samedi 28 avril 2012

Quand parler vocation religieuse n'est plus tabou


De mémoire de Cybersister je ne me souviens pas d'une telle profusion d'articles, billets, émissions, reportages sur la vie religieuse à l'occasion de la Journée Mondiale de prière pour les Vocations. Comme une explosion.

Flashmob - Parvis de Notre-Dame de Paris (29-01-2012)
Habituellement cette journée était modestement relayée dans les médias, et peu de temps avant. Cette année ça a démarré bien plus tôt. Quand ? Il me semble que le coup d'envoi c'était le week-end des jeunes religieux/ses à Paris fin janvier, avec la partie la plus visible pour le public qu'a été la flashmob sur le parvis de Notre-Dame le 29 janvier : "Brother & Sister Act, Missionnaires de l'espérance" (surtout ne pas oublier  Missionnaires de l'espérance, ils y tiennent). Coup d'envoi ? Coup réussi alors, puisque justement c'était un des buts : lancer une année de la vie consacrée. Depuis fin janvier, et crescendo depuis quelques semaines, les médias cathos (cathos, évidemment quand même) et aussi sur la toile soit dans les réseaux sociaux soit sur les sites cathos on assiste à une véritable campagne-info-témoignage sur la vie consacrée. Un véritable buzz sur Facebook,  Twitter et les blogs.

Assez paradoxalement, dans une société et une Église en crise il semble aujourd'hui plus facile d'aborder la question de la vocation sacerdotale ou religieuse, elle suscite moins de résistance voire de rejet qu'il y a quelques proches années. Et le sujet est relayé sans complexe par les jeunes eux-mêmes. Que s'est-il passé ?

Après une période où on avait mis à part dans la vie de l'Eglise les prêtres et les religieux, leur mettant en prime sur les épaules la charge d'être parfaits, après une période où LA vocation c'était la vocation à être prêtre ou religieux, on a (re)pris conscience que tout chrétien est d'abord un baptisé qui doit vivre son baptême dans l’Église et le monde, c'est là sa vocation première. L'unique appel à la sainteté pour tout chrétien de par son baptême. Et cette vie de baptisé se concrétise dans une réponse à un appel de Dieu dans différents états (célibat, mariage, célibat religieux ou sacerdotal). Cette mise au point était nécessaire, merci Vatican II.

Mais tombé de son piédestal dans un contexte sociétal également en forte mutation, le concept de vocation religieuse s'est heurté à un rejet. Le sujet était devenu quasiment tabou. La vocation, oui, disait-on du bout des lèvres, parce qu'il en faut bien, mais pour les autres. Il faut des prêtres et des religieux... on y croit... mais chez le voisin.

Et aujourd'hui on ose dire ouvertement sa foi, le sujet de la vocation religieuse peut être abordé sereinement, sans rejet. J'ai déjà dit ma surprise, en arrivant sur Facebook, d'y trouver une présence active et engagée de jeunes chrétiens. Et ça continue...

Certainement a-t-on pris le taureau par les cornes parce que cela devenait très grave et urgent, et on a le résultat d'une volonté des évêques et des Congrégations religieuses. Certainement récolte-t-on le travail caché et persévérant des services d’Église et des Congrégations. Et, en réponse aussi, la volonté des jeunes de vivre à fond leur expérience dans un monde qui a changé. Oser dire, oser se dire, oser témoigner de sa foi... et s'exprimer avec et par les moyens d'aujourd'hui.

Flashmob - Parvis de Notre-Dame de Paris (29-01-2012)
Ce rassemblement de janvier a été un événement déclencheur ; des participants vont jusqu'à dire que la vie religieuse ne sera plus la même. Serions-nous à un moment charnière ? Des manières de vivre changent, il faut en prendre acte et ne pas les bouder, mais les fondamentaux demeurent : l'engagement à suivre le Christ, les vœux pour les religieux, manifester le visage du Christ au milieu du monde. Témoigner du bonheur de vivre à la suite du Christ, hic et nunc.

Réjouissons-nous de cette liberté de parole retrouvée et soyons appelants. Car la vocation reste une réponse à un appel : "Le Maître est là, il t'appelle" (Jean 11, 28) ou "Viens, suis-moi" (Luc 18, 22) L'appel de Dieu passe par nos médiations humaines d'appelant, d'accompagnateur dans le discernement, de témoin. Appel et réponse vécus en Eglise, jamais Dieu-et-moi-tout-seul-avec-Lui, jamais sans les autres.

A suivre donc tout au long de cette année les différents temps forts de l'année de la vie consacrée dont le prochain rendez-vous est :
17-20 mai 2012, un week-end pour les 18-30 ans à Chavagnes-en-Paillers (Vendée)
avec Jean-Pierre Longeat (abbé de St Martin de Ligugé) et
Sœur Nathalie Becquart, xavière (directrice adjointe du Service National pour l’Évangélisation des Jeunes et pour les vocations). 
Prière du service national pour l'évangélisation des jeunes et pour les vocations
pour cette 49ème journée mondiale de prière des vocations :

Dieu notre Père, Seigneur du ciel et de la terre,
entends la prière confiante de ton peuple.
L’Église de ton Fils Jésus-Christ a toujours besoin du témoignage
et du service de femmes et d'hommes qui te soient entièrement consacrés
Aujourd'hui comme hier, 
tu appelles des disciples à suivre ton Fils.
Mets dans leurs cœurs assez de foi et de charité
pour répondre à ton amour.
Que l'Esprit Saint les aide à te consacrer leur vie,
pour ta plus grand gloire,
au service de leurs frères et sœurs en humanité. Amen.


Quelques liens :
Flashmob du 29 janvier 2012 sur le parvis de Notre-Dame de Paris
♦ Clip "Le bonheur de la vie religieuse" (Brother & Sister Act 2)
♦ Site du Service National pour l'évangélisation des Jeunes et pour les vocations
♦ Page du Jour du Seigneur pour la Journée Mondiale de prière pour les Vocations
♦ Site de la CORREF (Conférence des Religieux et Religieuses de France)
♦ Page Corref-Jeunes sur Facebook


mercredi 25 avril 2012

Quand la technique sert l'Eglise

A l'heure où l’Église est loin de bouder l'usage des nouvelles technologies et de les mettre au service de l'évangélisation nous en avons encore fait l'expérience hier soir, à notre modeste mesure.

Le diocèse de Luçon programme tous les ans un cycle de conférences aux thèmes et intervenants divers et intéressants. Excellent quand on habite La Roche-sur-Yon, car bien sûr, et on le comprend, ça se fait dans un lieu central. Mais quand on est éloigné de ce centre on se sent plutôt frustré.

D'où l'idée du service de communication du diocèse de Luçon de proposer une visioconférence. Après quelques essais au cours de l'année on a pu proposer hier en visioconférence à Fontenay-le-Comte l'intervention de Mme Annie Laurent sur l'avenir des Chrétiens d'Orient.

Encore en test, mais grandeur nature, l'expérience a été proposée à des personnes susceptibles d'être intéressées par le sujet, le bouche à oreille a aussi fonctionné. Nous étions donc une dizaine hier soir. Et ça a marché. Vive la technique ! Merci les techniciens !

Satisfaction générale de ceux qui ont pu suivre cette conférence à distance. Et ils en redemandent. Expérience concluante, qui pourra être renouvelée et proposée à un plus large auditoire et en d'autres lieux du diocèse.

L'image soutient l'attention, permet de mettre un visage animé sur le nom du conférencier. Au-delà de la transmission d'un contenu la visioconférence permet une proximité avec les participants sur place, la conférencière elle-même, les réactions de la salle... même si nous n'avions pas, cette fois-ci, la possibilité d'intervenir dans les questions/réponses ; mais ça viendra. 

L'objectif étant de permettre à des personnes éloignées de suivre des conférences de qualité proposées par le diocèse,  on ne peut qu'encourager l'initiative et souhaiter qu'elle se développe.


Pour retrouver l'enregistrement de la conférence :

Video streaming by Ustream

mercredi 18 avril 2012

A Lourdes avec les jeunes de Vendée

Ce matin il fait froid, il pleut, il y a du vent et c'est les vacances. Ça fait plein de raisons pour un ado de ne pas mettre le nez dehors dès 9h du matin. Et pourtant ils sont là au rendez-vous. Les voitures arrivent les unes après les autres et laissent échapper leurs passagers chargés de sacs, guitare, ponchos et impers.

Le pélé de printemps de Lourdes c'est un peu  l'activité à ne pas louper quand on est catho-ado-vendéen. Se retrouver avec d'autres jeunes de leur âge mais aussi avec des adultes, des malades, des anciens, des handicapés "Joie de vivre", dans une même démarche de pèlerinage, présidé par leur évêque, Mgr Castet. Avec des temps forts de célébrations communes à tous les groupes et des temps d'approfondissement, de prière, de détente plus ciblés selon les groupes. Quatre jours intenses pour se rencontrer, partager, chanter, prier, et "Avec Bernadette, prier le chapelet" selon le thème du pélé de cette année.

Premier rendez-vous ici ce matin pour faire les voitures et covoiturer vers Luçon où ils prendront le train avec les autres pèlerins vendéens. 120 jeunes vont vivre ce temps fort dont ils reviennent toujours enthousiasmés et réconfortés d'avoir rencontré d'autres jeunes de leur âge, ils se sentent moins seuls dans l’Église et c'est souvent le point de départ d'actions dans leurs paroisses.

Temps fort aussi face à eux mêmes, à leur vie, au sens qu'ils veulent lui donner. Espace de disponibilité pour accueillir l'appel de Dieu sur eux.

Ils sont un peu tristes au moment de partir : leurs copains de Benet ne sont pas là, ils ont eu un accident de voiture en venant au rendez-vous. Pas de grands blessés, mais tous choqués quand même et hospitalisés, pour quelques examens. Ils vont partir sans eux.

Pour les suivre au cours de ces 4 jours :
- les photos qu'ils ne manqueront pas d'envoyer, à voir sur Facebook
- et les temps à la grotte de Lourdes ou les processions, grâce aux webcams des sanctuaires.

mardi 17 avril 2012

Chrétien (et) électeur


Oser un billet de blog sur ce sujet au cours de la dernière semaine, juste avant le premier tour, ça fait quand même "on connaît... on a déjà vu... ça suffit..." Après tout ce qu'on a pu lire, écrire, voir, entendre, encore un ! D'accord, rien à ajouter, car il y en a eu beaucoup, et de très bons, mais juste regrouper, rappeler quelques pistes de réflexion proposées pour discerner et voter en chrétien.

Si l’Église nous rappelle que voter est un droit et un devoir ("Que tous les citoyens se souviennent donc à la fois du droit et du devoir qu'ils ont d'user de leur libre suffrage, en vue du bien commun", Constitution Gaudium et Spes n° 75, § 1), il n'est pas dans son rôle de donner des consignes de vote. Chacun est et reste libre de décider en conscience ce qu'il doit faire. Et ceci vaut pour des élections comme pour toute décision, de quelque ordre soit elle. Mais pas une décision à l'aveugle, à la lueur de l'humeur du moment. Une décision en conscience et éclairée. Et c'est à ce niveau qu’intervient l’Église : apporter des éléments de discernement, un éclairage qui prend appui sur la Tradition, la doctrine sociale de l’Église, l’Évangile.

Dans sa réflexion le chrétien cherche à concilier l'enseignement de l’Église, son histoire personnelle, la situation actuelle et le regard sur le monde pour décider en conscience ce qui paraît le mieux pour aujourd'hui. Le mieux dans le souci du bien commun. Ce bien commun qui n'est pas la somme des intérêts particuliers et individuels, mais "un vouloir vivre ensemble qui se donne tous les moyens de sa réalisation concrète" selon l'expression de Sr Geneviève Médevielle (La Croix, 14 avril 2012).

Dès octobre 2011 les évêques de France ont publié un texte non pour imposer un choix mais pour donner des éléments de réflexion et de discernement. Et "Pour aller plus loin" ils ont épinglé 13 pistes dans les domaines de la bioéthique, la morale, l'économie, la société... 13 sujets fondamentaux au regard de la morale chrétienne et de la doctrine sociale de l’Église :
  1. Vie naissante
  2. Famille
  3. Éducation
  4. Jeunesse
  5. Banlieues et cités
  6. Environnement
  7. Économie et justice
  8. Coopération internationale et immigration
  9. Handicap
  10. Fin de vie
  11. Patrimoine et culture
  12. Europe
  13. Laïcité et vie en société

► Quelques références pour se forger une opinion et pour un vote de chrétien :

Constitution Gaudium et Spes dont la 2e partie traite De quelques problèmes plus urgents dont les questions de politique aux paragraphes 73 à 76.
Déclaration des évêques de France en vue des présidentielles, en date du 3 octobre 2011 : "Élections : un vote pour quelle société", suivi d’Éléments de discernement" et de pistes pour aller plus loin.
♠ Afin d'aider les électeurs dans leur participation aux prochains scrutins, Mgr di Falco, évêque de Gap et d'Embrun, fait paraître quotidiennement sur le site du diocèse des éléments-clés de la Doctrine sociale de l’Église.
♠ Le site de la Doctrine sociale de l'Eglise (avec les textes officiels)


► Plus directement en lien avec les candidats et leurs propositions :
 ♠ Koztoujours : synthèse des propositions de 4 candidats (F. Bayrou, F. Hollande, M. Le Pen, N. Sarkozy) au regard des 13 "éléments de discernement" donnés par les Evêques de France
 ♠ Un autre tableau interactif, sur le site de Le Monde, qui permet de mettre en regard les propositions des candidats, par thème et par candidat.


mercredi 11 avril 2012

Leurs yeux s'ouvrirent

Blasés, écœurés, découragés, dépités... tous leurs espoirs déçus. La débandade des copains, les rumeurs dans tous les sens, le tohu-bohu autour d'eux, dans leur tête, et leur cœur lourd et blessé.

Ils prennent le large.
A quoi bon rester ici, tout est fini, il n'y a plus d'avenir pour eux.
Ça fait du bien de reparler de tout ça seulement tous les deux, même avec amertume, mais calmement.

Et c'est pas le gars qui les rejoint qui va les aider. Mais d'où il sort celui-là, même pas au courant de l'histoire. Cette histoire dont tout le monde parle pourtant.
Alors il faut tout lui raconter, depuis le début : tout ce qu'on avait vécu avec l'ami disparu, les missions, les pêches... parfois mouvementées, les connivences, les engueulades aussi, toute l'espérance qu'on avait mise en lui, et puis la débâcle, l'arrestation, la mort, et maintenant encore ce qu'on raconte et ces histoires de femmes. La déception, l'angoisse, l'incompréhension, l'horizon bouché...

Pourtant ce gars-là, il n'était pas au courant (enfin, qu'il disait) mais il leur a quand même raconté des trucs qui les ont aidés à comprendre ce qui venait de se passer. Bizarre ! Et ils se sentaient tellement bien avec lui qu'il l'ont invité à dîner avec eux : "Reste avec nous". Et puis il a fait des gestes qu'ils avaient déjà vus, des paroles déjà entendues, et là, ils ont compris. Tout. D'un coup.

Et retour chez eux au pas de course, au point de départ, au milieu des leurs, mais changés, transformés par la lumière de la Vérité, lumière du Ressuscité qui leur a juste laissé le temps de le reconnaître, et rien de plus. On ne traîne pas avec le Ressuscité, il faut le révéler tout de suite.

Ce besoin de prendre le large quand la vie est dense pour revoir, relire, comprendre, avec celui qui chemine à nos côtés, avec celui qui porte un autre regard, avec celui qui élève. Celui qui accompagne. Pour repartir...

 Jésus qui m'as brûlé le cœur
Au carrefour des Écritures,
Ne permets pas que leur blessure

En moi se ferme :
Tourne mes sens à l'intérieur.
Force mes pas à l'aventure,
Pour que le feu de  ton bonheur
À d'autres prenne !
Les Pèlerins d'Emmaüs - Arcabas

La Table où tu voulus t'asseoir,
Pour la fraction qui te révèle,
Je la revois : elle étincelle
De toi, seul Maître !
Fais que je sorte dans le soir,
Où trop des miens sont sans nouvelle,
Et par ton nom dans mon regard

Fais-toi connaître !

Leurs yeux ne t'ont jamais trouvé,
Tu n'entres plus dans leur auberge,
Et chacun dit: "Où donc irai-je,
Si Dieu me manque ?"
Mais ton printemps s'est réveillé
Dans mes sarments à bout de sève,
Pour que je sois cet étranger

Brûlant de Pâques !

(Texte de Didier Rimaud)



samedi 7 avril 2012

C'était la nuit

Chemin de Croix - Église de Pissotte (85)
C'est souvent la nuit que se passent les grands événements.

Déjà à Noël  c'est du milieu de la nuit que surgit la Parole, c'est dans leur veille de nuit que la nouvelle est annoncée aux bergers (Luc 2, 8), et le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. (Isaïe 9, 1). Cette naissance qui met fin à la nuit et ouvre l'espérance dans la lumière.

C'est de nuit que Nicodème vient rencontrer Jésus. (Jean 3, 2). Ne pas être vu, ne pas s'afficher, et pourtant rencontrer Celui dont la vie interroge.

Le soir venu... ils étaient à table, Jésus dit  "...l'un de vous me livrera" (Marc 14, 17)

Jésus dit à Pierre : "toi, aujourd'hui, cette nuit-même... tu m'auras renié" (Marc 14, 30).

Quand il fut la sixième heure, l'obscurité se fit sur la terre entière... (Marc 15, 33).

Aujourd'hui, samedi saint, cet espace d'attente, de veille entre vendredi saint et Pâques, entre mort et résurrection, le temps de la foi. Samedi saint, un jour sans liturgie. Ce jour unique dans l'année où l'eucharistie n'est pas célébrée, sinon justement lors de la messe de la résurrection, au cœur de la nuit.

La foi à l'épreuve de la nuit, de nos nuits d'hommes d'aujourd'hui marquées par la maladie, la mort, les ruptures, la solitude, les traitrises et lâchetés...

Cette nuit sainte où la liturgie nous fait passer des ténèbres à la résurrection, de la mort à la vie, du péché au salut.

Dans le silence de la nuit jaillira la lumière de Pâques, signe de la victoire de Jésus sur nos ténèbres, sur la mort, sur le péché.

Sainte journée et joyeuse Résurrection à toi lecteur.

Que brille devant Toi cette lumière :
demain se lèvera l'aube nouvelle
d'un monde rajeuni dans la Pâque de ton Fils !
Et que règnent la Paix, la Justice et l'Amour,
et que passent tous le hommes
de cette terre à ta grande maison, par Jésus-Christ !

Nous te louons, splendeur du Père, Jésus, Fils de Dieu.

(Exultet, chanté au début de la veillée pascale)





vendredi 6 avril 2012

Veillez et priez

C'est la prière demande de Jésus à ses trois plus proches compagnons. En crescendo. D'abord "Demeurez ici et veillez avec moi", puis "... vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi. Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation, et enfin, après un regard silencieux sur leur assoupissement, "désormais vous pouvez dormir..." (1)

Au soir du Jeudi Saint, après la célébration de la Cène et avant celle de la Passion le lendemain, les chrétiens répondent à cette invitation de Jésus : Veillez et priez. Un temps d'adoration, de prière, de présence avec Celui qui donne sa vie pour le monde, au cours de la nuit et au cœur de ces jours où nous faisons mémoire des événements fondement de notre foi chrétienne.

 C'est la 4ème année que la paroisse propose toute une nuit d'adoration, de 22 h 30 à 7 h 30. A l'initiative d'un groupe de jeunes qui a relancé un temps d'adoration eucharistique une fois par mois et qui a voulu tenter l'expérience de toute une nuit d'adoration. Bien sûr la nuit du Jeudi Saint était le moment opportun. Côté pratique : ils ont mis en place une inscription, non pas pour savoir qui vient mais pour s'assurer d'une présence tout au long de la nuit. Et après ça roule, et ça marche. Et il n'y a pas que les inscrits qui viennent, et il y en a de tous âges, y compris des jeunes et des ados.

Présence toute simple,
pour relire l'un des récits de l'institution de l'Eucharistie, de la Passion,
regarder Jésus, là, présent,
même sans rien dire, comme le paroissien du curé d'Ars : "Je ne lui dis rien, je l'avise et il m'avise",
lui présenter ceux que j'aime et ceux que j'aime moins,
ceux qui m'aident et ceux qui me mettent des bâtons dans les roues,
ceux qui pensent comme moi et ceux qui me dérangent parce que justement ils ne pensent pas comme moi,
ceux qui encouragent et ceux qui ne prennent la parole que pour dire ce qui ne va pas,
ceux qui m'ont demandé : "tu prieras pour moi",
et ceux à qui j'ai promis : "je prierai pour toi",
ceux qui n'ont rien dit, rien demandé, mais qui comptent quand même sur ma pauvre prière, et qui croient à la communion des saints,
ceux qui ont des vies cabossées à force de coups ici et là...
ceux qui... il y en a tant et tant...

Au cœur de la nuit, dans le silence si profond, puis au petit matin, quand la vie reprend avec quelques bruits habituels, un volet qui claque, une voiture qui passe, un peu vite...
Et maintenant c'est vendredi, Vendredi Saint, avec à nouveau des temps forts de Chemin de croix et de célébration de la Passion.
Il y eut un soir, il y eut un matin et ce fut le 2ème jour...

(1) Matthieu 26, 38 s.


lundi 2 avril 2012

Messe chrismale, quèsaco ?

C'est dans les premiers jours de la Semaine Sainte qu'a lieu la messe chrismale au cours de laquelle sont bénies les Huiles Saintes. Une par an, une par diocèse, présidée par l'évêque (c'est pour cela que lorsque le siège épiscopal est vacant c'est l'évêque d'un autre diocèse qui vient présider).

La messe chrismale rassemble tous les chrétiens d'un diocèse autour de son évêque, signifiant par là l'unité du peuple de Dieu dont il est le garant.

Ce qui fait le caractère unique de cette messe c'est la bénédiction des Huiles Saintes et l'occasion pour les prêtres de renouveler les promesses sacerdotales faites au jour de leur ordination, leur engagement à vivre unis au Christ, à célébrer les sacrements et annoncer la Parole de Dieu.

La symbolique de l'huile et du geste de l'onction sont très anciens. On les retrouve dans l'Ancien  Testament, comme signes de force et de consécration. Les rois étaient oints d'huile, les prophètes... Isaïe dit : "L'esprit du Seigneur est sur moi, car Yahvé m'a donné l'onction ; il m'a envoyé porter la nouvelle aux pauvres, panser les cœurs meurtris..." (61,1s.) ; citation reprise par Jésus à la synagogue de Nazareth (Luc 4, 18). L'huile qui nourrit, fortifie, éclaire, parfume. L'onction qui consacre des hommes (rois, prêtres) ou des objets (autels des églises). Les huiles essentielles ne sont-elles pas d'ailleurs très prisées aujourd'hui dans nos vies quotidiennes ?

Les Huiles Saintes, au pluriel car il y en a 3 :
Les 3 urnes pour les Huiles saintes (noter les initiales sur chacune)
  • l'huile des malades, qui sera utilisée dans le sacrement des malades, et qui "avec la bénédiction de Dieu soulagera le corps, l'âme et l'esprit des malades qui en recevront l'onction",
  • l'huile des catéchumènes, utilisée aux étapes de préparation au baptême,
  • le saint Chrême, utilisé ensuite surtout dans le sacrement de Confirmation, mais aussi au Baptême, à l'Ordination sacerdotale. L'onction de saint Chrême est signe de consécration totale à Dieu, des personnes ou des objets, ainsi par exemple les autels des églises.
A la fin de la messe ces Huiles Saintes sont remises aux prêtres et aux délégués des paroisses pour être utilisées au cours de l'année dans la célébration des sacrements.
Dans le diocèse de Luçon c'est le Lundi Saint qu'est célébrée cette messe chrismale. Et pour permettre à un plus grand nombre d'y participer le lieu change chaque année. Ce soir donc à Fontenay-le-Comte.

Et comme cette messe réunit tous les prêtres et diacres du diocèse, ils se retrouvent auparavant pour un temps de partage, de réflexion, de prière, et de convivialité. Souhaitons-leur une belle journée fraternelle et retrouvons-nous avec eux à la messe chrismale.

NB - Pour le diocèse de Luçon la messe chrismale est retransmise en direct sur RCF et sur la WebTV du diocèse.


samedi 31 mars 2012

Avec les enfants entrer dans la Semaine Sainte

Le dernier repas de Jésus avec ses disciples
Comme une introduction à la Semaine Sainte cette invitation des enfants à leur soirée des "Mises en scène". Et même aussi comme une prière qui commence par le signe de la croix gestué et commenté (cf. ci-dessous) et qui se termine par un chant à Marie.

Place aux enfants pour raconter à leur manière cette histoire sainte et nous la partager.

Ça fait déjà plusieurs années qu'ils nous ont habitués à cette soirée au seuil de la Semaine Sainte. En équipe, avec leurs catéchistes, ils préparent des saynètes sur des textes qu'ils ont lus, approfondis, médités, priés dans leurs heures de caté.

Hier soir, ils ont balayé l'histoire du peuple de Dieu, pour nous mener de l'appel d'Abraham à quitter son pays à la résurrection de Jésus. Dix tableaux mimés, dialogués, costumés, chacun étant suivi d'un intermède musical interprété par un enfant : guitare, flûte, violon, harmonium. Dix scènes qu'ils vivaient et qui les ont sans aucun doute marqués. Une façon de s'approprier le texte et le message. Une pédagogie vivante au service de l'annonce de la Bonne Nouvelle et des enfants.

Le bonheur était lisible sur tous les visages : enfants, parents, catéchistes, amis et paroissiens venus à cette soirée. Et demain soir commencera la Semaine Sainte : le centre de notre foi, le centre de notre vie chrétienne. Merci les enfants de nous y avoir ainsi introduits et marchons ensemble vers Pâques.

Le signe de la croix

Il y a le haut et le bas,
la gauche et la droite,

Il y a le ciel,
il y a la terre,
un bout du monde,
l'autre bout du monde.

De haut en bas,
la Croix relie les hommes à Dieu.
De gauche à droite,
la Croix relie les hommes entre eux.

En faisant sur moi
le signe de la Croix,
c'est tout entier, Seigneur,
que je me présente à Toi.

► D'autres photos sur le site de la paroisse St Hilaire de Fontenay


lundi 26 mars 2012

Chant sacré

Ensemble vocal du Bois d'Amour (Poitiers)
Avant qu'il ne soit trop loin dans le temps, je grapille quelques minutes pour parler de ce premier festival de chant sacré que nous avons organisé à Fontenay-le-Comte le week-end dernier. Hier soir nous étions un peu HS mais heureux du résultat, et heureux de voir la satisfaction des spectateurs et des chorales participantes.

Plus d'un an de travail, de contacts, crescendo au fur et à mesure que l'échéance approchait. Tout un travail de fourmi, dans les coulisses. Et puis la partie plus visible, mais qu'on appréhende mal : affiches, tracts, mails, articles de presse, annonces diverses sans savoir où l'on sème, si ça va plaire ou pas. La grande interrogation, la grande aventure.

Chant sacré... en plus le thème était un peu risqué. Ça plaît encore le chant sacré aujourd'hui ? Quelqu'un m'avait dit : Hum... la musique sacrée c'est pas trop mon truc. Vous auriez organisé un concert de Jazz chrétien je serais peut-être venu.

Cinq chorales ont relevé le défi et osé un programme consistant avec des oeuvres et des compositeurs de renommée : Franck, Menegali, Donizetti, Kodaly, Duruflé, Bach, Saint-Saëns, Fauré... pour n'en citer que quelque uns et une cantate de Buxtehude (Membra Jesu nostri). Trois chorales fontenaisiennes participaient à ce festival : la Chorale St Hilaire, l'Ensemble vocal Cantabile Opus 85 et la Chorale Tempo Voce, auxquelles sont venus se joindre deux choeurs régionaux : le Collegium Vocal de Chauray et l'Ensemble Vocal du Bois d'Amour de Poitiers. La Schola Grégorienne du diocèse de Luçon est également intervenue au cours de la messe du dimanche 25 mars, avec notamment le Salve Regina solennel.

Et le public loin de bouder a répondu largement... à nous en étonner nous-mêmes. Et pas que des cathos, mais des gens simplement amoureux de la musique et du chant (fussent-ils sacrés) et du beau. A la fin de chaque concert, du dernier en particulier, j'étais frappée par les visages paisibles et souriants de tous (choristes et auditeurs). Comme si ce moment avait créé une trêve au milieu des soucis et des conflits de nos vies bousculées. Un moment d'apaisement et de communion.

Merci à tous ceux qui contribué à ces moments de bonheur, d'une façon ou d'une autre, avec leurs dons et leurs talents partagés et mis en commun.
"Ce festival répond à la volonté de l’Association d’ouvrir ce patrimoine, commun à tous, à certaines manifestations artistiques qui trouvent une juste expression dans ce lieu sacré, et de  montrer qu’au-delà de sa vocation cultuelle fondamentale, il  peut participer à  la vie culturelle de nos cités dans le respect de toutes les convictions.
Le choix délibéré de mars répond également au souci d’associer cette manifestation au temps privilégié du Carême, signifiant par là que ce temps de ressourcement et d’espérance pour les chrétiens, peut être mis aussi à profit, grâce à l’art du chant sacré,  par tout être humain en quête de sens à sa vie. (J. N. Naud)
En ces jours, en cette année, du cinquantenaire de Vatican II, je renvoie à la Constitution Gaudium et Spes qui traite largement en son chapitre 2 de l'essor de la culture et de la relation foi-culture.
"À leur manière aussi, la littérature et les arts ont une grande importance pour la vie de l’Église. Ils s’efforcent en effet d’exprimer la nature propre de l’homme, ses problèmes, ses tentatives pour se connaître et se perfectionner lui-même ainsi que le monde. Ils s’appliquent à découvrir sa place dans l’histoire et dans l’univers, à mettre en lumière les misères et les joies, les besoins et les énergies des hommes et à présenter l’ébauche d’une destinée humaine plus heureuse. Ainsi sont-ils capables d’élever la vie humaine qu’ils expriment sous des formes multiples, selon les temps et les lieux." (GS n° 2, § 3).


Festival de chant sacré, sur le site de la paroisse de Fontenay  :
♦ présentation des chorales et des programmes
♦ photos des concerts

samedi 24 mars 2012

Je t'ai gravée sur les paumes de mes mains


C'est le prophète Isaïe (49, 16) qui nous rapporte cette parole que Dieu lui adresse pour dire son amour et sa tendresse envers son peuple.

Parole qui m'est venue spontanément à l'esprit à la lecture du journal ce matin. Ce quotidien régional dont j'aime particulièrement la dernière page parce qu'elle est un peu originale, parce qu'elle a un ton généralement plus positif que les sombres infos contenues à l'intérieur. Cela s'intitule : coulisses... tout peut arriver... l'histoire... regard sur... etc.
"Le groupe de téléphonie Nokia cherche à faire breveter une technologie innovante. Un tatouage qui apparaît ou vibre quand une personne reçoit un appel ou un texto sur son téléphone portable. Ou quand la batterie est sur le point de se décharger."
J'imaginais tout de suite plein de dessins apparaître, scintiller, vibrer sur les bras et sur les mains, quand la parole d'Isaïe a surgi de ce fouillis. Vois, je t'ai gravée sur les paumes de mes mains... parce que je t'aime et ne veux pas t'oublier.

Déjà la semaine dernière Sœur Nathalie Becquart nous avait dit que la main de l'homme était en train de se transformer (à cause de l'usage de ces nouvelles technologies), et ce matin un tatouage qui apparaît quand le téléphone sonne, ou quand la batterie baisse... O homme que deviens-tu ?

Ce précieux téléphone que l'on porte presque religieusement dans la main et qui ne la quitte pas. Car aujourd'hui les portables ne sonnent presque plus (sauf ceux des néophytes), ils vibrent, il faut donc qu'ils soient en contact avec le corps pour ne manquer aucun appel. Et voilà que Nokia invente son tatouage pour signaler un appel. (Pour les aspects techniques, assez sophistiqués d'ailleurs, on peut trouver ça facilement sur le net avec 2 mots clés ; et ça commence à buzzer).

Indispensable, incontournable téléphone... vital ?...

On ne sait pas trop comment réagir à ce genre de progrès... progrès ? innovation tout simplement. Un pas de plus vers l'intégration des nouvelles technologies au plus près du corps, et même carrément dans le corps humain. Et ça pose plein de questions, de tous ordres (éthique, sanitaire, social...).

Homme, sauras-tu distance garder...
sauras-tu intelligence garder...
sauras-tu simplement humanité garder face aux idées et innovations plus ou moins farfelues ?

Et moi que vais-je graver sur la paume de ma main ? Ton nom Seigneur, car je t'aime et ne veux pas t'oublier... ou bien laisserai-je s'installer à ta place d'autres i-dieux ?

mercredi 21 mars 2012

Festival de chant sacré


Bon, voilà, juste un petit rappel. C'est J - 2 pour ce festival. Il y a des mois qu'on y travaille, et c'est crescendo sur la fin, évidemment.

A l'origine une volonté de l'association Les Amis du Patrimoine de la paroisse St Hilaire de Fontenay de proposer un temps fort pendant du Carême. Ce festival s'inscrit dans les objectifs de l'association et en particulier de la commission culturelle : "valoriser le patrimoine religieux au travers de manifestations originales et inédites. Les dates (23-24-25 mars) ne sont pas choisies au hasard, le Carême est un temps fort qui précède la plus grande fête liturgique chrétienne. Notre ambition c'est aussi de créer une manifestation participant à l'essor économique de Fontenay."

Quatre chorales et ensembles vont intervenir sur ce thème du chant sacré au cours des trois soirées : la Chorale Saint-Hilaire, sous la direction de Marie-Andrée Gandriau,  l'Ensemble vocal Cantabile Opus 85, sous la direction de Maxime Kaprielian,  la chorale Tempo Voce, sous la direction de Yves Dooghe et Françoise Lieurade, le Collegium Vocal de Chauray, sous la direction de Françoise Brillaud et l'Ensemble Vocal du Bois d'Amour de Poitiers, sous la direction de Jacques Richard qui interprétera une œuvre de Dietrich Buxtehude.

Ça vaut le déplacement... Bon d'accord Cherbourg, Paris (surtout une veille du concours d'Agrég.  ;-) ou Metz c'est un peu loin, j'admets... mais Les Herbiers, c'est tout près et pourquoi pas aussi Angers... Et je ne parle pas du reste de la Vendée et départements proches. Donc à bientôt...

Et pour en savoir plus : tarifs, programme, comment venir et tout ça, un petit tour par ici, sur le site de la paroisse...


vendredi 16 mars 2012

Et germera la paix

A l'initiative de Mgr Lalanne, évêque de Coutances, et longuement travaillé par la CORREF et différentes instances parties prenantes un projet au service de la paix est en train de voir le jour.

Sur cette terre de Normandie douloureusement marquée par la deuxième guerre mondiale, terre du Débarquement, terre d'Histoire, à Sainte-Mère Église, une communauté religieuse reçoit la mission d'y être présence et témoignage de paix et de réconciliation. Ce projet longuement étudié aboutit à une communauté inter Congrégations et internationale, symboliquement deux religieuses françaises et une allemande, probablement une américaine.

Comme toute communauté religieuse, sa première mission est celle de la prière, mais aussi par la vie fraternelle de ses membres elle reçoit mission d'être signe de paix et de réconciliation au-delà des différences de culture, de langue, de civilisation, au-delà des conflits qui ont déchiré leurs pères. Être là aussi pour proposer à ceux qui reviennent en ces lieux, pèlerins ou touristes, des temps d'accueil, de partage, de mémoire, susciter des propositions dans ce sens.

Combien de temps pour que les blessures se cicatrisent et que des chemins de réconciliation se croisent !...

Projet audacieux qu'on ne peut qu'encourager et soutenir par la prière et l'intérêt qu'on y porte. Bonne route à cette communauté.
Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s'embrassent ;
la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice.
Le Seigneur donnera ses bienfaits et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin. (Psaume 84, 11-14) 

Il y a ça aussi, dans un autre genre...

lundi 12 mars 2012

Ce mail qui me nargue


Dans ma liste de mails il y en a un que j'ai laissé en "non lu" et qui flashe et me nargue chaque fois que j'ouvre ma messagerie. Ce mail reçu il y a quelques jours et qui m'invite à une session de formation. "...On a pensé que tu pourrais y participer". Il est des moments où j'aimerais mieux qu'on ne pense pas à moi.

1ère réaction : encore ! Je trouve décidément qu'on pense un peu trop à moi, j'ai déjà été embarquée dans la session des secrétaires il y a quelques jours et en voilà déjà une autre qui se profile.

2ème réaction : 6 jours de session, c'est énorme, c'est onéreux en temps ! Et puis en juillet. Et zut. Et si j'ai une autre proposition plus intéressante à ce moment-là, je serai coincée.

3ème réaction : je lis de plus près le paragraphe qui présente la pédagogie de la session. Alors là c'est carrément pas mon truc, trop onéreux en implication perso. Je n'ai pas du tout envie de m'embarquer la-dedans.

Je note quand même que j'ai dix jours pour répondre. 
On verra, laissons dormir... 
Et hop, sous le coude... enfin, façon de parler.

Mais ce mail est toujours là, chaque fois que j'ouvre ma messagerie, qui flashe, qui me provoque... et les jours que je vois filer, trop vite.

Peu à peu s'installe tranquillement l'idée que c'est une chance qui m'est offerte, une invitation à découvrir autre chose, d'autres façons de travailler, d'autres personnes... jusqu'à devenir conviction que refuser c'est rater quelque chose.

Et voilà, les 10 jours sont arrivés à leur terme. 
Le refus-trouille s'est transformé en opportunité-chance-à-saisir. 
Et j'ai accepté.

En repensant maintenant à cette petite histoire, je me dis que ce ce mail, là, en gras, au milieu de ma liste et qui me narguait a participé à sa façon au travail de maturation, plus ou moins consciemment. Et qu'il n'est peut-être pas innocent dans la décision finale.

Et on voudrait me faire croire qu'internet est nuisible à la vie spirituelle ?... 


mercredi 7 mars 2012

Entre résolution et procrastination*

Ce matin, en ouvrant mon petit missel de poche, je suis tombée sur une prière toute simple que j'ai bien aimée. Auteur inconnu précisait le livret.

                                                 Aide-moi à donner...
Seigneur, aujourd'hui, tu m'appelles à donner,
voilà un appel de plus.
Bien sûr je suis assez d'accord,
mais j'ai tellement de choses à faire...
Je verrai demain !
N'est-ce pas le plus important d'être "assez d'accord" ?
Je vais mûrir ma décision.
Mais Seigneur, si tel est mon désir,
si tel est ton désir,
aide-moi aujourd'hui à le réaliser.
Aide-moi simplement à décider de donner, et qu'il en soit ainsi.

J'ai commencé par me dire qu'on pouvait remplacer le verbe donner par presque n'importe quel autre verbe :  partager, écouter, rendre service, rendre visite, pardonner... et que cela ne changeait quasiment rien à la prière. Ce n'était donc pas là l'essentiel de la prière. J'ai donc privilégié le "tu m'appelles" et la suite. Bien vue la suite.

Mais pourquoi donc  faut-il qu'il y ait toujours quelque chose de plus pressé, de plus urgent, de plus intéressant qui fasse remettre à demain cet appel qui me titille. Et combien de bonnes raisons pour justifier ce "je verrai demain" : je serai plus disponible, plus en forme, je vais réfléchir, je vais m'organiser, et puis il faut absolument que je termine ce travail... Et voilà comment on procrastine et on n'avance pas à force de reporter sous prétexte que ce sera mieux demain et que je serai mieux disposée et que les conditions seront meilleures, et que... et que...

Comme ces bonnes résolutions qu'on commencera demain...

Seigneur, aide-moi simplement à décider de répondre à ton appel discret... et à m'y tenir.

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*La procrastination (du latin pro et crastinus qui signifie "demain") est une tendance à remettre systématiquement au lendemain quelques actions (qu’elles soient limitées à un domaine précis de la vie quotidienne ou non). Le « retardataire chronique », appelé procrastinateur, n’arrive pas à se « mettre au travail », surtout lorsque cela ne lui procure pas de satisfaction immédiate.


vendredi 2 mars 2012

Avec les femmes de Malaisie


Tous les ans, le premier vendredi de mars a lieu la Journée Mondiale de Prière des femmes (JMP).

La JMP est un mouvement international de femmes issues de toutes confessions chrétiennes et qui organise chaque année, dans le monde entier, une journée de prière, d'action et de solidarité. Par la JMP les femmes affirment que prière et action jouent un rôle essentiel dans le monde et ne peuvent être dissociées. Ce mouvement a été largement relayé par l'Action Catholique des Femmes (Acf).

Les femmes d'un pays, différent chaque année, préparent la prière qui sera célébrée dans le monde entier. Les textes et les prières qui la composent nous sont confiés par des chrétiennes d'un autre pays. Cette année c'est la Malaisie qui est honorée.

En nous faisant découvrir un pays dans sa géographie, son histoire, son économie, à travers des témoignages, ces textes nous unissent aux rédactrices, et les uns aux autres à travers le monde lorsque nous célébrons cette prière. Nous avons à cœur de respecter les textes qui nous sont donnés, même s'ils sont parfois déroutant dans leur formulation, dans leur forme de prière ; nous manifestons ainsi notre estime aux rédactrices, comme nous aimerions que nos propres textes soient respectés.

Le livret remis aux participants comprend tout le déroulement de la prière mais aussi une présentation du pays : climat, géographie, économie, gouvernement, population, culture, femmes, religion, église. Et la prière intègre aussi ces éléments.

La devise du mouvement, s'informer, prier, agir, trois orientations que l'on retrouve dans la célébration. L'action se concrétise par un geste de solidarité pour financer des projets éducatifs et de formation des femmes de milieux défavorisés.

Cette année les femmes de Malaisie ont choisi de terminer leur prière en reprenant la belle prière d'Alan Paton (extraite d'une de ses œuvres, parue en 1968 : Instrument of Thy Peace) :

 Seigneur,                                 
Ouvre mes yeux, que je puisse voir les besoins des autres.
Ouvre mes oreilles, que je puisse entendre leurs cris.
Ouvre mon cœur, pour qu'ils ne restent pas sans secours.
Fais que je n'aie pas peur de défendre les faibles à cause de la colère des forts.
Fais que je n'aie pas peur de défendre les pauvres à cause de la colère des riches.
Montre-moi là où amour et espérance et foi sont nécessaires.
Et fais de moi ton instrument pour aller les offrir en ces lieux.
Ouvre ainsi mes yeux et mes oreilles 
pour qu'en ce jour je puisse faire un peu œuvre de paix pour toi.
                                                   Amen


Prochain rendez-vous le 1er mars 2013, où la journée sera préparée par des femmes de France avec pour thème : "J'étais étranger et vous m'avez accueilli ".


mardi 21 février 2012

Product box & story mapping au couvent

Bon aujourd'hui et demain tous les blogs vont parler du Carême et du mercredi des Cendres. D'accord c'est le jour ! Mais la concurrence va être forte, je n'affronte pas. J'opte donc pour dire quelques mots de la session à laquelle je participe.

Je ne sais pas vraiment comment je me suis retrouvée propulsée à cette session de secrétaires de Congrégations religieuses organisée par la CORREF. Je ne me sentais pas (plus) du tout concernée. Ça s'est fait si vite, pas eu le temps de réaliser ce qui m'arrivait. On m'a bien dit que c'était surtout parce qu'il y avait de la com au programme... mais ça ne me rassurait guère plus.

Arrivée sur place, quand j'ai vu le programme complet et découvert la journée avec Eric SALOBIR (avec la photo, c'est par là) je me suis dit que rien que pour ça ça valait le déplacement et j'en jubilais d'avance. Oui ça allait être très bien, au moins aujourd'hui.

Ça fait du bien en effet de temps en temps de prendre un peu de recul et regarder ce que nous apportent ces nouvelles technologies, comment on se situe par rapport à elles. Quelle résonance entre ces médias numériques et la société, quel impact sur nos Congrégations religieuses ?

Je trouve intéressante cette réflexion conduite par Eric, dans une approche des nouveaux médias dans leur relation à l'espace et au temps, à la connaissance et à la vérité, à la relation à l'autre. Pistes de réflexion et ouverture sur ce monde à apprivoiser.

L'espace est perçu autrement. Une nouvelle forme de proximité est apparue,  le lointain est devenu proche. Les jeunes ne se disent-ils pas citoyens du monde ?  
Pour le temps c'est plus complexe. On est passé d'une époque où les délais d'acheminement permettaient de faire autre chose à l'ère de l'instantané. Les mails se succèdent, il y faut une réponse immédiate, l'un n'attend pas l'autre, on est vite pris dans l'engrenage. C'est l'humain qui est devenu le maillon faible car il n'y a plus de délai entre les communications. Résultat : on a accès à un vaste champ d'informations face auxquelles on est démuni. A chacun de se poser la question de sa relation au temps. 
Congrégation du St Esprit - Chevilly-Larue
Face à la masse de connaissances, quelle place pour la vérité ? Vérité unique ? Vérité multiple ?
Quant à la relation à l'autre, on assiste à une évolution positive : les réseaux sociaux ne suppriment pas la communication réelle et on remarque une diminution des réalités virtuelles. On est de plus en plus invité à apparaitre sous son vrai nom. Les jeux vidéos sont devenus des jeux à plusieurs, voire jeux en famille, jeux qui font bouger.

Un défi nous est lancé : celui de l'inculturation. De même qu'autrefois les missionnaires apprenaient la langue, la culture et les mœurs des pays dans lesquels ils étaient envoyés il nous reste aujourd'hui à apprendre cette langue numérique et la culture qu'elle génère pour y découvrir et y porter d'autres visages du Christ. C'est le défi de l'évangélisation aujourd'hui qui nous pousse à trouver et utiliser les nouveaux moyens d'annoncer cette parole.

Intériorité et interactivité. Comment mettre un peu d'intériorité dans tout ça ? Comment réintroduire de la spiritualité, du sens, dans tout cela qui n'est que outils ?

L'après midi était consacré à deux ateliers : Product box d'abord puis story mapping. Disons, pour faire court que ce sont des moyens concrets qui, à des étapes différentes, permettent de définir un projet et de fédérer une équipe autour de sa réalisation. Il ne s'agit plus de décrire un processus mais de concrétiser un projet sur une boîte dont les différents cotés représenteront le projet lui-même, les bénéfices qu'on en attend, ses objectifs, les contraintes auxquelles il faudra faire face... Plus nouveau cet aspect de la com, donc un peu dérangeant. Mais c'est ça qui donne des idées et fait avancer.

J'ai bien conscience d'être un peu fade au regard du dynamisme et de la motivation de l'intervenant. Il a passionné son auditoire, peut-être décoiffé certaines... Il a donné plein de pistes et d'idées à mettre en œuvre, il a nous communiqué sa flamme. Merci Eric pour cet enthousiasme contagieux !


dimanche 12 février 2012

Pour un dimanche de la santé

Quand je l'ai rejointe à la sortie de la messe, furtivement elle a essuyé une larme au coin de l’œil. Juste à temps avant que cette larme n'entraîne derrière elle, sur la joue, la cascade qui gonflait.

J'avais bien remarqué depuis quelque temps sa démarche moins énergique. Et d'ailleurs, mais c'est vrai, je ne la voyais plus marcher et arpenter les rues de la ville.
Et il m'avait semblé une fois ou l'autre qu'elle clopinait un peu.
Mais elle n'en parlait pas. Elle essayait même qu'on ne s'en aperçoive pas. Mais là, ce matin... comme un trop plein...

C'était le dimanche de la santé, et la prière universelle avait vraiment été préparée à l'attention des malades et de ceux qui leur donnent du temps, des soins et de l'affection. Elle l'a prise en pleine figure, à un moment où elle se lasse de ne pas savoir, et ça a remué des choses en elle. Un coup de cafard.
Depuis le temps qu'elle est trimbalée de médecin en spécialiste, d'analyse en examen, de calmant en antimachin... et chacun se renvoie la balle. Non, ce n'est pas de mon ressort. Et les examens qui ne sont pas bons mais aussi pas suffisamment mauvais... Oh elle ne leur en veut pas, et puis elle voit bien qu'ils cherchent... mais elle aimerait bien quand même qu'ils trouvent...
Alors parfois ça lui sape le moral et elle a un coup de blues, et elle continue à clopiner.

Elle avait un peu honte en évoquant rapidement tout ça : il y a tant de gens bien plus malades, qui souffrent bien plus qu'elle, et depuis plus longtemps... Un peu honte de s'être laissée aller... Un peu honte de son coup de cafard...
Bien vite elle a repris le dessus et elle est repartie avec un sourire au travers des yeux brillants.

vendredi 10 février 2012

Il fait si bon vieillir

Hier Stéphane a mis une vidéo sur son scoop.it!  
Souvent j'apprécie ses trouvailles
et je rescoop assez vite sur mon scoop.it! , voire sur mon profil Facebook.
Mais cette fois je n'ai pas rescoopé sa vidéo et elle me hante depuis hier.
Je voulais la faire partager, mais pas comme ça, pas sans ajouter un mot.
Elle dérange trop ! Elle est trop dure !

Bon, OK il faut la remettre dans son contexte,
c'était dans le cadre du concours des plaidoiries des lycéens, au Mémorial de Caen,
et Alma a reçu le premier prix.
Mais comment comprendre son intervention ?
Comment la recevoir ? Comment y réagir ?

Accueillir ce regard douloureux d'une jeune sur nos comportements sociétaux,
se dire que c'est vrai, mais que c'est quand même exagéré...
Enfin non, c'est pas comme ça dans l'établissement que je connais...
Ailleurs alors ?... pas si loin peut-être ?...
Et puis ce n'est pas que les maisons de retraite qui sont en cause,
mais aussi le regard de la société (donc le nôtre ? le mien ?) sur ces lieux et ces personnes.
Horrible claque pour ceux qui s'y reconnaîtront...
Horrible claque pour ceux qui songent à la maison de retraite pour l'un de leurs proches.
Et elle a eu le premier prix... ça veut dire quoi ?... Ça récompense quoi ?...

Et ça me hante. Je la mets ? Je la mets pas ?
Oui, quand même la partager, pour son témoignage, pour le cri d'une jeune.
Mais dire aussi que c'est un condensé de situations.
Oui c'est un condensé. Pas tout ça dans la même maison.
Situation insoutenable.

Voilà, je vous la laisse quand même. Osez aller jusqu'au bout, même si ça paraît un peu long.



Il fait si bon vieillir...(Alma Adilon-Lonardoni, sur la dignité des personnes âgées) par MEMORIAL de CAEN

mardi 7 février 2012

3 jours pour décrocher

Il y a la journée sans tabac... la journée sans alcool... la journée sans internet... la journée sans Facebook...
Là c'est la journée sans téléphone, et même trois jours sans téléphone.
6 - 7 - 8 février, journées mondiales sans téléphone mobile.

Encore timides ces journées, bien que leur création remonte à 2004.
Je n'en ai pas beaucoup entendu parler ces jours-ci... Une évocation ce matin à la radio, une brève dans un hebdo... peut-être d'autres, mais c'est encore discret. Peut-être parce qu'on craint de l'affronter ?

Ca vient d'où ?
Phil Marso, écrivain, lance en 2001 l'idée d'une Journée mondiale sans téléphone portable. Il voulait prolonger la réflexion lancée dans son ouvrage "Tueur de portable sans mobile apparent" et lancer un débat autour de ce gadget qui a changé nos comportements et nos manières de communiquer. En 2004 ce n'est plus une journée, mais 3 jours en février qui mobilisent sur le sujet.

Chaque année un thème est donné, en 2012 :
"Se connecter plus... pour travailler plus ?"
Testez votre addiction. Coupez votre téléphone...
Combien de temps allez-vous tenir ?

Pourquoi ?
Qu'on l'aime ou non, qu'on l'utilise ou pas, qu'on y soit accro ou allergique, il faut reconnaître sa présence et son impact dans nos vies. Le but de ces journées est de nous faire réfléchir à notre relation à cet outil.
Pourquoi... pour quoi... je l'utilise ?
Il faut bien 3 jours pour prendre le temps de décrocher !

Pour mesurer notre degré d'addiction, simplement nous ouvrir l’œil (ou l'oreille) sur l'utilisation qu'on en fait. C'est parfois déconcertant ce qu'on peut entendre comme conversations sur les portables... sans parler de l'incontournable "téoulà ?"

Pourquoi le 6 février ?
Parce que c'est la Saint Gaston... Y a un rapport ?...


dimanche 5 février 2012

La vie au ralenti

Ce matin, comme quand j'étais gamine, je n'ai fait qu'un bond du lit à la fenêtre pour vérifier ce que je pressentais. J'avais ouvert un œil puis l'autre, une oreille puis l'autre et j'avais deviné qu'elle était arrivée pendant la nuit. Une luminosité particulière à travers les volets, même s'il faisait encore nuit. Un silence lourd qui étouffe les bruits comme s'ils étaient soudain devenus incongrus. C'était bien ça, elle était bien là la neige annoncée, et puis généreuse cette fois.

Alors, comme quand j'étais gamine encore, je me suis préparée en vitesse pour sortir et goûter le plaisir d'être la première à fouler ce blanc manteau. Petit à petit la ville s'éveillait et prenait conscience de ce qui lui arrivait. Les rares voitures roulaient au pas, les non moins rares piétons-badauds avançaient précautionneusement ouvrant un cratère à chacun de leurs pas, un employé municipal salait l'escalier de la place Viète...

L'arrivée de la neige est toujours une perturbation (et pas que météorologique), surtout dans nos régions où c'est quand même très rare. Mais aujourd'hui... est-ce parce que c'était dimanche ? elle a changé la donne. Il y avait comme une ambiance de bonne humeur. Comment ça ? Je ne sais pourquoi les gens avaient le sourire, prenaient leur temps, s'adressaient la parole même sans se connaître, même pour se dire la banalité de circonstance mais cela faisait du bien. Les amateurs de photos arpentaient les rues, appareil au point, prêts à saisir le cliché insolite. Ils se repéraient les uns les autres, échangeaient aussi un mot de circonstance et continuaient leur chemin à l'affût du prochain cliché à ne pas louper. Se laisser enchanter par la beauté du paysage (même en ville).

L'incongruité des tenues vestimentaires était aussi cause de sourires complices. Après tout aujourd'hui ce qui comptait c'était le pratique, le confortable, le sûr !

Dans l'après-midi c'était sortie en famille, bonhommes de neige et parties de glissades. Et pour une fois il y avait du monde dans les rues de Fontenay souvent désertes le dimanche. Et toujours la bonne humeur ambiante et les sourires.

Aujourd'hui on a pris le temps
parce que la neige nous y a obligés !
Obligés de rouler au pas.
Obligés de marcher doucement et de regarder où on met les pieds.
Obligés d'annuler des activités programmées pour se retrouver soudain avec du temps libre, pas prévu... à occuper gratuitement...

Obligés de prendre le temps... à cause de la neige...
Invités à prendre le temps de vivre autrement... grâce à la neige...

vendredi 3 février 2012

J'y étais... à la messe pour la vie consacrée...

Eglise St Louis - La Roche-sur-Yon
Promesse tenue ! J'avais dit que s'il ne neigeait pas je resterais à La Roche après la réunion pour participer à la célébration diocésaine de la vie consacrée. Il faisait seulement très froid, sans neige (faut préciser que j'avais 60 bornes pour rentrer chez moi).
La soirée a commencé par les Vêpres de la Présentation de Jésus au Temple, suivies d'une messe à laquelle étaient invités tous les chrétiens, et pas seulement les religieux/ses. Une belle assemblée, bien représentative des diverses vocations dans l’Église.

Parole tenue aussi pour le respect du triple objectif (dont je parlais dans mon billet d'hier) donné par Djipitou*  pour cette journée : faire connaître la vie consacrée, rendre grâce pour ce don fait à l’Église et que les consacrés eux-mêmes rendent grâce pour ce qu'ils vivent. Dans son mot d'accueil Marie-Henriette, responsable provinciale des Sœurs des Sacrés-Cœurs, a pris le temps d'énumérer toutes les Congrégations présentes dans le diocèse, et c'était impressionnant. Quelle richesse ! Quelle diversité ! Cette volonté de citer tous les instituts, à la fois pour une reconnaissance de chacun et pour prendre conscience de la richesse et de la diversité des dons fait à l’Église, et en particulier à cette Église de Luçon.
Des contemplatifs aux plus insérés dans le monde et dans la société. Autant d'instituts, autant de charismes, d'originalité et de spécificité de vivre sa consécration religieuse.
Des instituts traditionnels, enracinés dans l'histoire et le terroir, aux formes nouvelles de vie consacrée.

Et Mgr Castet de nous accueillir par ces mots qui situent d'eux-mêmes la place de la vie consacrée dans l’Église : Chers frères et sœurs consacrés, vous représentez pour notre monde, le signe de la rencontre que Dieu veut faire avec les hommes de notre temps.

Une telle célébration ouvre à une vaste dimension de l’Église : sortir de ma chapelle aux quelques habitués pour rejoindre un rassemblement plus large, plus représentatif, et se retrouver ensemble dans une même prière, une même action de grâce. J'ai touché là un petit quelque chose de la dimension universelle.

Et puis une touche un peu plus personnelle à propos de cette soirée. A deux reprises j'ai vraiment pris en pleine figure (pardon pour l'expression) que j'avais changé de Congrégation. Au début, quand Marie-Henriette a énuméré tous les Instituts de vie consacrée de Vendée, et au moment de l'offertoire lorsque un membre de chacun de ces Instituts a apporté, en offrande et en procession, les Constitutions de son Institut, ce livre qui est notre règle de vie, notre chemin, qui dit notre charisme et notre façon de vivre. A ces deux moments l'Union Chrétienne n'était plus dans la liste, n'était plus dans la procession. Petit rappel à la réalité. Et contrairement à la célébration de fusion, le 8 décembre dernier, où cela était vécu ensemble et où nous étions bien entourées, hier soir j'étais seule à vivre cet "oubli", et c'était la première fois.

Je ne peux manquer de mettre en relation cet événement avec tout le dynamisme qui semble émerger autour de la vie consacrée et la volonté de la faire connaître et aimer. Une grande espérance. Et je renvoie aussi à un billet récent, serait-il fini le temps de l'enfouissement, et venu celui de la proclamation ? 
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* C'est nécessaire de préciser ? Djipitou = Jean-Paul II

jeudi 2 février 2012

Journée de la vie consacrée

Présentation de Jésus au Temple
Vitrail église Notre-Dame - Fontenay-le-Comte
Voulue par Jean-Paul II en 1997 cette journée de la vie consacrée est fixée au 2 février. Pourquoi cette journée ? Pourquoi le 2 février ?

En ce 2 février, outre la chandeleur et la journée des crêpes, l'Eglise célèbre la Présentation de Jésus au Temple. Selon qu'il était écrit dans la Loi, Joseph et Marie, quarante jours après la naissance de Jésus, présentèrent l'Enfant au Temple de Jérusalem afin qu'il soit consacré au Seigneur comme tout premier-né (Luc 2, 22). Ce geste annonce déjà le don que Jésus fera de lui-même par amour de Dieu et pour le salut des hommes. Et la vie consacrée, don de soi à la suite du Christ, se reconnaît dans ce don de Jésus lui-même.

Cette journée de la vie consacrée établie par Jean-Paul II avait un triple but : rendre grâce à la fois pour le don de la vie consacrée à l’Église et pour ce qui est vécu par les consacrés eux-mêmes, et faire connaître et apprécier cette vie consacrée. Des temps forts, célébrations marquent ainsi cette journée dans les paroisses et instituts de vie consacrée.

Qui sont ces "consacrés" ? Que font-ils ? Peut-on encore s'engager dans cet état de vie qu'ils ont choisi et qu'on ne comprend pas toujours ?... Et combien  de questions encore...

Face à ces interrogations, face aussi à une baisse du nombre des religieux et religieuses, la Corref (Conférence des Religieux et Religieuses de France) veut redynamiser l'image et le message de la vie consacrée et faire de cette année 2012 une campagne de promotion de la vie consacrée (même si je n'aime pas trop l'expression....). On a parlé d'opération séduction, avec différents temps forts au cours de l'année. Le premier événement marquant, un peu comme le lancement de l'opération, a été le rassemblement le week-end dernier, à Rueil-Malmaison, de 600 jeunes religieux/ses : Brother & Sister act, missionnaires de l'Espérance. Rencontre, prière, partage d'expériences, de vie, interrogations... comment relever le défi de l'inculturation, comment vivre une vie consacrée, avec ses exigences radicales, dans le monde d'aujourd'hui ? Quels chemins nouveaux inventer, non pour attirer et séduire facilement, mais pour être prophète et témoin aujourd'hui dans le monde qui est le nôtre ?

Cet événement a donné lieu ces derniers temps à nombre d'interventions et initiatives diverses et de qualité : interview, articles de presse, émissions, ouverture sur internet du journal d'une jeune religieuse et d'un jeune séminariste, ouverture sur Facebook d'une page dynamique Corref Jeunes et diffusion de la flash mob réalisée sur le parvis de Notre-Dame de Paris par les Brothers & Sisters, dimanche soir....

Un vent de jeunesse et de dynamisme semble souffler sur la vie religieuse ! Puisse-t-il être vent de l'Esprit et vent d'Espérance.


Flashmob "Brother & Sister Act, missionnaires de... par corref