dimanche 2 juillet 2017

La (5ème) nuit des églises

La nuit des églises est une proposition de l’Église de France qui croise art, histoire et culte pour nous faire (re)découvrir nos églises dans toute leur dimension.

Pour cette 5ème édition à Fontenay (la 7ème en France) c'est à nouveau l'église Notre-Dame de l'Assomption qui était à l'honneur et l'approche historique était confiée à Marie-Gabrielle, animatrice du patrimoine de la ville de Fontenay. Une fine connaisseuse de Fontenay et son histoire, qui est remontée jusqu'au XIème siècle pour retrouver trace de la première église, la crypte romane étant le seul vestige de cette période. Dans l'élan de sa passion elle a poursuivi l'histoire de cette grande dame à travers les siècles jusqu'aujourd'hui.

Après cette présentation sur le parvis de l'église nous étions invités à entrer, suivis peu après par la chorale en procession au chant du Lauda Sion, composé au XIIIème siècle par St Thomas d'Aquin. Introduction à la présentation architecturale de cet imposant monument.

Un diaporama de magnifiques photos  réalisé par l’Association des Amis du patrimoine religieux a permis de découvrir l'extérieur puis l'intérieur de l'église, d'attirer l'attention sur tel détail significatif à la faveur d'un zoom de qualité, de décrypter des symboles, voir ce que l'obscurité ou la distance cachent à nos yeux, ce que l'habitude et le regard hâtif ont occulté. Mis en éveil par cette pédagogie nous étions ensuite invités à retrouver dans l'église ce que nous venions de voir en images. Temps de déambulation, et moment privilégié pour faire un tour dans les chapelles rayonnantes, habituellement inaccessibles.

La chorale, accompagnée de l'orgue, a apporté la touche cultuelle, et artistique, par l'interprétation de pièces religieuses, de chant grégorien de ces dix siècles. Du Lauda Sion du XIIIème siècle au tout récent chant du Jubilé des 700 ans du diocèse pour terminer la soirée.  Et ce superbe moment où, les hommes de la chorale descendus à la crypte ont interprété un Sanctus du XIVème siècle. Magnifique acoustique de la crypte qui renvoyait dans l'église le chant des hommes, nous étions comme transportés aux portes d'un monastère.

L'église Notre-Dame de Fontenay, dix siècles d'histoire, dix siècles d'architecture, dix siècles de musique, quelle richesse toujours à découvrir.
"Ça fait si longtemps que je viens dans cette église, et je n'avais pas vu tout ça !" pouvait-on entendre à la fin de la soirée...

Photos de la soirée (cliquer sur la photo pour ouvrir l'album)

https://flic.kr/s/aHskXXTUrC







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lundi 26 juin 2017

De jubilé en jubilé

Grande fête ce dimanche 25 juin, en la petite commune des Brouzils.
En ce lieu de fondation de la Congrégation, au cœur de l'année du bicentenaire, nous avons voulu célébrer à la fois la fête du Cœur de Jésus, notre fête patronale, et les sœurs jubilaires de 25, 50, 60, 70, 75 années de vie religieuse.

Le temps d'accueil donnait le ton de la journée : fête, chants, retrouvailles, partage... le tout dans la joie et mené de main de maître par nos 2 jeunes sœurs, Anne-Lise au chant et Isabelle au synthé. Après le mot d'accueil et de présentation de la journée par Sœur Marie-Paule plusieurs propositions ont occupé la matinée : réflexion sur l'eucharistie, avec un montage présenté par sœur Eliane, table ronde de témoignages de personnes proches des sœurs, associés et collaborateurs à divers titres, et en fin de matinée,  pour ceux qui avaient encore un peu de courage et de force, marche vers quelques lieux-mémoire en ce village du bocage : la Croix Caron, petit calvaire où le Père Monnereau aimait se retirer pour prier et se reposer, la Maison des Aires (première maison des sœurs) et le tombeau du Père Monnereau dans l'église des Brouzils.

Des témoignages de la table ronde je retiendrai le ressourcement que les laïcs trouvent auprès des Sœurs dans le partage de la spiritualité du Sacré-Cœur, dans les rencontres fraternelles, la prière commune, le travail ensemble autour des mêmes valeurs. Et l'enrichissement est réciproque.

Dans l'après-midi la messe présidée par Mgr Castet s'est déroulée dans l'église des Brouzils, lieu même où se trouve le tombeau du Père Monnereau notre fondateur. La grande église accueillait les sœurs et leurs familles, amis, associés, collaborateurs, de nombreux prêtres et diacres, évêques émérites... bref l'église était comble et débordante. Autant de témoins de la vie et de l'engagement des sœurs dans les paroisses du diocèse de Luçon et d'autres diocèses.

Cette célébration s'inscrit au cœur de l'année jubilaire des 200 ans de la Congrégation et au cœur de l'année jubilaire des 700 ans du diocèse de Luçon, une façon de signifier combien "la vie de la congrégation est liée à celle du diocèse"  comme l'a souligné Sr Marie-Louise dans son mot d'accueil.

De la messe je retiendrai le beau geste symbolique de la lumière que Sœur Marie-Louise a présenté ainsi :

Dans le diocèse de Luçon le père Monnereau a transmis la lumière de sa foi et l’amour du Cœur de Jésus à la congrégation qu’il a fondée.
La lumière déposée près de son tombeau va allumer les cierges des sœurs jubilaires.
Porter cette lumière à tous nos frères et sœurs c’est notre vocation dans l’Eglise et dans le monde. 

et chaque sœur jubilaire est allée déposer son cierge allumé dans une vasque au pied de l'autel tandis que l'assemblée chantait le chant du bicentenaire, composé par l'une de nous, Sœur Martine Chaillot, et mis en musique par frère Jean-Baptiste du Jonchay.

Magnificat ! était bien le chant final qui convenait pour terminer cette journée d'action de grâces et de joie, avec bien sûr une prolongation autour d'un rafraîchissement pour encore quelques échanges et rencontres...
et on était bien là, personne n'était pressé de partir... 😊


Photos de la journée

Vidéos :

- prière d'offrande chantée par les sœurs jubilaires
- symbole de la lumière avec le chant du bicentenaire
- un air de fête à la sortie de la messe




Homélie de Mgr Castet




Site de la Congrégation des Sœurs des Sacré-Cœurs
vous pourrez y retrouver entre autres le mot d'accueil de Sr Marie-Louise.



lundi 15 mai 2017

Echos d'une rencontre de Congrégation

Je suis toujours émerveillée par ces grandes rencontres de Congrégation et en particulier celles qu'on appelle Assemblée de province. Toutes les sœurs de France y sont convoquées et y répondent largement.

Pourquoi émerveillée ? Peut-être le nombre fait-il son effet. Les sœurs viennent, parfois de loin, heureuses de se retrouver, de prendre des nouvelles les unes des autres, des absentes, des malades... Il y règne toujours une ambiance très fraternelle. La journée faite de moments plus sérieux a aussi quelques espaces de détente et de libres partages. Il y a comme une étrangeté pour moi, un je ne sais quoi où je me sens de cette grande famille, et en même temps je n'y ai pas les mêmes racines, le même ancrage. Un imperceptible lien qui n'a pas fini de se tisser.

Ainsi donc ce dimanche 14 mai plus de 150 sœurs des Sacré-Cœurs se sont retrouvées à La Roche-sur-Yon, venant de Vendée mais aussi de Charente, Charente-Maritime, Paris. Plusieurs associés à la Congrégation se sont joints à elles. C'était la première Assemblée de province de cette année, deux autres suivront prochainement dans la Manche et dans le Cantal.

L'objectif de la journée était de redonner aux Sœurs et aux associés une synthèse de la réflexion qu'ils ont menée en 2015-2016 sur les besoins de la Congrégation, la place et le rôle des communautés dans les paroisses, les attentes à leur égard, tout cela face à la réalité qui est la nôtre aujourd'hui et pour demain. Toutes les communautés avaient participé et envoyé leurs réponses, elles en attendaient à juste titre un retour. Retour sur l'année écoulée et le cheminement de notre réflexion sur l'avenir. Plutôt qu'un exposé fastidieux c'est sous la forme d'un diaporama que la synthèse a été présentée, enracinée dans la méditation des pèlerins d'Emmaüs (Luc 24, 13-35). Quelle que soit notre situation c'est toujours le même charisme qui nous anime, nous en avons repris les grands traits avec des paroles du Père Monnereau, fondateur de la Congrégation.

Deux sœurs et deux associés nous ont partagé leur joie d'être religieuse ou associé là où ils sont aujourd'hui, à travers des événements ou des rencontres qui sont pour eux signes d'espérance.

Ce temps de rencontre nous a également permis de revoir le teaser du bicentenaire et de découvrir le chant du bicentenaire, écrit par l'une de nous, sœur Martine Chaillot, et mis en musique par Frère Jean-Baptiste du Jonchay,  du couvent des Carmes de Toulouse.

La journée s'est terminée par la messe célébrée par l'abbé Florent Murzeau, qui n'a pas manqué de dire sa reconnaissance aux sœurs des Sacrés Cœurs pour ce qu'elles ont apporté à l'enseignement catholique de Vendée.

Ces temps de rencontre sont porteurs de joie et d'espérance. Sans nous cacher nos limites et nos inquiétudes, ensemble nous trouvons force et enthousiasme. Cette année du bicentenaire est aussi source d'un dynamisme renouvelé et contagieux.

"Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous... [...] À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem."

vendredi 21 avril 2017

Conduire à 80 ans et +

Quelle famille ne s'est trouvée confrontée  à la question de la conduite de sa voiture par papy ou mamy ? La vie religieuse n'est pas exempte de la question. Pour plusieurs il n'y a aucun problème : je ne fais pas de grandes distances, je reste autour de chez moi et puis je connais la route (et la voiture aussi) ! Mais on oublie la vue et l'ouïe moins bonnes, les réflexes plus lents, la signalisation routière qui évolue etc. Autant de causes d'inquiétude pour l'entourage.

Face à cela nous sommes dépourvus sans aucune aide extérieure, si ce n'est de persuader papy/mamy de ne plus conduire. Or ne plus conduire est une décision grave et difficile à prendre, on en perçoit les conséquences, en particulier la perte d'autonomie et d'indépendance. C'est aussi une décision irréversible.

Pour nos communautés des Sœurs des Sacré-Cœurs de Vendée nous avons voulu relever le défi et chercher comment sensibiliser les Sœurs à cette question de la sécurité routière. Dans un premier temps nous avons proposé une démarche pédagogique de prise de conscience des situations personnelles et de l'évolution des conditions de circulation routière. Quelques 80 Sœurs ont répondu et participé, en 4 séances de 2 heures, à la pédagogie d'une ancienne formatrice en auto-école.

Puis nous avons fait un pas de plus avec le concours du CEFR de Fontenay-le-Comte (Centr'Europe de Formation Routière). Au cours d'un après midi une vingtaine de Sœurs ont pu évaluer leurs connaissances et être briefées sur des points sensibles tels que la circulation en agglomération et les zones de rencontre, les ronds-points, les voies d'insertion, de décélération et d'entrecroisement, les distances de sécurité, les clignotants etc. Quelques astuces et points de repère ont complété l'aspect très pratique de l'intervention.

Toutes sont reparties averties, réconfortées sur quelques inquiétudes ou interrogations, heureuses de leur après midi en tout cas. Sur la route du retour la signalisation aura pris ses couleurs de printemps et les ronds-points une allure moins stressante. Bonne route !

Ce type d'intervention était un service réciproque. Bien sûr par l'apport du CEFR lui-même mais aussi parce que cette démarche s'inscrit dans le cadre de la formation des futurs moniteurs d'auto école. Pour valider leur examen final ils doivent animer une séance de sensibilisation à la sécurité routière auprès d'un public déjà détenteur du permis de conduire. Nous remercions Christine, responsable du CEFR Fontenay, et Cécile, stagiaire, de leur intervention. Et bonne chance à Cécile pour l'étape finale de sa formation.

jeudi 13 avril 2017

Musicamp, saison 1

26 ados de l’Enseignement Catholique de Vendée ont fait le choix de passer une semaine de leurs vacances pour participer au Musicamp du 10 au 14 avril. Une semaine pour apprendre et enregistrer les chants de la comédie musicale du bicentenaire de la Congrégation qui s'ouvre ce Jeudi Saint, 13 avril 2017. Quel pari audacieux, Tristan de Groulard*, de vouloir réaliser cet exploit en une semaine !

Pour ces jeunes passionnés de musique les deux activités principales sont l'apprentissage des chants et des techniques musicales et l'enregistrement proprement dit.

L’enregistrement, très technique, demande un effort de concentration. Pour les jeunes c'est la face un peu austère de l'expérience où ils doivent faire preuve de persévérance pour une production de qualité : justesse des sons, netteté de la diction, sourire sur les paroles heureuses. Hé oui, ça s'entend un sourire...

Tandis qu'un groupe est à l'enregistrement le second se familiarise avec les techniques d'expression vocale et corporelle. Ici le coach opte pour une pédagogie ludique qui favorise l'expression et défoule après l'enregistrement. En fin de semaine ils devraient voir leurs efforts récompensés avec l'enregistrement et la production du CD du spectacle.

Voici donc le Centre spirituel de l'Epiardière transformé en camp d'ados et en studio d'enregistrement pour la circonstance, bruissant des rires et des chants de ces jeunes qui viennent l'envahir de tout leur dynamisme. Repas et veillées animés, ambiance ado... Ce soir la plupart d'entre eux (si ce n'est tous) devraient participer à la messe du Jeudi Saint aux Brouzils, lieu de fondation de la Congrégation. Ils y sont attendus et apporteront leur part dans l'animation de la messe par la fraîcheur de leurs voix. Et vendredi soir ils rentreront chez eux, riches de cette expérience, de découvertes et de dépassement de soi, des joies de quelques jours entre amoureux de musique et de chant. Plusieurs parmi eux reviendront en juillet pour le stage danse et théâtre, mise en œuvre de la comédie musicale "L'hôtel du cœur" qui sera donnée en novembre prochain.

Rendez-vous du 8 au 22 juillet pour "Musicamp, saison 2" !


Photos du Musicamp 1


* Tristan de Groulard, auteur et réalisateur de la comédie musicale "L'hôtel du cœur"

lundi 10 avril 2017

Pierres vivantes d'hier et d'aujourd'hui

Portail central - Église St Nicolas - Maillezais

Dans le cadre de l'année jubilaire des 700 ans du diocèse de Luçon le doyenné de Fontenay était invité à un parcours jubilaire en cette veille des Rameaux. Au programme quatre étapes dans quelques uns des hauts lieux de ce Sud Vendée pour redécouvrir les joyaux de notre patrimoine religieux, y rencontrer des témoins, se ressourcer et prier.

Vitrail - Église Ste Eulalie - Benet
Les richesses du patrimoine nous ont conduits à Maillezais pour y redécouvrir l'histoire de l'abbaye St Pierre et de ses moines dont la présence remonte au début du XIe siècle. L'église paroissiale St Nicolas est également une merveille datant de la même époque. Pour l'heure, le curé de la paroisse, l'abbé Louis-Marie Fillon, a pris sa casquette de guide pour nous en dévoiler toutes les subtilités architecturales et historiques. L'ancrage dans l'histoire nous a ensuite conduits à Benet où nous avons plus particulièrement porté notre attention sur le porche central et ses sculptures du XIIème. A Foussais-Payré, "Petite cité de caractère", le parcours a fait halte au Temple de l'Eglise Réformée (Foussais étant un foyer du protestantisme dans cette région) et à l'église St Nicolas, du XIIe siècle également, avec sa double nef et son vitrail de St Hilaire. Dernière étape du circuit, la chapelle de l'Union-Chrétienne à Fontenay-le-Comte, le rayonnement de la Congrégation dans ce Sud Vendée pendant plus de 300 ans qui se poursuit aujourd'hui avec les Sœurs des Sacré-Cœurs.

Quatre étapes dans ce parcours jubilaire où nous avons rencontré en chaque lieu des gens passionnés par leur service et qui aujourd'hui sont les pierre vivantes de ces lieux : guides bénévoles de monuments historiques humbles acteurs de la vie de l’Église locale dans l'accompagnement des familles en deuil et la célébration des sépultures, la gestion du site internet de la paroisse, des religieuses permanentes de la prière et accueillantes à la vie de la paroisse, des "laïcs associés" renouvelés dans leur vie chrétienne par le partage de la spiritualité du Père Monnereau, fondateur des Sœurs des Sacré-Cœurs...

La prière a ponctué de diverses manières ce parcours. Dès le départ du car le ton était donné avec le chant du jubilé du diocèse "Nos voix s'élèvent et publient ta louange". Puis le Salve Regina à l'abbaye de Maillezais, prière à Marie qui termine l'office des Complies le soir avant le repos de la nuit et une longue prière jubilaire à l'église St Nicolas ; l'Eucharistie à l'église de Benet, présidée par le curé du lieu, l'abbé Thierry Piet ; les Vêpres à la chapelle de l'Union Chrétienne, prière du soir de l’Église en cette veille des Rameaux.

La dernière étape, à la chapelle de l'Union Chrétienne a permis aux Sœurs des Sacré-Cœurs de présenter leur année jubilaire (13 avril 2017 - 18 juin 2018) à l'occasion du bicentenaire de leur fondation par le Père Monnereau. Mais nous aurons l'occasion de reparler de cet événement prochainement...

Le déplacement en car et le pique nique au collège St Martin de Benet ont favorisé des rencontres élargies aux dimensions du doyenné, des retrouvailles, permis de mettre des visages sur des noms et inversement, de nouer des relations. Un peu fourbus en fin de journée les quelques cinquante pèlerins d'un jour sont repartis heureux de leur journée et reconnaissants envers l'organisateur, le curé de la paroisse St Hilaire de Fontenay, François Bidaud.

D'autres photos de la journée


dimanche 26 février 2017

Comme un veilleur

Il est là devant moi,
emmitouflé jusqu'au sommet de la tête
avec son capuchon noir relevé.
Car le lieu finit par être frais
quand on y reste si longtemps,
sans bouger, à son âge.

Et mon regard et mon esprit
se laissent happer par lui
au détriment de l'Hôte du lieu
pour qui je suis venue.

Il ?
Un vieux moine
assis juste devant moi.
Évidemment il prie...
Mais encore ?
Qu'est-ce que ça veut dire prier
quand il fait ça des heures durant,
tous les jours que Dieu lui donne ?
Dirait-il, comme le paysan du saint Curé d'Ars
"Je L'avise, et Il m'avise" ?

C'est quoi une prière de moine,
seul et silencieux ?
Et le dimanche, comme aujourd'hui,
c'est comme les autres jours ?
De l'horaire qu'on voit, nous, de passage,
c'est bien pareil.
Il est seul ici, dans l'église du monastère,
un dimanche, en plein après midi.
Et les autres, où sont-ils ?
Ses frères, que font-ils ?
Sa sérénité épouse celle du lieu
et devient contagieuse
soudain illuminée par un rayon de soleil perdu.

"Non, il ne dort pas, il ne sommeille pas
le gardien d'Israël" (Psaume 120)

Il veille,
et sa seule présence est apaisante.
Il était là avant moi,
et il y restera après,
comme un veilleur.


dimanche 12 février 2017

Se laisser toucher par la fragilité

Cette semaine j'ai suivi la session annuelle proposée aux religieux et religieuses de France au  Centre Sèvres, à Paris. Le thème en était : Vivre la vie religieuse dans un monde incertain.
Quatre jours denses et riches avec des intervenants de qualité dans différents domaines pour une approche large du sujet : Jean-Pierre Winter, psychanalyste, le Père Robert Scholtus, théologien du diocèse de Metz, le Père André Wénin, bibliste, Sœur Sylvie Robert, théologienne. Et des témoignages courageux et lucides d'expériences de fragilité.

Quelques jours après je suis riche de plusieurs pistes à explorer, mais une en particulier m'interpelle : cette invitation non seulement à ne pas fuir la fragilité, mais à oser porter mon regard sur elle. J'aime bien ce mot de fragilité, délicat et ouvert, qui balaie discrètement nombre de situations. Moins dur que pauvreté, vieillissement, maladie, diminution... Entendons la fragilité douloureuse, celle dont on se détourne naturellement, qu'on ne peut pas (veut pas) voir. La fragilité heureuse, porteuse d'avenir et d'espérance ne fait pas détourner le regard. La fragilité du nouveau-né ne fait pas peur, elle est germe de vie. La fragilité du malade, du vieillard, de la personne blessée, amochée fait peur. La fragilité de nos instituts religieux face à ce monde difficile et incertain fait peur. La paradoxale fragilité induite pas les nouvelles technologies, les cyber-sécurités, à la réflexion déstabilise. Alors on les fuit. Comme l'autruche on se cache la tête ou on la détourne pour ne pas voir.

Inévitablement cette fragilité de l'autre, que l'autre soit personne ou institution, agresse et déstabilise car elle renvoie à sa propre faiblesse.

Peu à peu, paisiblement, prendre conscience de ces protections qui nous habitent et nous caparaçonnent pour ne pas être confrontés à notre propre fragilité. Peu à peu, paisiblement, oser regarder en face ces fragilités et entrer dans le chemin qu'elles ouvrent.

Me laisser toucher par la fragilité pour me laisser toucher par ma fragilité... à moins que ce ne soit le contraire...


vendredi 3 février 2017

Jean ou le courage de la vérité

Ce commentaire d'évangile a été diffusé sur RCF Vendée ce vendredi 3 février 2017.

(Évangile selon St Marc, 6, 14-29)

Nous voici à nouveau avec un épisode bien connu de la vie de Jésus, ou plutôt de la vie de Jean-Baptiste.
Avec deux personnages principaux : Hérode et Jean le Baptiste.
Dans les lignes qui précèdent ce passage St Marc nous parle de Jésus sur les routes de Galilée, enseignant, guérissant, faisant quelques miracles. Jésus commence à faire parler de lui et cela arrive aux oreilles du roi Hérode. On ne sait pas bien encore qui est cet homme qui fait parler de lui. Jean, celui qui baptisait, serait ressuscité ? Serait-ce le prophète Elie ? Un autre prophète ?...
De ces rumeurs Hérode retient celle de Jean le Baptiste. Il a un passé pour le moins douloureux avec Jean : il a sa mort sur la conscience et ça doit bien le harceler. Voilà donc Hérode à nouveau face à lui-même, face à sa conscience.

Vitrail église St Jean-Baptiste - Fontenay-le-Comte
Hérode savait que Jean était un prophète et il aimait bien l'écouter (avec plaisir précise Marc) même si ses paroles le dérangeaient. Jean lui avait reproché d'avoir pris la femme de son frère et cela avait particulièrement irrité celle-ci qui avait décidé de le faire mourir.
Profitant d'un serment d'Hérode en public Hérodiade va demander la tête de Jean. Hérode est au pied du mur. S'il avait été fidèle à sa conscience il aurait dû renoncer, quoi qu'il en coûte, à un serment fait devant ses admirateurs.

Qu'en est-il de nos décisions et de nos choix quand notre liberté intérieure est mise à contribution ? À quel engagement, à quelle prise de position mon baptême m'appelle-t-il mais auquel je résiste par peur du qu'en dira-t-on ?

Jean a été le précurseur de Jésus dans toute sa vie :
en naissant il a témoigné que le Christ allait naître
en prêchant que le Christ allait prêcher
en baptisant, qu'il allait baptiser
en souffrant le premier sa passion Jean le Baptiste signifiait que le Christ devait lui aussi souffrir.
Jean qui appelait à la conversion et à la pénitence a été témoin de la vérité jusqu'à en mourir.

A quoi nous renvoie aujourd'hui Jean le précurseur ?
Baptisés nous sommes devenus témoins de Jésus. Vivre en témoin de l'amour du Père n'est pas toujours facile. Quels témoins sommes-nous appelés à être dans/malgré les ambigüités de nos existences ?

jeudi 2 février 2017

Mes yeux ont vu ton salut

Ce commentaire d'évangile a été diffusé sur RCF Vendée ce jeudi 2 février 2017.


Évangile selon St Luc 2, 22-40)
Fête de la Présentation de Jésus au Temple

En cette fête de la Présentation de Jésus au Temple et avec cet évangile nous retrouvons l'enfance de Jésus, dernier signe de Noël. C'est peut-être pour cela qu'en certains lieux on laisse la crèche jusqu'à ce jour…

Et que voit-on dans cet évangile ?
Un tout jeune couple qui vient au Temple présenter et offrir au Seigneur son bébé comme le veut la Loi.
Comme il insiste, St Luc, sur cet accomplissement de la Loi ! Pas moins de 4 fois dans la 1ère partie et une autre fois à la fin.
Joseph et Marie se soumettent à la loi comme tout le monde. La filiation divine de Jésus ne les en dispense pas. Une mission, une responsabilité ne dispense pas de respecter le règlement.

Nous voyons aussi 2 vieillards, au soir de leur vie. Toute leur vie Syméon et Anne ont attendu le Sauveur, dans la prière.
De Syméon Luc dit que c'était une homme juste. De cette justice (justesse ?) au sens biblique qui consiste à s'ajuster à Dieu, à reconnaître sa volonté et y répondre dans le concret de la vie.

Sous l'action de l'Esprit, Syméon reconnait dans ce geste tout simple de l'offrande de Marie et Joseph le Salut annoncé, en ce bébé il reconnait le Sauveur, le Messie, la lumière qui vient éclairer les nations. Témoin de cette merveille il chante un cantique d'action de grâce que l'Église reprend chaque soir à la fin des Complies dans la liturgie des heures, le Nunc Dimittis : "Maintenait ô maître souverain tu peux laisser s'en aller ton serviteur, en paix selon ta parole…".

Cette lumière elle est aussi dans nos célébrations de ce jour avec la procession et la bénédiction des cierges, rappel de notre baptême.

Dans notre vie de tous les jours nous pouvons laisser Dieu venir nous rencontrer, dans le silence et la simplicité. Comme Joseph, Marie, Syméon, Anne regardant l’enfant, apprendre à voir l’extraordinaire dans l’ordinaire. Rendre, par notre foi et notre amour, les choses ordinaires extraordinaires.

Il y a tout juste 20 ans cette année, St Jean Paul II faisait de cette fête de la Présentation la journée de la Vie consacrée. Journée sous le signe de l'action de grâces pour mieux faire connaître et apprécier la vie consacré et invitation pour les consacrés à célébrer les merveilles que le Seigneur fait pour eux. C'est donc une journée particulière pour toute personne consacrée qui, inspirée par le don du Christ aspire à son tour à donner sa vie et à tout quitter pour marcher à sa suite.
Bonne fête à toutes, à tous les consacrés !


Nunc dimittis (Taizé)




mercredi 1 février 2017

Nul n'est prophète en son pays

Ce commentaire d'évangile a été diffusé sur RCF Vendée ce mercredi 1er février 2017.


(Évangile selon St Marc, 6, 1-6)

Et Le voilà de retour au pays ! Il a arpenté la Galilée, enseigné, parlé en parabole, il en a expliqué quelques-unes, guéri des malades et ça c'est plutôt bien passé. Et là il rentre à la maison. Il est chez lui, il connaît bien les gens et c'est réciproque eux aussi le connaissent bien.
Comme il se doit, le jour du sabbat il va à la synagogue et voilà que lorsqu'il se met à enseigner ça ne va plus du tout. Il choque ses auditeurs, il les choque même profondément insiste St Marc. Qu'a-t-il donc pu leur dire pour susciter une telle réaction ? Quelles paroles dérangeantes ? Jésus devient chez lui pierre d'achoppement sur laquelle les siens butent.
Ils restent sur un regard humain de leur connaissance de Jésus : le charpentier, le fils de Marie, ses frères, ses sœurs sont bien de chez nous…
Cet homme qu'ils croient connaître leur parle aujourd'hui en Fils de Dieu. Il y a un pas à faire pour le reconnaître Fils de Dieu, Sauveur. Et ce pas c'est la foi.
La foi, hier comme aujourd'hui, c'est reconnaitre la présence divine de Jésus dans la vie ordinaire de chaque jour, dans les personnes rencontrées au quotidien, c'est changer notre regard.

Si les proches de Jésus sont choqués, lui-même est étonné et "il ne pouvait accomplir aucun miracle" nous dit St Marc. Il ne pouvait accomplir aucun miracle, mais pourtant il a fait quelques guérisons. Alors ces guérisons ne sont donc pas des miracles ?

Ce manque de foi des interlocuteurs de Jésus est un obstacle majeur pour reconnaître ses actes de puissance, des miracles, mais ce manque de foi ne peut empêcher la puissance libératrice à l'œuvre en Jésus de se manifester. C'est pourquoi il a pu faire quelques guérisons.

Le miracle suppose la foi. Jésus ne peut nous sauver sans notre participation. "Je t'ai créé sans toi, je ne te sauverai pas sans toi" disait St Augustin.

lundi 26 décembre 2016

Leçon de bernaches


Hier, jour de Noël, nous nous étions retrouvées à plusieurs communautés pour partager le repas festif du jour. Les conversations allaient bon train d'un sujet à l'autre au gré des idées et des humeurs quand soudain sont arrivées les bernaches, ne me demandez pas pourquoi ni d'où elles venaient !
Christiane nous a alors raconté l'histoire des bernaches. Une belle leçon de fraternité où les oiseaux du ciel ont encore beaucoup à nous apprendre.

A l'automne, lorsque vous apercevrez des bernaches volant vers le Sud pour l'hiver, dans une formation en "V", pensez à ce que la science nous a appris sur la raison pour laquelle les bernaches volent de cette façon. Chaque battement d’aile d'un oiseau donne une poussée à l'oiseau qui le suit. Une telle coopération permet à toute la volée de parcourir une distance d’au moins 71 % supérieure à celle que parcourent individuellement les oiseaux volant en solo. Lorsqu'une bernache laisse la formation, elle se heurte à la résistance de l’air qui s'oppose à ses efforts de voler seule et elle revient vite dans la formation pour profiter des avantages de voler avec les autres.

Nous pouvons appliquer le même raisonnement dans notre vie et travailler avec d'autres personnes qui vont dans la même direction que nous. Lorsque la bernache de tête est fatiguée, elle revient dans l'aile de la formation et une autre bernache prend la relève. Les bernaches qui sont à l'arrière crient pour encourager celles à l'avant.

Enfin, lorsqu'une bernache s'affaiblit, qu'elle est blessée ou qu'elle tombe de la formation, deux bernaches en sortent alors et descendent à sa suite pour l'aider et la protéger. Ses compagnes demeurent avec elle jusqu'à ce qu'elle meure. Elles repartent ensuite de leur côté ou se joignent à une autre formation pour rattraper leur groupe.

Si nous avions le bon sens de la bernache, nous nous viendrions en aide les uns les autres de la même façon.

Auteur inconnu... Commentaires inutiles... Je vous laisse méditer la jolie histoire   😉
 
Et ce n'est pas un conte même si l'histoire est belle, sauf qu'il semble que ce ne soit pas spécifique aux bernaches mais plus largement aux oiseaux migrateurs. Recherches scientifiques à l'appui. Allez donc faire un tour sur la revue Nature, au moins pour la jolie petite vidéo, et si vous êtes vraiment allergiques à l'anglais, il y a du français par ici.


samedi 24 décembre 2016

Joyeux Noël !

Quand je vois autour de moi cette avalanche de souffrances je me demande comment je vais pouvoir dire JOYEUX NOËL ! Dans la liste il y a bien sûr les deux dernières grosses catastrophes que sont l'attentat de Berlin et le carambolage de Ste Flaive des Loups. Mais je n'oublie pas la Syrie, Alep... les pays en guerre, les migrants, les malades, les isolés... Ces catastrophes qui s'abattent la veille de Noël, sans prévenir, alors que la fête se prépare : maladie, hospitalisation, décès.

Comment dire Joyeux Noël à toutes ces familles sans blesser ?

Et pourtant Noël c'est la victoire de la lumière sur les ténèbres, en ces jours où justement la nuit cède doucement le pas à la lumière. Et au fond du cœur de chacun brille cette petite lumière, cette espérance. Pour nous chrétiens, cette lumière s'appelle Jésus. Né dans un dénuement extrême nous croyons qu'il est venu nous sauver et nous apporter Lumière, Paix et Joie. N'était-ce pas le chant des anges accourus à la crèche, "Gloire à Dieu... et paix sur la terre aux hommes qu'il aime" (St Luc 2, 14) ?

Noël, dans l'esprit de chacun, c'est aussi la trêve, un jour dans l'année où peuvent cesser les conflits des plus grands aux plus petits de nos quotidiens. Et pourquoi la trêve ne durerait-elle pas plus longtemps ?... Puis-je faire un rêve, moi aussi, aujourd'hui ?

Bénédictines de Venière
Noël c'est ce Dieu désarmé et désarmant qui vient à nos devants redonner espoir  espérance aux hommes.

Christian de Chergé disait : « Il s’agit bien pour le Fils de Dieu de prendre une humanité semblable à la nôtre et de la conduire à son terme qui est d’entrer dans la vie de Dieu.
Il nous faut trouver dans le mystère de l’incarnation nos vraies raisons de rester malgré les menaces et la tourmente. Noël, c’est l’Emmanuel, Dieu silencieusement présent, présence de l’amour même qui seul est révolutionnaire, qui seul transforme les cœurs des uns et des autres... »

Alors oui, avec confiance,  je vais oser dire

J O Y E U X   N O Ë L   !

et que le Prince de la Paix venu crécher chez nous et dans nos cœurs nous aide à être artisans de Paix là où nous sommes.




dimanche 18 décembre 2016

70 ans à la Maison diocésaine de Saintes

Une communauté qui ferme c'est toujours un déchirement. Pour les Sœurs qui partent mais aussi pour la Congrégation, l'Église locale (paroisse ou service) qu'elles laissent et où elles avaient trouvé leur place pour la mission qui leur était confiée. C'est reconnaître nos limites tout en rendant grâces pour le vécu, les relations et les amitiés nées et entretenues et passer le relais à d'autres. Ainsi en a-t-il été pour la communauté de la Maison diocésaine de Saintes. Trente cinq Sœurs y ont assuré divers services depuis 70 ans, de la direction de la Maison à l'entretien du linge en passant par l'animation spirituelle, l'accueil de groupes, la cuisine, le fleurissement, la Sacristie, le soutien à quelques prêtres résidents...

C'est en 1947 qu'une communauté de Sœurs des Sacré-Cœurs arrive au petit séminaire de Saintes, à la demande de Mgr Liagre, évêque de La Rochelle et Saintes. Déjà depuis 1920 une autre communauté était présente au grand séminaire de L'Houmeau. Le grand séminaire fermé, le petit séminaire transformé en Maison diocésaine, les Sœurs y sont restées jusqu'à ce jour.

Ce vendredi 9 décembre le personnel de la Maison diocésaine s'est donc retrouvé pour une messe d'action de grâces pour ces 70 années de présence de la Congrégation, autour de Mgr Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes, et de son Conseil. Une quinzaine de Sœurs ayant travaillé en ce lieu étaient également présentes tandis qu'on fêtait aussi le départ à la retraite de Marie Claude, après 40 ans de services discrets dans la maison et formée à l'école des "Sœurs de Mormaison".

Les unes et les autres ont exprimé remerciements et reconnaissance qui pour les liens tissés, le bonheur de vivre dans ce département et ce diocèse, dans cette maison où elles ont tant reçu par la diversité de l'accueil de gens d’Église ou hors Église, qui pour l'accueil, le travail discret, le service caché, la prière et la bonne humeur. Reconnaissance aux Sœurs qui ont fait vivre cette maison et lui ont- donné une âme depuis 70 ans.

Pour Sœur Jacqueline et Sœur Louise, une page se tourne. Dans un mois elles quitteront définitivement Saintes pour une autre mission au Centre spirituel Pierre Monnereau, à Mormaison. Un peu un retour aux sources, mais toujours dans l'accueil et le service, à la suite de Celui qui est Chemin, Vérité, Vie.







samedi 10 décembre 2016

Lettre ouverte à Isabelle

Chère Zabou,

Le voilà arrivé le grand jour pour lequel tu te prépares depuis si longtemps, pour lequel aussi tu nous as bien préparés. A la fois aboutissement d'un long chemin et nouveau départ.

Quand j'ai commencé à te "fréquenter" tu m'as tout de suite intriguée. Qui donc était cette toute jeune femme qui partageait si ouvertement sa foi sur les réseaux sociaux, qui jonglait entre CAPES, agrégation et blog, entre servants d'autel et école de prière, entre chemin de Compostelle puis via Francigena, réco et accompagnement spirituel ? Pas la dernière à blaguer et profonde dans sa foi et sa réflexion. Capable de rire, faire rire, d'un vrai coup de gueule et de pardon, de pleurer dans un couloir d'hôpital ou au chevet d'un mourant et aussitôt de rebondir dans sa foi... Partageant sans complexe sa prière au rythme des temps liturgiques... J'ai vite compris qu'une vocation bourgeonnait et se cherchait sans savoir laquelle évidemment.

Et voilà, ce matin, dans la cathédrale de Nanterre, tu as été consacrée par Mgr Aupetit dans l'ordre des vierges consacrées, une forme de vie consacrée que l'on redécouvre, pas facile à faire entendre dans le monde d'aujourd'hui. Tu dis toi-même ta vocation "si méconnue chez la plupart des chrétiens", mais qu'elle est pour toi, par la prière, réponse à l'attente de Dieu.

Lundi tu seras la même pour tes collégiens de ZEP qui te donnent parfois du fil à retordre mais que tu aimes, et ils te le rendent bien. Tu ne pourras rien leur dire de ton engagement, devoir de réserve oblige, mais pourtant ils ont déjà compris que tu les aimes et ne cherches qu'à les faire grandir. 
 
Ce chemin qui s'ouvre devant toi aujourd'hui est chemin de bonheur. Je te souhaite bonheur dans ce choix de vie, continue à être témoin heureuse de ta foi et de tes engagements en Église. Merci pour la richesse de ta présence sur ce continent digital, pour reprendre une expression de Benoît XVI, où nous nous sommes rencontrées, merci pour ce que j'y ai reçu de toi. Ma prière continue de t'accompagner. Avec Marie, que le Seigneur achève ce qu'il a commencé en toi.

Très fraternellement à toi,

Cybersister

PS 1 - Ne va pas t'y tromper, je sais que tu as aussi plein de défauts...
PS 2 - Je t'ai piqué une photo... et quelle photo ! Tu ne m'en veux pas ?  😉

jeudi 8 décembre 2016

5 ans déjà !

C'était en effet un certain  8 décembre 2011, une page se tournait, une nouvelle aventure commençait. C'est mon réseau bien aimé qui m'a rappelé ça ce matin en allumant mon ordinateur, avec photo à l'appui. 

Ce jour-là une petite Congrégation fusionnait avec une plus grande. Je savais ce que je quittais, je ne savais pas bien où ça me mènerait mais j'y allais avec confiance et espérance. Je n'ai pas été déçue. Si le grand nombre a pu être pour certaines un élément déstabilisant j'y ai vu un facteur d'ouverture. D'autres sœurs à mieux connaître, d'autres terrains de mission, d'autres pays à découvrir. Le mélange des communautés a permis cette ouverture et a cassé la routine.

J'avais eu l'audace de penser avec plaisir et soulagement : finies maintenant les responsabilités de Congrégation !  Ça n'a pas duré longtemps ! Très vite "on a pensé à moi", à quoi j'ai répondu une fois, "j'aimerais bien que vous pensiez un peu moins à moi". D'abord des propositions de formation puis des appels plus clairs à quelques responsabilités dans la Congrégation. C'était à la fois courageux de leur part et me faire confiance pour une mission qui me dépassait dans cette Congrégation que je ne connaissais pas, où j'avais tout à découvrir ! Puisqu'elles me faisaient confiance, mon oui a été une façon d'apporter ma part à la fusion : vous nous avez accueillies, soyez-en remerciées et j'accepte ce service si vous m'en jugez capable.

J'ai fait mon chemin, j'ai découvert, j'ai bien peiné pour comprendre et connaître (et ce n'est pas fini !) mais ces années de Conseil m'ont aidée à connaître la Congrégation et les Sœurs tout en servant l'une et les autres et à retrouver le dynamisme de la vie religieuse dans une Congrégation diocésaine.

En ce 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception, avec Marie je rends grâces pour ces 5 années et je lui confie l'avenir de la Congrégation, le chemin que nous faisons ensemble au cœur de l’Église.



dimanche 16 octobre 2016

Ça manque à ta culture !

Oui, certes, ça manquait à ma culture, mais surtout aussi ça lui faisait un immense plaisir d'y aller.

Depuis quelques jours c'est son sujet de conversation privilégié et elle suit ça de près à la radio, la télé, les journaux. Hier, avec l'ouverture du village du Vendée Globe, elle nous racontait ses souvenirs des années passées aux Sables où elle vivait à fond l'événement du Vendée Globe. Comme si elle y était. Et puis elle a tout repéré : les exposants, les bateaux, les noms des skippers, les parkings proches... C'est sûr qu'elle serait un bon guide. Aujourd'hui encore, pendant le déjeuner, elle a le visage radieux quand on en parle. Je comprends que n'être jamais allée au village du Vendée Globe depuis si longtemps que je suis en Vendée est un manque grave de culture. Oui, me répond-elle avec un grand sourire, ça manque à ta culture. C'est trop clair qu'elle grille d'envie d'y aller. Alors je propose : et si on y allait cet après midi ? La réponse ne se fait pas attendre.

Fin de repas et vaisselle expédiés à grande vitesse, quelques quarts d'heure plus tard nous voilà au fameux village. Le soleil a pris ses congés laissant place à quelques ondées mais la foule est bien là. C'est un concert d'expositions, d'animations ludiques et pédagogiques pour grands et petits, un défilé ininterrompu sur les pontons pour voir de près, toucher chaque bateau, échanger un mot avec quelques skippers venus aussi pour un bain de foule avant la grande solitude de la course, s'arrêter devant les photos géantes "Dans les rues du globe", collectionner toute la doc possible à commencer par les magnifiques posters. Ambiance bon enfant, festive.

Et voilà une première immersion dans le monde du Vendée Globe grâce à Angèle, une sœur de ma communauté qui ne compte que 87 années au compteur de la vie. Je sens que son enthousiasme m'a contaminée et que je vais suivre de près cette belle aventure qu'est le Vendée-Globe 2016 (#VG2016 pour les geeks).

Sûr que le 6 novembre elle va passer sa journée devant la télé ! Elle a son supplément de jouvence pour 3 mois.

samedi 17 septembre 2016

Un démarchage pas comme les autres

Comme beaucoup je déteste le démarchage, quel qu'il soit. Mais cette fois, allez donc savoir pourquoi, je me suis prêtée au jeu de bonne grâce. On a le droit de s'arranger, non ?

Donc elle a commencé par une enquête de satisfaction sur le portage du journal à domicile. Bingo ! Ca tombe bien, c'est parfait, j'en suis contente alors j'y suis allée de mon petit couplet de félicitation et de remerciement pour ce service très matinal, régulier et tout. Oui, ce sont des étudiants qui font ça pour gagner un peu d'argent...

Puis elle a continué sur le fond, le contenu du journal, qu'est-ce que vous lisez en premier (non pas les obsèques, pas moi), qu'est-ce que vous aimeriez y trouver, qu'est-ce qu'on pourrait améliorer...  Pour un peu j'avais un journal sur commande et à défaut de refaire le monde je refaisais le journal. Ah oui, votre dernière page, j'aime bien la dernière page : un regard positif sur des événements ou des tranches de vie. Elle savait s'y prendre la fille. Pour en arriver à sa proposition, parce que c'était quand même bien le but de l'opération, me faire consommer un peu plus et donc me proposer le journal le dimanche, à l'essai pendant un mois, pour un prix intéressant si je m'engage après, et si vraiment ça ne me convient pas je pourrai arrêter, etc. le couplet habituel. On a discuté un moment, ça ne me disait rien du tout et j'ai fini par céder avec l'arrière pensée de ne pas donner suite après l'essai.

Après elle a dû me parler "des autres", entendons par là les Sœurs de ma communauté, avec qui je pourrais en parler et qui seraient peut-être intéressées, elles. Elle a bien compris qu'avec moi ce n'était pas gagné...

Et puis ça s'est terminé comme ça. Enfin non. Remerciements, elle était contente : merci d'avoir pu parler avec vous, c'est rare d'avoir un tel accueil, et puis merci pour ce que vous êtes, pour vos prières. C'est important ça vos prières. Ma grand mère disait toujours : si le monde tient encore debout c'est grâce aux prières des Sœurs. Alors là vous avez de quoi faire ! Merci. Continuez.

J'étais toute éberluée de cette façon de conclure une conversation à caractère commercial. Avec une inconnue, quelqu'un que je ne retrouverai jamais. Un joli message que je transmets à tous ceux et celles qui ont cette mission de prier pour le monde et pour l’Église. On nous y attend !


lundi 5 septembre 2016

Elles ont fait bénir leur maison

Certains auraient pendu la crémaillère, elles ont choisi de faire bénir leur maison.

Elles ont emménagé là il y a six mois, pas tout à fait nouvelles dans le quartier pourtant puisqu'elles n'étaient qu'à deux kilomètres. Quelle idée de déménager à deux kilomètres ! C'est l'aboutissement d'une réflexion commune entre la paroisse St Hilaire de Fontenay et la Congrégation des Soeurs des Sacré-Cœurs de Jésus et de Marie. La première, en restructuration, cherchait à garder une présence religieuse dans un quartier de la ville et un lieu d'accueil pour de petits groupes. La seconde cherchait un habitat plus adapté à une communauté religieuse.

En ce lieu, en réponse à l'appel de la paroisse, la communauté de quatre Sœurs a une mission d'accueil et de proximité, de présence toute simple aux gens du quartier.

Une pièce de la communauté sert donc aussi à l'accueil de petits groupes : enfants du caté, réunions d'équipes liturgiques, soirées bibliques, groupes de prière...

Accueil de groupes mais aussi accueil individuel, porte ouverte à qui veut venir confier une joie, une peine, partager un moment de prière, passer un moment pour rompre la solitude, ou le simple plaisir de prendre un café en bavardant.

Et alors pourquoi bénir cette maison ?
Dans la Bible, une bénédiction est d’abord un acte de Dieu qui veut le bien pour l’homme. Elle est aussi reconnaissance de la grâce de Dieu. Lorsque l’Église bénit elle affirme la présence de Dieu* à l’œuvre dans sa création. Bénir une maison rappelle que l'existence de l'homme dans toutes ses dimensions (travail, loisir, repos...) intéresse Dieu. Bénir une maison c'est bénir ses occupants afin qu'ils reconnaissent la présence de Dieu dans leur vie et qu'ils la transmettent à leurs frères et sœurs.

Ainsi comprise la bénédiction ne pouvait être qu'un coup de goupillon sur les murs de la maison, mais elle s'enracinait dans la Parole de Dieu, et la prière commune. Puis le célébrant a béni les personnes présentes et les pièces de la maison.

Michèle, Marcelle, Christiane et Isabelle avaient invité largement amis et proches, "utilisateurs" de la salle, la réponse a été à hauteur de leurs attentes. La diversité des participants reflétait la diversité des bénéficiaires, des amis, l'ouverture de la communauté, les liens déjà tissés.  Michel, ému, a spontanément pris le micro pour remercier les Sœurs de leur soutien quand il a perdu sa femme.

La soirée s'est poursuivie par un temps convivial autour de boissons fraîches où de nouveaux liens ont pu se créer, jusque tard dans la soirée, certains pas pressés du tout de rentrer. On était bien là.

Que cette maison soit en effet un lieu où il fait bon vivre, où il fait bon venir, où Dieu se fait proche, où la Bonne Nouvelle est annoncée et vécue. "Venez, et voyez" (St Jean 1, 39).

* Père Sébastien Antoni, assomptionniste


Photos de l'après-midi

samedi 3 septembre 2016

Mère Teresa, la face cachée

Demain elle sera canonisée, proclamée sainte par l’Église catholique à la face du monde. Et pour une fois l'ensemble des médias sont très bavards sur l'événement, je ne m'en plaindrai pas. Cependant il est une dimension de sa vie dont on ne parle pas, ou très peu, et qui alimentait son œuvre de charité. Je veux parler ici de sa grandeur spirituelle et mystique.

Sa première expérience mystique date de 1946 (elle a 36 ans), qu'elle nomme "l'appel dans l'appel". Dans le train elle entend un appel du Christ à tout quitter pour le suivre dans les bidonvilles et les trous obscurs et le servir dans les plus pauvres des pauvres. "Viens,  sois ma lumière", lui dit le Christ. A partir de ce jour elle mettra tout en œuvre pour discerner que cet appel vient de Dieu puis pour le réaliser. Et quand elle se heurte aux évêques et archevêques qui traînent les pieds pour transmettre sa demande au Pape elle n'hésite pas à les relancer plusieurs fois : "Pardonnez-moi si je vous importune avec toutes ces lettres.." [...] "Je vous supplie Excellence, au nom de Jésus et pour l'amour de Jésus de me laisser y aller. Ne différez plus. Ne me retenez pas." Car Mère Teresa est obéissante et veut l'aval du Pape, comme signe de la volonté de Dieu, pour réaliser son projet. En 1942 elle avait fait en privé "le vœu à Dieu, sous peine de péché mortel, de donner à Dieu tout ce qu'il pourrait demander, de ne rien lui refuser".
Elle est écartelée entre l’Église qui prend son temps et Jésus qui la confronte à son vœu dans un lancinant : "Refuseras-tu ? Refuseras-tu de faire cela pour moi ?". Elle devra attendre 2 ans pour avoir le feu vert : "Vous pouvez y aller".

Le discernement de son projet l'a mise à rude épreuve. Ce premier combat terminé Mère Teresa va rapidement être affrontée à une profonde nuit spirituelle qui ne la quittera pas, des ténèbres de plus en plus sombres. Elle ira jusqu'à dire qu'elle n'a plus la foi, craindra l'hypocrisie car elle parle bien de Jésus mais elle en est si loin. Une grande souffrance qu'elle ne dévoile qu'à ses pères spirituels, mais que bientôt elle ne pourra même plus exprimer : "Pour moi, je n'ai rien à dire, car les ténèbres sont tellement sombres, la douleur tellement douloureuse". Une grande souffrance dont rien ne perce à l'extérieur son sourire étant son arme : "le sourire est un grand manteau qui recouvre une multitude de douleurs". Elle demande à ses Sœurs : "Prenez tout ce qu'il vous donne et donnez tout ce qu'il vous prend avec un grand sourire".

Que ce soit pour le discernement et la mise en œuvre de son projet, ou dans sa nuit, Mère Teresa ne cesse de prier et de demander qu'on prie pour elle, pour son œuvre, pour ses Sœurs.

Cette nuit elle n'en verra pas la fin. Elle en viendra à aimer ses ténèbres et à même y penser pour après sa mort : "Si jamais je deviens sainte, je serai certainement une sainte des ténèbres. Je serai continuellement absente du Ciel pour allumer la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres sur terre." Paradoxalement, et c'est un trait de l'expérience mystique, la traversée de cette épreuve l'enracine dans l'amour de Dieu et des autres, sa seule raison de vivre.

Sainte Mère Teresa, priez pour nous !

Les citations sont tirées de
"Mère Teresa, Les écrits intimes de la Sainte de Calcutta"
Brian Kolodiejckuk. Editions Lethielleux