui nous entraîne dans la Vie nouvelle.