vendredi 30 août 2013

Nous (n')irons (pas) tous au paradis

Aujourd'hui la liturgie nous fait lire et méditer l'histoire des 10 filles sages et fofolles (non mais les garçons la métaphore c'est aussi pour vous, hein). Spontanément ce passage me rappelle deux homélies de cet été. Lues à la va vite, faute de temps à ce moment-là (oui, même en soi disant vacances) j'avais quand même remarqué que 2 fois sur 3 il disait en gros que le paradis ce n'est pas ipso facto. C'est surtout l'insistance qui a attiré mon attention : 2 homélies de suite. Pourtant, François*, ce n'était certainement pas le point le plus important que tu voulais faire passer, mais c'est ce que j'ai pris et tu sais bien que souvent ce qui touche ce n'est pas ce qu'on avait prévu.

Ah bon, le paradis ce n'est pas gagné d'avance ? Ne le croirait-on pas parfois ? Un peu comme si le baptême et quelques bonnes pratiques suffisaient. Je vais à la messe, je prie un peu, je partage, je fais partie du MCPCM*, j'essaie d'aimer mon prochain et de lui rendre service... ça ne suffit donc pas pour un billet d'entrée au paradis ?...

Sous couvert de la bonté de Dieu, son amour et son pardon infinis, son dessein de vouloir notre bonheur à tout prix et de nous faire partager le sien, on en a oublié un peu qu'il fallait mettre la main à la charrue et qu'au bout de la vie on n'est peut-être pas encore tout à fait prêt. Bien sûr l'évangile ne cache pas ça mais nous l'avons parfois un peu occulté. Pourquoi ?

Dans cet immense mouvement de libération que fut Vatican II, peut être un peu euphorique au début, mais vraiment ça se comprend, on est passé du Dieu-père-fouettard au Dieu-Père tout court, du Dieu-gestionnaire-de-sacrifices au Dieu-Amour qui donne sans compter, qui pardonne, qui ne veut que le bonheur de ses enfants. Donc il ne peut que nous accueillir à bras ouverts dans son paradis, malgré nos frasques, et même les mécréants y seraient les bienvenus. Et voilà comment on passe d'un extrême à l'autre.

Un des avantages d'avoir un peu de bouteille c'est de pouvoir prendre le recul du temps et de voir ce mouvement de balancier inéluctable dans la vie des hommes soumis au temps et donc aussi de l’Église. Je parle ici du paradis mais les sujets ne manquent pas dans la vie de l’Église d'aujourd'hui qui seraient à voir dans cette perspective. Et voilà que cinquante ans après, on ressort Vatican II des cartons pour son anniversaire, et on le relit paisiblement, objectivement avec le recul et la richesse de 50 années de mise en œuvre, tâtonnante, osée, courageuse, enthousiasmée et enthousiasmante.
Jean XXIII avait dit "ouvrons les fenêtres" et on s'est pris une bouffée d'air frais enivrante. Maintenant que l'air est renouvelé et qu'arrivent dans la maison nos enfants qui n'ont pas connu l'air confiné ouvrons ensemble Vatican II, lisons-le ensemble, goûtons-en toute la richesse, vivons-le ensemble, ajustons-nous ensemble à son enseignement puisque, en fait, tous nous nous réclamons de Vatican II.

Pour en revenir au titre... si je crois bien que nous irons au paradis, mais il faudra peut-être un temps d'ajustement. Un temps ?... Heu c'est quoi un temps quand on est face à l’Éternel ?...

 ____________________
* Non, pas le pape, juste le curé de la paroisse.
* MCPCM : Mouvement Catho Près de Chez Moi


dimanche 11 août 2013

Dis, l'avion il va taper dans l'étoile

On avait passé une belle journée d'été, de flânerie dans Arcachon, la ville à la baie si merveilleuse. Enfin du chaud soleil. Montée au belvédère pour une vue magnifique à 180° sur la baie. Lui, un peu fatigué par son travail de nuit, elle docile, tantôt solitaire tantôt énervée, peut-être lasse d'être seule ado avec des adultes.

Après dîner la nuit est déjà un peu fraîche, les premières étoiles apparaissent une à une, les étoiles filantes, c'est à qui en verra le plus.

Et puis on s'installe sur les chaises longues, le silence lui aussi s'installe en même temps que la nuit se fait plus dense. Plus de concours d'étoiles filantes, plus de commentaire. La contemplation du ciel étoilé suffit : méditation pour les uns, prière pour d'autres.

Un avion entre dans le ballet des étoiles, Manon interroge : Quand on est dans l'avion, est-ce qu'on voit les étoiles ?... Et l'avion, là, il va taper dans l'étoile !... Je n'ai même pas envie de rire mais simplement ça redonne un cœur d'enfant, ça fait du bien des questions d'enfant qui renvoient à l'infiniment grand, au mystère de l'univers et de la création. Non, Manon, l'avion ne va pas taper dans l'étoile. La distance entre lui et nous est insignifiante par rapport à la distance entre lui et l'étoile. Il n'y a aucun risque. Je me sens soudain un peu Saint-Exupéry face à son petit prince. Alors mon petit prince est devenu tout calme et contemple le ciel étoilé, silencieux lui aussi.

C'est la nuit des étoiles paraît-il... et les étoiles ça fleurit mieux à la campagne qu'à la ville, alors on prend le temps de les regarder, de se re-poser en les contemplant.

dimanche 4 août 2013

Apprivoise-moi

Comme certains rentrent des JMJ, moi je rentre de Chapitre. Trois semaines aussi, même durée, même période (enfin presque). Je ne reviens pas sur ce qu'est un Chapitre, je l'ai déjà bien expliqué dans des billets précédents, mais quelques impressions, après coup, quand ça commence à décanter.

J'y allais de bon cœur, même si la durée me faisait un peu peur, avec confiance et espérance, heureuse de l'expérience que j'allais vivre et reconnaissante de la confiance qui m'était faite, car un Chapitre c'est aussi une responsabilité face à la Congrégation.

"Apprivoise-moi"
Et puis un Chapitre je savais ce que c'est, j'en avais déjà vécu plusieurs, même si celui-ci était quand même différent des autres de par ma situation dans la Congrégation. Justement j'allais vivre ça comme un temps de connaissance de la Congrégation et des Sœurs, et en particulier celles des autres pays. Donc tout allait bien, l’aventure pouvait commencer. Mais voilà... très vite je me suis rendu compte qu'il ne suffisait pas de multiplier par trois le nombre de jours et le nombre de Sœurs, mais qu'il y avait un dépaysement beaucoup plus profond. Très vite je me suis rendu compte qu'il me manquait une expérience de la Congrégation, une connaissance intérieure faite de l’enracinement dans la durée, et que je ne suivais pas aussi bien que je l'avais pensé...  pas à la hauteur, quoi.  Tentation de baisser les bras et de laisser filer. J'ai changé mon fusil d'épaule, passant d'une participation que j’ambitionnais constructive-visible à une participation de fondation, plus effacée. Et puis on m'avait demandé un service, en lien avec quelques compétences, alors j'ai mis tout mon cœur à le faire de mon mieux. Ça décape un peu et ça remet des choses en place.

Donc trois semaines pour relire les six dernières années, élire une supérieure générale et son conseil et se donner un projet pour les six années à venir. Tout cela préparé en amont depuis plus d'un an par toutes les Sœurs  de la Congrégation et repris dans nos travaux de groupes et/ou d'assemblée. Groupes variés : imposés, sur place avec les voisines, par âge, par pays, par choix de thème. Avec nous, pendant ces trois semaines, pour accompagner notre réflexion, une animatrice et un prêtre du diocèse, et un Jésuite pour le temps de discernement précédant les élections. Leur présence, chacun dans son rôle, nous a été précieuse.

Au milieu du parcours il y eu l'élection de la Supérieure générale et de son conseil au terme de deux jours de discernement et de prière.C'est une Sœur de Madagascar qui a été élue. C'est drôle comme cette année le Saint Esprit a un penchant pour le Sud... Pour une Congrégation fortement enracinée depuis deux siècles dans le diocèse de Luçon et dans le peuple de Vendée, qui a su et eu l'audace de s'ouvrir à d'autres pays cette élection est encore un signe d'ouverture, de partage et de désappropriation.

 De cette expérience je garde aussi le bonheur d'avoir rencontré des Sœurs d'autres pays, d'avoir découvert leur jeunesse et leur dynamisme, d'avoir pris conscience de leur nombre et de leurs compétences. De même pour les associés : leur nombre et leur dynamisme. Ça fait tomber quelques préjugés plus ou moins conscients.

Un Chapitre c'est un vaste chantier. Il est saisissant de voir comment les idées, les propositions, les points de vue différents, les discussions entre nous, en groupes ou en assemblée, avec les associés les premiers jours, arrivent à prendre forme dans un texte global, accepté par toutes, qui soit dynamisme de vie et de mission pour toutes pour les six années à venir. Cela ne peut être que le fruit du travail de l’Esprit (et du nôtre un peu quand même !), de la prière des uns et des autres.


mercredi 17 juillet 2013

Absente pour cause de Chapitre

Comme je le disais dans un précédent billet je suis donc en Chapitre de Congrégation depuis le 7 juillet et jusqu'à la fin du mois.

Cela occupe honorablement les journées et demande de la concentration sur le travail que nous faisons. Donc je mets le blog en stand by pendant cette période.
Mais je disais aussi que nous ne serions ni cloîtrées ni séquestrées et que nous trouverions un moyen de communiquer quelque chose de nos travaux. Voilà qui est en œuvre depuis le début par des articles et photos sur le site de la Congrégation.
Donc rendez-vous sur le site des Soeurs des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie pour en savoir plus.

Bon été, bonnes vacances, bon repos.

samedi 6 juillet 2013

Une journée avec le Père Monnereau

Et voilà, c'est parti ! Hier premier jour du pèlerinage aux sources sur les pas du Père Monnereau, fondateur de la Congrégation. Journée à Saint-Martin des Noyers.
Une démarche proposée aux capitulantes mais à laquelle étaient largement invités toutes les Sœurs et les associés. Une démarche spirituelle, ecclésiale et de Congrégation pour nous préparer à entrer en Chapitre dans 2 jours.
Une démarche de deux jours pour que grandisse notre foi quand elle est vécue comme une expérience d'un amour reçu (1er jour) et quand elle est communiquée comme une expérience de grâce et de joie (2e jour).

Le temps fort de ce premier jour a été la célébration baptismale dans la très belle église de St Martin des Noyers : prière et catéchèse préparées et animées par Sr Martine Chaillot et l'abbé Olivier Praud. Saint Martin des Noyers cette commune du Nord Vendée où est né le Père Monnereau et l'église même dans laquelle il a été baptisé.

Une célébration baptismale pour nous inviter à redécouvrir comment notre baptême a été source de la foi en nous, mais aussi pour rendre grâce du don du baptême de Pierre Monnereau. Très jeune il a été amené à prendre position par rapport à sa foi dans la tourmente révolutionnaire mais aussi dans une famille au terreau chrétien riche. Il a appris à donner sens aux événements de sa vie sans en rester prisonnier. On peut se poser la même question pour nous personnellement et pour la vie de la Congrégation (qu'est-ce que je fais des événements de ma vie... de la vie de la Congrégation ?) .

La foi c'est d'abord l'expérience d'un amour reçu et non un corpus de doctrine à ingurgiter. Et Olivier Praud propose 4 attitudes spirituelles pour discerner cette grâce :
  • reconnaître le baptême comme expression fondamentale et première de l'amour de Dieu pour moi,
  • identifier cet amour dans mon existence et en rendre grâce à Dieu (pas facile...)
  • découvrir comment cet amour divin trouve dans la Congrégation son lieu, son espace et son temps,
  • et enfin rendre grâce pour l'avenir, le salut que l'amour de Dieu révèle.
 Chants, psaumes, lectures bibliques, extraits des écrits du Père Monnereau, catéchèse, rappels historiques nous ont tout naturellement conduits à renouveler notre engagement baptismal avec la formule même du baptême, celle qu'on reprend à la veillée pascale, et un très beau geste de signation avec l'eau bénite.

Dans l'après midi, encore un temps de réflexion en groupes dans la forêt du Détroit, là où se réfugiaient les populations pendant la Révolution, là où s'est réfugié Pierre Monnereau. Une célébration eucharistique a terminé la journée. Et aujourd'hui, 2e journée de pèlerinage, aux Brouzils, lieu de fondation de la Congrégation.


jeudi 4 juillet 2013

Chapitre... vous avez dit ?

Ça faisait un moment déjà que j'avais commencé à prévenir autour de moi : en juillet ne comptez pas sur moi, vous ne me verrez pas. Du 7 au 31 juillet : absente. Et je n'appréciais pas vraiment les sourires entendus, un brin moqueurs et jaloux peut-être aussi : 3 semaines de vacances !

Et bien non, pas du tout trois semaines de vacances, mais de travail et de réflexion en Chapitre de Congrégation.

Chapitre ?... c'est quoi ça ? et qu'est-ce que vous allez faire pendant trois semaines ?...

Le Chapitre général c'est d'abord l'instance suprême de l'autorité dans la Congrégation.  Il définit les grandes orientations, prend les décisions les plus importantes pour la vie de la Congrégation et élit la Supérieure générale et son conseil (cf. Code de Droit canonique, canon 631.1). Autorité suprême il ne siège cependant que temporairement, par sessions, tous les six ans. D'un Chapitre à l'autre le gouvernement habituel est assuré par la Supérieure générale et son Conseil.

Si, comme dit Kierkegaard, la vie ne peut être comprise qu'en regardant vers le passé, mais elle ne peut être vécue qu'en regardant vers l’avenir, décider des orientations c'est d'abord relire le vécu depuis le dernier Chapitre, il y a six ans pour nous. Et comme le Chapitre est l'affaire de toutes (même si seulement quelques unes en font partie), cette relecture s'appuiera sur le travail fait par les communautés, les Sœurs, les associés, depuis un an, sur le thème Quels pas avons-nous à faire ? Quelle Pâque avons-nous à vivre ? Nous prendrons le temps d’écouter nos Sœurs de France et de culture différente, de Madagascar et de la Réunion, du Canada, du Congo, de République Dominicaine. Nous prendrons le temps d'écouter les associés, d’entendre leurs questionnements et leurs appels. Deux jours leur seront consacrés.

A mi parcours nous élirons la supérieure générale et les conseillères. Nous prendrons ensuite le temps d'écouter les appels des communautés humaines et chrétiennes dont nous faisons partie pour discerner et décider les grandes orientations spirituelles et apostoliques qui nous feront vivre les six années qui viennent et nous renouvelleront dans nos missions et dans la mission de la Congrégation pour l’Église. Fortes et enrichies de tout cela nous bâtirons demain.

46 Sœurs participent au Chapitre, représentatives des différents pays où nous sommes en mission, la plupart sont élues, quelques unes sont membres de droit, huit associés seront avec nous les 3 premiers jours.

Deux journées de pèlerinage dans le Nord Vendée, sur les pas du fondateur Pierre Monnereau, précéderont cet événement. Pour les capitulantes d'abord mais ouvert à toutes les Sœurs et aux associés qui veulent vivre ce temps de ressourcement et se laisser renouveler dans leur expérience de baptisés et de consacrées en puisant à la source qui nourrit notre foi : l'Eucharistie (Sr M. Claire Jadeau).

Au terme de ces trois semaines une célébration eucharistique clôturera nos travaux et nous enverra en mission renouvelée. Vous êtes tous invités à cette célébration le mardi 30 juillet à 15 h 00 en l'église du Sacré-Coeur, à La Roche sur Yon (rue Jean Mermoz).

Cet événement concerne la vie de la Congrégation  mais c'est aussi un événement d’Église. Nous comptons sur votre prière de même que nous continuons à vous porter dans la nôtre.

Trois semaines denses et riches, trois semaines de réflexion et de discernement, mais pas trois semaines de conclave comme on me l'a demandé. Non, nous ne serons ni cloîtrées ni coupées du monde, même si moins connectées au net (enfin en ce qui me concerne tout au moins)... Mais un temps de grâce, une chance et une responsabilité pour celles qui y participent et nous allons trouver un moyen pour rester en lien avec vous et essayer de vous partager un peu de ce que nous vivons pendant ces jours.

A bientôt... bon été... bonnes vacances...

mercredi 3 juillet 2013

La 2e mort de Coluche

Qu'apprends-je ce matin ? Les Restos du cœur attaqués en justice par le photographe auteur du célèbre cliché de Coluche que l'association utilise pour son logo. (Je n'ai vraiment pas envie d'écrire son nom, pas la peine de lui faire de pub, de toutes manières c'est facile à trouver).

Et tout ça pour une histoire de droit(s). Et même pas de droit à l'image, mais une histoire de droit d'auteur, donc une histoire de fric.

Non seulement il demande le retrait du portrait de Coluche du logo et de tous les documents de l'association mais aussi un dédommagement financier pour l'utilisation qui en a été faite depuis 27 ans. Oui, rien que ça 27 ans. Il lui aura fallu tout ce temps pour se rendre compte que sa photo était utilisée ? Ou bien au bout de 27 ans il pense que le magot peut rapporter gros ?

Et les Restos du cœur auraient utilisé cette photo sans autorisation ? Étrange légèreté face à une législation reconnue drastique sur ce point. Autorisation verbale nous dit-on... Admettons en effet que dans leur grande générosité les Restos du cœur ont pensé que cela pouvait suffire et que le photographe avait le cœur aussi large et généreux qu'eux. Grossière erreur (pardon, ceci n'est pas un jugement). On ne prend jamais assez de précautions, même pour faire le bien et c'est triste !

Quoi de plus logique que d'associer la photo du fondateur au logo de l'association ? Et un visage sympathique, jovial, qui vous regarde droit dans les yeux pour vous dire Aujourd'hui, on n'a plus le droit ni d'avoir faim, ni d'avoir froid... Il me semble que c'est plutôt un honneur pour le photographe de voir son cliché sélectionné, non ? Mais c'est vrai que si on pense pouvoir en retirer du fric, ça change tout. Et en plus il va bénéficier de toute la pub qui lui aura été indirectement faite via les Restos du cœur. Lamentable !

Financièrement c'est catastrophique, versement des droits demandés, action en justice et tout ça... toute la campagne d'affichage et de pub à refaire de même que les documents de l'association au logo si familier... Déjà sur le site des Restos du cœur le logo est changé et on ne voit plus la frimousse enjouée du fondateur. Autant d'argent soustrait à l'aide apportée aux plus démunis pour retourner dans une poche bien moins vide que celle de ceux-là. Coluche, tu dois te retourner dans ta tombe, non ! Et ce coup bas, c'est comme si tu disparaissais une deuxième fois.

Mais l'affaire n'est pas terminée, elle est entre les mains de la justice, selon l'expression consacrée. On a le droit d'espérer une heureuse fin ?

"Enfoirés", c'est pas comme ça qu'il disait le gars au grand cœur.

mercredi 26 juin 2013

Humble Saint Joseph


Ste Famille - Chapelle Union Chrétienne
Quelqu'un aura remarqué quelque chose de nouveau, dernièrement, dans les prières eucharistiques de la messe ? Heu... les prêtres, vous êtes hors jeu : trop facile ;)

Et qui répondra... bah non... ne sera pas excommunié car reconnaissons qu'il faut une attention certaine pour saisir la nouveauté.

En effet, depuis quelques jours, le nom de Saint Joseph époux de la Vierge Marie est ajouté aux prières eucharistiques II, III et IV à la suite du nom de la Bienheureuse Marie toujours Vierge.

Le décret romain date du 1er mai 2013, mais n'a été publié que le 19 juin et appliqué aussitôt, bien sûr. J'avoue que je n'aurais pas remarqué (tout de suite) si je n'avais vu passer l'info ici ou là. Dénicher 3 mots nouveaux dans tout le déroulement de la messe, et même seulement de la prière eucharistique, c'est subtil. A moins de s'appeler Joseph, car entendre son nom, ça attire toujours l'attention n'est-ce pas ? Les Joseph, vous aviez remarqué ?...

Il était temps de redonner à St Joseph, déjà si humble dans toute sa vie sur terre, une place aux côtés de son épouse dans la liturgie eucharistique. Il était bien cité dans la prière eucharistique n° 1... pourquoi pas dans les autres ?

Mieux que n'importe quel discours explicatif de cette nouveauté, prenons connaissance du texte officiel et intégral du décret.

Alors, à la prochaine messe... tendez bien l'oreille. Un indice ? C'est après la consécration.


mercredi 19 juin 2013

Un Dieu de tendresse vous attend !

Telle était l'invitation pour la fête du Sacré-Cœur, fête de la Congrégation. Invitation large, ouverte à qui veut venir et pas seulement pour les Sœurs. Temps de partage, de détente, de réflexion (un peu), de témoignages. Tendresse de Dieu vécue au quotidien, dans différentes situations... et j'en retiens deux.

Pour Daniel, aumônier d'hôpital, faire signe de la tendresse de Dieu ça ne se fait pas tout seul, mais en équipe, en Église. Chacun dans son rôle, doit trouver sa place dans l'équipe, et ce n'est pas toujours simple. Et chacun dans son action engage l'aumônerie tout entière. Ensemble et en Église. Cela donne lieu à des partages, des relectures.
Dans cette démarche d'accompagnement en milieu hospitalier le facteur temps est particulièrement important, aussi bien pour le visiteur que pour le visité. S'ajuster au temps de l’autre, trouver le moment juste pour rencontrer les personnes quand elles sont malades, fatiguées. Et le moment juste n'est pas le même pour tous. Le temps qu'il faut pour rencontrer l'autre, pour qu'il réalise ce qu'on lui dit, le temps d'entrer en relation, le temps pour qu'il dise.... pour qu'il se dise.
Et avec le temps, la compassion... mot délicat à utiliser. Trouver la juste attitude en étant avec mais à côté, jamais à la place. Pauvreté de nos moyens, de notre impuissance.

Pour Jeanne-Marie, responsable d'une communauté de Sœurs âgées (moyenne d’âge 87 ans) c'est chaque jour que se manifeste la tendresse de Dieu. Tout d'abord ces communautés de Sœurs âgées disent la sollicitude de la Congrégation qui nous accueille. Congrégation qui s'est engagée à nous soutenir toute notre vie lorsque nous l'avons choisie pour y vivre à la suite du Christ. Un peu comme des époux se promettent fidélité et soutien pour toute la vie, dans la santé et la maladie. Tendresse institutionnelle, tendresse réelle.
La vie fraternelle au quotidien est expression de notre engagement dit-elle... et ce n'est pas facile. La difficulté... c'est qu'il y a les autres... et il y a moi. Et pourtant la vie fraternelle s'exprime à travers une multitude de petits gestes, d'attentions au quotidien. Dans une belle énumération poétique, Jeanne-Marie donne de ces exemples d'entraide, signes de la tendresse de Dieu au quotidien dans nos vies humaines.
Tes jambes se dérobent... prends mon mon bras, je t'accompagnerai.
Tu ne sais plus bien quand c'est l'heure d'aller à la prière ou au repas, je passerai te chercher.
Tes yeux sont brouillés et tu ne peux plus lire ta Bible ni le journal, je t'en ferai la lecture, chaque jour un peu.
Tu te sens maladroite parce que la maladie te fait trembler, je te prêterai mes mains pour saisir ce qu'il te faut. [...]

Ne suffirait-il pas d'ouvrir les yeux pour reconnaître des signes de cette tendresse qui passe tout simplement par la qualité de nos relations humaines ? Et si la tendresse de Dieu n'était autre que la tendresse des hommes pour leurs frères ?

samedi 8 juin 2013

Pour ses 130 ans "La Croix" invite ses lecteurs


18 rue Barbès - 92128 - Montrouge
A l'occasion de son 130e anniversaire le journal La Croix a donné rendez-vous IRL à ses lecteurs. Nous devions être 400, hier, à avoir pu profiter de cette journée portes ouvertes au siège du journal à Montrouge.
Une occasion de découvrir un quotidien côté coulisses, de mettre des lieux et quelques visages sur des noms, de saisir l'objectif poursuivi.
Par groupes d'une vingtaine, toutes les demi heures, les visiteurs ont défilé dans les locaux de La Croix. Une visite bon rythme avec Pierre-Yves Le Priol (pour mon groupe), et bien encadrés, en commençant par la rédaction au 2e étage. Impressionnante cette étendue de bureaux en open space.

La Croix, c'est 90 journalistes, 150 salariés, 20 journalistes qui ne travaillent sur sur l'actu française, tous sujets confondus du vivre ensemble en société, et des correspondants pigistes en région (une quinzaine en France et une trentaine dans le monde). Pas de photographe attitré au journal, mais des photos achetées aux agences.Trois personnes sont employées exclusivement au courrier des lecteurs. Tout courrier (papier ou mail) est lu, pris en considération et reçoit une suite. Cela en dit long de l'attention portée aux lecteurs.

Voilà pour le côté chiffres.

L'impression se fait sur 2 sites, Paris et Galargues (Hérault), afin d'assurer la distribution en temps voulu, sachant que 90 % des lecteurs sont des abonnés. Pour le journal c'est une richesse incomparable de savoir ainsi à qui il s'adresse, de pouvoir consulter ses lecteurs et entretenir des relations avec eux.

Pour son journal bimédia l'équipe de La Croix met autant de soin et d'attention à la publication papier qu'à la publication numérique complètement relookées depuis janvier dernier. Le numérique permet aussi une actualisation au plus près des événements, plusieurs fois par jour. On retrouve le même esprit et les mêmes infos sur les deux supports avec le souci de mettre l'homme contemporain au cœur de l'actualité. Être réactif à l'actu tout en sachant rester dans la distance. Essayer de trouver dans l'actu sombre des choses qui peuvent permettre d'espérer, chercher ce qui est porteur d'avenir et montrer qu'on peut faire changer des choses à nous tous. Et c'est ça qui nous caractérise. (Dominique Quinio, Directrice de La Croix). Objectif aider à mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. Le numérique permet de faire connaître La Croix à un grand nombre de lecteurs potentiels. Aux publications papier et numérique, ajoutons le site Urbi et Orbi pour une actualité au plus près de la vie de l’Église et qui permet un accès aux textes et documents essentiels de l’Église.

Puis nous nous répartissons en 2 groupes, selon nos préférences, histoire du journal (avec Yves Pitette) ou élection du pape François (avec Dominique Greiner). Pour ma part j'opte pour l'élection de François relue par deux journalistes présents à Rome pendant le Conclave : Isabelle de Gaulmyn et Dominique Greiner. (On peut retrouver ces témoignages sur la page spécifique anniversaire de La Croix).

La Croix est un journal d’Église. Par la simple présence d'un Assomptioniste missionné pour ce travail de rédaction, relecture, validation d'articles de ses collègues cela en fait un journal d’Église, ce que ne sont pas les autres journaux et revues catholiques. Cependant tous les journalistes ne sont pas catholiques, et c'est ce qui fait la richesse de La Croix.

A la sortie un mur de signatures et de remerciements, témoin du succès de l'opération, onéreuse en préparation, en temps, mais une sacrée bonne idée, et un plus dans la relation déjà riche du journal et de ses lecteurs. Merci pour cette initiative et cette découverte.


Site internet La Croix
Page Facebook de La Croix
Site La Croix Urbi et Orbi



Les envoyés spéciaux dans le monde à ce jour (7 juin 2013)

mercredi 5 juin 2013

Comment on devient geek

Je dédie ce billet

à ceux qui ne suivent pas Radio-France-Bleu-Loire-Océan,
à ceux qui n'étaient pas aux écoutes mercredi 22 mai à 7 h (du matin, évidemment),
à ceux qui pestent de ne voir qu'un avatar dans mon mes profils et qui voudraient bien voir ma tronche,
à ceux qui se demandent pourquoi et comment je suis devenue geek,
et à ceux, surtout, qui ont 1 mn et 16 secondes à perdre.

Vous allez donc pouvoir (re)écouter cette interview de Lise Verbeke, mettre une voix sur mon avatar (en attendant la vraie rencontre IRL), mieux me comprendre (enfin !) et perdre 1 mn 16 sec. de votre précieux temps ! Par contre il y en a peut-être quelques uns quand même qui en ont assez de m'entendre, alors vous êtes autorisés à sortir !

Comment Lise et moi nous sommes-nous rencontrées ? Le hasard de Twitter... oui encore ! Une de ses collègues a vu passer quelques uns de mes tweets dans les jours où nous avons fait la table ronde sur les réseaux sociaux et le week-end Diaconia 2013 et elle a pensé que ce serait intéressant de m'interviewer. Ben voyons, une sister qui twitte, blogue, facebook, webmastère... il n'y en a pas tant que ça. Sitôt pensé, sitôt tweeté : "Vous seriez dispo pour une interview ces jours-ci ?". Et voilà tout s'est enclanché à grande vitesse et elle a déboulé chez moi 3 jours plus tard. Et voilà aussi comment de 15 minutes de micro il reste 1 mn 16 de diffusion.


dimanche 2 juin 2013

Une adoration eucharistique planétaire

Il semblerait qu'on ait vécu aujourd'hui un événement d'envergure planétaire sans vraiment l'avoir vu venir.
C'est seulement en milieu de semaine que le Pape demandait une heure d'adoration en coordination avec toutes les cathédrales du monde, le dimanche 2 juin de  17 h à 18 h. Il ne doute de rien François : annoncer ça le 28 mai pour le 2 juin c'est à peine sérieux. Il inscrit cette initiative dans le cadre de l'Année de la Foi, et choisit le jour où l’Église célèbre la fête du Corps et du Sang du Christ. Je ne voudrais pas en rajouter, mais reconnaissons que les réseaux sociaux ont la part belle dans la réussite de cette initiative. Sitôt faite, sitôt relayée par les conférences épiscopales la proposition est arrivée rapidement dans les diocèses, paroisses, Congrégations religieuses et monastères, mouvements etc. Ça a fait un vrai buzz on the web.
Il faut dire aussi que pour l'organisationnel une heure d'adoration ne demande pas grande préparation. Et qu'après tout il fallait surtout sensibiliser les gens et le faire savoir.
Inviter tous les catholiques à prier ensemble, au même moment, en union avec le Pape et à ses intentions (pour l’Église et pour les personnes qui  souffrent), c'était une première ; on parle même "d'événement historique".

Et bien ça s'est fait et ça a superbement bien marché, si je peux me permettre de parler ainsi... Bien sûr à Fontenay nous avons eu ce temps d'adoration eucharistique, de 17 h à 18 h. Malgré une annonce un peu tardive, beaucoup de gens se sont déplacés, et de tous âges. A une heure pas vraiment confortable en cette saison et par une belle journée ensoleillée  qui, comme chacun sait cette année, est quasiment aussi un événement historique. Une heure de prière silencieuse ensemble avec Jésus Eucharistie. Une heure pour aimer et se laisser par le Christ, de cette intimité qui renouvelle et renvoie vers les frères.


mercredi 15 mai 2013

Réseaux sociaux... et si on en parlait ?


Pour honorer la 47èmejournée des communications sociales nous avons organisé pour la paroisse une table ronde sur le sujet précisément retenu par Benoît XVI pour cette journée : les réseaux sociaux.

On cherchait plutôt à atteindre des adultes en questionnement face à ces moyens de communication, des parents, grands-parents, déroutés par l'utilisation qu'en font leurs enfants et petits-enfants, des éducateurs. Ce sont bien ces gens-là qui se sont déplacés, mais aussi quelques jeunes et très jeunes ados avec maman, des enseignants. Un point commun à tout ce monde : personne n'avait de compte Twitter et 3 ou 4 seulement étaient sur Facebook.
L'objectif était de faire tomber les préjugés de toutes sortes, les phobies qui planent sur les réseaux sociaux, sans pour autant les porter aux nues. Ni dieu ni diable.

Quant aux intervenants nous avions fait appel à Emmanuel Chopot, de l'association Vendée Réseaux Sociaux, un peu aussi Monsieur numérique du Conseil général, cheville ouvrière du plan informatique dans les collèges. Patrice Aguer, formateur d'enseignants au CDDP de la Vendée. Et ma pomme. L'animation de la soirée était confiée à Pierre-Yves Bulteau, journaliste.

Emmanuel Chopot nous a fait comprendre que ces réseaux sociaux ne sont pas qu'un joujou sophistiqué entre les mains d'ados en mal de partage de photos mais qu'ils deviennent un moyen incontournable pour les entreprises afin de rejoindre la clientèle. 80 % des internautes préfèrent rejoindre une entreprise, une enseigne via Facebook. L'idée étant de créer des communautés et d'avoir une interactivité avec les clients, d'entrer en relation avec des gens qu'on ne toucherait pas autrement.

Patrice nous a présenté le profil type du jeune sur Facebook qui d'ailleurs est UNE jeune, de 15-17 ans, qui  consulte son "mur" quasiment tous les jours et a en moyenne 260 amis dont elle connaît la majorité en vrai. Il nous parle aussi des parents et des enseignants désemparés devant ces technologies et l'usage qu'en font les jeunes. Cependant les parents ne doivent pas abdiquer et ils ont leur place même s'ils sont techniquement moins avancés. Il ne manque pas de souligner aussi le manque de formation des enseignants dans ce domaine et l'adaptation nécessaire de l'école à ces nouveaux outils. Les enseignants présents dans la salle reconnaissaient cette carence mais ont déploré en même temps l'usage que font leurs élèves d'internet. Ils cherchent davantage un produit fini (le devoir tout fait) que des éléments de réflexion pour faire eux-même leur travail. Ils relèvent la difficulté de réflexion de leurs élèves, la difficulté à lire un texte un peu long (nouvelles, livres) et ils se sentent désemparés face à cela. 

En ce qui me concerne j'ai abordé la question de la présence de l'Église sur les réseaux sociaux. Il est tout simplement dans la mission de l'Église d'être au cœur du monde et de rejoindre l'homme là où il est. Les réseaux sociaux sont une formidable caisse de résonance de nos sites internet pour diffuser du contenu et une porte pour y entrer. C'est un défi pour l'Église que d'être présente sur ces agoras pas simplement pour occuper le terrain ou s'en servir mais surtout pour l'habiter en y apportant un témoignage de foi. Les réseaux sociaux dans leur démarche d'aller vers et de partage de contenu sont à la fois instruments et lieux de la nouvelle évangélisation, selon l'expression du synode des évêques d'octobre 2012 (cf. ci-dessous la proposition 18). L'Église est très présente sur Facebook, tant par ses institutions que par des individus, sur Twitter on en est encore à la réflexion et à l'expérimentation, mais je ne saurais manquer de citer quelques expériences telles les twittomélies de Mgr Giraud, le tweetchemindecroix (ou crucitweet) du Père François Bessonnet l'année dernière et le tout récent tweetlouange du jeudi soir qui rassemble des twittos dans une prière commune.

Les participants ont pu poser leurs questions, partager leurs objections entre les différentes interventions et à la fin. Tout n'est pas résolu... ils ne se sont pas précipités sur Facebook en rentrant chez eux, mais ils sont partis avec un autre regard sur ce moyen de communication.

--------------------------------------------

Proposition 18 : Nouvelle évangélisation et moyens de communication sociale
L'utilisation de moyens de communication sociale a un rôle important à jouer pour rejoindre chaque personne avec le message du salut. Dans ce domaine, en particulier dans le monde des communications électroniques, il est nécessaire que des chrétiens convaincus soient formés et préparés afin d’être capables de transmettre fidèlement le contenu de la foi et de la morale chrétienne. Ils doivent avoir la capacité d'utiliser à bon escient les langues et les instruments d'aujourd'hui qui sont disponibles pour la communication dans le village global. La forme la plus efficace de cette communication de la foi reste le partage du témoignage de vie, sans lequel aucun des efforts des "médias" ne se traduiront par une transmission efficace de l'Evangile. L’éducation à une utilisation rationnelle et constructive des médias sociaux est un instrument important pour la nouvelle évangélisation.


dimanche 12 mai 2013

#Diaconia2013 ; #JMC2013 ; #sacrementdesmalades (1)

 Soir d'un long week-end dense et riche. Trois événements s'encastrent les uns dans les autres et brillent en un même éclat : Diaconia 2013, la journée mondiale des communications (JMC) et le sacrement des malades célébré ce matin.

Diaconia 2013 c'était à Lourdes, du 9 au 11 mai. Non, je n'y étais pas... enfin je n'y étais pas IRL comme on dit physiquement, mais j'y étais via les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) et ça a été une expérience originale, heureuse et très dense.

Dès leur départ, en car ou en train, les pèlerins ont commencé à twitter, à poster sur Facebook, nous associant ainsi au voyage, à la réflexion, à la prière. Arrivés à Lourdes ils nous ont gratifiés de leurs impressions, réflexions personnelles, photos et vidéos à l'appui. Et toujours des échos des forums, des célébrations, des homélies, phrases relayées par les uns et les autres. On a tout suivi, presque comme si on y était.

Bien sûr il y avait quelques médias cathos officiels pour relayer l'événement mais ce sont surtout les internautes qui ont créé le lien. Quant aux autres médias (non cathos) c'était le grand silence. Admettons que la date (en plein pont de l'Ascension) soit un alibi... alibi facile. Médias tellement silencieux qu'un blogueur a joué la provocation... et si vous parliez de sujets un peu croustillants à Diaconia, il y aurait peut-être un écho.


C'est vrai que 12 000 cathos rassemblés à Lourdes pendant 3 jours pour parler de fraternité et la vivre, il n'y a pas que quoi fouetter un chat !

Merci à tous ceux qui ont contribué à diffuser l'actualité Diaconia par leur présence active sur la toile. J'avoue personnellement que Diaconia c'était un peu loin, et que je n'en avais pas saisi toute la dimension. Ces trois jours ont changé mon regard sur la démarche et m'ont beaucoup touchée.

Hasard des dates... il se trouve que ce dimanche était la 47ème journée mondiale des communications sociales (JMC) avec un thème bien ciblé, choisi par Benoît XVI : "Réseaux sociaux : portes de vérité et de foi, nouveaux espaces pour l'évangélisation". Ça ne pouvait pas tomber mieux ! Diaconia 2013 en est une merveilleuse illustration. Au cours de ces trois jours de nombreux chrétiens se sont engagés pour communiquer le vécu d'un événement national, pour témoigner de leur foi sur leurs réseaux et par ricochet auprès d'une multitude d'internautes.

Enfin, ce dimanche (à la messe à laquelle j'étais) une quinzaine de personnes ont reçu le sacrement des malades. Très beau geste de l’imposition des mains sur chacun, de l'onction réconfortante et fortifiante. La main sur une épaule, geste discret de soutien d'un parent ou d'un ami. Là ça n'a rien à voir avec les réseaux sociaux, mais ça a à voir avec Diaconia... enfin, pour moi ça se rejoint. Parce que les petits, les fragiles, les blessés-de-la-vie, les cabossés, les malades, les anciens... ce sont des frères à aimer et à servir... et là ce n'est pas toujours d'une évidence fulgurante...

Cerise sur le gâteau, la JMC avec son remue-ménage sur les réseaux sociaux a incité certains à pointer la souris de ce côté. Claire-Marie m'écrit : En cette journée des communications sociales, je découvre votre blog... Grâce à la JMC2013, je me suis enfin décidée à surfer sur Facebook et sur Twitter même si ça me reste difficile...  Bienvenue Claire-Marie et bonne route sur les réseaux sociaux. J'espère qu'il y a eu beaucoup de Claire-Marie en cette journée de la com.


Un autre tweet de Koz... histoire de tempérer le premier ;-)



(1) A l'attention des lecteurs néophytes : le signe # (hashtag) sur Twitter précède un mot-clé et permet de retrouver des tweets de même sujet.


mercredi 8 mai 2013

Messe pour la paix

C'est toujours un moment d'émotion de les voir entrer en procession dans l'église avec leurs drapeaux.
8 mai, commémoration de la victoire de 1945.
26 hommes, porte-drapeaux, des autorités civiles et militaires, des hommes et des femmes venus se souvenir et se recueillir.
Au-delà de la polémique sur l'opportunité de marquer encore cet anniversaire c'est un temps de recueillement pour tous, de prière pour les croyants.

Prier pour la paix c'est toujours d'actualité de même que prier pour ceux qui sont morts afin que nous soyons aujourd'hui en paix et pour ceux qui sont encore engagés dans des conflits meurtriers.

Évocation d'une page d'histoire un peu lointaine pour certains, mais pas pour en rester là. L'histoire est leçon et doit aider à construire l'avenir, puisse-t-elle nous enseigner des chemins de paix pour l'avenir. Dans son homélie le prêtre a retenu trois appels pour ceux qui veulent participer à la construction d'un monde en servant la paix.
 
Servir la paix c'est servir la vie. La vie comme un don qui nous précède et qui nous dépasse. Chaque jour accueillir cette vie que nous recevons comme un don.

Servir la paix c'est la concevoir comme un fruit de l'histoire des peuples. Et pour cela prendre conscience de notre histoire commune, des projets réalisés pour le rapprochement des peuples et qui contribuent à la fraternité et à la réconciliation.

Servir la paix c'est servir la quête de vérité. L'évangile adressé à tous est appel à faire la vérité, à chercher la vérité, sur nous-mêmes et en nous-mêmes.

En cette fête du 8 mai que chacun soit renouvelé dans sa volonté de servir la paix, en famille et dans ses diverses responsabilités  et à la chercher en vérité.


Vienne la paix sur notre terre, la paix de Dieu pour les nations,
vienne la paix entre les frères, la paix dans nos maisons.



samedi 4 mai 2013

Pourquoi tu m'as fermé la porte au nez ?

Il y avait un petit moment que je ne l'avais rencontrée et ce matin nos chemins se sont croisés, alors on a taillé une bavette sur le parking. Ça commence avec le basique : "Comment ça va ?"  Sauf qu'elle a répondu : "Bof, pas trop bien..."

Toujours un brin souriante elle commence à parler de ses douleurs, partout, qui rendent la marche difficile, du moral bien bas. Je me souviens qu'elle a subi une opération et je me branche là-dessus. Mais je m'aperçois vite que j'ai dû louper un chaînon, elle ne parle pas de l'opération. Des allusions me mettent sur une autre piste : secouristes... pompiers... voisins... pourquoi ils ne m'ont pas laissée partir ? Ils auraient mieux fait de ne rien faire. Les secouristes ça ne devrait pas exister. Et puis : le Bon Dieu, on se demande ce qu'il fait ? Pourquoi il n'a pas voulu de moi ? Il m'a fermé la porte au nez et m'a renvoyée ici. Mais qu'est-ce que je fais ici ?
En effet j'avais zappé l'AVC, les voisins qui appellent les pompiers, le séjour à l'hôpital et le retour à la maison. Des douleurs de toutes sortes. Toute seule chez elle, parce que veuve et des enfants loin, très loin. Quelques amies quand même qui viennent faire une partie de cartes, mais les jours sont si longs quand on n'a plus de goût à rien et que les forces et les capacités déclinent. Et elle insiste : ils n'auraient pas dû... ils auraient dû me laisser partir.

Et là je me retrouve toute gauche et maladroite. Rien à répondre à ça. Et ce n'est pas le moment de se réfugier derrière des paroles faciles ou de prêcher. Juste continuer à l'écouter, l'encourager à retrouver ses amies de la belote,  

Et combien d'autres ainsi ? Combien de personnes âgées (et même parfois pas très âgées), seules, sans plus de goût à la vie aspirent à "partir" ? Plus de projet, plus d'énergie, plus de raison de vivre. Après une vie bien remplie, l'envie de dire, à l'image du vieux Siméon, maintenant Seigneur ça suffit, laisse moi partir (Luc 2, 29). 



mercredi 1 mai 2013

Le Pape lui a serré la main...

... et il en est encore tout ému

C'était un voyage prévu, bien préparé, bien organisé par quelqu'un qui s'y connaît, qui prépare bien tout ça sur internet, parce que internet c'est son truc, c'est même un pro d'internet. Mais ça ne s'est pas passé tout à fait comme prévu.

Le cadeau des beaux-parents pour leur soixante ans de mariage c'est un voyage/pélé à Rome. Alors il a été sollicité pour bien préparer ça : voyage, réservations, hôtel et tout et tout... et bien sûr aussi l'audience du mercredi avec le Pape... à l'époque cela devait être avec Benoît XVI. Et bien sûr aussi il fera partie du voyage et accompagnera les beaux-parents dans cette aventure.

Mais voilà entre temps on a changé de pape et celui-ci est parfois imprévisible. Le jour J, un mercredi comme chacun sait, lever tôt pour être en place, et à la meilleure possible autant que faire se peut. Audience normale et tour de piste désormais habituel. Quelques pèlerins, surtout ceux qui sont en fauteuil roulant, sont dirigés vers une place voisine, pour la fin du tour de piste certainement. Mais notre ami aperçoit la papamobile vide... et soupçonne très vite un tour de piste à pieds. Là il va le voir de près... juste le temps de glisser à sa femme : prépare un phrase, que François arrive vers eux. Et là, 45 secondes merveilleuses : adresser la parole au pape, l'entendre répondre et lui serrer la main.

- on est venus de France pour les 60 ans de mariage de mes parents
- 60 ans ! répète François avec un ton et un visage émerveillés, c'est super
et la mamie d'ajouter : et on a 10 enfants
- 10 enfants ! répète François, aussi émerveillé, mais c'est vraiment super

Il a répété au moins 3 ou 4 fois c'est super, il a béni papi et mamie tout bouleversés, leur a serré la main ainsi qu'à leur fille et leur gendre non moins bouleversés et émus. Pouvait-il y avoir plus beau cadeau pour ce vieux couple chrétien qui célébrait 60 ans de mariage, a voulu aller à Rome pour cet anniversaire, et pour qui ce fut une merveilleuse surprise ?

Sans céder à la papolatrie, cette rencontre les a tous profondément marqués. Ils ont rencontré un homme bon, proche, spontané dans sa rencontre. Cela n'a pas duré une minute, mais c'était un tête-à-tête inoubliable. J'ai vu une magnifique photo de cette poignée de mains, les yeux dans les yeux où l'émotion se lisait sur les visages. Ça, ils ne sont pas près d'oublier, et comme il dit : ça n'arrive qu'une fois dans la vie...


dimanche 21 avril 2013

Le chœur de Notre-Dame

Ancien aménagement

Il est des choses qu'on ne voit plus à force de les voir, auxquelles on finit par s'habituer. Et depuis combien de temps c'est comme ça ? Question que j'ai posée hier, posée ce matin. De mémoire de fontenaisien personne ne peut se souvenir de quand date la rénovation du chœur de l'église. Au moins quarante ans... mais pas cinquante puisque c'est un des fruits du Concile Vatican II... et comme chacun sait le Concile c'était 1962-1965.

Dans l'élan du Concile on avait donc rénové le chœur des églises pour permettre une participation pleine et active des fidèles. Ainsi avait-on réduit l'espace entre le maître-autel et l'assemblée et, faisant le choix de dire la messe face à l'assemblée, il avait fallu installer des autels appropriés. Sont donc apparus les autels face au peuple, en avant des maîtres-autels souvent demeurés en place. C'est ainsi que l'église Notre-Dame de Fontenay a été dotée de son autel face à l'assemblée monté sur une immense estrade.

Nouvel aménagement (21 avril 2013)
Au fil du temps on s'est bien rendu compte que c'était quelque peu disproportionné. L'estrade occupait le tiers de la nef centrale, le célébrant était loin. L'installation ne répondait pas tout à fait aux objectifs voulus par le Concile et la réforme liturgique. Depuis deux ans une équipe a planché sur un projet de rénovation du chœur qui a abouti et que nous avons pu découvrir ce matin.

Rénover cet espace c'était d'abord se rappeler les orientations du Concile en terme de participation active des fidèles aux célébrations, participation favorisée par l'aménagement de l'église. Le lecteur doit être entendu depuis l'ambon, le prêtre doit pouvoir dialoguer avec l'assemblée.

Le sanctuaire, où se déroule la liturgie de la Parole et la liturgie eucharistique, se distingue du reste de l'église par une certaine élévation... juste proportion à trouver. Dans le sanctuaire, 3 espaces privilégiés :

  • l'autel, symbole du Christ, pierre angulaire de l’Église, en est le centre où converge l'attention,
  • l'ambon, d'où est lue la Parole de Dieu,
  • le siège du prêtre qui préside la célébration (siège de la présidence), signe du pasteur qui conduit son peuple.
Ces trois éléments ont donc été mis en valeur, sur une estrade plus sobre, moins élevée, qui libère de l'espace pour rapprocher l'assemblée du célébrant.

Le nouvel aménagement est à l'essai quelque temps afin de permettre des améliorations avant de stabiliser le projet et notamment de fixer l'autel qui signifie de manière stable et permanente le Christ. Un temps pour accueillir les remarques, les idées et suggestions des uns et des autres.

Et, cerise sur le gâteau, ce réaménagement a permis de redécouvrir une superbe rosace sur le sol, en excellent état. Évidemment coffrée pendant 40 ans elle était bien protégée ! Et personne ne se souvenait de son existence.

Merci à tous ceux qui ont participé d'une manière ou d'une autre à cette réalisation et que ce lifting contribue à nous renouveler aussi dans nos célébrations liturgiques, à redécouvrir la richesse,  la beauté et la signification de cette liturgie.

D'autres photos par ici

dimanche 7 avril 2013

Mamie aux oiseaux

Hier matin, il est arrivé au week-end des Tisserands (par là pour ceux qui auraient raté le feuilleton) avec un large sourire illuminant son visage, sa première parole a été :
- T'as vu la grand mère aux oiseaux ?
- ?... non...

Une grand mère tout emmitouflée, SDF, qui jetait du pain aux oiseaux devant l'église St François Xavier. Il lui a dit : "Bonjour Madame". Ça lui a fait plaisir, mais un brin déçue et étonnée elle lui a rendu son bonjour et ajouté : "ah vous avez chassé mes oiseaux!" Ils ont encore échangé deux/trois mots et il a filé son chemin.

Il est arrivé tout sourire. Comme si cette rencontre avait apporté un rayon de soleil pour lui comme pour elle, semble-t-il. Il ne parlait que de la Mamie, bonne bouille, un peu jouflue, lunettes rondes, souriante et causante.

En partant hier soir il pensait la revoir. Et ce matin, même chose. Ils ont causé un peu :
- Bonjour Madame...
- Bonjour Monsieur...
- Ils vous tiennent compagnie les oiseaux
- Oui il faut bien les aider les pauvres petits.

Difficile de souhaiter bonne journée a une SDF qui vient de passer la nuit dehors. Et pour qui la journée sera pareil.

Mais moi je n'avais toujours pas vu la mamie. Pas passée du bon côté de l'église.

Alors ce soir, en partant on est passés tous les deux du bon côté, du côté de la mamie, on était même trois : Stéphane était avec nous. Elle était encore là, sur les marches de l'église, ses paquets à droite et à gauche, aucun récipient pour l’aumône près d'elle, mais elle lisait Pèlerin.
On a taillé une bavette. Aucune plainte. Aucune demande si ce n'est du soleil. Le sourire sur les lèvres. La joie de lire cette revue : c'est sur Notre-Dame de Paris, et c'est très intéressant. On me l'a donnée...
Et la revue était belle et propre, pas de celles qu'on donne après l'avoir lue et triturée dans tous les sens.

Une femme, SDF bien sûr. Elle avait tout son patrimoine autour d'elle dans ces 2 sacs. Mais une SDF qui souriait, parlait volontiers et ne demandait rien, qui a refusé qu'on la prenne en photo... et elle avait raison. Oserais-je dire qu'elle n'avait pas l'air malheureuse ?

Cette rencontre nous a interrogés, bousculés (en plein Paris !), une SDF pas comme les autres, mais aussi nous a laissé quelque chose de la sérénité de la mamie.

samedi 30 mars 2013

Un Calvaire à deux croix

Hier matin quand je suis arrivée à l'oratoire de la communauté, Laetitia avait installé cette peinture sur un chevalet, bien en vue.



Un calvaire, c'était tout à fait le jour, vendredi saint. Il a soutenu ma prière tout en m'interrogeant quelque peu sur le nombre de croix, mais sans vraiment m'y arrêter. Elle me plaisait bien cette photo dans son style. Je remarquais une zone d'ombre à droite et déjà toute la lumière sur le corps de Jésus crucifié. Au pied de la croix, Marie à genoux et près d'elle le disciple que Jésus aimait. Le soldat avec la tunique de Jésus, celui à qui elle est revenue après tirage au sort ? (Jean 19, 24). Contemplation de la scène un peu en retrait de celle-ci.

Puis nous avons prié les Laudes ensemble, et à la fin de l'intercession, au moment des intentions libres, Laetitia a pris la parole.

Avec cette image je prie pour Lucien. A la prison où je faisais des visites on lui avait demandé de peindre le récit de la crucifixion. Lucien n'était pas croyant, mais il avait des talents d'aquarelliste. Il a lu le texte et il a dessiné comment cela résonnait en lui. Alors je lui ai dit : 
- mais tu as vu, tu n'as dessiné que deux croix... dans le texte il y en a trois...
- oui... mais la troisième c'est moi qui la porte...

Lucien a beaucoup souffert d'incompréhension, d'accusations fausses, de rejet, même après avoir purgé une peine non méritée. A sa sortie de prison il s'est un peu reconstruit grâce à des appels à ses capacités d'artiste, de bricoleur, d'électricien. Il ne semble pas qu'il se soit converti... et pourtant il a tout compris du mystère de la croix. Prions pour qu'il lui soit donné d'aller jusqu'au mystère de la Résurrection.

Je pensais encore à Lucien hier soir dans la grande intercession du Vendredi Saint :

Dieu éternel et tout-puissant, 
toi qui as créé les hommes pour qu'ils te cherchent de tout leur cœur 
et que leur cœur s'apaise en te trouvant,
fais qu'au milieu des difficultés de ce monde tous puissent discerner les signes de ta bonté 
et rencontrer des témoins de ton amour : 
qu'ils aient le bonheur de te reconnaître, toi, le seul vrai Dieu et le Père de tous les hommes.