samedi 21 janvier 2012

Regard sur la vie

David Lerouge
Je n'ai pas l'habitude (enfin ai-je eu le temps de prendre des habitudes ici ?) et je me défends de reprendre sur ce blog ce qu'ont dit d'autres blogueurs dans leur propre espace, ou de n'être qu'une compil de liens... quand bien même seraient-ils très bons.

Mais le billet de David d'hier soir est d'une telle qualité que j'ai envie d'en faire profiter "mes" lecteurs. Une vraie méditation. C'est un peu le mot "examen de conscience" qui me vient à l'esprit mais j'ai peur que ce mot n'évoque pour certains quelque vieux machin dont on n'ose plus parler et que ça gâche son propos.
Non, une méditation, un regard sur sa propre vie... Très beau.
Lui il a appelé ça : Petit précis d'ébriété existentielle.

Il faut que vous alliez lire et méditer ça... et vous m'en donnerez des nouvelles !


jeudi 19 janvier 2012

Bien commun et travail d'équipe

Harmonie et équilibre résultent
d'un juste agencement des objets.
(Salon de la FIAC 2009)

Avant chacun avait SON boulot, avec SES outils. Il en prenait soin, les entretenait, les rangeait à leur place (et donc les retrouvait tout de suite), les remplaçait quand ils avaient fait leur temps...

Maintenant on travaille en équipe, en collaboration, ensemble, on partage. Tout, le travail, les outils, les lieux, les meubles, les bureaux, le matériel, la voiture... Cela impose une certaine discipline, ne serait-ce que laisser les outils en état de marche, les remettre à leur place et avec tous leurs accessoires (petite allusion au cordon, à la télécommande qu'on peut oublier...), ne pas laisser le réservoir de la voiture vide...

Maintenant tout le monde sait tout, fait tout, touche à tout, se mêle de tout, trouve les clés de tout... et fait comme s'il était seul.
Le sacristain de mon église préférée il est content quand il arrive dans sa sacristie et ne trouve plus le spot pour éclairer la déco du dimanche !...
La catéchiste, elle jubile quand elle vient prendre la sono que le précédent utilisateur a oublié de rapporter !
La secrétaire de la paroisse elle est contente quand elle prend son travail le lundi et trouve son ordinateur reconfiguré !

C'est quand même pas la mer à boire que de remettre les choses en place en temps et en heure, de laisser du matériel en état de marche, de ranger son espace et le laisser propre pour le suivant (il y a même des lieux où il a fallu l'écrire !). C'est quand même pas le Pérou de laisser un billet : "J'ai emprunté le micro, je le rapporte mardi".

Avant le sacristain était maître dans sa sacristie, il en connaissait tous les coins et recoins. Il savait vous dégoter un cierge, une ficelle, une punaise, une rallonge, un vase, du sable ou de gros cailloux pour la déco du jour, un spot pour la crèche, l'encens et les allumettes bien cachés et à l'abri pour qu'ils ne prennent pas l'humidité... On pouvait tout lui demander, il savait trouver.

Maintenant le sacristain est responsable de la sacristie avec quelques autres. C'est un peu pareil, sauf qu'ils sont 5, 6, 10 selon... Et la vitalité de la paroisse est telle que les groupes sont nombreux à avoir besoin de l'église et donc de la sacristie. Et ça c'est bien ! Les responsables sont habitués, ils connaissent les lieux, ils savent à peu près où trouver ce dont ils ont besoin... Pas la peine de déranger le sacristain ! Et on fouine à droite, et on fouine à gauche, et ça ça sera bien, et ça aussi, on le remettra après... Sauf que après il est tard, on est pressé, on a déjà bien donné et on en a un peu marre, alors on néglige une ou deux bricoles... qui ne sont pas vraiment des bricoles.

Le travail d'équipe c'est une richesse, ça ouvre des horizons et des possibilités que n'offraient pas un travail cloisonné, mais ça suppose aussi le respect de quelques exigences, pour le bien commun... C'est pas de l'attention à l'autre, ça, par hasard ?
Et au fait, c'est comment chez vous ?

mardi 10 janvier 2012

PriceMinister conseiller spirituel

Quelle surprise ce matin en ouvrant ma messagerie de découvrir le conseil spirituel de PriceMinister !

Oui, oui, le site de vente en ligne m'invite à surveiller les annonces de Dieu. Trouver ça au réveil, adressé à moi personnellement, c'est vraiment dopant et donne sens à la journée.

Accueillir chaque événement comme signe de Dieu. Chaque événement, chaque rencontre, chaque parole comme une annonce de Dieu ! Que demander de plus, je suis comblée !

Pendant l'Avent je m'étais abonnée aux méditations quotidiennes des Fraternités de Jérusalem, mais maintenant que l'Avent est passé, ils m'ont oubliée !  Merci PriceMinister d'avoir pris la relève et de te soucier de ma vie spirituelle !


dimanche 8 janvier 2012

Mais qu'est-ce qui arrive à mon Eglise ?

Crèche Notre-Dame de Paris
C'est ce matin en lisant  Qui sont les chrétiens indignés ? dans le dernier numéro du  Pèlerin, au p'tit déj, comme tous les dimanches, que j'ai réalisé le nombre d'infos que je trouve depuis quelque temps sur ces chrétiens qui n'ont pas peur de se dire chrétiens et de le revendiquer.

Me sont alors revenus à l'esprit tous ces petits signes, toutes ces petites démarches, petits en eux-mêmes, pris isolément, mais qui commencent à faire nombre et à compter mis bout à bout. Quelques uns parmi tant d'autres :
  • une chorale d'étudiants dans un centre commercial la veille de Noël, 
  • l'opération séduction de la vie consacrée avec le WE Brother & Sister Act fin janvier qui se terminera par un flashmob (là je vous attends, et en live j'espère !), 
  • l’Église présente sur les réseaux sociaux (le nombre de diocèses, paroisses, mouvements d’Église, prêtes, religieux/ses, évêques sur ces réseaux !),
  • tous ces chrétiens qui désormais osent, et se lancent à dire que Jésus-Christ est leur raison de vivre et que ce n'est pas ringard,
  • Ils sont jeunes, ils sont prêtres, ils sont heureux... et ils le disent sans complexe. Ils en publient un livre, ils en font de la pub et ils le dédicacent...
  • et la liste est loin d'être exhaustive...

Bon, ça plaît ou ça ne plaît pas... mais ça a le mérite d'exister et de pouvoir interpeller.

En débarquant sur Facebook j'ai d'abord été surprise par le nombre de jeunes (et moins jeunes aussi) qui parlent et témoignent de leur foi sans complexe, qui en font même un lieu de mission. Impressionnée par le nombre de prêtres et chrétiens engagés qui y sont présents en tant que tels, qui parlent et prennent position (et pas que dans le spirituel) en tant que chrétiens.

Impressionnée par le nombre de blogueurs et blogueuses sérieux qui se lancent dans des réflexions religieuses, qui osent en direct la prière, la méditation, la relecture de vie, voire la remise en cause.

Seraient-ils finis les jours de la vie cachée ? Serait-il fini le temps de l'enfouissement, pour passer à l'annonce explicite, au témoignage ouvert, public. Le grain enfoui a germé, il pousse. Fallait-il cela pour que ceci se réalise ? Plutôt que d'opposition et de bagarre à coup de pro et de rétro ne vaut-il pas mieux parler d'accomplissement, d'évolution et œuvrer ensemble ?

Internet et les nouvelles technologies étaient un créneau à ne pas rater, l’Église et les chrétiens l'ont compris et ils ne se privent pas d'y être.

Signes de vie, signes d'espérance.
Chrétiens indignés, chrétiens de leur temps et dans leur temps ne seraient-ils pas à l'image de ces rois mages que nous fêtons aujourd'hui, témoins de Noël, envoyés manifester au monde la naissance d'un sauveur ? Témoins audacieux de la Bonne Nouvelle !


dimanche 1 janvier 2012

Bonne année !

Eglise de La Madeleine (Paris)
31 décembre 2011

Une année s'en va et laisse ce qu'elle a apporté de joies et de peines, de bonheurs et de souffrances, de grâces et de faiblesses...

Une année s'en vient à accueillir, à découvrir et à habiter...

Bonne et heureuse année 2012 à tous !

lundi 26 décembre 2011

Un lapin à Noël

Ca aurait pu être un lapin dans l'assiette., genre lapin chasseur, en civet ou à la moutarde. Non, mais il y a quand même un rapport avec l'assiette.

A Noël on a l'habitude d'inviter à déjeuner une ou deux personnes qui risque de se trouver seule ce jour-là. Donc cette année, trouvé, on a notre invité.

Préparatifs habituels : menu, répartition des tâches en fonction de nos compétences, de nos goûts et de nos talents. 
Tout est prêt le jour J à l'heure H. 
L'invité se fait un peu attendre. Alors l'une commence à feuilleter une revue, l'autre arrange encore les dernières bricoles et la troisième allume la télé, histoire de s'occuper.

Et toujours point de Paul... On risque un coup de téléphone chez lui... puis un autre chez la voisine... Paul n'est pas chez lui... Paul est injoignable. Comme quoi, on a beau dire, c'est quand même pratique parfois des portables, s'il en avait eu un on aurait su tout de suite qu'on pouvait faire notre festin toutes seules !

Faute de réponse on s'est quand même mises à table pour un repas de fête sans invité, avec quelques inquiétudes quand même et plein de questions ? Il a oublié ? Il n'a pas trouvé la maison ? Il a eu un accident, un malaise en route ?... Au point où on en est, on ne peut rien faire de plus, on verra demain...

Et ce matin j'appelle Paul avec toujours une pointe d'inquiétude. Bah ! c'était vraiment pas la peine de s'inquiéter et de se pourrir le repas de Noël !...Voilà mon Paul qui s'excuse du bout des lèvres sans se départir de son habituelle jovialité : il était chez ses neveux ! Et il a passé une très bonne journée ! 

En fait, il a fait une joyeuse salade avec les coups de fil et les invitations qu'il a reçus.
"Ah c'est de ma faute, excuse-moi, j'ai fait des confusions. J'ai fait une grosse bêtise. J'ai totalement confondu avec une autre. C'est marrant, tu vois comme le monde est bizarre, la jeune qui nous a emmenés à La Roche l'autre jour, elle habite aussi dans ton coin..." 
Je ne voyais pas le rapport entre ça et notre invitation, mais tant pis. Et surtout, pour moi ce n'était pas vraiment marrant. Mais bon, accordons-lui l'excuse de l'âge.

Et, cerise sur la gâteau, entre quelques plates excuses sur son ton toujours aussi jovial, il me dit : Mais on peut remettre ça ! Et il était prêt à fixer le jour et l'heure ! 

Ben voyons, Paul, tu seras toujours le bienvenu quand tu ne te mélangeras pas les pinceaux dans tes invitations.





vendredi 23 décembre 2011

Les crèches de Marie-France

Marie-France a deux amours passions : les voyages et les crèches. Et quand on conjugue les deux ça fait pas mal. Elle collectionne les santons, ou plutôt les Sainte Famille. Comme d'autres collectionnent des poupées, des petites cuillers, des mignonnettes, ou autres souvenirs.

Alors quand elle fait des voyages à l'étranger elle aime bien rapporter des santons typiques de chaque pays. Elle fouine dans les magasins-de-souvenirs-brocantes-marchés-aux-puces à l'affût des Sainte Famille. Pas forcément toute la petite famille dans la même boutique, mais elle finit toujours par trouver des couples qui vont bien ensemble. S'il le faut elle les  achète en pièces détachées : Marie, Joseph et Petit Jésus. Et après elle (re)compose la famille.  Et ça fait de jolies crèches. Quand arrive l'Avent, quelquefois même un peu avant parce que l'Avent c'est parfois un peu court, elle aime les sortir et les disposer sur le manteau de la cheminée de son salon.

Ses amis connaissent aussi sa passion, et c'est le cadeau-souvenir incontournable. Ainsi la collection de mini crèches s'étoffe au fil des ans et des voyages : Pérou, Burkina Faso, Mexique, Haïti, Murano, Maroc, Philippines, Japon, Ouzbékistan. Et la toute petite dernière, qui vient juste d'arriver de Birmanie.

C'est aussi toute la famille qui s'y met pour honorer la passion de Maman, de Mamie... Et puis comme elle aime que ce soit beau, parfois elle leur confectionne des habits à sa façon mode du pays.

Voilà, comme elle dit : Jésus est bien venu pour tous les hommes, non ?

Une fois, c'était un peu plus difficile. En pays musulman il n'y a pas forcément de crèche, même pour les touristes. Alors là elle a vraiment dû composer. Elle a bien trouvé une femme et un bébé qui pouvaient représenter Marie et Jésus, ça allait encore, mais de Joseph... point.  Elle a fini par dénicher un santon masculin, qui pourrait faire l'affaire, même si ça fait un peu anachronique : il a un portable scotché à l'oreille. Mais comme elle n'a rien trouvé de mieux, elle l'a pris quand même et quand elle fait sa crèche elle le tourne un peu pour qu'on ne voie pas le téléphone. Alors je lui ai un peu arrangé, et maintenant ça lui  fait une crèche très branchée !

Et joyeux Noël à tous !

mardi 20 décembre 2011

Mon beau sapin


Quelle profusion de billets, vidéos, diaporamas, mails pour finir de nous préparer à Noël et déjà nous souhaiter un Joyeux Noël ! C'est à qui enverra le plus beau. Ça fait partie des préparatifs et c'est bien sympathique.

Voici, parmi plein d'autres, deux vidéos tirées du panier : des idées originales, courageuses aussi...

► Les jeunes de la Mission Etudiante de La Roche sur Yon (c'est comme ça qu'on dit maintenant pour dire Aumônerie des Etudiants). Dimanche après midi, dernier dimanche avant Noël, ils sont allés dans un centre commercial et ont régalé les badauds de leurs chants de Noël




► Une histoire de Noël racontée par 30 enfants de 2 à 12 ans.



Et aussi, dans un autre domaine, Père Noël ou St Nicolas ? Calendrier de l'Avent, couronne de l'Avent, arbre de Noël, crèche... Un peu pêle-mêle des symboles de Noël. Païens ? Chrétiens ? Mon petit livre-de-messe-de-poche-passe-partout (vous voyez de quoi je veux parler) fait une présentation de ces différents symboles de Noël, avec explication de leur origine et de leur signification pour nous aujourd'hui encore. (Il y a croire.com qui le fait aussi). Remontée dans l'histoire, parfois loin, dans les us et coutumes transmis de génération en génération. Mais aussi parfois relativement récent, pas toujours très religieux au départ, commercial même.

C'est ainsi qu'au fil des pages de décembre le Père Jacques Nieuviarts nous fait (re)découvrir ces coutumes et symboles liés au temps de Noël :
  • le Père Noël, et son ancêtre St Nicolas protecteur des enfants et patron des écoliers
  • le calendrier de l'Avent : pour faire patienter les enfants en attendant Noël on leur donnait chaque jour une image et une pensée (ou une parole d’Évangile). La formule a évolué pour devenir notre calendrier de l'Avent
  • la couronne de l'Avent, avec ses bougies qu'on allume progressivement : signe de la lumière de Noël qui approche
  • les décors et les couleurs : le vert, couleur du pin qui reste toujours vert, symbole de la vie. Le houx, dans la tradition chrétienne, rappelle la couronne du Christ. Le gui symbolise la paix et le bonheur.
  • l'arbre de Noël : évocation de l'arbre du jardin d’Éden et le Christ venu nous racheter, arbre décoré et lumineux, rappelant que le Christ est "la lumière qui brille dans les ténèbres"
  • les chants de Noël : sans lesquels ce ne serait pas Noël !
  • la crèche : "inventée" par St François d'Assise
  • l'Épiphanie et la galette des rois : à travers les rois c'est le chemin de l'humanité qui se poursuit en marche à l'étoile. Et la galette que l'on partage à l'occasion de la "manifestation" de Dieu aux hommes et que l'on partage en autant de portions qu'il y a de convives plus une, la part du pauvre ou part du Bon Dieu.
Bien sûr il faudrait relire tout cela dans l'original, et en entier... c'est juste pour en donner un avant goût...

Alors, bonne fin d'Avent... plus que quatre jours !...

Et je vous laisse sur un petit air de nostalgie...


TINO ROSSI "Mon beau sapin" (Version Originale)

(et les paroles, c'est là, et même en allemand : O Tannenbaum)

mardi 13 décembre 2011

Vous êtes plutôt oui-non ou non-oui ?

C'est l'histoire du type qui avait deux fils... non, pas celui qui réclame ses sous pour aller faire la fête et son frère jaloux... mais celui qui dit oui puis non et l'autre qui dit non puis oui. Aujourd'hui c'est ce que la liturgie nous donne à lire.

J'ai un penchant pour celui qui dit non-oui... je ne sais pas pourquoi...

Rappel de l'histoire, si vous ne voulez pas lire le texte. Jésus s'adresse à son entourage et comme souvent pose une question. Un père demande un service à ses fils. Le premier refuse, puis s'étant repenti, il rend ce service. Le second, c'est le contraire, il dit : oui, oui, j'y vais... mais ne fait rien. Devinette de Jésus : lequel a fait la volonté du père ? Facile la réponse ! Et puis après tout ce qui compte c'est que le boulot soit fait.

Celui qui commence par dire non à ce qu'on lui demande, il refuse. Évident ! Pas si sûr qu'il refuse vraiment ! Ce n'est peut-être pas définitif. Il pose les marques, il délimite son terrain, il se donne le temps de réfléchir, le droit de changer d'avis... Un peu une façon de ne pas avoir le nez dans le guidon. C'est malin de dire oui, de s'engager, et après de revenir sur sa parole. Et on peut avoir plein de raisons valables de ne pas pouvoir tenir. Déception assurée pour celui qui a demandé. Et on passe pour un homme (une femme) qui n'a pas de parole. Tiens, au fait, c'est drôle dans l'autre sens on ne dira pas qu'il ne tient pas sa parole.

Celui qui commence par dire non c'est un peu comme celui qui s’assoit avant de construire sa maison et qui évalue ce qu'il peut faire. Sagesse... prudence... C'est aussi une façon de ne pas se laisser bouffer happer par toutes sortes de sollicitations, même très louables. On pourrait aussi dire, plus honnêtement, je vais réfléchir. Mais on se met quand même la pression. Et puis au bout du compte il peut se faire que ce soit sans retour, et c'est non-non. C'est nécessaire de temps en temps de dire non pour de bon.

Non-oui, après tout, c'est très libérant ! Mais faut pas en abuser quand même...

Et puis maintenant, je comprends mieux la fin du texte d'aujourd'hui, ou plutôt le rapport entre la première partie et la seconde. L'histoire des deux fils, non-oui-oui-non,  et les publicains et les prostituées qui seront les premiers. Alors ? oui-non ? non-oui ?

jeudi 8 décembre 2011

Passage

Branle-bas de combat ce matin, au moins autant dans les cœurs, même si ça ne se voit pas, que dans nos maisons où c'est plus perceptible.

8 décembre, fête de l'Immaculée Conception. Pour nous c'est aussi... surtout... la célébration de fusion de la Congrégation des Sœurs de l'Union Chrétienne avec celle des Sœurs des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie. Comme un aboutissement.

Il y a quelques semaines je parlais de cette décision, de ce chemin commencé depuis si longtemps et qui aboutit.

Le jour J est arrivé comme une échéance qu'on attend et qu'on redoute à la fois.
Qu'on attend parce qu'il y a si longtemps qu'on s'y prépare, parce que la décision est prise, ratifiée par l'autorité, signée, parce que chacune aussi s'est prononcée personnellement, officiellement.
Qu'on redoute parce qu'on sait déjà que ça va changer pas mal de choses. Pas forcément très visibles... mais ça va nous bousculer.
Qu'on attend parce qu'on sait que ça va arriver, que ça doit arriver, et qu'il est temps que ça arrive.
Ce n'est pas la peine de traîner, d'entretenir une morbide pensée impossible que ça peut encore changer, que ça peut attendre, qu'on ne verra pas ça...

Cette étape c'est comme un engagement qui libère, justement parce qu'il devient irréversible.

Cinq mois déjà que la décision a été prise, et c'est aujourd'hui qu'est célébrée officiellement la fusion. Parce que ça ne se fait pas en catimini. D'abord c'est un événement d'Eglise, et ensuite on veut y associer nos amis et familles, ceux, si nombreux, qui nous ont aidées et soutenues sur notre route, les fontenaisiens partenaires de nos joies et de nos peines, de notre mission depuis plus de 300 ans. Ce caractère public et officiel enracine l'événement dans l'histoire et ouvre une voie nouvelle.

C'est aujourd'hui que cette fusion est signifiée publiquement, parce qu'on a besoin de signes et de rites pour vivre les grands événements, pour aider à faire le passage. Ca sert à ça les rites : aider à faire des passages, signifier l'invisible, exprimer l'inexprimable.

Que cela coïncide avec une fête mariale me plaît bien. Que les lectures de la messe soient celles de l'Immaculée Conception et en particulier l'évangile de l'Annonciation me plaît bien aussi. D'ailleurs l'image symbolique de la journée est un tableau de l'Annonciation : Marie dit alors : Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole.

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22 h 30. Une très belle journée s’achève. Action de grâce pour la densité et la profondeur du vécu. Une de ces journées uniques qu'on ne vit qu'une fois dans une vie.

Voilà, c'est fait. Le passage s'est fait, au cours d'une magnifique célébration, grave et paisible, chargée d'émotion. Une célébration où on a pris le temps d'expliquer notre démarche, le cheminement de chaque Congrégation et des Sœurs. Une célébration vivante, toute imprégnée d'espérance, dense de contenu, de prière, d'action de grâce, de silence...

Beaucoup, beaucoup d'amis pour nous entourer et nous accompagner, prêtres, religieux, religieuses, laïcs. Merci à tous ceux qui sont venus cet après-midi, ceux qui ont apporté leur part dans la préparation et la réalisation de ce temps. Merci à ceux qui n'ont pu venir mais qui étaient présents par la pensée et la prière.

On a changé de nom, de Règle de vie, d'insigne, de gouvernement, de responsables... On a été accueillies délicatement et fraternellement dans une autre famille, désormais notre famille religieuse.

Le temps fort, le plus significatif et le plus émouvant, était le moment où nous avons renouvelé nos vœux puis reçu la Règle de Vie des Sœurs des Sacrés-Cœurs.
Les vœux, ces mêmes vœux que nous avions prononcés il y a 10, 20, 70 ans, et que nous nous engageons à vivre désormais dans une autre Congrégation, avec d'autres Soeurs.
... Je renouvelle les vœux que j'ai faits de suivre le Christ,
dans l'obéissance, la pauvreté et la chasteté.
Je choisis de les vivre désormais dans la Congrégation
et selon la Règle de Vie des Sœurs des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie...
Et ensuite, la remise à chacune, par la Supérieure générale, de notre nouvelle Règle de Vie et de l'insigne de la Congrégation. Geste accompagné d'une accolade fraternelle pour chacune.
Cette Règle de vie est le chemin qui nous est offert pour suivre le Christ, dans le sillage de notre Fondateur, et que nous choisissons pour vivre la grâce de notre Baptême, au service de l’Église, en tant que Sœurs des Sacrés-Cœurs.
L'insigne de la Congrégation marquera votre appartenance à notre famille religieuse, consacrée au Cœur de Jésus et au Cœur de Marie.

Moment profond, dense et émouvant de la célébration, qui scelle nos engagements réciproques : chacune de nous s'engage, de même que s'engage aussi la Congrégation qui nous accueille.
Mise en commun de nos histoires, de nos héritages, de nos richesses et de nos fragilités au service de l’Église là où la mission nous envoie.

Le passage est fait...
Ce soir j'ai posé devant moi,  côte à côte, mes deux petites croix. Elles ont plein de choses à me dire, d'histoire, de souvenirs, de fidélités et d’infidélités, de joies et de souffrances... d'espérance et d'avenir.

Demain, je prendrai la nouvelle, celle que j'ai reçue cet après midi...
pour reprendre la route...
pour continuer la route...


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Début de la célébration (Extrait de la vidéo réalisée par le service Communication du Diocèse de Luçon)



Célébration - Fontenay le Comte, le 8 décembre... par infocatho85


Homélie de Monseigneur Castet (Images : Michel Aubineau et Geo Reignier - Montage : Service communication diocèse de Luçon)



homélie de Mgr Castet par infocatho85



Fin de la célébration (Images : Michel Aubineau et Geo Reignier - Montage : Service communication diocèse de Luçon)



Célébration du 8 décembre par infocatho85

lundi 5 décembre 2011

Zavez vu l'affiche ?

Hier j'ai passé un bon moment à râler après ceux qui veulent que l'info qu'ils cherchent là, maintenant, leur tombe tout cuit dans le bec, sans chercher une seconde, tout de suite, juste ce que je veux, que ça crève l'écran, que ça flashe, et caetera !

J'en avais marre de ces gens qui téléphonent pour avoir les heures des messes de Noël, alors qu'elles sont placardées partout ;
qui veulent ma petite activité sur le site alors que ça fait 2 mois qu'elle y est...

Ca commençait vraiment à me chauffer sérieusement et en plus il faisait un temps à mettre le moral dans les chaussettes, alors j'avoue que je me suis un peu défoulée sur Fb (heureusement il y avait quelques amis qui m'ont aidée à me calmer).

Mais ce matin on repart pour une semaine, à neuf, tout ça n'est qu'un mauvais souvenir, avec plein de bonnes résolutions. Hé ben non, ça continue, dans la série je vois c'que j'veux. Mais là on va le prendre avec humour, parce que raconté comme ça par un Vendéen ça sonne autrement*. Il y avait donc samedi soir un concert, et les organisateurs étaient un peu déçus parce que ça avait un peu moins bien répondu que les années précédentes (comme on dit). Explication dimanche matin à la boulangerie du coin, entre 2 compères :

- I v’zez pas vus hier o sér au quincert. Tot q’vous faisiez ?
- Te rêves, le quincert é d’srail à 16 ures.
- Té pas ébobé, été hier ou sér, yétais d’service . Olé mouaï qué to fé… !

Et voilà, CQFD. Les autres années le concert était le dimanche à 16 h, et le pappy il est resté là-dessus. Malgré une belle affiche (à l'aise pour le dire, c'est pas moi qui l'ai faite, celle-là).

Bon, question débile, mais réponse utile : comment on fait pour faire passer l'info ? Heu... enfin, surtout pour qu'elle soit reçue... Si vous avez des bons tuyaux pas percés ça peut m'intéresser... Merci !

PS - Si ve'vlez enrichir vot' vocabulaire, vous pouvez faire un tour par ici...
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* Petit rappel : je ne suis pas vendéenne. Et merci Christian pour l'histoire (vraie !).

dimanche 27 novembre 2011

En Avent !

Quatre grandes semaines pleines et entières pour se préparer à Noël.
C'est rare d'avoir 4 semaines entières. Quand Noël tombe un lundi, la 4e semaine n'a qu'un jour, ça fait court quand même (la dernière fois c'était en 2006).
Mais là, cette année,  4 grandes semaines.

Entrer dans ce temps d'attente, de prière, de veille, de silence.
Silence de Marie, silence avec Marie qui médite et qui attend son heure.
Silence de l'espérance, silence de la veille, silence de l'engendrement, silence de la vie qui germe, silence des renouveaux.
Joie de l'espérance...

Quatre semaines c'est bien, c'est un peu moins long que le carême, et c'est suffisant pour se préparer, se parer des atours de la Rédemption.

Se laisser habiter, se laisser entraîner par la beauté des textes qui sont proposés,
entrer dans cette démarche, en Église,  avec tous nos frères, faire route ensemble.

Ce ne sont pas les propositions qui manquent pour nous aider sur ce chemin. On en trouve partout, revues, livres,  émissions de radio, télé, sites internet à profusion. Bientôt on va dire qu’il y en a trop... Grande variété afin que chacun trouve sa manne. Nombre de catho-blogueurs aussi y sont allés de leur billet (il ne fallait pas que je rate le rendez-vous).

Avec l'entrée dans l'Avent, c'est une nouvelle année liturgique qui commence aussi. Alors, souhaitons-nous bon Avent, et bonne année !

Seigneur, tu me donnes ce temps aux couleurs de Noël, mais qui n'est pas encore Noël.
Je le reçois comme un cadeau, comme une grâce, 
C'est comme une route, comme un compagnonnage avec toi et avec mes frères.
Comme les bergers guidés par l'étoile. Et je sais que j'arriverai à toi.

Entrer dans cette Avent-ure avec toi Seigneur, ne pas craindre de partir 
et me laisser conduire sur ton chemin.

En ce premier jour de l'Avent, premier jour d'une année nouvelle,
tu me prends par la main Seigneur.
S'il te plait fais-moi la grâce de ne pas la lâcher.

Je termine sur ce très bel hymne de l'Avent, Rorate, caeli, desuper, et avec une traduction en prime, que j'ai d'ailleurs eu du mal à trouver.... Retour à mon bon vieux missel de l'autre siècle.

Cieux, répandez votre rosée ; que des nuées descende le Salut !
1- Ne t'irrite pas, Seigneur, ne garde pas le souvenir de nos péchés.
Voici que la cité du Temple est devenue déserte,
Sion est devenue déserte :
Jérusalem est dévastée, le séjour de ta sainteté et de ta gloire, 
où nos Pères ont chanté tes louanges.

[...]

4- Console-toi, console-toi, mon peuple,
bientôt viendra ton Sauveur.
Pourquoi te laisses-tu consumer par la tristesse,
parce que la douleur t'a repris ?
Je te sauverai, ne crains pas,
car je suis le Seigneur ton Dieu,
le Saint d'Israël, ton Rédempteur.

mercredi 23 novembre 2011

Alors ? vous allez partir ?


Sainte Famille
Chapelle Union Chrétienne
Fontenay-le-Comte
Il y a quelques semaines j'abordais discrètement cette question de la fusion de la Congrégation à laquelle j'appartiens avec une autre Congrégation de Vendée. Et depuis c'était un peu silence. Mais, le jour de la célébration officielle approche (8 décembre), donc on en parle un peu plus, la presse a été informée et voilà que les gens commencent à poser des questions, voire même à s'inquiéter.

Quand les langues se délient, la première question qui nous est souvent posée c'est en effet : Alors ? Vous allez partir ? Et le ton de la question c'est l'inquiétude. Il faut dire qu'on fait tellement partie de cette population qu'on a éduquée et soignée depuis  plus de 300 ans qu'il paraît inconcevable qu'on ne soit plus là.

Donc, hier soir, on a proposé à tous ceux qui étaient intéressés de se rencontrer et de répondre à leurs interrogations. Il y a déjà Olivier et Eliane qui en ont parlé dans leur blog, alors je vais essayer de ne pas répéter, ou au moins d'en parler vu de ma fenêtre. 

On a expliqué comment on était arrivées à cette décision :

♦ Pourquoi avoir demandé à une autre Congrégation de s'unir à elle ? Pour que la vie religieuse continue à être présente dans ce secteur de la Vendée, pour que nous puissions mener jusqu'au bout notre vie religieuse, restant ouvertes à d'autres réalités et pouvant nous enrichir de la vie d'un groupe plus conséquent tout en lui apportant nos quelques richesses.

♦ On a dit aussi comment on a voulu poursuivre une présence au monde de la santé en transférant la gestion du Centre de Soins et de la Maison de Retraite à des associations.

♦ Le temps que nous avons pris, le long cheminement fait de prière, de réflexion, de discernement. Les étapes et la progression dans les décisions. La participation de toutes les Sœurs à des degrés divers dans la décision finale. Puis, en son temps, le cheminement de la Congrégation qui nous accueille, également dans la prière et le discernement.

♦ Pourquoi le choix de cette Congrégation ? Des visées spirituelles et apostoliques semblables, une même volonté de s'implanter dans un diocèse et d'être présentes à une population donnée.

♦ Les temps de rencontre et de travail inter Congrégations que nous avons eus pendant cette période de recherche pour mieux se connaître.

♦ La mise en commun de nos richesses et de nos fragilités pour servir ensemble l’Église.

Participation simple et spontanée de l'assemblée, dans un esprit fraternel et paisible. Les gens étaient rassurés : vous n'allez pas nous perdre ! Ouf ! vous voilà rassurés ! Peut-être certaines d'entre nous seront-elles appelées à "bouger", mais pas tout de suite... et il restera des Sœurs certainement encore longtemps à Fontenay.
Non seulement cela a permis d'éclairer l'événement mais aussi de prendre conscience de la façon dont les décisions sont prises en Église. Prendre le temps pour arriver à une décision, laisser à chacune sa pleine liberté. Liberté qui engage, quelle que soit la décision.

vendredi 18 novembre 2011

Mon curé à la une...


Et de 4 pour le curé blogueur de Fontenay-le-Comte.
Oui, Ma paroisse.com, tome 4, ça sort aujourd'hui, et séance de dédicace dimanche 20 novembre de 10 h à 18 h, au salon du livre au Langon (grande ville du Sud Vendée).

Des prêtres blogueurs ce n'est plus un scoop, ils s'y sont mis, et pas que les plus jeunes. Convaincus qu'il y avait là un moyen d'évangéliser pour aujourd'hui ils ne l'ont pas boudé. Et c'est ainsi que l'on voit fleurir des sites et des blogs d’Église. Impossible de les citer tant il y en a ! Certains ont aussi franchi l'étape suivante avec Twitter et Mgr Giraud (évêque de Soissons) est très attendu sur ses Twittomélies.


Si les blogs de prêtres sont devenus courants, celui du curé de Fontenay tient son originalité de la fréquence des billets (un par jour au saut du lit... enfin, presque), sauf vacances (parce qu'il n'est pas encore accro au point de rester connecté en vacances) et par la diversité des sujets abordés. Tout... absolument tout peut y passer. Et il est attendu. Il nous a donné la mauvaise habitude de poster sa méditation assez tôt le matin. Un jour il a eu un souci de connexion internet et un autre jour un coup de téléphone l'a interrompu, reprise du billet à 16 h. Les lecteurs surpris de ce retard se sont inquiétés de sa santé (authentique !).

Afin que les non-internautes puissent profiter de ces billets, ceux-ci ont donné lieu à une édition papier, un livre par an. Donc ce 4e volume reprend les billets du 1 octobre 2010 au 30 septembre 2011. Il sera disponible en librairies à Fontenay-le-Comte, La Roche sur Yon, Les Sables d'Olonne, Luçon et au presbytère de la paroisse au prix de 22 €.

Et ne manquez pas une petite visite à l'Arche de Noë !

jeudi 17 novembre 2011

Femmes, l'Eglise vous aime

Ste Anne et Ste Marie
(Eglise Notre-Dame - Fontenay-le-Comte)
Dimanche dernier un des textes de la messe nous donnait à lire un passage du livre des Proverbes : La femme vaillante. Il y avait aussi comme autre texte l'histoire la parabole des talents et du malheureux froussard qui n'a pas su gérer son bien. Je pense que ce deuxième texte aura inspiré bon nombre de prêtres pour leur homélie, de même que de nombreux commentateurs dans d'excellentes revues...

Et bien, à la messe à laquelle j'étais, notre petit jeunot* de célébrant a préféré se lancer dans une explication-commentaire du premier texte. Courageux... et le voilà parti pour une triple action de grâce :
  • pour le rôle du christianisme dans l'émancipation de la femme, 
  • parce que la femme donne à l'homme d'être homme 
  • et pour la place des femmes dans l’Église.
Premier point, il ose même une allusion à St Paul avec son fameux  femmes soyez soumises à vos maris (Eph. 5, 22) qu'il ne faut surtout pas sortir de son contexte (c'est pour ça que je vous y renvoie). Et il cite aussi quelques femmes qui ont joué un rôle dans la vie de l’Église (Marie bien sûr, mais aussi Ste Thérèse d'Avila, Mère Teresa, des reines de France...).

dimanche 13 novembre 2011

Gentil, tout simplement

Aujourd'hui, 3e journée de la gentillesse. Et ça tombe vraiment bien comme date, tout au moins pour les besoins de ce blog. Depuis le décès de Pascal, je me demandais comment j'allais passer à d'autres sujets sans être brusque, quelle transition allais-je trouver ? Et bien voilà, juste un mot à  la charnière et pour faire le passage : GENTILLESSE. Comme pour ouvrir une porte et continuer. Encore un clin d’œil de sa part ? En effet de nombreux témoignages ont repris ce mot pour parler de Pascal : GENTIL.

C'est quoi la gentillesse ? Quelques idées toutes faites de ringardise, naïveté, faiblesse. Donc pas des valeurs sûres pour notre temps. Et pourtant si c'est la 3e journée, donc 3e année, ça veut dire que ça correspond à quelque chose et que ça marche un peu.

jeudi 10 novembre 2011

Merci Pascal... Repose en paix !

Après un billet timide, où j'avançais à pas feutrés, partagée entre la discrétion à l'égard de Pascal et de sa Maman et le besoin de parler, où je m'étais réfugiée derrière un titre de billet un peu vague et pas trop provocateur, j'ai été impressionnée par ce qui s'est passé ensuite sur la toile.

D'abord la nouvelle s'est répandue très vite puis les témoignages ont afflué de toutes parts. Son mur Facebook est devenu le lieu de rencontre et d'expression. Témoignages d'amitié, souvenirs de moments vécus ensemble, d'engagements de Pascal auprès des petits, des isolés. Tous ces messages sont unanimes pour parler de son sourire, sa gentillesse, son esprit de "rassembleur", son bonheur de servir, bonheur d'être prêtre.

Reprise de contact pour certains : on s'était un peu perdus de vue... on ne s'écrivait pas souvent... mais je me souviens...

Beaucoup de questions face à l'incompréhensible.

Des gens, des jeunes surtout, des jeunes prêtres ébranlés.

Beaucoup d'attention et de délicatesse pour la Maman de Pascal, des paroles chaleureuses et filiales.

C'est comme un barrage qui craque et laisse l'eau couler à plein flots sans que rien ne puisse plus la contenir. Parole libérée.

Des blogueurs chevronnés sont venus ajouter un commentaire fraternel et ont relayé le message. David a écrit un superbe poème, subtilement baptisé Hymne pascal. A deux reprises Koz a eu une attention délicate pour les prêtres nous invitant à cette même attention (les commentaires de Koz c'est ici et là aussi).

Ce matin il y avait une messe à Fontenay, en mémoire de Pascal et à l'intention de sa Maman, à peu près en même temps que la célébration des obsèques à St André de l'Eure. Ils étaient nombreux les Fontenaisiens à venir prier pour un de leurs enfants : un ami, un copain de leurs enfants, un ancien élève...

Impressionnés par ce mouvement de sympathie sur internet nous avons repris tous ces témoignages pour les partager à l'assemblée : au début l'hymne pascal de David et après l'homélie les différents témoignages recueillis sur Facebook ou des commentaires de blog. On peut les retrouver sur le site de la paroisse de Fontenay.

Aujourd'hui je pourrais nuancer le titre de mon dernier billet. Nuancer un peu... Oui, des amis se sont manifestés depuis 4 jours, même si tous sont consternés : comment n'ai-je rien vu ? Oui, aujourd'hui la toile a été un lieu de rencontre, d'expression et de partage, et pas que virtuel. Hier et aujourd'hui il s'est passé quelque chose sur le net. Les clics et les échanges de liens en sont les témoins. Un tel flux est rare à ce point sur un tel sujet (dixit un grand blogueur devant l’Éternel !), et pas pour dire des bêtises !

Pascal ? c'est toi qui es à l'origine de tout ça ?...

Pascal, que Celui que tu as choisi de suivre dans le sacerdoce et la vie religieuse
t’accueille et te donne sa Paix.


lundi 7 novembre 2011

205 amis... et seul...


Quand j'ai appris son décès j'ai eu l'impression que le ciel me tombait sur la tête. Non, pas lui ! C'est pas possible ! Il y a moins d'une semaine nous étions ensemble à la messe, il concélébrait, nous nous sommes donné la Paix, il avait un beau sourire... A la fin de la messe il a salué des amis. A défaut de lui parler davantage j'ai laissé un post sur son mur Facebook : Bon séjour au pays !  Lui, souriant, jovial, gentil, toujours de bonne humeur, heureux de et dans son sacerdoce, attentif à l'autre, surtout le pauvre et le petit.

Il ne laisse ni femme ni enfant certes, mais une vieille maman anéantie et des centaines de frères en Jésus-Christ, qu'il a aimés, qui l'ont aimé et qui pourtant n'ont rien vu venir.

Son mur Facebook était plein de posts, de commentaires, vivant, plein de photos de ce qu'il vivait et partageait. Ça respirait le bonheur et la joie de vivre. Le bonheur de l'engagement à la suite de son Seigneur, au service des autres, des plus démunis en particulier, il se battait contre la solitude, celle dans laquelle les autres étaient enfermés. Et pourtant...

Il restera présent à ses amis, on priera pour lui, jeudi prochain particulièrement, jour de ses obsèques, on priera pour sa Maman aussi. Je pense à elle, et je pense aussi à ceux qui ont fait un bout de chemin avec lui à l'école, au lycée, au séminaire... Quelques jeunes prêtres de sa génération, ordonnés autour des mêmes années. Ses frères en religion... Une fois encore nous voilà face au mystère de la vie et de la mort, mystère de la personne, secret des âmes.

Et cela me fait penser à ce qui se dit et se vit dans notre Église aujourd'hui, et la cible privilégiée que sont les prêtres. En bien comme en mal d'ailleurs. Est-ce qu'on n'est pas en train de leur mettre la pression ? On n'arrête pas de dire qu'ils sont peu nombreux, souvent âgés, surchargés... et on ne cesse de les solliciter, leur demander davantage, et mieux. Et ils ont leurs défauts, bien sûr, normal. Et ils ne sont pas meilleurs que nous, bien sûr, normal, ils ne sont que des hommes, pas encore des saints.

Quand on a la chance d'avoir des ordinations de diacres (en vue du sacerdoce) ou de prêtres on est tellement heureux de l'événement, la fête est si grande qu'on les met au pinacle et, sans le vouloir, on leur met la pression, on les écrase en attendant d'eux trop et trop tôt. Nous sommes responsables de nos (jeunes) prêtres... et c'est pas facile aujourd'hui de tout concilier !...

Des prêtres jeunes, heureux et bien dans leur peau, il en existe, j'en ai rencontré, et il y en a même quelques uns qui viennent d'en faire un bouquin  Ils sont jeunes, ils sont prêtres, ils sont heureux.
Il y a aussi  l'effet prêtres avec les trois chanteurs qui font un tabac.
Et puis, en ce moment-même, sur des blogs cathos autour de la déclaration du cardinal Gianfranco Ravasi à propos des homélies entre autres, ça discute dur sur ces fameuses homélies. Un petit tour par ici donnera un aperçu. Mais on ne va quand même pas en faire un fromage de ces homélies quand on réalise que ça fait 8 à 10 mn dans une messe ! Quand même un peu ridicule ! Excusez-moi les amis, je ne méprise pas vos homélies, ni le temps que vous passez à les préparer, et je sais les apprécier car ça arrive quand même souvent,  mais ce n'est pas l'essentiel de notre foi et de notre religion ! 10 mn une fois par semaine !

Vous,  jeunes, prêtres, heureux… restez-le. 
Et nous, avec vous, quelle responsabilité pour vous aider à être et rester jeunes, prêtres et heureux.

Bon je me suis un peu égarée... je n'ai pas justifié le titre de ce billet. Oui, il avait 205 amis sur Facebook et il a choisi de mettre fin à l'aventure de sa vie. 205 amis (et j'en suis) qui sont restés aveugles et impuissants pour l'aider à surmonter ce qui, pour lui, était devenu insurmontable.

205 amis... et seul...

dimanche 6 novembre 2011

Fidélité...


Dans mon billet précédent je parlais de pub dans le métro. Enfin celle de l'autre siècle : Dubo... Dubon... Dubonnet. C'était pour de l'apéritif. C'était simplet et pas méchant, même si c'était pour de l'alcool.

Aujourd'hui c'est autre chose la pub. Des affiches qu'on regarde plus ou moins machinalement, qu'on regarde sans voir, qui accrochent une fois ou l'autre, des grandes, des petites, des immenses, qui vantent tout et rien... Dans la collection de ces jours-ci, dans le métro parisien bien sûr, j'en retiens une qui a particulièrement attiré mon attention : taille maximum, une pomme, deux lignes, une url. Très sobre et dépouillée malgré la taille.