lundi 15 mai 2017

Echos d'une rencontre de Congrégation

Je suis toujours émerveillée par ces grandes rencontres de Congrégation et en particulier celles qu'on appelle Assemblée de province. Toutes les sœurs de France y sont convoquées et y répondent largement.

Pourquoi émerveillée ? Peut-être le nombre fait-il son effet. Les sœurs viennent, parfois de loin, heureuses de se retrouver, de prendre des nouvelles les unes des autres, des absentes, des malades... Il y règne toujours une ambiance très fraternelle. La journée faite de moments plus sérieux a aussi quelques espaces de détente et de libres partages. Il y a comme une étrangeté pour moi, un je ne sais quoi où je me sens de cette grande famille, et en même temps je n'y ai pas les mêmes racines, le même ancrage. Un imperceptible lien qui n'a pas fini de se tisser.

Ainsi donc ce dimanche 14 mai plus de 150 sœurs des Sacré-Cœurs se sont retrouvées à La Roche-sur-Yon, venant de Vendée mais aussi de Charente, Charente-Maritime, Paris. Plusieurs associés à la Congrégation se sont joints à elles. C'était la première Assemblée de province de cette année, deux autres suivront prochainement dans la Manche et dans le Cantal.

L'objectif de la journée était de redonner aux Sœurs et aux associés une synthèse de la réflexion qu'ils ont menée en 2015-2016 sur les besoins de la Congrégation, la place et le rôle des communautés dans les paroisses, les attentes à leur égard, tout cela face à la réalité qui est la nôtre aujourd'hui et pour demain. Toutes les communautés avaient participé et envoyé leurs réponses, elles en attendaient à juste titre un retour. Retour sur l'année écoulée et le cheminement de notre réflexion sur l'avenir. Plutôt qu'un exposé fastidieux c'est sous la forme d'un diaporama que la synthèse a été présentée, enracinée dans la méditation des pèlerins d'Emmaüs (Luc 24, 13-35). Quelle que soit notre situation c'est toujours le même charisme qui nous anime, nous en avons repris les grands traits avec des paroles du Père Monnereau, fondateur de la Congrégation.

Deux sœurs et deux associés nous ont partagé leur joie d'être religieuse ou associé là où ils sont aujourd'hui, à travers des événements ou des rencontres qui sont pour eux signes d'espérance.

Ce temps de rencontre nous a également permis de revoir le teaser du bicentenaire et de découvrir le chant du bicentenaire, écrit par l'une de nous, sœur Martine Chaillot, et mis en musique par Frère Jean-Baptiste du Jonchay,  du couvent des Carmes de Toulouse.

La journée s'est terminée par la messe célébrée par l'abbé Florent Murzeau, qui n'a pas manqué de dire sa reconnaissance aux sœurs des Sacrés Cœurs pour ce qu'elles ont apporté à l'enseignement catholique de Vendée.

Ces temps de rencontre sont porteurs de joie et d'espérance. Sans nous cacher nos limites et nos inquiétudes, ensemble nous trouvons force et enthousiasme. Cette année du bicentenaire est aussi source d'un dynamisme renouvelé et contagieux.

"Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous... [...] À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem."

vendredi 21 avril 2017

Conduire à 80 ans et +

Quelle famille ne s'est trouvée confrontée  à la question de la conduite de sa voiture par papy ou mamy ? La vie religieuse n'est pas exempte de la question. Pour plusieurs il n'y a aucun problème : je ne fais pas de grandes distances, je reste autour de chez moi et puis je connais la route (et la voiture aussi) ! Mais on oublie la vue et l'ouïe moins bonnes, les réflexes plus lents, la signalisation routière qui évolue etc. Autant de causes d'inquiétude pour l'entourage.

Face à cela nous sommes dépourvus sans aucune aide extérieure, si ce n'est de persuader papy/mamy de ne plus conduire. Or ne plus conduire est une décision grave et difficile à prendre, on en perçoit les conséquences, en particulier la perte d'autonomie et d'indépendance. C'est aussi une décision irréversible.

Pour nos communautés des Sœurs des Sacré-Cœurs de Vendée nous avons voulu relever le défi et chercher comment sensibiliser les Sœurs à cette question de la sécurité routière. Dans un premier temps nous avons proposé une démarche pédagogique de prise de conscience des situations personnelles et de l'évolution des conditions de circulation routière. Quelques 80 Sœurs ont répondu et participé, en 4 séances de 2 heures, à la pédagogie d'une ancienne formatrice en auto-école.

Puis nous avons fait un pas de plus avec le concours du CEFR de Fontenay-le-Comte (Centr'Europe de Formation Routière). Au cours d'un après midi une vingtaine de Sœurs ont pu évaluer leurs connaissances et être briefées sur des points sensibles tels que la circulation en agglomération et les zones de rencontre, les ronds-points, les voies d'insertion, de décélération et d'entrecroisement, les distances de sécurité, les clignotants etc. Quelques astuces et points de repère ont complété l'aspect très pratique de l'intervention.

Toutes sont reparties averties, réconfortées sur quelques inquiétudes ou interrogations, heureuses de leur après midi en tout cas. Sur la route du retour la signalisation aura pris ses couleurs de printemps et les ronds-points une allure moins stressante. Bonne route !

Ce type d'intervention était un service réciproque. Bien sûr par l'apport du CEFR lui-même mais aussi parce que cette démarche s'inscrit dans le cadre de la formation des futurs moniteurs d'auto école. Pour valider leur examen final ils doivent animer une séance de sensibilisation à la sécurité routière auprès d'un public déjà détenteur du permis de conduire. Nous remercions Christine, responsable du CEFR Fontenay, et Cécile, stagiaire, de leur intervention. Et bonne chance à Cécile pour l'étape finale de sa formation.

jeudi 13 avril 2017

Musicamp, saison 1

26 ados de l’Enseignement Catholique de Vendée ont fait le choix de passer une semaine de leurs vacances pour participer au Musicamp du 10 au 14 avril. Une semaine pour apprendre et enregistrer les chants de la comédie musicale du bicentenaire de la Congrégation qui s'ouvre ce Jeudi Saint, 13 avril 2017. Quel pari audacieux, Tristan de Groulard*, de vouloir réaliser cet exploit en une semaine !

Pour ces jeunes passionnés de musique les deux activités principales sont l'apprentissage des chants et des techniques musicales et l'enregistrement proprement dit.

L’enregistrement, très technique, demande un effort de concentration. Pour les jeunes c'est la face un peu austère de l'expérience où ils doivent faire preuve de persévérance pour une production de qualité : justesse des sons, netteté de la diction, sourire sur les paroles heureuses. Hé oui, ça s'entend un sourire...

Tandis qu'un groupe est à l'enregistrement le second se familiarise avec les techniques d'expression vocale et corporelle. Ici le coach opte pour une pédagogie ludique qui favorise l'expression et défoule après l'enregistrement. En fin de semaine ils devraient voir leurs efforts récompensés avec l'enregistrement et la production du CD du spectacle.

Voici donc le Centre spirituel de l'Epiardière transformé en camp d'ados et en studio d'enregistrement pour la circonstance, bruissant des rires et des chants de ces jeunes qui viennent l'envahir de tout leur dynamisme. Repas et veillées animés, ambiance ado... Ce soir la plupart d'entre eux (si ce n'est tous) devraient participer à la messe du Jeudi Saint aux Brouzils, lieu de fondation de la Congrégation. Ils y sont attendus et apporteront leur part dans l'animation de la messe par la fraîcheur de leurs voix. Et vendredi soir ils rentreront chez eux, riches de cette expérience, de découvertes et de dépassement de soi, des joies de quelques jours entre amoureux de musique et de chant. Plusieurs parmi eux reviendront en juillet pour le stage danse et théâtre, mise en œuvre de la comédie musicale "L'hôtel du cœur" qui sera donnée en novembre prochain.

Rendez-vous du 8 au 22 juillet pour "Musicamp, saison 2" !


Photos du Musicamp 1


* Tristan de Groulard, auteur et réalisateur de la comédie musicale "L'hôtel du cœur"

lundi 10 avril 2017

Pierres vivantes d'hier et d'aujourd'hui

Portail central - Église St Nicolas - Maillezais

Dans le cadre de l'année jubilaire des 700 ans du diocèse de Luçon le doyenné de Fontenay était invité à un parcours jubilaire en cette veille des Rameaux. Au programme quatre étapes dans quelques uns des hauts lieux de ce Sud Vendée pour redécouvrir les joyaux de notre patrimoine religieux, y rencontrer des témoins, se ressourcer et prier.

Vitrail - Église Ste Eulalie - Benet
Les richesses du patrimoine nous ont conduits à Maillezais pour y redécouvrir l'histoire de l'abbaye St Pierre et de ses moines dont la présence remonte au début du XIe siècle. L'église paroissiale St Nicolas est également une merveille datant de la même époque. Pour l'heure, le curé de la paroisse, l'abbé Louis-Marie Fillon, a pris sa casquette de guide pour nous en dévoiler toutes les subtilités architecturales et historiques. L'ancrage dans l'histoire nous a ensuite conduits à Benet où nous avons plus particulièrement porté notre attention sur le porche central et ses sculptures du XIIème. A Foussais-Payré, "Petite cité de caractère", le parcours a fait halte au Temple de l'Eglise Réformée (Foussais étant un foyer du protestantisme dans cette région) et à l'église St Nicolas, du XIIe siècle également, avec sa double nef et son vitrail de St Hilaire. Dernière étape du circuit, la chapelle de l'Union-Chrétienne à Fontenay-le-Comte, le rayonnement de la Congrégation dans ce Sud Vendée pendant plus de 300 ans qui se poursuit aujourd'hui avec les Sœurs des Sacré-Cœurs.

Quatre étapes dans ce parcours jubilaire où nous avons rencontré en chaque lieu des gens passionnés par leur service et qui aujourd'hui sont les pierre vivantes de ces lieux : guides bénévoles de monuments historiques humbles acteurs de la vie de l’Église locale dans l'accompagnement des familles en deuil et la célébration des sépultures, la gestion du site internet de la paroisse, des religieuses permanentes de la prière et accueillantes à la vie de la paroisse, des "laïcs associés" renouvelés dans leur vie chrétienne par le partage de la spiritualité du Père Monnereau, fondateur des Sœurs des Sacré-Cœurs...

La prière a ponctué de diverses manières ce parcours. Dès le départ du car le ton était donné avec le chant du jubilé du diocèse "Nos voix s'élèvent et publient ta louange". Puis le Salve Regina à l'abbaye de Maillezais, prière à Marie qui termine l'office des Complies le soir avant le repos de la nuit et une longue prière jubilaire à l'église St Nicolas ; l'Eucharistie à l'église de Benet, présidée par le curé du lieu, l'abbé Thierry Piet ; les Vêpres à la chapelle de l'Union Chrétienne, prière du soir de l’Église en cette veille des Rameaux.

La dernière étape, à la chapelle de l'Union Chrétienne a permis aux Sœurs des Sacré-Cœurs de présenter leur année jubilaire (13 avril 2017 - 18 juin 2018) à l'occasion du bicentenaire de leur fondation par le Père Monnereau. Mais nous aurons l'occasion de reparler de cet événement prochainement...

Le déplacement en car et le pique nique au collège St Martin de Benet ont favorisé des rencontres élargies aux dimensions du doyenné, des retrouvailles, permis de mettre des visages sur des noms et inversement, de nouer des relations. Un peu fourbus en fin de journée les quelques cinquante pèlerins d'un jour sont repartis heureux de leur journée et reconnaissants envers l'organisateur, le curé de la paroisse St Hilaire de Fontenay, François Bidaud.

D'autres photos de la journée


dimanche 26 février 2017

Comme un veilleur

Il est là devant moi,
emmitouflé jusqu'au sommet de la tête
avec son capuchon noir relevé.
Car le lieu finit par être frais
quand on y reste si longtemps,
sans bouger, à son âge.

Et mon regard et mon esprit
se laissent happer par lui
au détriment de l'Hôte du lieu
pour qui je suis venue.

Il ?
Un vieux moine
assis juste devant moi.
Évidemment il prie...
Mais encore ?
Qu'est-ce que ça veut dire prier
quand il fait ça des heures durant,
tous les jours que Dieu lui donne ?
Dirait-il, comme le paysan du saint Curé d'Ars
"Je L'avise, et Il m'avise" ?

C'est quoi une prière de moine,
seul et silencieux ?
Et le dimanche, comme aujourd'hui,
c'est comme les autres jours ?
De l'horaire qu'on voit, nous, de passage,
c'est bien pareil.
Il est seul ici, dans l'église du monastère,
un dimanche, en plein après midi.
Et les autres, où sont-ils ?
Ses frères, que font-ils ?
Sa sérénité épouse celle du lieu
et devient contagieuse
soudain illuminée par un rayon de soleil perdu.

"Non, il ne dort pas, il ne sommeille pas
le gardien d'Israël" (Psaume 120)

Il veille,
et sa seule présence est apaisante.
Il était là avant moi,
et il y restera après,
comme un veilleur.


dimanche 12 février 2017

Se laisser toucher par la fragilité

Cette semaine j'ai suivi la session annuelle proposée aux religieux et religieuses de France au  Centre Sèvres, à Paris. Le thème en était : Vivre la vie religieuse dans un monde incertain.
Quatre jours denses et riches avec des intervenants de qualité dans différents domaines pour une approche large du sujet : Jean-Pierre Winter, psychanalyste, le Père Robert Scholtus, théologien du diocèse de Metz, le Père André Wénin, bibliste, Sœur Sylvie Robert, théologienne. Et des témoignages courageux et lucides d'expériences de fragilité.

Quelques jours après je suis riche de plusieurs pistes à explorer, mais une en particulier m'interpelle : cette invitation non seulement à ne pas fuir la fragilité, mais à oser porter mon regard sur elle. J'aime bien ce mot de fragilité, délicat et ouvert, qui balaie discrètement nombre de situations. Moins dur que pauvreté, vieillissement, maladie, diminution... Entendons la fragilité douloureuse, celle dont on se détourne naturellement, qu'on ne peut pas (veut pas) voir. La fragilité heureuse, porteuse d'avenir et d'espérance ne fait pas détourner le regard. La fragilité du nouveau-né ne fait pas peur, elle est germe de vie. La fragilité du malade, du vieillard, de la personne blessée, amochée fait peur. La fragilité de nos instituts religieux face à ce monde difficile et incertain fait peur. La paradoxale fragilité induite pas les nouvelles technologies, les cyber-sécurités, à la réflexion déstabilise. Alors on les fuit. Comme l'autruche on se cache la tête ou on la détourne pour ne pas voir.

Inévitablement cette fragilité de l'autre, que l'autre soit personne ou institution, agresse et déstabilise car elle renvoie à sa propre faiblesse.

Peu à peu, paisiblement, prendre conscience de ces protections qui nous habitent et nous caparaçonnent pour ne pas être confrontés à notre propre fragilité. Peu à peu, paisiblement, oser regarder en face ces fragilités et entrer dans le chemin qu'elles ouvrent.

Me laisser toucher par la fragilité pour me laisser toucher par ma fragilité... à moins que ce ne soit le contraire...


vendredi 3 février 2017

Jean ou le courage de la vérité

Ce commentaire d'évangile a été diffusé sur RCF Vendée ce vendredi 3 février 2017.

(Évangile selon St Marc, 6, 14-29)

Nous voici à nouveau avec un épisode bien connu de la vie de Jésus, ou plutôt de la vie de Jean-Baptiste.
Avec deux personnages principaux : Hérode et Jean le Baptiste.
Dans les lignes qui précèdent ce passage St Marc nous parle de Jésus sur les routes de Galilée, enseignant, guérissant, faisant quelques miracles. Jésus commence à faire parler de lui et cela arrive aux oreilles du roi Hérode. On ne sait pas bien encore qui est cet homme qui fait parler de lui. Jean, celui qui baptisait, serait ressuscité ? Serait-ce le prophète Elie ? Un autre prophète ?...
De ces rumeurs Hérode retient celle de Jean le Baptiste. Il a un passé pour le moins douloureux avec Jean : il a sa mort sur la conscience et ça doit bien le harceler. Voilà donc Hérode à nouveau face à lui-même, face à sa conscience.

Vitrail église St Jean-Baptiste - Fontenay-le-Comte
Hérode savait que Jean était un prophète et il aimait bien l'écouter (avec plaisir précise Marc) même si ses paroles le dérangeaient. Jean lui avait reproché d'avoir pris la femme de son frère et cela avait particulièrement irrité celle-ci qui avait décidé de le faire mourir.
Profitant d'un serment d'Hérode en public Hérodiade va demander la tête de Jean. Hérode est au pied du mur. S'il avait été fidèle à sa conscience il aurait dû renoncer, quoi qu'il en coûte, à un serment fait devant ses admirateurs.

Qu'en est-il de nos décisions et de nos choix quand notre liberté intérieure est mise à contribution ? À quel engagement, à quelle prise de position mon baptême m'appelle-t-il mais auquel je résiste par peur du qu'en dira-t-on ?

Jean a été le précurseur de Jésus dans toute sa vie :
en naissant il a témoigné que le Christ allait naître
en prêchant que le Christ allait prêcher
en baptisant, qu'il allait baptiser
en souffrant le premier sa passion Jean le Baptiste signifiait que le Christ devait lui aussi souffrir.
Jean qui appelait à la conversion et à la pénitence a été témoin de la vérité jusqu'à en mourir.

A quoi nous renvoie aujourd'hui Jean le précurseur ?
Baptisés nous sommes devenus témoins de Jésus. Vivre en témoin de l'amour du Père n'est pas toujours facile. Quels témoins sommes-nous appelés à être dans/malgré les ambigüités de nos existences ?

jeudi 2 février 2017

Mes yeux ont vu ton salut

Ce commentaire d'évangile a été diffusé sur RCF Vendée ce jeudi 2 février 2017.


Évangile selon St Luc 2, 22-40)
Fête de la Présentation de Jésus au Temple

En cette fête de la Présentation de Jésus au Temple et avec cet évangile nous retrouvons l'enfance de Jésus, dernier signe de Noël. C'est peut-être pour cela qu'en certains lieux on laisse la crèche jusqu'à ce jour…

Et que voit-on dans cet évangile ?
Un tout jeune couple qui vient au Temple présenter et offrir au Seigneur son bébé comme le veut la Loi.
Comme il insiste, St Luc, sur cet accomplissement de la Loi ! Pas moins de 4 fois dans la 1ère partie et une autre fois à la fin.
Joseph et Marie se soumettent à la loi comme tout le monde. La filiation divine de Jésus ne les en dispense pas. Une mission, une responsabilité ne dispense pas de respecter le règlement.

Nous voyons aussi 2 vieillards, au soir de leur vie. Toute leur vie Syméon et Anne ont attendu le Sauveur, dans la prière.
De Syméon Luc dit que c'était une homme juste. De cette justice (justesse ?) au sens biblique qui consiste à s'ajuster à Dieu, à reconnaître sa volonté et y répondre dans le concret de la vie.

Sous l'action de l'Esprit, Syméon reconnait dans ce geste tout simple de l'offrande de Marie et Joseph le Salut annoncé, en ce bébé il reconnait le Sauveur, le Messie, la lumière qui vient éclairer les nations. Témoin de cette merveille il chante un cantique d'action de grâce que l'Église reprend chaque soir à la fin des Complies dans la liturgie des heures, le Nunc Dimittis : "Maintenait ô maître souverain tu peux laisser s'en aller ton serviteur, en paix selon ta parole…".

Cette lumière elle est aussi dans nos célébrations de ce jour avec la procession et la bénédiction des cierges, rappel de notre baptême.

Dans notre vie de tous les jours nous pouvons laisser Dieu venir nous rencontrer, dans le silence et la simplicité. Comme Joseph, Marie, Syméon, Anne regardant l’enfant, apprendre à voir l’extraordinaire dans l’ordinaire. Rendre, par notre foi et notre amour, les choses ordinaires extraordinaires.

Il y a tout juste 20 ans cette année, St Jean Paul II faisait de cette fête de la Présentation la journée de la Vie consacrée. Journée sous le signe de l'action de grâces pour mieux faire connaître et apprécier la vie consacré et invitation pour les consacrés à célébrer les merveilles que le Seigneur fait pour eux. C'est donc une journée particulière pour toute personne consacrée qui, inspirée par le don du Christ aspire à son tour à donner sa vie et à tout quitter pour marcher à sa suite.
Bonne fête à toutes, à tous les consacrés !


Nunc dimittis (Taizé)




mercredi 1 février 2017

Nul n'est prophète en son pays

Ce commentaire d'évangile a été diffusé sur RCF Vendée ce mercredi 1er février 2017.


(Évangile selon St Marc, 6, 1-6)

Et Le voilà de retour au pays ! Il a arpenté la Galilée, enseigné, parlé en parabole, il en a expliqué quelques-unes, guéri des malades et ça c'est plutôt bien passé. Et là il rentre à la maison. Il est chez lui, il connaît bien les gens et c'est réciproque eux aussi le connaissent bien.
Comme il se doit, le jour du sabbat il va à la synagogue et voilà que lorsqu'il se met à enseigner ça ne va plus du tout. Il choque ses auditeurs, il les choque même profondément insiste St Marc. Qu'a-t-il donc pu leur dire pour susciter une telle réaction ? Quelles paroles dérangeantes ? Jésus devient chez lui pierre d'achoppement sur laquelle les siens butent.
Ils restent sur un regard humain de leur connaissance de Jésus : le charpentier, le fils de Marie, ses frères, ses sœurs sont bien de chez nous…
Cet homme qu'ils croient connaître leur parle aujourd'hui en Fils de Dieu. Il y a un pas à faire pour le reconnaître Fils de Dieu, Sauveur. Et ce pas c'est la foi.
La foi, hier comme aujourd'hui, c'est reconnaitre la présence divine de Jésus dans la vie ordinaire de chaque jour, dans les personnes rencontrées au quotidien, c'est changer notre regard.

Si les proches de Jésus sont choqués, lui-même est étonné et "il ne pouvait accomplir aucun miracle" nous dit St Marc. Il ne pouvait accomplir aucun miracle, mais pourtant il a fait quelques guérisons. Alors ces guérisons ne sont donc pas des miracles ?

Ce manque de foi des interlocuteurs de Jésus est un obstacle majeur pour reconnaître ses actes de puissance, des miracles, mais ce manque de foi ne peut empêcher la puissance libératrice à l'œuvre en Jésus de se manifester. C'est pourquoi il a pu faire quelques guérisons.

Le miracle suppose la foi. Jésus ne peut nous sauver sans notre participation. "Je t'ai créé sans toi, je ne te sauverai pas sans toi" disait St Augustin.