samedi 6 juillet 2013

Une journée avec le Père Monnereau

Et voilà, c'est parti ! Hier premier jour du pèlerinage aux sources sur les pas du Père Monnereau, fondateur de la Congrégation. Journée à Saint-Martin des Noyers.
Une démarche proposée aux capitulantes mais à laquelle étaient largement invités toutes les Sœurs et les associés. Une démarche spirituelle, ecclésiale et de Congrégation pour nous préparer à entrer en Chapitre dans 2 jours.
Une démarche de deux jours pour que grandisse notre foi quand elle est vécue comme une expérience d'un amour reçu (1er jour) et quand elle est communiquée comme une expérience de grâce et de joie (2e jour).

Le temps fort de ce premier jour a été la célébration baptismale dans la très belle église de St Martin des Noyers : prière et catéchèse préparées et animées par Sr Martine Chaillot et l'abbé Olivier Praud. Saint Martin des Noyers cette commune du Nord Vendée où est né le Père Monnereau et l'église même dans laquelle il a été baptisé.

Une célébration baptismale pour nous inviter à redécouvrir comment notre baptême a été source de la foi en nous, mais aussi pour rendre grâce du don du baptême de Pierre Monnereau. Très jeune il a été amené à prendre position par rapport à sa foi dans la tourmente révolutionnaire mais aussi dans une famille au terreau chrétien riche. Il a appris à donner sens aux événements de sa vie sans en rester prisonnier. On peut se poser la même question pour nous personnellement et pour la vie de la Congrégation (qu'est-ce que je fais des événements de ma vie... de la vie de la Congrégation ?) .

La foi c'est d'abord l'expérience d'un amour reçu et non un corpus de doctrine à ingurgiter. Et Olivier Praud propose 4 attitudes spirituelles pour discerner cette grâce :
  • reconnaître le baptême comme expression fondamentale et première de l'amour de Dieu pour moi,
  • identifier cet amour dans mon existence et en rendre grâce à Dieu (pas facile...)
  • découvrir comment cet amour divin trouve dans la Congrégation son lieu, son espace et son temps,
  • et enfin rendre grâce pour l'avenir, le salut que l'amour de Dieu révèle.
 Chants, psaumes, lectures bibliques, extraits des écrits du Père Monnereau, catéchèse, rappels historiques nous ont tout naturellement conduits à renouveler notre engagement baptismal avec la formule même du baptême, celle qu'on reprend à la veillée pascale, et un très beau geste de signation avec l'eau bénite.

Dans l'après midi, encore un temps de réflexion en groupes dans la forêt du Détroit, là où se réfugiaient les populations pendant la Révolution, là où s'est réfugié Pierre Monnereau. Une célébration eucharistique a terminé la journée. Et aujourd'hui, 2e journée de pèlerinage, aux Brouzils, lieu de fondation de la Congrégation.


jeudi 4 juillet 2013

Chapitre... vous avez dit ?

Ça faisait un moment déjà que j'avais commencé à prévenir autour de moi : en juillet ne comptez pas sur moi, vous ne me verrez pas. Du 7 au 31 juillet : absente. Et je n'appréciais pas vraiment les sourires entendus, un brin moqueurs et jaloux peut-être aussi : 3 semaines de vacances !

Et bien non, pas du tout trois semaines de vacances, mais de travail et de réflexion en Chapitre de Congrégation.

Chapitre ?... c'est quoi ça ? et qu'est-ce que vous allez faire pendant trois semaines ?...

Le Chapitre général c'est d'abord l'instance suprême de l'autorité dans la Congrégation.  Il définit les grandes orientations, prend les décisions les plus importantes pour la vie de la Congrégation et élit la Supérieure générale et son conseil (cf. Code de Droit canonique, canon 631.1). Autorité suprême il ne siège cependant que temporairement, par sessions, tous les six ans. D'un Chapitre à l'autre le gouvernement habituel est assuré par la Supérieure générale et son Conseil.

Si, comme dit Kierkegaard, la vie ne peut être comprise qu'en regardant vers le passé, mais elle ne peut être vécue qu'en regardant vers l’avenir, décider des orientations c'est d'abord relire le vécu depuis le dernier Chapitre, il y a six ans pour nous. Et comme le Chapitre est l'affaire de toutes (même si seulement quelques unes en font partie), cette relecture s'appuiera sur le travail fait par les communautés, les Sœurs, les associés, depuis un an, sur le thème Quels pas avons-nous à faire ? Quelle Pâque avons-nous à vivre ? Nous prendrons le temps d’écouter nos Sœurs de France et de culture différente, de Madagascar et de la Réunion, du Canada, du Congo, de République Dominicaine. Nous prendrons le temps d'écouter les associés, d’entendre leurs questionnements et leurs appels. Deux jours leur seront consacrés.

A mi parcours nous élirons la supérieure générale et les conseillères. Nous prendrons ensuite le temps d'écouter les appels des communautés humaines et chrétiennes dont nous faisons partie pour discerner et décider les grandes orientations spirituelles et apostoliques qui nous feront vivre les six années qui viennent et nous renouvelleront dans nos missions et dans la mission de la Congrégation pour l’Église. Fortes et enrichies de tout cela nous bâtirons demain.

46 Sœurs participent au Chapitre, représentatives des différents pays où nous sommes en mission, la plupart sont élues, quelques unes sont membres de droit, huit associés seront avec nous les 3 premiers jours.

Deux journées de pèlerinage dans le Nord Vendée, sur les pas du fondateur Pierre Monnereau, précéderont cet événement. Pour les capitulantes d'abord mais ouvert à toutes les Sœurs et aux associés qui veulent vivre ce temps de ressourcement et se laisser renouveler dans leur expérience de baptisés et de consacrées en puisant à la source qui nourrit notre foi : l'Eucharistie (Sr M. Claire Jadeau).

Au terme de ces trois semaines une célébration eucharistique clôturera nos travaux et nous enverra en mission renouvelée. Vous êtes tous invités à cette célébration le mardi 30 juillet à 15 h 00 en l'église du Sacré-Coeur, à La Roche sur Yon (rue Jean Mermoz).

Cet événement concerne la vie de la Congrégation  mais c'est aussi un événement d’Église. Nous comptons sur votre prière de même que nous continuons à vous porter dans la nôtre.

Trois semaines denses et riches, trois semaines de réflexion et de discernement, mais pas trois semaines de conclave comme on me l'a demandé. Non, nous ne serons ni cloîtrées ni coupées du monde, même si moins connectées au net (enfin en ce qui me concerne tout au moins)... Mais un temps de grâce, une chance et une responsabilité pour celles qui y participent et nous allons trouver un moyen pour rester en lien avec vous et essayer de vous partager un peu de ce que nous vivons pendant ces jours.

A bientôt... bon été... bonnes vacances...

mercredi 3 juillet 2013

La 2e mort de Coluche

Qu'apprends-je ce matin ? Les Restos du cœur attaqués en justice par le photographe auteur du célèbre cliché de Coluche que l'association utilise pour son logo. (Je n'ai vraiment pas envie d'écrire son nom, pas la peine de lui faire de pub, de toutes manières c'est facile à trouver).

Et tout ça pour une histoire de droit(s). Et même pas de droit à l'image, mais une histoire de droit d'auteur, donc une histoire de fric.

Non seulement il demande le retrait du portrait de Coluche du logo et de tous les documents de l'association mais aussi un dédommagement financier pour l'utilisation qui en a été faite depuis 27 ans. Oui, rien que ça 27 ans. Il lui aura fallu tout ce temps pour se rendre compte que sa photo était utilisée ? Ou bien au bout de 27 ans il pense que le magot peut rapporter gros ?

Et les Restos du cœur auraient utilisé cette photo sans autorisation ? Étrange légèreté face à une législation reconnue drastique sur ce point. Autorisation verbale nous dit-on... Admettons en effet que dans leur grande générosité les Restos du cœur ont pensé que cela pouvait suffire et que le photographe avait le cœur aussi large et généreux qu'eux. Grossière erreur (pardon, ceci n'est pas un jugement). On ne prend jamais assez de précautions, même pour faire le bien et c'est triste !

Quoi de plus logique que d'associer la photo du fondateur au logo de l'association ? Et un visage sympathique, jovial, qui vous regarde droit dans les yeux pour vous dire Aujourd'hui, on n'a plus le droit ni d'avoir faim, ni d'avoir froid... Il me semble que c'est plutôt un honneur pour le photographe de voir son cliché sélectionné, non ? Mais c'est vrai que si on pense pouvoir en retirer du fric, ça change tout. Et en plus il va bénéficier de toute la pub qui lui aura été indirectement faite via les Restos du cœur. Lamentable !

Financièrement c'est catastrophique, versement des droits demandés, action en justice et tout ça... toute la campagne d'affichage et de pub à refaire de même que les documents de l'association au logo si familier... Déjà sur le site des Restos du cœur le logo est changé et on ne voit plus la frimousse enjouée du fondateur. Autant d'argent soustrait à l'aide apportée aux plus démunis pour retourner dans une poche bien moins vide que celle de ceux-là. Coluche, tu dois te retourner dans ta tombe, non ! Et ce coup bas, c'est comme si tu disparaissais une deuxième fois.

Mais l'affaire n'est pas terminée, elle est entre les mains de la justice, selon l'expression consacrée. On a le droit d'espérer une heureuse fin ?

"Enfoirés", c'est pas comme ça qu'il disait le gars au grand cœur.

mercredi 26 juin 2013

Humble Saint Joseph


Ste Famille - Chapelle Union Chrétienne
Quelqu'un aura remarqué quelque chose de nouveau, dernièrement, dans les prières eucharistiques de la messe ? Heu... les prêtres, vous êtes hors jeu : trop facile ;)

Et qui répondra... bah non... ne sera pas excommunié car reconnaissons qu'il faut une attention certaine pour saisir la nouveauté.

En effet, depuis quelques jours, le nom de Saint Joseph époux de la Vierge Marie est ajouté aux prières eucharistiques II, III et IV à la suite du nom de la Bienheureuse Marie toujours Vierge.

Le décret romain date du 1er mai 2013, mais n'a été publié que le 19 juin et appliqué aussitôt, bien sûr. J'avoue que je n'aurais pas remarqué (tout de suite) si je n'avais vu passer l'info ici ou là. Dénicher 3 mots nouveaux dans tout le déroulement de la messe, et même seulement de la prière eucharistique, c'est subtil. A moins de s'appeler Joseph, car entendre son nom, ça attire toujours l'attention n'est-ce pas ? Les Joseph, vous aviez remarqué ?...

Il était temps de redonner à St Joseph, déjà si humble dans toute sa vie sur terre, une place aux côtés de son épouse dans la liturgie eucharistique. Il était bien cité dans la prière eucharistique n° 1... pourquoi pas dans les autres ?

Mieux que n'importe quel discours explicatif de cette nouveauté, prenons connaissance du texte officiel et intégral du décret.

Alors, à la prochaine messe... tendez bien l'oreille. Un indice ? C'est après la consécration.


mercredi 19 juin 2013

Un Dieu de tendresse vous attend !

Telle était l'invitation pour la fête du Sacré-Cœur, fête de la Congrégation. Invitation large, ouverte à qui veut venir et pas seulement pour les Sœurs. Temps de partage, de détente, de réflexion (un peu), de témoignages. Tendresse de Dieu vécue au quotidien, dans différentes situations... et j'en retiens deux.

Pour Daniel, aumônier d'hôpital, faire signe de la tendresse de Dieu ça ne se fait pas tout seul, mais en équipe, en Église. Chacun dans son rôle, doit trouver sa place dans l'équipe, et ce n'est pas toujours simple. Et chacun dans son action engage l'aumônerie tout entière. Ensemble et en Église. Cela donne lieu à des partages, des relectures.
Dans cette démarche d'accompagnement en milieu hospitalier le facteur temps est particulièrement important, aussi bien pour le visiteur que pour le visité. S'ajuster au temps de l’autre, trouver le moment juste pour rencontrer les personnes quand elles sont malades, fatiguées. Et le moment juste n'est pas le même pour tous. Le temps qu'il faut pour rencontrer l'autre, pour qu'il réalise ce qu'on lui dit, le temps d'entrer en relation, le temps pour qu'il dise.... pour qu'il se dise.
Et avec le temps, la compassion... mot délicat à utiliser. Trouver la juste attitude en étant avec mais à côté, jamais à la place. Pauvreté de nos moyens, de notre impuissance.

Pour Jeanne-Marie, responsable d'une communauté de Sœurs âgées (moyenne d’âge 87 ans) c'est chaque jour que se manifeste la tendresse de Dieu. Tout d'abord ces communautés de Sœurs âgées disent la sollicitude de la Congrégation qui nous accueille. Congrégation qui s'est engagée à nous soutenir toute notre vie lorsque nous l'avons choisie pour y vivre à la suite du Christ. Un peu comme des époux se promettent fidélité et soutien pour toute la vie, dans la santé et la maladie. Tendresse institutionnelle, tendresse réelle.
La vie fraternelle au quotidien est expression de notre engagement dit-elle... et ce n'est pas facile. La difficulté... c'est qu'il y a les autres... et il y a moi. Et pourtant la vie fraternelle s'exprime à travers une multitude de petits gestes, d'attentions au quotidien. Dans une belle énumération poétique, Jeanne-Marie donne de ces exemples d'entraide, signes de la tendresse de Dieu au quotidien dans nos vies humaines.
Tes jambes se dérobent... prends mon mon bras, je t'accompagnerai.
Tu ne sais plus bien quand c'est l'heure d'aller à la prière ou au repas, je passerai te chercher.
Tes yeux sont brouillés et tu ne peux plus lire ta Bible ni le journal, je t'en ferai la lecture, chaque jour un peu.
Tu te sens maladroite parce que la maladie te fait trembler, je te prêterai mes mains pour saisir ce qu'il te faut. [...]

Ne suffirait-il pas d'ouvrir les yeux pour reconnaître des signes de cette tendresse qui passe tout simplement par la qualité de nos relations humaines ? Et si la tendresse de Dieu n'était autre que la tendresse des hommes pour leurs frères ?

samedi 8 juin 2013

Pour ses 130 ans "La Croix" invite ses lecteurs


18 rue Barbès - 92128 - Montrouge
A l'occasion de son 130e anniversaire le journal La Croix a donné rendez-vous IRL à ses lecteurs. Nous devions être 400, hier, à avoir pu profiter de cette journée portes ouvertes au siège du journal à Montrouge.
Une occasion de découvrir un quotidien côté coulisses, de mettre des lieux et quelques visages sur des noms, de saisir l'objectif poursuivi.
Par groupes d'une vingtaine, toutes les demi heures, les visiteurs ont défilé dans les locaux de La Croix. Une visite bon rythme avec Pierre-Yves Le Priol (pour mon groupe), et bien encadrés, en commençant par la rédaction au 2e étage. Impressionnante cette étendue de bureaux en open space.

La Croix, c'est 90 journalistes, 150 salariés, 20 journalistes qui ne travaillent sur sur l'actu française, tous sujets confondus du vivre ensemble en société, et des correspondants pigistes en région (une quinzaine en France et une trentaine dans le monde). Pas de photographe attitré au journal, mais des photos achetées aux agences.Trois personnes sont employées exclusivement au courrier des lecteurs. Tout courrier (papier ou mail) est lu, pris en considération et reçoit une suite. Cela en dit long de l'attention portée aux lecteurs.

Voilà pour le côté chiffres.

L'impression se fait sur 2 sites, Paris et Galargues (Hérault), afin d'assurer la distribution en temps voulu, sachant que 90 % des lecteurs sont des abonnés. Pour le journal c'est une richesse incomparable de savoir ainsi à qui il s'adresse, de pouvoir consulter ses lecteurs et entretenir des relations avec eux.

Pour son journal bimédia l'équipe de La Croix met autant de soin et d'attention à la publication papier qu'à la publication numérique complètement relookées depuis janvier dernier. Le numérique permet aussi une actualisation au plus près des événements, plusieurs fois par jour. On retrouve le même esprit et les mêmes infos sur les deux supports avec le souci de mettre l'homme contemporain au cœur de l'actualité. Être réactif à l'actu tout en sachant rester dans la distance. Essayer de trouver dans l'actu sombre des choses qui peuvent permettre d'espérer, chercher ce qui est porteur d'avenir et montrer qu'on peut faire changer des choses à nous tous. Et c'est ça qui nous caractérise. (Dominique Quinio, Directrice de La Croix). Objectif aider à mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. Le numérique permet de faire connaître La Croix à un grand nombre de lecteurs potentiels. Aux publications papier et numérique, ajoutons le site Urbi et Orbi pour une actualité au plus près de la vie de l’Église et qui permet un accès aux textes et documents essentiels de l’Église.

Puis nous nous répartissons en 2 groupes, selon nos préférences, histoire du journal (avec Yves Pitette) ou élection du pape François (avec Dominique Greiner). Pour ma part j'opte pour l'élection de François relue par deux journalistes présents à Rome pendant le Conclave : Isabelle de Gaulmyn et Dominique Greiner. (On peut retrouver ces témoignages sur la page spécifique anniversaire de La Croix).

La Croix est un journal d’Église. Par la simple présence d'un Assomptioniste missionné pour ce travail de rédaction, relecture, validation d'articles de ses collègues cela en fait un journal d’Église, ce que ne sont pas les autres journaux et revues catholiques. Cependant tous les journalistes ne sont pas catholiques, et c'est ce qui fait la richesse de La Croix.

A la sortie un mur de signatures et de remerciements, témoin du succès de l'opération, onéreuse en préparation, en temps, mais une sacrée bonne idée, et un plus dans la relation déjà riche du journal et de ses lecteurs. Merci pour cette initiative et cette découverte.


Site internet La Croix
Page Facebook de La Croix
Site La Croix Urbi et Orbi



Les envoyés spéciaux dans le monde à ce jour (7 juin 2013)

mercredi 5 juin 2013

Comment on devient geek

Je dédie ce billet

à ceux qui ne suivent pas Radio-France-Bleu-Loire-Océan,
à ceux qui n'étaient pas aux écoutes mercredi 22 mai à 7 h (du matin, évidemment),
à ceux qui pestent de ne voir qu'un avatar dans mon mes profils et qui voudraient bien voir ma tronche,
à ceux qui se demandent pourquoi et comment je suis devenue geek,
et à ceux, surtout, qui ont 1 mn et 16 secondes à perdre.

Vous allez donc pouvoir (re)écouter cette interview de Lise Verbeke, mettre une voix sur mon avatar (en attendant la vraie rencontre IRL), mieux me comprendre (enfin !) et perdre 1 mn 16 sec. de votre précieux temps ! Par contre il y en a peut-être quelques uns quand même qui en ont assez de m'entendre, alors vous êtes autorisés à sortir !

Comment Lise et moi nous sommes-nous rencontrées ? Le hasard de Twitter... oui encore ! Une de ses collègues a vu passer quelques uns de mes tweets dans les jours où nous avons fait la table ronde sur les réseaux sociaux et le week-end Diaconia 2013 et elle a pensé que ce serait intéressant de m'interviewer. Ben voyons, une sister qui twitte, blogue, facebook, webmastère... il n'y en a pas tant que ça. Sitôt pensé, sitôt tweeté : "Vous seriez dispo pour une interview ces jours-ci ?". Et voilà tout s'est enclanché à grande vitesse et elle a déboulé chez moi 3 jours plus tard. Et voilà aussi comment de 15 minutes de micro il reste 1 mn 16 de diffusion.


dimanche 2 juin 2013

Une adoration eucharistique planétaire

Il semblerait qu'on ait vécu aujourd'hui un événement d'envergure planétaire sans vraiment l'avoir vu venir.
C'est seulement en milieu de semaine que le Pape demandait une heure d'adoration en coordination avec toutes les cathédrales du monde, le dimanche 2 juin de  17 h à 18 h. Il ne doute de rien François : annoncer ça le 28 mai pour le 2 juin c'est à peine sérieux. Il inscrit cette initiative dans le cadre de l'Année de la Foi, et choisit le jour où l’Église célèbre la fête du Corps et du Sang du Christ. Je ne voudrais pas en rajouter, mais reconnaissons que les réseaux sociaux ont la part belle dans la réussite de cette initiative. Sitôt faite, sitôt relayée par les conférences épiscopales la proposition est arrivée rapidement dans les diocèses, paroisses, Congrégations religieuses et monastères, mouvements etc. Ça a fait un vrai buzz on the web.
Il faut dire aussi que pour l'organisationnel une heure d'adoration ne demande pas grande préparation. Et qu'après tout il fallait surtout sensibiliser les gens et le faire savoir.
Inviter tous les catholiques à prier ensemble, au même moment, en union avec le Pape et à ses intentions (pour l’Église et pour les personnes qui  souffrent), c'était une première ; on parle même "d'événement historique".

Et bien ça s'est fait et ça a superbement bien marché, si je peux me permettre de parler ainsi... Bien sûr à Fontenay nous avons eu ce temps d'adoration eucharistique, de 17 h à 18 h. Malgré une annonce un peu tardive, beaucoup de gens se sont déplacés, et de tous âges. A une heure pas vraiment confortable en cette saison et par une belle journée ensoleillée  qui, comme chacun sait cette année, est quasiment aussi un événement historique. Une heure de prière silencieuse ensemble avec Jésus Eucharistie. Une heure pour aimer et se laisser par le Christ, de cette intimité qui renouvelle et renvoie vers les frères.


mercredi 15 mai 2013

Réseaux sociaux... et si on en parlait ?


Pour honorer la 47èmejournée des communications sociales nous avons organisé pour la paroisse une table ronde sur le sujet précisément retenu par Benoît XVI pour cette journée : les réseaux sociaux.

On cherchait plutôt à atteindre des adultes en questionnement face à ces moyens de communication, des parents, grands-parents, déroutés par l'utilisation qu'en font leurs enfants et petits-enfants, des éducateurs. Ce sont bien ces gens-là qui se sont déplacés, mais aussi quelques jeunes et très jeunes ados avec maman, des enseignants. Un point commun à tout ce monde : personne n'avait de compte Twitter et 3 ou 4 seulement étaient sur Facebook.
L'objectif était de faire tomber les préjugés de toutes sortes, les phobies qui planent sur les réseaux sociaux, sans pour autant les porter aux nues. Ni dieu ni diable.

Quant aux intervenants nous avions fait appel à Emmanuel Chopot, de l'association Vendée Réseaux Sociaux, un peu aussi Monsieur numérique du Conseil général, cheville ouvrière du plan informatique dans les collèges. Patrice Aguer, formateur d'enseignants au CDDP de la Vendée. Et ma pomme. L'animation de la soirée était confiée à Pierre-Yves Bulteau, journaliste.

Emmanuel Chopot nous a fait comprendre que ces réseaux sociaux ne sont pas qu'un joujou sophistiqué entre les mains d'ados en mal de partage de photos mais qu'ils deviennent un moyen incontournable pour les entreprises afin de rejoindre la clientèle. 80 % des internautes préfèrent rejoindre une entreprise, une enseigne via Facebook. L'idée étant de créer des communautés et d'avoir une interactivité avec les clients, d'entrer en relation avec des gens qu'on ne toucherait pas autrement.

Patrice nous a présenté le profil type du jeune sur Facebook qui d'ailleurs est UNE jeune, de 15-17 ans, qui  consulte son "mur" quasiment tous les jours et a en moyenne 260 amis dont elle connaît la majorité en vrai. Il nous parle aussi des parents et des enseignants désemparés devant ces technologies et l'usage qu'en font les jeunes. Cependant les parents ne doivent pas abdiquer et ils ont leur place même s'ils sont techniquement moins avancés. Il ne manque pas de souligner aussi le manque de formation des enseignants dans ce domaine et l'adaptation nécessaire de l'école à ces nouveaux outils. Les enseignants présents dans la salle reconnaissaient cette carence mais ont déploré en même temps l'usage que font leurs élèves d'internet. Ils cherchent davantage un produit fini (le devoir tout fait) que des éléments de réflexion pour faire eux-même leur travail. Ils relèvent la difficulté de réflexion de leurs élèves, la difficulté à lire un texte un peu long (nouvelles, livres) et ils se sentent désemparés face à cela. 

En ce qui me concerne j'ai abordé la question de la présence de l'Église sur les réseaux sociaux. Il est tout simplement dans la mission de l'Église d'être au cœur du monde et de rejoindre l'homme là où il est. Les réseaux sociaux sont une formidable caisse de résonance de nos sites internet pour diffuser du contenu et une porte pour y entrer. C'est un défi pour l'Église que d'être présente sur ces agoras pas simplement pour occuper le terrain ou s'en servir mais surtout pour l'habiter en y apportant un témoignage de foi. Les réseaux sociaux dans leur démarche d'aller vers et de partage de contenu sont à la fois instruments et lieux de la nouvelle évangélisation, selon l'expression du synode des évêques d'octobre 2012 (cf. ci-dessous la proposition 18). L'Église est très présente sur Facebook, tant par ses institutions que par des individus, sur Twitter on en est encore à la réflexion et à l'expérimentation, mais je ne saurais manquer de citer quelques expériences telles les twittomélies de Mgr Giraud, le tweetchemindecroix (ou crucitweet) du Père François Bessonnet l'année dernière et le tout récent tweetlouange du jeudi soir qui rassemble des twittos dans une prière commune.

Les participants ont pu poser leurs questions, partager leurs objections entre les différentes interventions et à la fin. Tout n'est pas résolu... ils ne se sont pas précipités sur Facebook en rentrant chez eux, mais ils sont partis avec un autre regard sur ce moyen de communication.

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Proposition 18 : Nouvelle évangélisation et moyens de communication sociale
L'utilisation de moyens de communication sociale a un rôle important à jouer pour rejoindre chaque personne avec le message du salut. Dans ce domaine, en particulier dans le monde des communications électroniques, il est nécessaire que des chrétiens convaincus soient formés et préparés afin d’être capables de transmettre fidèlement le contenu de la foi et de la morale chrétienne. Ils doivent avoir la capacité d'utiliser à bon escient les langues et les instruments d'aujourd'hui qui sont disponibles pour la communication dans le village global. La forme la plus efficace de cette communication de la foi reste le partage du témoignage de vie, sans lequel aucun des efforts des "médias" ne se traduiront par une transmission efficace de l'Evangile. L’éducation à une utilisation rationnelle et constructive des médias sociaux est un instrument important pour la nouvelle évangélisation.


dimanche 12 mai 2013

#Diaconia2013 ; #JMC2013 ; #sacrementdesmalades (1)

 Soir d'un long week-end dense et riche. Trois événements s'encastrent les uns dans les autres et brillent en un même éclat : Diaconia 2013, la journée mondiale des communications (JMC) et le sacrement des malades célébré ce matin.

Diaconia 2013 c'était à Lourdes, du 9 au 11 mai. Non, je n'y étais pas... enfin je n'y étais pas IRL comme on dit physiquement, mais j'y étais via les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) et ça a été une expérience originale, heureuse et très dense.

Dès leur départ, en car ou en train, les pèlerins ont commencé à twitter, à poster sur Facebook, nous associant ainsi au voyage, à la réflexion, à la prière. Arrivés à Lourdes ils nous ont gratifiés de leurs impressions, réflexions personnelles, photos et vidéos à l'appui. Et toujours des échos des forums, des célébrations, des homélies, phrases relayées par les uns et les autres. On a tout suivi, presque comme si on y était.

Bien sûr il y avait quelques médias cathos officiels pour relayer l'événement mais ce sont surtout les internautes qui ont créé le lien. Quant aux autres médias (non cathos) c'était le grand silence. Admettons que la date (en plein pont de l'Ascension) soit un alibi... alibi facile. Médias tellement silencieux qu'un blogueur a joué la provocation... et si vous parliez de sujets un peu croustillants à Diaconia, il y aurait peut-être un écho.


C'est vrai que 12 000 cathos rassemblés à Lourdes pendant 3 jours pour parler de fraternité et la vivre, il n'y a pas que quoi fouetter un chat !

Merci à tous ceux qui ont contribué à diffuser l'actualité Diaconia par leur présence active sur la toile. J'avoue personnellement que Diaconia c'était un peu loin, et que je n'en avais pas saisi toute la dimension. Ces trois jours ont changé mon regard sur la démarche et m'ont beaucoup touchée.

Hasard des dates... il se trouve que ce dimanche était la 47ème journée mondiale des communications sociales (JMC) avec un thème bien ciblé, choisi par Benoît XVI : "Réseaux sociaux : portes de vérité et de foi, nouveaux espaces pour l'évangélisation". Ça ne pouvait pas tomber mieux ! Diaconia 2013 en est une merveilleuse illustration. Au cours de ces trois jours de nombreux chrétiens se sont engagés pour communiquer le vécu d'un événement national, pour témoigner de leur foi sur leurs réseaux et par ricochet auprès d'une multitude d'internautes.

Enfin, ce dimanche (à la messe à laquelle j'étais) une quinzaine de personnes ont reçu le sacrement des malades. Très beau geste de l’imposition des mains sur chacun, de l'onction réconfortante et fortifiante. La main sur une épaule, geste discret de soutien d'un parent ou d'un ami. Là ça n'a rien à voir avec les réseaux sociaux, mais ça a à voir avec Diaconia... enfin, pour moi ça se rejoint. Parce que les petits, les fragiles, les blessés-de-la-vie, les cabossés, les malades, les anciens... ce sont des frères à aimer et à servir... et là ce n'est pas toujours d'une évidence fulgurante...

Cerise sur le gâteau, la JMC avec son remue-ménage sur les réseaux sociaux a incité certains à pointer la souris de ce côté. Claire-Marie m'écrit : En cette journée des communications sociales, je découvre votre blog... Grâce à la JMC2013, je me suis enfin décidée à surfer sur Facebook et sur Twitter même si ça me reste difficile...  Bienvenue Claire-Marie et bonne route sur les réseaux sociaux. J'espère qu'il y a eu beaucoup de Claire-Marie en cette journée de la com.


Un autre tweet de Koz... histoire de tempérer le premier ;-)



(1) A l'attention des lecteurs néophytes : le signe # (hashtag) sur Twitter précède un mot-clé et permet de retrouver des tweets de même sujet.


mercredi 8 mai 2013

Messe pour la paix

C'est toujours un moment d'émotion de les voir entrer en procession dans l'église avec leurs drapeaux.
8 mai, commémoration de la victoire de 1945.
26 hommes, porte-drapeaux, des autorités civiles et militaires, des hommes et des femmes venus se souvenir et se recueillir.
Au-delà de la polémique sur l'opportunité de marquer encore cet anniversaire c'est un temps de recueillement pour tous, de prière pour les croyants.

Prier pour la paix c'est toujours d'actualité de même que prier pour ceux qui sont morts afin que nous soyons aujourd'hui en paix et pour ceux qui sont encore engagés dans des conflits meurtriers.

Évocation d'une page d'histoire un peu lointaine pour certains, mais pas pour en rester là. L'histoire est leçon et doit aider à construire l'avenir, puisse-t-elle nous enseigner des chemins de paix pour l'avenir. Dans son homélie le prêtre a retenu trois appels pour ceux qui veulent participer à la construction d'un monde en servant la paix.
 
Servir la paix c'est servir la vie. La vie comme un don qui nous précède et qui nous dépasse. Chaque jour accueillir cette vie que nous recevons comme un don.

Servir la paix c'est la concevoir comme un fruit de l'histoire des peuples. Et pour cela prendre conscience de notre histoire commune, des projets réalisés pour le rapprochement des peuples et qui contribuent à la fraternité et à la réconciliation.

Servir la paix c'est servir la quête de vérité. L'évangile adressé à tous est appel à faire la vérité, à chercher la vérité, sur nous-mêmes et en nous-mêmes.

En cette fête du 8 mai que chacun soit renouvelé dans sa volonté de servir la paix, en famille et dans ses diverses responsabilités  et à la chercher en vérité.


Vienne la paix sur notre terre, la paix de Dieu pour les nations,
vienne la paix entre les frères, la paix dans nos maisons.



samedi 4 mai 2013

Pourquoi tu m'as fermé la porte au nez ?

Il y avait un petit moment que je ne l'avais rencontrée et ce matin nos chemins se sont croisés, alors on a taillé une bavette sur le parking. Ça commence avec le basique : "Comment ça va ?"  Sauf qu'elle a répondu : "Bof, pas trop bien..."

Toujours un brin souriante elle commence à parler de ses douleurs, partout, qui rendent la marche difficile, du moral bien bas. Je me souviens qu'elle a subi une opération et je me branche là-dessus. Mais je m'aperçois vite que j'ai dû louper un chaînon, elle ne parle pas de l'opération. Des allusions me mettent sur une autre piste : secouristes... pompiers... voisins... pourquoi ils ne m'ont pas laissée partir ? Ils auraient mieux fait de ne rien faire. Les secouristes ça ne devrait pas exister. Et puis : le Bon Dieu, on se demande ce qu'il fait ? Pourquoi il n'a pas voulu de moi ? Il m'a fermé la porte au nez et m'a renvoyée ici. Mais qu'est-ce que je fais ici ?
En effet j'avais zappé l'AVC, les voisins qui appellent les pompiers, le séjour à l'hôpital et le retour à la maison. Des douleurs de toutes sortes. Toute seule chez elle, parce que veuve et des enfants loin, très loin. Quelques amies quand même qui viennent faire une partie de cartes, mais les jours sont si longs quand on n'a plus de goût à rien et que les forces et les capacités déclinent. Et elle insiste : ils n'auraient pas dû... ils auraient dû me laisser partir.

Et là je me retrouve toute gauche et maladroite. Rien à répondre à ça. Et ce n'est pas le moment de se réfugier derrière des paroles faciles ou de prêcher. Juste continuer à l'écouter, l'encourager à retrouver ses amies de la belote,  

Et combien d'autres ainsi ? Combien de personnes âgées (et même parfois pas très âgées), seules, sans plus de goût à la vie aspirent à "partir" ? Plus de projet, plus d'énergie, plus de raison de vivre. Après une vie bien remplie, l'envie de dire, à l'image du vieux Siméon, maintenant Seigneur ça suffit, laisse moi partir (Luc 2, 29). 



mercredi 1 mai 2013

Le Pape lui a serré la main...

... et il en est encore tout ému

C'était un voyage prévu, bien préparé, bien organisé par quelqu'un qui s'y connaît, qui prépare bien tout ça sur internet, parce que internet c'est son truc, c'est même un pro d'internet. Mais ça ne s'est pas passé tout à fait comme prévu.

Le cadeau des beaux-parents pour leur soixante ans de mariage c'est un voyage/pélé à Rome. Alors il a été sollicité pour bien préparer ça : voyage, réservations, hôtel et tout et tout... et bien sûr aussi l'audience du mercredi avec le Pape... à l'époque cela devait être avec Benoît XVI. Et bien sûr aussi il fera partie du voyage et accompagnera les beaux-parents dans cette aventure.

Mais voilà entre temps on a changé de pape et celui-ci est parfois imprévisible. Le jour J, un mercredi comme chacun sait, lever tôt pour être en place, et à la meilleure possible autant que faire se peut. Audience normale et tour de piste désormais habituel. Quelques pèlerins, surtout ceux qui sont en fauteuil roulant, sont dirigés vers une place voisine, pour la fin du tour de piste certainement. Mais notre ami aperçoit la papamobile vide... et soupçonne très vite un tour de piste à pieds. Là il va le voir de près... juste le temps de glisser à sa femme : prépare un phrase, que François arrive vers eux. Et là, 45 secondes merveilleuses : adresser la parole au pape, l'entendre répondre et lui serrer la main.

- on est venus de France pour les 60 ans de mariage de mes parents
- 60 ans ! répète François avec un ton et un visage émerveillés, c'est super
et la mamie d'ajouter : et on a 10 enfants
- 10 enfants ! répète François, aussi émerveillé, mais c'est vraiment super

Il a répété au moins 3 ou 4 fois c'est super, il a béni papi et mamie tout bouleversés, leur a serré la main ainsi qu'à leur fille et leur gendre non moins bouleversés et émus. Pouvait-il y avoir plus beau cadeau pour ce vieux couple chrétien qui célébrait 60 ans de mariage, a voulu aller à Rome pour cet anniversaire, et pour qui ce fut une merveilleuse surprise ?

Sans céder à la papolatrie, cette rencontre les a tous profondément marqués. Ils ont rencontré un homme bon, proche, spontané dans sa rencontre. Cela n'a pas duré une minute, mais c'était un tête-à-tête inoubliable. J'ai vu une magnifique photo de cette poignée de mains, les yeux dans les yeux où l'émotion se lisait sur les visages. Ça, ils ne sont pas près d'oublier, et comme il dit : ça n'arrive qu'une fois dans la vie...


dimanche 21 avril 2013

Le chœur de Notre-Dame

Ancien aménagement

Il est des choses qu'on ne voit plus à force de les voir, auxquelles on finit par s'habituer. Et depuis combien de temps c'est comme ça ? Question que j'ai posée hier, posée ce matin. De mémoire de fontenaisien personne ne peut se souvenir de quand date la rénovation du chœur de l'église. Au moins quarante ans... mais pas cinquante puisque c'est un des fruits du Concile Vatican II... et comme chacun sait le Concile c'était 1962-1965.

Dans l'élan du Concile on avait donc rénové le chœur des églises pour permettre une participation pleine et active des fidèles. Ainsi avait-on réduit l'espace entre le maître-autel et l'assemblée et, faisant le choix de dire la messe face à l'assemblée, il avait fallu installer des autels appropriés. Sont donc apparus les autels face au peuple, en avant des maîtres-autels souvent demeurés en place. C'est ainsi que l'église Notre-Dame de Fontenay a été dotée de son autel face à l'assemblée monté sur une immense estrade.

Nouvel aménagement (21 avril 2013)
Au fil du temps on s'est bien rendu compte que c'était quelque peu disproportionné. L'estrade occupait le tiers de la nef centrale, le célébrant était loin. L'installation ne répondait pas tout à fait aux objectifs voulus par le Concile et la réforme liturgique. Depuis deux ans une équipe a planché sur un projet de rénovation du chœur qui a abouti et que nous avons pu découvrir ce matin.

Rénover cet espace c'était d'abord se rappeler les orientations du Concile en terme de participation active des fidèles aux célébrations, participation favorisée par l'aménagement de l'église. Le lecteur doit être entendu depuis l'ambon, le prêtre doit pouvoir dialoguer avec l'assemblée.

Le sanctuaire, où se déroule la liturgie de la Parole et la liturgie eucharistique, se distingue du reste de l'église par une certaine élévation... juste proportion à trouver. Dans le sanctuaire, 3 espaces privilégiés :

  • l'autel, symbole du Christ, pierre angulaire de l’Église, en est le centre où converge l'attention,
  • l'ambon, d'où est lue la Parole de Dieu,
  • le siège du prêtre qui préside la célébration (siège de la présidence), signe du pasteur qui conduit son peuple.
Ces trois éléments ont donc été mis en valeur, sur une estrade plus sobre, moins élevée, qui libère de l'espace pour rapprocher l'assemblée du célébrant.

Le nouvel aménagement est à l'essai quelque temps afin de permettre des améliorations avant de stabiliser le projet et notamment de fixer l'autel qui signifie de manière stable et permanente le Christ. Un temps pour accueillir les remarques, les idées et suggestions des uns et des autres.

Et, cerise sur le gâteau, ce réaménagement a permis de redécouvrir une superbe rosace sur le sol, en excellent état. Évidemment coffrée pendant 40 ans elle était bien protégée ! Et personne ne se souvenait de son existence.

Merci à tous ceux qui ont participé d'une manière ou d'une autre à cette réalisation et que ce lifting contribue à nous renouveler aussi dans nos célébrations liturgiques, à redécouvrir la richesse,  la beauté et la signification de cette liturgie.

D'autres photos par ici

dimanche 7 avril 2013

Mamie aux oiseaux

Hier matin, il est arrivé au week-end des Tisserands (par là pour ceux qui auraient raté le feuilleton) avec un large sourire illuminant son visage, sa première parole a été :
- T'as vu la grand mère aux oiseaux ?
- ?... non...

Une grand mère tout emmitouflée, SDF, qui jetait du pain aux oiseaux devant l'église St François Xavier. Il lui a dit : "Bonjour Madame". Ça lui a fait plaisir, mais un brin déçue et étonnée elle lui a rendu son bonjour et ajouté : "ah vous avez chassé mes oiseaux!" Ils ont encore échangé deux/trois mots et il a filé son chemin.

Il est arrivé tout sourire. Comme si cette rencontre avait apporté un rayon de soleil pour lui comme pour elle, semble-t-il. Il ne parlait que de la Mamie, bonne bouille, un peu jouflue, lunettes rondes, souriante et causante.

En partant hier soir il pensait la revoir. Et ce matin, même chose. Ils ont causé un peu :
- Bonjour Madame...
- Bonjour Monsieur...
- Ils vous tiennent compagnie les oiseaux
- Oui il faut bien les aider les pauvres petits.

Difficile de souhaiter bonne journée a une SDF qui vient de passer la nuit dehors. Et pour qui la journée sera pareil.

Mais moi je n'avais toujours pas vu la mamie. Pas passée du bon côté de l'église.

Alors ce soir, en partant on est passés tous les deux du bon côté, du côté de la mamie, on était même trois : Stéphane était avec nous. Elle était encore là, sur les marches de l'église, ses paquets à droite et à gauche, aucun récipient pour l’aumône près d'elle, mais elle lisait Pèlerin.
On a taillé une bavette. Aucune plainte. Aucune demande si ce n'est du soleil. Le sourire sur les lèvres. La joie de lire cette revue : c'est sur Notre-Dame de Paris, et c'est très intéressant. On me l'a donnée...
Et la revue était belle et propre, pas de celles qu'on donne après l'avoir lue et triturée dans tous les sens.

Une femme, SDF bien sûr. Elle avait tout son patrimoine autour d'elle dans ces 2 sacs. Mais une SDF qui souriait, parlait volontiers et ne demandait rien, qui a refusé qu'on la prenne en photo... et elle avait raison. Oserais-je dire qu'elle n'avait pas l'air malheureuse ?

Cette rencontre nous a interrogés, bousculés (en plein Paris !), une SDF pas comme les autres, mais aussi nous a laissé quelque chose de la sérénité de la mamie.

samedi 30 mars 2013

Un Calvaire à deux croix

Hier matin quand je suis arrivée à l'oratoire de la communauté, Laetitia avait installé cette peinture sur un chevalet, bien en vue.



Un calvaire, c'était tout à fait le jour, vendredi saint. Il a soutenu ma prière tout en m'interrogeant quelque peu sur le nombre de croix, mais sans vraiment m'y arrêter. Elle me plaisait bien cette photo dans son style. Je remarquais une zone d'ombre à droite et déjà toute la lumière sur le corps de Jésus crucifié. Au pied de la croix, Marie à genoux et près d'elle le disciple que Jésus aimait. Le soldat avec la tunique de Jésus, celui à qui elle est revenue après tirage au sort ? (Jean 19, 24). Contemplation de la scène un peu en retrait de celle-ci.

Puis nous avons prié les Laudes ensemble, et à la fin de l'intercession, au moment des intentions libres, Laetitia a pris la parole.

Avec cette image je prie pour Lucien. A la prison où je faisais des visites on lui avait demandé de peindre le récit de la crucifixion. Lucien n'était pas croyant, mais il avait des talents d'aquarelliste. Il a lu le texte et il a dessiné comment cela résonnait en lui. Alors je lui ai dit : 
- mais tu as vu, tu n'as dessiné que deux croix... dans le texte il y en a trois...
- oui... mais la troisième c'est moi qui la porte...

Lucien a beaucoup souffert d'incompréhension, d'accusations fausses, de rejet, même après avoir purgé une peine non méritée. A sa sortie de prison il s'est un peu reconstruit grâce à des appels à ses capacités d'artiste, de bricoleur, d'électricien. Il ne semble pas qu'il se soit converti... et pourtant il a tout compris du mystère de la croix. Prions pour qu'il lui soit donné d'aller jusqu'au mystère de la Résurrection.

Je pensais encore à Lucien hier soir dans la grande intercession du Vendredi Saint :

Dieu éternel et tout-puissant, 
toi qui as créé les hommes pour qu'ils te cherchent de tout leur cœur 
et que leur cœur s'apaise en te trouvant,
fais qu'au milieu des difficultés de ce monde tous puissent discerner les signes de ta bonté 
et rencontrer des témoins de ton amour : 
qu'ils aient le bonheur de te reconnaître, toi, le seul vrai Dieu et le Père de tous les hommes.



vendredi 29 mars 2013

Nuit d'adoration

Détail bas-relief - Abbaye ND des Neiges
Va-t-on parler d'habitude, de coutume, de tradition... un de ces mots pour désigner une action qui se produit et se transmet régulièrement depuis un certain temps ?

C'était il y a 4 ans, à l’initiative du groupe qui avait lancé l'adoration eucharistique mensuelle. Chaque mardi soir, de 20 h à 21 h, un temps d'adoration pour les volontaires. Ils ont eu l'audace de proposer toute une nuit d'adoration après la célébration de la Cène, le Jeudi Saint. Un peu d'organisation et de stress pour assurer un minimum de présence tout au long de la nuit, surtout au creux de la nuit. Et ça a marché. Et ça marche ainsi depuis 4 ans. Donc la nuit dernière c'était la 5ème édition de la nuit d'adoration.

Et pourquoi toute une nuit d'adoration ? Et pourquoi ce jour-là ? L'évangile nous dit qu'après le dernier repas avec ses disciples, après l'annonce du reniement de Judas et de Pierre, après l'annonce de l'abandon des disciples (tout va mal)  Jésus va prier au Jardin de Gethsémani. Ses disciples le suivent. Il les arrête : restez ici, veillez avec moi, priez. Et lui-même va plus loin prier. On sait que leur veille n'aura pas été glorieuse, ils ne pouvaient garder les yeux ouverts (Mt 26, 43).

Aujourd'hui, ce temps de prière au cœur de la nuit, entre Cène et crucifiement, pour nous unir, en sa présence, à la prière de Jésus au Jardin des Oliviers. Temps gratuit où l'on se retrouve face à soi-même et face à son Dieu. Toute la nuit des veilleurs se sont relayés, même au plus profond de la nuit. Et pas que des personnes d'un certain âge, mais de toutes générations. Au petit jour ils sont encore nombreux pour la dernière heure. Un papa et sa fille avant d'aller au bureau ou au lycée. Maman est restée à la maison avec les plus petits, mais elle est venue au cœur de la nuit, aux heures les plus difficiles. Et ceux-là n'étaient pas là que pour eux mais ils étaient l’Église qui veille et prie avec son Sauveur.

A ceux-là, Seigneur, tu ne peux pas dire : "Vous n'avez pas été capables de veiller avec moi même une heure ?" (Mt 26, 40).

mercredi 27 mars 2013

Serait-ce moi, Seigneur ?

Église Notre-Dame - Fontenay-le-Comte

Ils étaient tous à table, Jésus et ses 12 amis pour la Pâque, selon la tradition juive.

Soudain, au cours du repas, sans qu'on s'y attende, les paroles de Jésus : l'un de vous va me livrer.* La petite phrase sibylline qui semble tomber comme un cheveu sur la soupe, qui sème le doute, la peur, la honte dans l'esprit des apôtres, qui les attriste profondément (dit aussi l'évangile).

Qu'a-t-il pu se passer en chacun d'eux ? Gorge serrée, stress et peur au ventre, le cœur qui bat la chamade. Livrer le Maître ? Le trahir ? Comment cela serait-il possible ? Et pourtant la question se pose, taraude, le doute s'insinue en chacun. Et quand même si c'était moi ? Et pour en avoir le cœur net l'un après l'autre s'enhardit à poser la question : Serait-ce moi, Seigneur ? Ainsi formulée la question (me) paraît quelque peu timide. J'aime beaucoup la traduction de Ze Bible, tellement le reflet de ce que chacun devait penser, énergique et défensive : Ce n'est pas moi, n'est-ce pas, Seigneur ? Ben non, enfin, c'est pas possible que ce soit moi qui te trahisse. Après tout ce qu'on a vécu ensemble, nos bons moments et nos accrochages, notre amitié est bâtie sur le roc, rien ne peut la briser, elle est fidèle à tout jamais.

Aujourd'hui j'ai juste envie de m'arrêter à cette question des apôtres, à leur certitude ébranlée qui nous renvoie au plus profond de nous mêmes. Je ne sais pas de quoi je suis capable. Ma faiblesse ira-t-elle jusqu'à te renier ? Serait-ce moi, Seigneur ? ou la fragilité de l'engagement de l'homme.

* De la liturgie du mercredi saint, Mt 26, 14-25


samedi 23 mars 2013

La légende de l'arbre vert



C'est le printemps, et on en sent le premiers signes. Un ou deux oiseaux s'essaient à chanter le matin quand j'ouvre mes fenêtres, les pâquerettes lèvent le nez dans le pelouse encore ébouriffée après l'hiver, les arbres bourgeonnent, plus ou moins selon leur espèce.

La grande place de la ville est plantée de magnifiques marronniers d'un autre siècle. De jour en jour on les voit changer, les bourgeons d'abord timides gonflent et éclatent pour laisser surgir les feuilles fripées, vert tendre.

Mais l'un de ces marronniers est une énigme. Pourquoi, tous les ans à cette époque, est-il toujours en avance sur ses voisins ? Et lui seul, toujours lui, pas un seul autre ne déroge au cycle de floraison. Invariablement il bourgeonne avant les autres, il se pare de feuilles avant les autres, un peu insolent.

L'histoire raconte que pendant la Révolution la guillotine se trouvait à ses pieds (ou à proximité) et que le sang des nombreux condamnés à mort de 1793 l'a arrosé. La légende dit que la floraison précoce du marronnier est due au sang des guillotinés.

Évidemment chacun croit ce qu'il veut. Mais une légende a toujours un certain charme, et elle n'est qu'une légende. Elle laisse la porte ouverte à d'autres rêves en attendant que la science ne trouve LA solution de cette énigme. Messieurs les scientifiques, la balle est dans votre camp, mais je ne suis pas pressée d'avoir votre réponse. J'aime ce temps d'avance du marronnier, comme pour entraîner ses frères et leur donner confiance dans la nouvelle aventure qui commence. A quelques jours de Pâques cette image me fait penser à la résurrection. Christ premier-né, Christ ressuscité qui nous entraîne dans la Vie nouvelle.

dimanche 17 mars 2013

Je ne te condamne pas


Faudrait savoir : ils commencent par lui amener la femme prise en flagrant délit*, qu'ils accusent, et quand Jésus leur rétorque "et bien si vous êtes meilleurs allez-y,  jetez lui la pierre" ils se dégonflent et repartent tout penauds.

©Carpe Deum
La loi, du temps de Jésus, condamne l'adultère à la lapidation. Mais Jésus semble faire le sourd., il ne dit rien par rapport à l'accusation elle-même. Il dessine sur le sol. Plutôt limite comme politesse, provocation. Et les scribes et pharisiens d'insister : non mais quand même il y a une sanction pour ça, alors tu en dis quoi , toi ? Jésus ne répond toujours pas à la question mais renvoie chacun à sa conscience, il ne condamne pas la femme : "Je ne te condamne pas. Va et désormais ne pèche plus".

En même temps que Jésus pardonne la femme et la renvoie à sa vie il ne l'enferme pas dans sa faute, mais lui ouvre un avenir, faisant comme un écho à la parole de St Paul aux Philippiens (8, 13) : "oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l'avant".

Qui es-tu donc pour juger ton frère ? Il ne s'agit évidemment pas de dire que tout est bien, il faut distinguer le bon du mauvais, mais il s'agit de ne pas juger la personne. Difficile exercice de condamner l'acte sans jamais condamner la personne qui le pose. Ainsi en est-il de tout comportement moral.

L'amour efface le passé, aucun n'osa jeter la pierre,
et tous les yeux se sont baissés.
L'amour efface le passé 
[…] il nous redonne une autre chance
il nous invite à pardonner, 
l'amour efface le passé.
(Paroles de M. Ginot, sur une musique de J. Akepsimas)

jeudi 14 mars 2013

Habemus Papam Franciscum

Quand on s'en remet à l'Esprit-Saint c'est toujours surprise garantie. Une fois encore il a confirmé sa réputation de souffler où et comme il veut. Jorge Mario Bergoglio... qui c'est ça ? C'est celui que les cardinaux réunis en conclave viennent d'élire Pape. Après le célèbre Habemus Papam prononcé par le cardinal Tauran on attend avec impatience de voir le visage de cet inconnu, même pas évoqué parmi les papabili.

Quand il est apparu à la loggia, j'ai vu d'abord un homme abattu, figé, qui paraissait écrasé par le poids de la charge soudaine. Puis au fur et à mesure des applaudissements qui montaient de la place St Pierre un sourire a progressivement illuminé son visage. Ses premiers mots ont été ce qu'il y a de plus simple "Bonsoir" suivi d'une note d'humour "... il semble que mes frères cardinaux sont allés chercher le pape au bout du monde".

François* est le nom qu'il a choisi. A lui seul ce nom donne le ton, évoquant le poverello d'Assise, simplicité, pauvreté, humilité. Humilité, on le voit déjà dans son attitude. Il commence par demander à la foule de se recueillir quelques secondes dans le silence et dans une très belle attitude, spontanément lui-même s'incline pour se recueillir. Et les dizaines de milliers de pèlerins de la place St Pierre font silence. Puis il demande de prier avec lui, tout simplement avec les mots de toujours que le Christ nous a laissés... Notre Père qui es au cieux... Humilité quand il demande la bénédiction de Dieu pour lui-même avant de la donner au monde. Sa première bénédiction urbi et orbi.

Ses derniers mots seront à l'image et en réponse aux premiers. D'un geste il redemande le micro déjà rangé pour dire aussi simplement : "bonne nuit... à bientôt".

Ce matin dans notre prière de communauté, prière d’Église et prière pour l’Église, nous avons pris cette belle hymne pour un pasteur, bien de circonstance :

Unique Berger, ô Jésus, ta main se pose sur l'épaule de cet homme :
par lui tu mènes ton troupeau :
ce berger, à ton image, tu le façonnes.

Sans cesse ta main l'affermit pour qu'il chemine dans la force et la patience ;
et lui s'efface devant toi :
pur reflet, parmi ses frères, de ta présence.

L'Eglise de toi l'a reçu, il passe en tête, pour marcher vers les montagnes :
vers Toi, la Tête, ô Jésus, il oriente tout le peuple qui l'accompagne.

Vers toi il aimante l'amour de ceux qui l'aiment, et lui-même à toi se donne ;
tu le consacres dans l'Esprit, et déjà, de ta lumière tu l'environnes.


* François, et non pas François 1er comme on l'a dit au début. On ne dira François 1er que quand il y aura un second François. Pour l'instant pas de confusion possible puisqu'il est le seul Pape avoir pris ce nom.

mardi 12 mars 2013

Twitter, 115 cardinaux et un conclave

Se risquer à écrire quelque chose sur le conclave maintenant relève de la témérité ou de l'inconscience. Tout a été dit, écrit, filmé, que pourrais-je ajouter ? Beaucoup de très bons articles, des approches diverses, des sujets complémentaires, une grande richesse. Je ne me souviens pas d'une telle effervescence abondance pour l'élection du précédent pape.

J'ai suivi tout ça avec une certaine attention et en particulier sur Twitter, et aujourd'hui d'un peu plus près encore évidemment.
Ce matin avant la messe, plusieurs cardinaux ont envoyé leur dernier tweet (last tweet before Conclave) en remerciant leurs followers (abonnés) de leur être unis pendant ces jours et de prier pour le conclave et pour l’Église. Dernier message de cardinaux à leurs Églises.

Dans l'après midi grâce à quelques journalistes on a pu suivre le déroulement de l'entrée en conclave, la procession, le Veni Creator, la prestation de serment, agrémentés parfois de quelques photos, des remarques sur l'ambiance. A travers ce défilé de tweets on entrait dans un événement vécu en direct et à travers le monde. Twitter permettait des réactions et une certaine communion que n'autorisent pas la radio ou la télévision. L'émotion des cardinaux, la gravité du moment étaient perceptibles.

Et puis ce fut le "Extra omnes", tout le monde dehors. Donc les voilà bouclés, enfermés dans la Sixtine jusqu'à ce qu'il en sorte un pape. Confisqués les téléphones, smartphones, tablettes et autres outils du web 2.0. Bannie toute communication avec l'extérieur et donc exit Twitter. Parce que parmi les cardinaux, on l'a vu, il y en a plusieurs qui twittent honorablement. Et ça c'est nouveau par rapport au conclave de 2005 où Twitter n'était pas encore né. Les voilà sous clé, ce que signifie conclave d'ailleurs. Seuls avec leur conscience devant Dieu. Dans l'après midi ils ont prêté serment de conserver le secret et de voter librement. Avant de voter ils s'engagent à voter en conscience et enfin au moment de déposer leur bulletin dans l'urne ils disent une dernière prière, qui d'ailleurs pourrait être reprise pour toute élection : "Je prends à témoin le Christ Seigneur, qui me jugera, que je donne ma voix à celui que, selon Dieu, je juge le plus apte pour remplir cette charge."

Le conclave est le temps du secret, du silence, de la prière, pour une décision prise en conscience et devant Dieu. Et Twitter (que j'aime beaucoup) n'y a plus sa place, son rôle c'était avant, ce sera après, mais pas pendant. Place à l'Esprit Saint.


dimanche 10 mars 2013

Ma miséricorde ne se déploiera pas sans toi

Rembrandt - Le retour du fils prodigue
Ce 4e dimanche de Carême nous offre la  parabole du Père et de ses deux fils. Pourquoi ce très beau texte, archi-connu, a-t-il surtout été médité du côté du cadet des fils ? Longtemps appelé Parabole de l'enfant prodigue il était proposé à la méditation dans les célébrations pénitentielles. Et l'examen de conscience tournait autour de : en quoi me suis-je éloigné de mon Père ? Comment ai-je dilapidé ma fortune, entendons les dons reçus ? Quel orgueil m'a poussé à me suffire à moi-même et oublier de qui je tiens la vie ? etc.

Le célèbre tableau de Rembrandt représente aussi le retour du prodigue. Même si, en regardant bien on peut deviner l'autre fils, ce n'est pas sur lui que s'attardent le regard et la méditation suggérée.

Dans nos méditations nous nous assimilons plus souvent au fugueur, au prodigue. Comme dans le récit biblique l'autre fils ne retient pas beaucoup l'attention.

Rien d'éclatant dans sa vie, que de l'ordinaire, de la routine parfois. On en oublie le frère fugueur jusqu'au jour où il revient, penaud et contrit. Accueilli à bras ouverts par son père qui n'attendait que ça, et pour le scandale du grand frère. Alors qu'on pourrait s'attendre à la réconciliation générale, la discorde recommence avec le courroux du frangin. Et il vient tout gâcher. (Serais-tu jaloux parce que je suis bon ? cf. Mt 20, 15). Décidément pauvre papa, tu n'as pas de chance avec tes gars. Il y en a toujours un pour briser ton cœur de père.

Et il est tellement remonté contre son père et son frère à la fois qu'il ne les reconnaît plus comme tels : Ton fils que voilà dit-il en parlant de son frère. Il s'auto exclue du cercle familial qui les unissait tous les trois. Mais le Père le rétablira dans sa réponse : Ton frère que voilà...

Et si des deux frères le plus sale gosse c'était l'aîné ? Celui qui est resté, celui qui n'a jamais désobéi, celui qui a trimé sans compter dans l'entreprise familiale ?... et si c'était moi ?... Parce que moi je vais à la messe tous les dimanches, je prie matin et soir, je fais mon Carême, je donne à la quête et au denier, je visite les malades, j'essaie d'aimer mon voisin... je suis dans les clous quoi...

Avouons que c'est déstabilisant d'entendre (ailleurs) Jésus dire "les publicains et les prostituées vous précéderont dans le royaume des cieux  (Mt 21, 31). Cela ne va pas de soi d'imaginer certaines personnes nous devancer dans ce Royaume promis.

Mais l'histoire n'est pas tout à fait terminée. On sait que c'est happy end pour le cadet, mais pour son frère, comment ça se termine ? On ne sait pas vraiment.... C'est à son tour de s'en aller, mais à quelle conversion sera-t-il appelé... va-t-il y consentir ? comment ? Il y a une chose qu'il n'a pas encore expérimentée c'est l'infinie miséricorde de son Père, capable de l'aimer sans condition, au-delà de toutes frasques.

La parabole n'est pas la parabole du prodigue, ni même celle des deux fils, mais la parabole de la miséricorde du père.

Au fond, ce n'est pas tant la jalousie du premier qui est grave que l'orgueuil du second qui refuse au père de laisser manifester sa miséricorde.Mon enfant, ne fais pas obstacle au rayonnement de ma miséricorde.

Écoutons le Père nous dire aujourd'hui : ma miséricorde ne se déploiera pas sans toi.

dimanche 3 mars 2013

Temps des hommes et temps de Dieu

L'excellente homélie de ce matin (oui, je l'ai trouvée excellente) m'a suggéré ce titre et cette réflexion. Non, non, je ne vous pique rien M'sieur l'curé, c'est juste que j'ai un peu cogité après.

A partir des trois textes que la liturgie nous donne ce dimanche notre attention est attirée sur le temps. Le temps qu'il faut à Moïse pour rencontrer Dieu et comprendre son message. Le temps qu'il lui faudra pour faire sortir son peuple de l'esclavage. Le temps si long pour que le figuier donne du fruit. Et le vigneron d'implorer la patience de son maître : laisse encore un peu de temps, que je bêche autour... peut-être donnera-t-il du fruit ?

On le sait bien, le temps de l'homme n'est pas le temps de Dieu.
D'ailleurs Dieu n'a pas le temps, il a l'éternité, et ce n'est pas pareil.
Cela me rappelle les cours d'un brave dominicain qui venait nous initier à la métaphysique quand nous étions au Noviciat, ses définitions nous ont marquées. Le temps c'est la durée de l'être soumis au mouvement (l'homme) ; l'éternité, la durée de l'être immuable (Dieu). Le temps est limité, l'éternité n'a pas de cadre.

N'est-ce pas ce que nous disons dans les doxologies qui concluent nos prières ?
Elles disent la Trinité : Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit,
et elles disent l'éternité de cette Trinité : au Dieu qui est, qui était et qui vient.

Le temps qui évoque patience, persévérance, recommencement... des vertus qui ne vont pas de soi.
Ce temps, qui passe tantôt trop vite tantôt pas assez vite, parce qu'il nous en faut du temps pour consentir au dessein de Dieu, pour nous convertir. Comme pour le figuier de la parabole, les fruits sont parfois longs à venir, mais la croissance ne se voit pas et ne fait pas de bruit. Donnons du temps au temps comme on dit.

Dieu nous donne le temps pour entrer dans son éternité. Lui qui n'a que l'éternité se moque bien de nos comptes. Il ne calcule pas. Ainsi il n'est jamais trop tard pour Lui, il n'est jamais trop tard pour se mettre en route. Encourageant, non ?