vendredi 21 avril 2017

Conduire à 80 ans et +

Quelle famille ne s'est trouvée confrontée  à la question de la conduite de sa voiture par papy ou mamy ? La vie religieuse n'est pas exempte de la question. Pour plusieurs il n'y a aucun problème : je ne fais pas de grandes distances, je reste autour de chez moi et puis je connais la route (et la voiture aussi) ! Mais on oublie la vue et l'ouïe moins bonnes, les réflexes plus lents, la signalisation routière qui évolue etc. Autant de causes d'inquiétude pour l'entourage.

Face à cela nous sommes dépourvus sans aucune aide extérieure, si ce n'est de persuader papy/mamy de ne plus conduire. Or ne plus conduire est une décision grave et difficile à prendre, on en perçoit les conséquences, en particulier la perte d'autonomie et d'indépendance. C'est aussi une décision irréversible.

Pour nos communautés des Sœurs des Sacré-Cœurs de Vendée nous avons voulu relever le défi et chercher comment sensibiliser les Sœurs à cette question de la sécurité routière. Dans un premier temps nous avons proposé une démarche pédagogique de prise de conscience des situations personnelles et de l'évolution des conditions de circulation routière. Quelques 80 Sœurs ont répondu et participé, en 4 séances de 2 heures, à la pédagogie d'une ancienne formatrice en auto-école.

Puis nous avons fait un pas de plus avec le concours du CEFR de Fontenay-le-Comte (Centr'Europe de Formation Routière). Au cours d'un après midi une vingtaine de Sœurs ont pu évaluer leurs connaissances et être briefées sur des points sensibles tels que la circulation en agglomération et les zones de rencontre, les ronds-points, les voies d'insertion, de décélération et d'entrecroisement, les distances de sécurité, les clignotants etc. Quelques astuces et points de repère ont complété l'aspect très pratique de l'intervention.

Toutes sont reparties averties, réconfortées sur quelques inquiétudes ou interrogations, heureuses de leur après midi en tout cas. Sur la route du retour la signalisation aura pris ses couleurs de printemps et les ronds-points une allure moins stressante. Bonne route !

Ce type d'intervention était un service réciproque. Bien sûr par l'apport du CEFR lui-même mais aussi parce que cette démarche s'inscrit dans le cadre de la formation des futurs moniteurs d'auto école. Pour valider leur examen final ils doivent animer une séance de sensibilisation à la sécurité routière auprès d'un public déjà détenteur du permis de conduire. Nous remercions Christine, responsable du CEFR Fontenay, et Cécile, stagiaire, de leur intervention. Et bonne chance à Cécile pour l'étape finale de sa formation.

jeudi 13 avril 2017

Musicamp, saison 1

26 ados de l’Enseignement Catholique de Vendée ont fait le choix de passer une semaine de leurs vacances pour participer au Musicamp du 10 au 14 avril. Une semaine pour apprendre et enregistrer les chants de la comédie musicale du bicentenaire de la Congrégation qui s'ouvre ce Jeudi Saint, 13 avril 2017. Quel pari audacieux, Tristan de Groulard*, de vouloir réaliser cet exploit en une semaine !

Pour ces jeunes passionnés de musique les deux activités principales sont l'apprentissage des chants et des techniques musicales et l'enregistrement proprement dit.

L’enregistrement, très technique, demande un effort de concentration. Pour les jeunes c'est la face un peu austère de l'expérience où ils doivent faire preuve de persévérance pour une production de qualité : justesse des sons, netteté de la diction, sourire sur les paroles heureuses. Hé oui, ça s'entend un sourire...

Tandis qu'un groupe est à l'enregistrement le second se familiarise avec les techniques d'expression vocale et corporelle. Ici le coach opte pour une pédagogie ludique qui favorise l'expression et défoule après l'enregistrement. En fin de semaine ils devraient voir leurs efforts récompensés avec l'enregistrement et la production du CD du spectacle.

Voici donc le Centre spirituel de l'Epiardière transformé en camp d'ados et en studio d'enregistrement pour la circonstance, bruissant des rires et des chants de ces jeunes qui viennent l'envahir de tout leur dynamisme. Repas et veillées animés, ambiance ado... Ce soir la plupart d'entre eux (si ce n'est tous) devraient participer à la messe du Jeudi Saint aux Brouzils, lieu de fondation de la Congrégation. Ils y sont attendus et apporteront leur part dans l'animation de la messe par la fraîcheur de leurs voix. Et vendredi soir ils rentreront chez eux, riches de cette expérience, de découvertes et de dépassement de soi, des joies de quelques jours entre amoureux de musique et de chant. Plusieurs parmi eux reviendront en juillet pour le stage danse et théâtre, mise en œuvre de la comédie musicale "L'hôtel du cœur" qui sera donnée en novembre prochain.

Rendez-vous du 8 au 22 juillet pour "Musicamp, saison 2" !


Photos du Musicamp 1


* Tristan de Groulard, auteur et réalisateur de la comédie musicale "L'hôtel du cœur"

lundi 10 avril 2017

Pierres vivantes d'hier et d'aujourd'hui

Portail central - Église St Nicolas - Maillezais

Dans le cadre de l'année jubilaire des 700 ans du diocèse de Luçon le doyenné de Fontenay était invité à un parcours jubilaire en cette veille des Rameaux. Au programme quatre étapes dans quelques uns des hauts lieux de ce Sud Vendée pour redécouvrir les joyaux de notre patrimoine religieux, y rencontrer des témoins, se ressourcer et prier.

Vitrail - Église Ste Eulalie - Benet
Les richesses du patrimoine nous ont conduits à Maillezais pour y redécouvrir l'histoire de l'abbaye St Pierre et de ses moines dont la présence remonte au début du XIe siècle. L'église paroissiale St Nicolas est également une merveille datant de la même époque. Pour l'heure, le curé de la paroisse, l'abbé Louis-Marie Fillon, a pris sa casquette de guide pour nous en dévoiler toutes les subtilités architecturales et historiques. L'ancrage dans l'histoire nous a ensuite conduits à Benet où nous avons plus particulièrement porté notre attention sur le porche central et ses sculptures du XIIème. A Foussais-Payré, "Petite cité de caractère", le parcours a fait halte au Temple de l'Eglise Réformée (Foussais étant un foyer du protestantisme dans cette région) et à l'église St Nicolas, du XIIe siècle également, avec sa double nef et son vitrail de St Hilaire. Dernière étape du circuit, la chapelle de l'Union-Chrétienne à Fontenay-le-Comte, le rayonnement de la Congrégation dans ce Sud Vendée pendant plus de 300 ans qui se poursuit aujourd'hui avec les Sœurs des Sacré-Cœurs.

Quatre étapes dans ce parcours jubilaire où nous avons rencontré en chaque lieu des gens passionnés par leur service et qui aujourd'hui sont les pierre vivantes de ces lieux : guides bénévoles de monuments historiques humbles acteurs de la vie de l’Église locale dans l'accompagnement des familles en deuil et la célébration des sépultures, la gestion du site internet de la paroisse, des religieuses permanentes de la prière et accueillantes à la vie de la paroisse, des "laïcs associés" renouvelés dans leur vie chrétienne par le partage de la spiritualité du Père Monnereau, fondateur des Sœurs des Sacré-Cœurs...

La prière a ponctué de diverses manières ce parcours. Dès le départ du car le ton était donné avec le chant du jubilé du diocèse "Nos voix s'élèvent et publient ta louange". Puis le Salve Regina à l'abbaye de Maillezais, prière à Marie qui termine l'office des Complies le soir avant le repos de la nuit et une longue prière jubilaire à l'église St Nicolas ; l'Eucharistie à l'église de Benet, présidée par le curé du lieu, l'abbé Thierry Piet ; les Vêpres à la chapelle de l'Union Chrétienne, prière du soir de l’Église en cette veille des Rameaux.

La dernière étape, à la chapelle de l'Union Chrétienne a permis aux Sœurs des Sacré-Cœurs de présenter leur année jubilaire (13 avril 2017 - 18 juin 2018) à l'occasion du bicentenaire de leur fondation par le Père Monnereau. Mais nous aurons l'occasion de reparler de cet événement prochainement...

Le déplacement en car et le pique nique au collège St Martin de Benet ont favorisé des rencontres élargies aux dimensions du doyenné, des retrouvailles, permis de mettre des visages sur des noms et inversement, de nouer des relations. Un peu fourbus en fin de journée les quelques cinquante pèlerins d'un jour sont repartis heureux de leur journée et reconnaissants envers l'organisateur, le curé de la paroisse St Hilaire de Fontenay, François Bidaud.

D'autres photos de la journée


dimanche 26 février 2017

Comme un veilleur

Il est là devant moi,
emmitouflé jusqu'au sommet de la tête
avec son capuchon noir relevé.
Car le lieu finit par être frais
quand on y reste si longtemps,
sans bouger, à son âge.

Et mon regard et mon esprit
se laissent happer par lui
au détriment de l'Hôte du lieu
pour qui je suis venue.

Il ?
Un vieux moine
assis juste devant moi.
Évidemment il prie...
Mais encore ?
Qu'est-ce que ça veut dire prier
quand il fait ça des heures durant,
tous les jours que Dieu lui donne ?
Dirait-il, comme le paysan du saint Curé d'Ars
"Je L'avise, et Il m'avise" ?

C'est quoi une prière de moine,
seul et silencieux ?
Et le dimanche, comme aujourd'hui,
c'est comme les autres jours ?
De l'horaire qu'on voit, nous, de passage,
c'est bien pareil.
Il est seul ici, dans l'église du monastère,
un dimanche, en plein après midi.
Et les autres, où sont-ils ?
Ses frères, que font-ils ?
Sa sérénité épouse celle du lieu
et devient contagieuse
soudain illuminée par un rayon de soleil perdu.

"Non, il ne dort pas, il ne sommeille pas
le gardien d'Israël" (Psaume 120)

Il veille,
et sa seule présence est apaisante.
Il était là avant moi,
et il y restera après,
comme un veilleur.


dimanche 12 février 2017

Se laisser toucher par la fragilité

Cette semaine j'ai suivi la session annuelle proposée aux religieux et religieuses de France au  Centre Sèvres, à Paris. Le thème en était : Vivre la vie religieuse dans un monde incertain.
Quatre jours denses et riches avec des intervenants de qualité dans différents domaines pour une approche large du sujet : Jean-Pierre Winter, psychanalyste, le Père Robert Scholtus, théologien du diocèse de Metz, le Père André Wénin, bibliste, Sœur Sylvie Robert, théologienne. Et des témoignages courageux et lucides d'expériences de fragilité.

Quelques jours après je suis riche de plusieurs pistes à explorer, mais une en particulier m'interpelle : cette invitation non seulement à ne pas fuir la fragilité, mais à oser porter mon regard sur elle. J'aime bien ce mot de fragilité, délicat et ouvert, qui balaie discrètement nombre de situations. Moins dur que pauvreté, vieillissement, maladie, diminution... Entendons la fragilité douloureuse, celle dont on se détourne naturellement, qu'on ne peut pas (veut pas) voir. La fragilité heureuse, porteuse d'avenir et d'espérance ne fait pas détourner le regard. La fragilité du nouveau-né ne fait pas peur, elle est germe de vie. La fragilité du malade, du vieillard, de la personne blessée, amochée fait peur. La fragilité de nos instituts religieux face à ce monde difficile et incertain fait peur. La paradoxale fragilité induite pas les nouvelles technologies, les cyber-sécurités, à la réflexion déstabilise. Alors on les fuit. Comme l'autruche on se cache la tête ou on la détourne pour ne pas voir.

Inévitablement cette fragilité de l'autre, que l'autre soit personne ou institution, agresse et déstabilise car elle renvoie à sa propre faiblesse.

Peu à peu, paisiblement, prendre conscience de ces protections qui nous habitent et nous caparaçonnent pour ne pas être confrontés à notre propre fragilité. Peu à peu, paisiblement, oser regarder en face ces fragilités et entrer dans le chemin qu'elles ouvrent.

Me laisser toucher par la fragilité pour me laisser toucher par ma fragilité... à moins que ce ne soit le contraire...


vendredi 3 février 2017

Jean ou le courage de la vérité

Ce commentaire d'évangile a été diffusé sur RCF Vendée ce vendredi 3 février 2017.

(Évangile selon St Marc, 6, 14-29)

Nous voici à nouveau avec un épisode bien connu de la vie de Jésus, ou plutôt de la vie de Jean-Baptiste.
Avec deux personnages principaux : Hérode et Jean le Baptiste.
Dans les lignes qui précèdent ce passage St Marc nous parle de Jésus sur les routes de Galilée, enseignant, guérissant, faisant quelques miracles. Jésus commence à faire parler de lui et cela arrive aux oreilles du roi Hérode. On ne sait pas bien encore qui est cet homme qui fait parler de lui. Jean, celui qui baptisait, serait ressuscité ? Serait-ce le prophète Elie ? Un autre prophète ?...
De ces rumeurs Hérode retient celle de Jean le Baptiste. Il a un passé pour le moins douloureux avec Jean : il a sa mort sur la conscience et ça doit bien le harceler. Voilà donc Hérode à nouveau face à lui-même, face à sa conscience.

Vitrail église St Jean-Baptiste - Fontenay-le-Comte
Hérode savait que Jean était un prophète et il aimait bien l'écouter (avec plaisir précise Marc) même si ses paroles le dérangeaient. Jean lui avait reproché d'avoir pris la femme de son frère et cela avait particulièrement irrité celle-ci qui avait décidé de le faire mourir.
Profitant d'un serment d'Hérode en public Hérodiade va demander la tête de Jean. Hérode est au pied du mur. S'il avait été fidèle à sa conscience il aurait dû renoncer, quoi qu'il en coûte, à un serment fait devant ses admirateurs.

Qu'en est-il de nos décisions et de nos choix quand notre liberté intérieure est mise à contribution ? À quel engagement, à quelle prise de position mon baptême m'appelle-t-il mais auquel je résiste par peur du qu'en dira-t-on ?

Jean a été le précurseur de Jésus dans toute sa vie :
en naissant il a témoigné que le Christ allait naître
en prêchant que le Christ allait prêcher
en baptisant, qu'il allait baptiser
en souffrant le premier sa passion Jean le Baptiste signifiait que le Christ devait lui aussi souffrir.
Jean qui appelait à la conversion et à la pénitence a été témoin de la vérité jusqu'à en mourir.

A quoi nous renvoie aujourd'hui Jean le précurseur ?
Baptisés nous sommes devenus témoins de Jésus. Vivre en témoin de l'amour du Père n'est pas toujours facile. Quels témoins sommes-nous appelés à être dans/malgré les ambigüités de nos existences ?

jeudi 2 février 2017

Mes yeux ont vu ton salut

Ce commentaire d'évangile a été diffusé sur RCF Vendée ce jeudi 2 février 2017.


Évangile selon St Luc 2, 22-40)
Fête de la Présentation de Jésus au Temple

En cette fête de la Présentation de Jésus au Temple et avec cet évangile nous retrouvons l'enfance de Jésus, dernier signe de Noël. C'est peut-être pour cela qu'en certains lieux on laisse la crèche jusqu'à ce jour…

Et que voit-on dans cet évangile ?
Un tout jeune couple qui vient au Temple présenter et offrir au Seigneur son bébé comme le veut la Loi.
Comme il insiste, St Luc, sur cet accomplissement de la Loi ! Pas moins de 4 fois dans la 1ère partie et une autre fois à la fin.
Joseph et Marie se soumettent à la loi comme tout le monde. La filiation divine de Jésus ne les en dispense pas. Une mission, une responsabilité ne dispense pas de respecter le règlement.

Nous voyons aussi 2 vieillards, au soir de leur vie. Toute leur vie Syméon et Anne ont attendu le Sauveur, dans la prière.
De Syméon Luc dit que c'était une homme juste. De cette justice (justesse ?) au sens biblique qui consiste à s'ajuster à Dieu, à reconnaître sa volonté et y répondre dans le concret de la vie.

Sous l'action de l'Esprit, Syméon reconnait dans ce geste tout simple de l'offrande de Marie et Joseph le Salut annoncé, en ce bébé il reconnait le Sauveur, le Messie, la lumière qui vient éclairer les nations. Témoin de cette merveille il chante un cantique d'action de grâce que l'Église reprend chaque soir à la fin des Complies dans la liturgie des heures, le Nunc Dimittis : "Maintenait ô maître souverain tu peux laisser s'en aller ton serviteur, en paix selon ta parole…".

Cette lumière elle est aussi dans nos célébrations de ce jour avec la procession et la bénédiction des cierges, rappel de notre baptême.

Dans notre vie de tous les jours nous pouvons laisser Dieu venir nous rencontrer, dans le silence et la simplicité. Comme Joseph, Marie, Syméon, Anne regardant l’enfant, apprendre à voir l’extraordinaire dans l’ordinaire. Rendre, par notre foi et notre amour, les choses ordinaires extraordinaires.

Il y a tout juste 20 ans cette année, St Jean Paul II faisait de cette fête de la Présentation la journée de la Vie consacrée. Journée sous le signe de l'action de grâces pour mieux faire connaître et apprécier la vie consacré et invitation pour les consacrés à célébrer les merveilles que le Seigneur fait pour eux. C'est donc une journée particulière pour toute personne consacrée qui, inspirée par le don du Christ aspire à son tour à donner sa vie et à tout quitter pour marcher à sa suite.
Bonne fête à toutes, à tous les consacrés !


Nunc dimittis (Taizé)




mercredi 1 février 2017

Nul n'est prophète en son pays

Ce commentaire d'évangile a été diffusé sur RCF Vendée ce mercredi 1er février 2017.


(Évangile selon St Marc, 6, 1-6)

Et Le voilà de retour au pays ! Il a arpenté la Galilée, enseigné, parlé en parabole, il en a expliqué quelques-unes, guéri des malades et ça c'est plutôt bien passé. Et là il rentre à la maison. Il est chez lui, il connaît bien les gens et c'est réciproque eux aussi le connaissent bien.
Comme il se doit, le jour du sabbat il va à la synagogue et voilà que lorsqu'il se met à enseigner ça ne va plus du tout. Il choque ses auditeurs, il les choque même profondément insiste St Marc. Qu'a-t-il donc pu leur dire pour susciter une telle réaction ? Quelles paroles dérangeantes ? Jésus devient chez lui pierre d'achoppement sur laquelle les siens butent.
Ils restent sur un regard humain de leur connaissance de Jésus : le charpentier, le fils de Marie, ses frères, ses sœurs sont bien de chez nous…
Cet homme qu'ils croient connaître leur parle aujourd'hui en Fils de Dieu. Il y a un pas à faire pour le reconnaître Fils de Dieu, Sauveur. Et ce pas c'est la foi.
La foi, hier comme aujourd'hui, c'est reconnaitre la présence divine de Jésus dans la vie ordinaire de chaque jour, dans les personnes rencontrées au quotidien, c'est changer notre regard.

Si les proches de Jésus sont choqués, lui-même est étonné et "il ne pouvait accomplir aucun miracle" nous dit St Marc. Il ne pouvait accomplir aucun miracle, mais pourtant il a fait quelques guérisons. Alors ces guérisons ne sont donc pas des miracles ?

Ce manque de foi des interlocuteurs de Jésus est un obstacle majeur pour reconnaître ses actes de puissance, des miracles, mais ce manque de foi ne peut empêcher la puissance libératrice à l'œuvre en Jésus de se manifester. C'est pourquoi il a pu faire quelques guérisons.

Le miracle suppose la foi. Jésus ne peut nous sauver sans notre participation. "Je t'ai créé sans toi, je ne te sauverai pas sans toi" disait St Augustin.

lundi 26 décembre 2016

Leçon de bernaches


Hier, jour de Noël, nous nous étions retrouvées à plusieurs communautés pour partager le repas festif du jour. Les conversations allaient bon train d'un sujet à l'autre au gré des idées et des humeurs quand soudain sont arrivées les bernaches, ne me demandez pas pourquoi ni d'où elles venaient !
Christiane nous a alors raconté l'histoire des bernaches. Une belle leçon de fraternité où les oiseaux du ciel ont encore beaucoup à nous apprendre.

A l'automne, lorsque vous apercevrez des bernaches volant vers le Sud pour l'hiver, dans une formation en "V", pensez à ce que la science nous a appris sur la raison pour laquelle les bernaches volent de cette façon. Chaque battement d’aile d'un oiseau donne une poussée à l'oiseau qui le suit. Une telle coopération permet à toute la volée de parcourir une distance d’au moins 71 % supérieure à celle que parcourent individuellement les oiseaux volant en solo. Lorsqu'une bernache laisse la formation, elle se heurte à la résistance de l’air qui s'oppose à ses efforts de voler seule et elle revient vite dans la formation pour profiter des avantages de voler avec les autres.

Nous pouvons appliquer le même raisonnement dans notre vie et travailler avec d'autres personnes qui vont dans la même direction que nous. Lorsque la bernache de tête est fatiguée, elle revient dans l'aile de la formation et une autre bernache prend la relève. Les bernaches qui sont à l'arrière crient pour encourager celles à l'avant.

Enfin, lorsqu'une bernache s'affaiblit, qu'elle est blessée ou qu'elle tombe de la formation, deux bernaches en sortent alors et descendent à sa suite pour l'aider et la protéger. Ses compagnes demeurent avec elle jusqu'à ce qu'elle meure. Elles repartent ensuite de leur côté ou se joignent à une autre formation pour rattraper leur groupe.

Si nous avions le bon sens de la bernache, nous nous viendrions en aide les uns les autres de la même façon.

Auteur inconnu... Commentaires inutiles... Je vous laisse méditer la jolie histoire   😉
 
Et ce n'est pas un conte même si l'histoire est belle, sauf qu'il semble que ce ne soit pas spécifique aux bernaches mais plus largement aux oiseaux migrateurs. Recherches scientifiques à l'appui. Allez donc faire un tour sur la revue Nature, au moins pour la jolie petite vidéo, et si vous êtes vraiment allergiques à l'anglais, il y a du français par ici.


samedi 24 décembre 2016

Joyeux Noël !

Quand je vois autour de moi cette avalanche de souffrances je me demande comment je vais pouvoir dire JOYEUX NOËL ! Dans la liste il y a bien sûr les deux dernières grosses catastrophes que sont l'attentat de Berlin et le carambolage de Ste Flaive des Loups. Mais je n'oublie pas la Syrie, Alep... les pays en guerre, les migrants, les malades, les isolés... Ces catastrophes qui s'abattent la veille de Noël, sans prévenir, alors que la fête se prépare : maladie, hospitalisation, décès.

Comment dire Joyeux Noël à toutes ces familles sans blesser ?

Et pourtant Noël c'est la victoire de la lumière sur les ténèbres, en ces jours où justement la nuit cède doucement le pas à la lumière. Et au fond du cœur de chacun brille cette petite lumière, cette espérance. Pour nous chrétiens, cette lumière s'appelle Jésus. Né dans un dénuement extrême nous croyons qu'il est venu nous sauver et nous apporter Lumière, Paix et Joie. N'était-ce pas le chant des anges accourus à la crèche, "Gloire à Dieu... et paix sur la terre aux hommes qu'il aime" (St Luc 2, 14) ?

Noël, dans l'esprit de chacun, c'est aussi la trêve, un jour dans l'année où peuvent cesser les conflits des plus grands aux plus petits de nos quotidiens. Et pourquoi la trêve ne durerait-elle pas plus longtemps ?... Puis-je faire un rêve, moi aussi, aujourd'hui ?

Bénédictines de Venière
Noël c'est ce Dieu désarmé et désarmant qui vient à nos devants redonner espoir  espérance aux hommes.

Christian de Chergé disait : « Il s’agit bien pour le Fils de Dieu de prendre une humanité semblable à la nôtre et de la conduire à son terme qui est d’entrer dans la vie de Dieu.
Il nous faut trouver dans le mystère de l’incarnation nos vraies raisons de rester malgré les menaces et la tourmente. Noël, c’est l’Emmanuel, Dieu silencieusement présent, présence de l’amour même qui seul est révolutionnaire, qui seul transforme les cœurs des uns et des autres... »

Alors oui, avec confiance,  je vais oser dire

J O Y E U X   N O Ë L   !

et que le Prince de la Paix venu crécher chez nous et dans nos cœurs nous aide à être artisans de Paix là où nous sommes.




dimanche 18 décembre 2016

70 ans à la Maison diocésaine de Saintes

Une communauté qui ferme c'est toujours un déchirement. Pour les Sœurs qui partent mais aussi pour la Congrégation, l'Église locale (paroisse ou service) qu'elles laissent et où elles avaient trouvé leur place pour la mission qui leur était confiée. C'est reconnaître nos limites tout en rendant grâces pour le vécu, les relations et les amitiés nées et entretenues et passer le relais à d'autres. Ainsi en a-t-il été pour la communauté de la Maison diocésaine de Saintes. Trente cinq Sœurs y ont assuré divers services depuis 70 ans, de la direction de la Maison à l'entretien du linge en passant par l'animation spirituelle, l'accueil de groupes, la cuisine, le fleurissement, la Sacristie, le soutien à quelques prêtres résidents...

C'est en 1947 qu'une communauté de Sœurs des Sacré-Cœurs arrive au petit séminaire de Saintes, à la demande de Mgr Liagre, évêque de La Rochelle et Saintes. Déjà depuis 1920 une autre communauté était présente au grand séminaire de L'Houmeau. Le grand séminaire fermé, le petit séminaire transformé en Maison diocésaine, les Sœurs y sont restées jusqu'à ce jour.

Ce vendredi 9 décembre le personnel de la Maison diocésaine s'est donc retrouvé pour une messe d'action de grâces pour ces 70 années de présence de la Congrégation, autour de Mgr Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes, et de son Conseil. Une quinzaine de Sœurs ayant travaillé en ce lieu étaient également présentes tandis qu'on fêtait aussi le départ à la retraite de Marie Claude, après 40 ans de services discrets dans la maison et formée à l'école des "Sœurs de Mormaison".

Les unes et les autres ont exprimé remerciements et reconnaissance qui pour les liens tissés, le bonheur de vivre dans ce département et ce diocèse, dans cette maison où elles ont tant reçu par la diversité de l'accueil de gens d’Église ou hors Église, qui pour l'accueil, le travail discret, le service caché, la prière et la bonne humeur. Reconnaissance aux Sœurs qui ont fait vivre cette maison et lui ont- donné une âme depuis 70 ans.

Pour Sœur Jacqueline et Sœur Louise, une page se tourne. Dans un mois elles quitteront définitivement Saintes pour une autre mission au Centre spirituel Pierre Monnereau, à Mormaison. Un peu un retour aux sources, mais toujours dans l'accueil et le service, à la suite de Celui qui est Chemin, Vérité, Vie.







samedi 10 décembre 2016

Lettre ouverte à Isabelle

Chère Zabou,

Le voilà arrivé le grand jour pour lequel tu te prépares depuis si longtemps, pour lequel aussi tu nous as bien préparés. A la fois aboutissement d'un long chemin et nouveau départ.

Quand j'ai commencé à te "fréquenter" tu m'as tout de suite intriguée. Qui donc était cette toute jeune femme qui partageait si ouvertement sa foi sur les réseaux sociaux, qui jonglait entre CAPES, agrégation et blog, entre servants d'autel et école de prière, entre chemin de Compostelle puis via Francigena, réco et accompagnement spirituel ? Pas la dernière à blaguer et profonde dans sa foi et sa réflexion. Capable de rire, faire rire, d'un vrai coup de gueule et de pardon, de pleurer dans un couloir d'hôpital ou au chevet d'un mourant et aussitôt de rebondir dans sa foi... Partageant sans complexe sa prière au rythme des temps liturgiques... J'ai vite compris qu'une vocation bourgeonnait et se cherchait sans savoir laquelle évidemment.

Et voilà, ce matin, dans la cathédrale de Nanterre, tu as été consacrée par Mgr Aupetit dans l'ordre des vierges consacrées, une forme de vie consacrée que l'on redécouvre, pas facile à faire entendre dans le monde d'aujourd'hui. Tu dis toi-même ta vocation "si méconnue chez la plupart des chrétiens", mais qu'elle est pour toi, par la prière, réponse à l'attente de Dieu.

Lundi tu seras la même pour tes collégiens de ZEP qui te donnent parfois du fil à retordre mais que tu aimes, et ils te le rendent bien. Tu ne pourras rien leur dire de ton engagement, devoir de réserve oblige, mais pourtant ils ont déjà compris que tu les aimes et ne cherches qu'à les faire grandir. 
 
Ce chemin qui s'ouvre devant toi aujourd'hui est chemin de bonheur. Je te souhaite bonheur dans ce choix de vie, continue à être témoin heureuse de ta foi et de tes engagements en Église. Merci pour la richesse de ta présence sur ce continent digital, pour reprendre une expression de Benoît XVI, où nous nous sommes rencontrées, merci pour ce que j'y ai reçu de toi. Ma prière continue de t'accompagner. Avec Marie, que le Seigneur achève ce qu'il a commencé en toi.

Très fraternellement à toi,

Cybersister

PS 1 - Ne va pas t'y tromper, je sais que tu as aussi plein de défauts...
PS 2 - Je t'ai piqué une photo... et quelle photo ! Tu ne m'en veux pas ?  😉

jeudi 8 décembre 2016

5 ans déjà !

C'était en effet un certain  8 décembre 2011, une page se tournait, une nouvelle aventure commençait. C'est mon réseau bien aimé qui m'a rappelé ça ce matin en allumant mon ordinateur, avec photo à l'appui. 

Ce jour-là une petite Congrégation fusionnait avec une plus grande. Je savais ce que je quittais, je ne savais pas bien où ça me mènerait mais j'y allais avec confiance et espérance. Je n'ai pas été déçue. Si le grand nombre a pu être pour certaines un élément déstabilisant j'y ai vu un facteur d'ouverture. D'autres sœurs à mieux connaître, d'autres terrains de mission, d'autres pays à découvrir. Le mélange des communautés a permis cette ouverture et a cassé la routine.

J'avais eu l'audace de penser avec plaisir et soulagement : finies maintenant les responsabilités de Congrégation !  Ça n'a pas duré longtemps ! Très vite "on a pensé à moi", à quoi j'ai répondu une fois, "j'aimerais bien que vous pensiez un peu moins à moi". D'abord des propositions de formation puis des appels plus clairs à quelques responsabilités dans la Congrégation. C'était à la fois courageux de leur part et me faire confiance pour une mission qui me dépassait dans cette Congrégation que je ne connaissais pas, où j'avais tout à découvrir ! Puisqu'elles me faisaient confiance, mon oui a été une façon d'apporter ma part à la fusion : vous nous avez accueillies, soyez-en remerciées et j'accepte ce service si vous m'en jugez capable.

J'ai fait mon chemin, j'ai découvert, j'ai bien peiné pour comprendre et connaître (et ce n'est pas fini !) mais ces années de Conseil m'ont aidée à connaître la Congrégation et les Sœurs tout en servant l'une et les autres et à retrouver le dynamisme de la vie religieuse dans une Congrégation diocésaine.

En ce 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception, avec Marie je rends grâces pour ces 5 années et je lui confie l'avenir de la Congrégation, le chemin que nous faisons ensemble au cœur de l’Église.



dimanche 16 octobre 2016

Ça manque à ta culture !

Oui, certes, ça manquait à ma culture, mais surtout aussi ça lui faisait un immense plaisir d'y aller.

Depuis quelques jours c'est son sujet de conversation privilégié et elle suit ça de près à la radio, la télé, les journaux. Hier, avec l'ouverture du village du Vendée Globe, elle nous racontait ses souvenirs des années passées aux Sables où elle vivait à fond l'événement du Vendée Globe. Comme si elle y était. Et puis elle a tout repéré : les exposants, les bateaux, les noms des skippers, les parkings proches... C'est sûr qu'elle serait un bon guide. Aujourd'hui encore, pendant le déjeuner, elle a le visage radieux quand on en parle. Je comprends que n'être jamais allée au village du Vendée Globe depuis si longtemps que je suis en Vendée est un manque grave de culture. Oui, me répond-elle avec un grand sourire, ça manque à ta culture. C'est trop clair qu'elle grille d'envie d'y aller. Alors je propose : et si on y allait cet après midi ? La réponse ne se fait pas attendre.

Fin de repas et vaisselle expédiés à grande vitesse, quelques quarts d'heure plus tard nous voilà au fameux village. Le soleil a pris ses congés laissant place à quelques ondées mais la foule est bien là. C'est un concert d'expositions, d'animations ludiques et pédagogiques pour grands et petits, un défilé ininterrompu sur les pontons pour voir de près, toucher chaque bateau, échanger un mot avec quelques skippers venus aussi pour un bain de foule avant la grande solitude de la course, s'arrêter devant les photos géantes "Dans les rues du globe", collectionner toute la doc possible à commencer par les magnifiques posters. Ambiance bon enfant, festive.

Et voilà une première immersion dans le monde du Vendée Globe grâce à Angèle, une sœur de ma communauté qui ne compte que 87 années au compteur de la vie. Je sens que son enthousiasme m'a contaminée et que je vais suivre de près cette belle aventure qu'est le Vendée-Globe 2016 (#VG2016 pour les geeks).

Sûr que le 6 novembre elle va passer sa journée devant la télé ! Elle a son supplément de jouvence pour 3 mois.

samedi 17 septembre 2016

Un démarchage pas comme les autres

Comme beaucoup je déteste le démarchage, quel qu'il soit. Mais cette fois, allez donc savoir pourquoi, je me suis prêtée au jeu de bonne grâce. On a le droit de s'arranger, non ?

Donc elle a commencé par une enquête de satisfaction sur le portage du journal à domicile. Bingo ! Ca tombe bien, c'est parfait, j'en suis contente alors j'y suis allée de mon petit couplet de félicitation et de remerciement pour ce service très matinal, régulier et tout. Oui, ce sont des étudiants qui font ça pour gagner un peu d'argent...

Puis elle a continué sur le fond, le contenu du journal, qu'est-ce que vous lisez en premier (non pas les obsèques, pas moi), qu'est-ce que vous aimeriez y trouver, qu'est-ce qu'on pourrait améliorer...  Pour un peu j'avais un journal sur commande et à défaut de refaire le monde je refaisais le journal. Ah oui, votre dernière page, j'aime bien la dernière page : un regard positif sur des événements ou des tranches de vie. Elle savait s'y prendre la fille. Pour en arriver à sa proposition, parce que c'était quand même bien le but de l'opération, me faire consommer un peu plus et donc me proposer le journal le dimanche, à l'essai pendant un mois, pour un prix intéressant si je m'engage après, et si vraiment ça ne me convient pas je pourrai arrêter, etc. le couplet habituel. On a discuté un moment, ça ne me disait rien du tout et j'ai fini par céder avec l'arrière pensée de ne pas donner suite après l'essai.

Après elle a dû me parler "des autres", entendons par là les Sœurs de ma communauté, avec qui je pourrais en parler et qui seraient peut-être intéressées, elles. Elle a bien compris qu'avec moi ce n'était pas gagné...

Et puis ça s'est terminé comme ça. Enfin non. Remerciements, elle était contente : merci d'avoir pu parler avec vous, c'est rare d'avoir un tel accueil, et puis merci pour ce que vous êtes, pour vos prières. C'est important ça vos prières. Ma grand mère disait toujours : si le monde tient encore debout c'est grâce aux prières des Sœurs. Alors là vous avez de quoi faire ! Merci. Continuez.

J'étais toute éberluée de cette façon de conclure une conversation à caractère commercial. Avec une inconnue, quelqu'un que je ne retrouverai jamais. Un joli message que je transmets à tous ceux et celles qui ont cette mission de prier pour le monde et pour l’Église. On nous y attend !


lundi 5 septembre 2016

Elles ont fait bénir leur maison

Certains auraient pendu la crémaillère, elles ont choisi de faire bénir leur maison.

Elles ont emménagé là il y a six mois, pas tout à fait nouvelles dans le quartier pourtant puisqu'elles n'étaient qu'à deux kilomètres. Quelle idée de déménager à deux kilomètres ! C'est l'aboutissement d'une réflexion commune entre la paroisse St Hilaire de Fontenay et la Congrégation des Soeurs des Sacré-Cœurs de Jésus et de Marie. La première, en restructuration, cherchait à garder une présence religieuse dans un quartier de la ville et un lieu d'accueil pour de petits groupes. La seconde cherchait un habitat plus adapté à une communauté religieuse.

En ce lieu, en réponse à l'appel de la paroisse, la communauté de quatre Sœurs a une mission d'accueil et de proximité, de présence toute simple aux gens du quartier.

Une pièce de la communauté sert donc aussi à l'accueil de petits groupes : enfants du caté, réunions d'équipes liturgiques, soirées bibliques, groupes de prière...

Accueil de groupes mais aussi accueil individuel, porte ouverte à qui veut venir confier une joie, une peine, partager un moment de prière, passer un moment pour rompre la solitude, ou le simple plaisir de prendre un café en bavardant.

Et alors pourquoi bénir cette maison ?
Dans la Bible, une bénédiction est d’abord un acte de Dieu qui veut le bien pour l’homme. Elle est aussi reconnaissance de la grâce de Dieu. Lorsque l’Église bénit elle affirme la présence de Dieu* à l’œuvre dans sa création. Bénir une maison rappelle que l'existence de l'homme dans toutes ses dimensions (travail, loisir, repos...) intéresse Dieu. Bénir une maison c'est bénir ses occupants afin qu'ils reconnaissent la présence de Dieu dans leur vie et qu'ils la transmettent à leurs frères et sœurs.

Ainsi comprise la bénédiction ne pouvait être qu'un coup de goupillon sur les murs de la maison, mais elle s'enracinait dans la Parole de Dieu, et la prière commune. Puis le célébrant a béni les personnes présentes et les pièces de la maison.

Michèle, Marcelle, Christiane et Isabelle avaient invité largement amis et proches, "utilisateurs" de la salle, la réponse a été à hauteur de leurs attentes. La diversité des participants reflétait la diversité des bénéficiaires, des amis, l'ouverture de la communauté, les liens déjà tissés.  Michel, ému, a spontanément pris le micro pour remercier les Sœurs de leur soutien quand il a perdu sa femme.

La soirée s'est poursuivie par un temps convivial autour de boissons fraîches où de nouveaux liens ont pu se créer, jusque tard dans la soirée, certains pas pressés du tout de rentrer. On était bien là.

Que cette maison soit en effet un lieu où il fait bon vivre, où il fait bon venir, où Dieu se fait proche, où la Bonne Nouvelle est annoncée et vécue. "Venez, et voyez" (St Jean 1, 39).

* Père Sébastien Antoni, assomptionniste


Photos de l'après-midi

samedi 3 septembre 2016

Mère Teresa, la face cachée

Demain elle sera canonisée, proclamée sainte par l’Église catholique à la face du monde. Et pour une fois l'ensemble des médias sont très bavards sur l'événement, je ne m'en plaindrai pas. Cependant il est une dimension de sa vie dont on ne parle pas, ou très peu, et qui alimentait son œuvre de charité. Je veux parler ici de sa grandeur spirituelle et mystique.

Sa première expérience mystique date de 1946 (elle a 36 ans), qu'elle nomme "l'appel dans l'appel". Dans le train elle entend un appel du Christ à tout quitter pour le suivre dans les bidonvilles et les trous obscurs et le servir dans les plus pauvres des pauvres. "Viens,  sois ma lumière", lui dit le Christ. A partir de ce jour elle mettra tout en œuvre pour discerner que cet appel vient de Dieu puis pour le réaliser. Et quand elle se heurte aux évêques et archevêques qui traînent les pieds pour transmettre sa demande au Pape elle n'hésite pas à les relancer plusieurs fois : "Pardonnez-moi si je vous importune avec toutes ces lettres.." [...] "Je vous supplie Excellence, au nom de Jésus et pour l'amour de Jésus de me laisser y aller. Ne différez plus. Ne me retenez pas." Car Mère Teresa est obéissante et veut l'aval du Pape, comme signe de la volonté de Dieu, pour réaliser son projet. En 1942 elle avait fait en privé "le vœu à Dieu, sous peine de péché mortel, de donner à Dieu tout ce qu'il pourrait demander, de ne rien lui refuser".
Elle est écartelée entre l’Église qui prend son temps et Jésus qui la confronte à son vœu dans un lancinant : "Refuseras-tu ? Refuseras-tu de faire cela pour moi ?". Elle devra attendre 2 ans pour avoir le feu vert : "Vous pouvez y aller".

Le discernement de son projet l'a mise à rude épreuve. Ce premier combat terminé Mère Teresa va rapidement être affrontée à une profonde nuit spirituelle qui ne la quittera pas, des ténèbres de plus en plus sombres. Elle ira jusqu'à dire qu'elle n'a plus la foi, craindra l'hypocrisie car elle parle bien de Jésus mais elle en est si loin. Une grande souffrance qu'elle ne dévoile qu'à ses pères spirituels, mais que bientôt elle ne pourra même plus exprimer : "Pour moi, je n'ai rien à dire, car les ténèbres sont tellement sombres, la douleur tellement douloureuse". Une grande souffrance dont rien ne perce à l'extérieur son sourire étant son arme : "le sourire est un grand manteau qui recouvre une multitude de douleurs". Elle demande à ses Sœurs : "Prenez tout ce qu'il vous donne et donnez tout ce qu'il vous prend avec un grand sourire".

Que ce soit pour le discernement et la mise en œuvre de son projet, ou dans sa nuit, Mère Teresa ne cesse de prier et de demander qu'on prie pour elle, pour son œuvre, pour ses Sœurs.

Cette nuit elle n'en verra pas la fin. Elle en viendra à aimer ses ténèbres et à même y penser pour après sa mort : "Si jamais je deviens sainte, je serai certainement une sainte des ténèbres. Je serai continuellement absente du Ciel pour allumer la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres sur terre." Paradoxalement, et c'est un trait de l'expérience mystique, la traversée de cette épreuve l'enracine dans l'amour de Dieu et des autres, sa seule raison de vivre.

Sainte Mère Teresa, priez pour nous !

Les citations sont tirées de
"Mère Teresa, Les écrits intimes de la Sainte de Calcutta"
Brian Kolodiejckuk. Editions Lethielleux

samedi 20 août 2016

Virée dans le ciel de Vendée

Alors voilà, sur une idée originale d'un neveu ils s'y sont mis à plusieurs pour m’offrir une virée en autogire. Non, parce que un bon d'achat à la Fnac (pardon frangin !) c'est très sympa mais ça ne décoiffe pas vraiment. L'autogire ça promet d'être plus hard. Les jeunes, ils ont des idées géniales, même pour les vieux. Enfin, vieux... c'est encore à voir !

Donc j'avais soigneusement mis de côté ce bon/beau cadeau pour les beaux jours de l'été. Et je suis passée aux choses sérieuses dernièrement. Accompagnée de ma nièce nous étions ponctuelles au rendez-vous : juste au bord d'un champ qui m'a paru minuscule, mais l'autogire n'a pas besoin d'une longue piste, il décolle tout de suite m'a assuré le pilote. Premier contact avec le pilote, vraiment chaleureux... enfin non, pas premier contact, j'étais déjà venue deux fois en repérage. Henri Gréaud, il y a 20 ans qu'il fait ça, à Thorigny. Il met vite à l'aise, rassure si besoin est et tutoie tout le monde sans demander. Il ne se fait pas prier pour prendre la pose photo avec son passager, il en rajouterait même un peu. Et il connaît bien sa virée, un pro qui partage ses connaissances et sa passion avec enthousiasme.

Avec l'installation dans l'engin l'aventure est déjà en route : casque-oreillettes-visière, sangles, appareil photos solidement attaché aux sangles, et... pas de consignes. C'est pas Air France ici, pas de répétition avec le gilet de sauvetage et le masque à oxygène. Le siège est à hauteur du rebord : pas de portière, pas de vitre, plein air complet. Naïvement je cherche quelque chose pour me tenir... "et on se tient à quoi ?"... "à rien. Si tu veux tu t'accroches aux sangles (autour de la taille)". Bon ! Et c'est parti. Un petit tour de piste pour dire au revoir à la nièce, une dernière photo et on s'envole aussitôt, direction les Sables d'Olonne, la côte vendéenne jusqu'à la pointe d'Arçay puis retour par les terres.

J'avoue que les 15 premières minutes je n'étais pas fière du tout, je n'osais pas bouger, à peine la tête, en tenant la visière du casque de peur qu'elle ne s'envole... (on ne rigole pas s'il vous plaît !). Parce que  ça souffle dur là haut et pas de vitres à remonter ! J'avais peur de basculer dans le vide d'un côté ou de l'autre, mais pas de vertige. Puis en arrivant vers les marais des Sables ça allait mieux, comme si j'avais moins peur de tomber dans l'eau que de tomber sur la terre... j'ai commencé à sortir mon appareil photos pour mitrailler jusqu'à l'arrivée. Ça allait de mieux en mieux.

En survolant cette bonne portion de Vendée j'ai pu admirer des paysages jamais vus, ou en tout cas pas de cette façon, les marais et les parcs à huîtres des Sables... jamais vus... Ces paysages si contrastés, se succédant les uns les autres : marais, côte, immenses plaines du Sud et bocage du centre,  les routes et les canaux rectilignes sur des kilomètres, le secteur désormais désert de La Faute et La Tranche ravagé par Xynthia, Luçon, Mareuil, Château-Guibert...  La mer était haute, c'était plus beau et plus facile à repérer.

Pour le côté technique, on devait voler à 300/400 mètres d'altitude et entre 100 et 150 km/h... au début j'avais l'impression qu'on n'avançait pas. Température environ 16° je pense mais avec le vent ça faisait bien plus frais.

Magnifique et inoubliable escapade où on se sent quand même bien petit dans cette immensité, entre terre, mer et ciel, où l'homme est minuscule et la voiture comme une fourmi. A la fois grandeur et fragilité de la vie, de notre embarcation qui porte bien son nom d'ultra légère (Ulm*). Un cadeau original qui laisse des images et des sensations inoubliables.

Une expression courante me vient spontanément à l'esprit, "Prendre de la hauteur", comme si cette expérience venait l'éclairer et lui donner tout son sens...

Photos de l'expédition

*Ulm : Ultra léger motorisé


jeudi 14 juillet 2016

"Maillezais sentinelle du marais"

L'immense abbaye St Pierre de Maillezais est une des curiosités à ne pas manquer dans le Sud Vendée. Mais que peuvent dire ces ruines, aussi imposantes soient-elles, sans explication, sinon laisser deviner une période prospère.

"Maillezais, sentinelle du marais" est un spectacle qui balaie l'histoire de l'Abbaye, faisant voyager le visiteur dans le temps et dans l'espace à la rencontre des personnages qui ont jalonné son histoire.

Le moine Pierre, premier chroniqueur de l'Abbaye, accueille le visiteur et remonte le temps jusqu'à l'origine de l'édifice, il y a plus de mille ans de cela, d'abord forteresse puis monastère sur la volonté d'Emma d'Aquitaine. 

Trois autres stations mettent en scène une rencontre entre Geoffroy de Lusignan, qui aurait incendié l'abbaye, et Emma d'Aquitaine, une scène épique entre Agrippa d'Aubigné et son fils Constant, et la scène finale, reconstitution de la vie des moines où se côtoyaient Geoffroy d'Estissac et François Rabelais au XVIe siècle. On y touche du doigt le rayonnement qu'a eu l'abbaye en son temps, tant dans sa dimension spirituelle que pour son rôle économique et social.

Un spectacle dynamique qui mêle harmonieusement histoire, théâtre, chant et musique. Les acteurs, professionnels, ont à cœur de présenter un théâtre populaire, ludique, varié, coloré et avec quelques traits d'humour. "L'esprit qui nous anime est celui de la joie et du partage" disent-ils.

Mais d'où viennent ces morceaux de statue négligemment abandonnés au bord du chemin ? Un pied, une main, une tête... Vu la taille il ne peut s'agir que d'un géant. Gargantua ?...  Négligemment abandonnés ? Non point, ils font partie du décor. Dès le début Rabelais est présent, même si on ne le rencontre que dans la dernière scène. Un Rabelais très sympathique d'ailleurs...





mardi 12 juillet 2016

Petit patrimoine fontenaisien

C'était une première, tant sur le fond que sur la forme. Une soirée co-organisée par la Pastorale du Tourisme et Fontenay Ville d'Art et d'Histoire pour une visite insolite de Fontenay-le-Comte : Chemin faisant levons les yeux sur le petit patrimoine religieux. PETIT patrimoine religieux ? Non point péjoratif le terme veut plutôt désigner ces richesses ignorées devant lesquelles on passe sans les voir, ou qu'on a tout simplement oubliées à force de les voir. Oui, levons les yeux, et pas que sur le patrimoine religieux.

Sous la forme d'une promenade découverte dans quelques rues des environs de l'église Notre-Dame, Marie-Gabrielle, animatrice du patrimoine, nous a entraînés au son de son accordéon attirant notre attention sur tel ou tel détail. Une nouveauté pour elle aussi, elle a dû fouiner un peu dans ses documents pour nous éveiller à ces détails, implorant de ce fait notre indulgence. Pas nécessaire ! passionnant son parcours et ses commentaires. Du parvis de l'église Notre-Dame aux jardins de l'Union Chrétienne elle nous a successivement dévoilé le porche de Notre-Dame et la petite place St Pierre, en hommage à une illustre religieuse aussi généreuse qu'intrépide capable de toutes les audaces, car pour le Bon Dieu que ne ferait-on pas ?

Puis la rue Émile Boutin qui conduit à l'entrée du parc Baron avec les vestiges de son château fort , rue de la Tuée (hum!), rue du Bédouard , rue Jean Imbert, rue Barnabé Brisson et le collège St Joseph, et toutes les richesses cachées de la rue Rapin : le château de Terre Neuve, la Tour Rivalland, l'ancien Carmel. Cette dernière partie du circuit est certainement celle qui a le plus surpris les fontenaisiens : depuis le temps qu'on est là, on n'était jamais venus ici ! Honte ! Merci Marie-Gabrielle. Il est vrai que pénétrer dans l'ancien cloître du Carmel n'est pas facile, souvent une grille en ferme l'accès. Carmel reconverti en logements.

La balade était ponctuée à trois reprises de lectures appropriées : une prière de St Jean-Paul II à la Vierge du Calvaire, pour l'arrêt au calvaire de la Commanderie, un extrait de la Vie de Ste Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face pour la station au Carmel et une poésie du P. Bonnaud (1898), curé de Charzais, "Prise de possession par Jésus de la chapelle de l'Union-Chrétienne", pour l'arrivée en cette chapelle.

Une quarantaine de personnes ont participé à cette première édition. De tous âges, d'origines diverses et aux motivations variées. De "vieux" Fontenaisiens curieux de découvrir ce qui aurait bien pu leur échapper, des "revenants", j'entends par là des Fontenaisiens partis pour études et travail professionnel et revenus au moment de la retraite, surpris de découvrir "comme c'est beau ici !", des croyants et des moins-croyants, une jeune tchèque avide de découvrir sa nouvelle terre...

La soirée s'est terminée autour d'une boisson fraîche dans les jardins de l'Union Chrétienne et un pique nique. Un dernier air d'accordéon avant de se quitter... certains n'ont pas résisté à son appel pour un pas de danse.

Quelques heures de bonheur alliant culture, détente, rencontre et partage. Pour une première, bravo les organisateurs, et merci... Rendez-vous dans un an pour la deuxième édition, n'est-ce pas ?


NB - Autres propositions de la Pastorale du Tourisme dans le Sud Vendée : 19 juillet et 9 août.





dimanche 10 juillet 2016

Pari tenu, il a sauté

Les Journées Mondiales de la Jeunesse, quel événement dans la vie d'un jeune catho ! Y participer est le rêve de beaucoup mais souvent le prix freine les élans.

Et voici qu'un jeune prêtre vendéen, Monsieur JMJ du diocèse, en novembre dernier, a lancé un appel aux dons pour aider les jeunes, avec un pari fou : si on atteint 10 000 € je saute à l'élastique. 10 000 €, c'est énorme, on se dit qu'on n'y arrivera pas. Pensait-il avoir mis la barre suffisamment haut pour échapper à l'exercice ? Se lancer comme ça, quand on sait la trouille qu'il a du vide, même sur une chaise il a le vertige, alors à plus de 50 m de haut ! Cela avait fait rire dans les sacristies et les chaumières, au conseil épiscopal aussi.

Il a toujours associé son saut à l'élastique à un saut dans la foi que sont les JMJ pour les jeunes. Une aventure en effet, en pays étranger, faite de rencontres, de découvertes et de partages, de catéchèses, de temps de prière, de célébrations et de fête... Un saut à l'élastique pour permettre à des jeunes de faire ce saut dans la foi.

Six mois plus tard la collecte a largement dépassé les attentes... Florent va devoir honorer son engagement. Et bravo pour les jeunes qui vont en bénéficier.

Et voilà le jour J arrivé. Pas très fier le Florent en haut du viaduc de Coquilleau mais courageux et toujours souriant. Et il est bien entouré : les jeunes venus l'accompagner qui l'attendent en bas dans la prairie et ceux qui sont montés sur le viaduc pour être avec lui jusqu'au bout ; ses parents, pas trop rassurés eux non plus... Après avoir revêtu l'équipement d'usage, solidement harnaché au corps et aux chevilles il s'est élancé dans le vide sous les applaudissements des jeunes.

De retour sur le plancher des vaches, via la vidéo de la journaliste, il a remercié tous ceux qui, par leurs dons, vont permettre à 200 jeunes vendéens de se rendre à Cracovie du 20 au 31 juillet, et eux, de faire le saut dans la foi.

Ami lecteur/JMJiste, si tu rencontres Florent à Cracovie, ne manque pas de le saluer et de le féliciter.

et bonnes Journées Mondiales de la Jeunesse 2016 !





lundi 4 juillet 2016

Week-end de grâce

Il s'annonçait bien dense ce premier week-end de juillet avec ses trois grands rendez-vous.

Dès le samedi après midi deux événements au même moment : 52 Sœurs de la Congrégation fêtaient un anniversaire de profession religieuse (25, 50, 60, 70 et 75 ans de vie religieuse) et à quelques kilomètres de là les Ursulines de Jésus (Chavagnes) accueillaient dans leur Congrégation les Religieuses de l'Immaculée Conception de Niort. Célébration de fusion qui, bien sûr, n'a pas manqué de me rappeler celle que j'ai vécue personnellement il y a bientôt cinq ans. Célébration très marquée par l'interculturalité. Tous les pays dans lesquels ces deux Congrégations sont implantées étaient représentés (France, Royaume Uni/Irlande, Madagascar, Amérique latine, Italie, Espagne). Célébration sobre et empreinte d'émotion au cours de laquelle toutes les Sœurs, avec une même formule, ont renouvelé le OUI de leur premier engagement, "entrant dans une nouvelle période de leur histoire", et les Sœurs de l'Immaculée Conception ont reçu le Livre de Vie et la croix des Ursulines de Jésus. Après la messe, un lâcher de ballon symbolique : autant de couleurs de ballons que de pays, autant de ballons que de communautés. Par grappes, par pays, les ballons ont été lâchés et sont partis au loin, symbole de l'envoi en mission des Sœurs et des communautés dans leurs divers lieux.

Ce même samedi avait lieu à Fontenay la 4e nuit des églises. La petite église Notre-Dame de l'Assomption, dans le quartier de Charzais, était à l'honneur. Sur le parvis, son histoire nous était tout d'abord retracée par un charzaisien de souche, de l'époque romane à nos jours, puis nous étions invités à entrer dans l'église, sur fond de musique. A l'intérieur trois vitraux remarquables (vitrail de l'Assomption, vitrail de St Laurent, vitrail de St Isidore) ont fait l'objet d'une présentation particulière, soutenue par le diaporama réalisé par l'association du patrimoine religieux. L'histoire... la légende de St Isidore, patron des laboureurs, nous était ensuite gracieusement mimée par quelques adultes et des enfants. Même le curé s'y est mis dans le rôle du riche propriétaire. Enfin le très beau chemin de croix de cette église fut l'occasion de rappeler l'origine et l'histoire de la dévotion au chemin de croix. Depuis quand ? (le XIVe siècle). Pourquoi ? (une pieuse volonté de mettre ses pas dans ceux du Christ sur le chemin de la Passion, du lieu de son jugement à celui de sa mise au tombeau). Comment ? (par la marche et la méditation de scènes évangéliques de la Passion du Christ). En écho à ce commentaire le curé a lu quelques passages des évangiles de la Passion du Christ suivis d'un bref temps de méditation sur fond d'improvisations à l'orgue.
La chorale paroissiale a accompagné la soirée et donné la note finale par l'interprétation de quelques pièces en latin, soutenue par le jeu harmonieux des organistes.
Un temps de déambulation a permis de découvrir une exposition de vêtements liturgiques et d'objets de culte, richesses ignorées.

Et dimanche l'au revoir au Père George. Trois ans seulement qu'il est parmi nous, mais que de liens tissés, que d'amitiés nouées. Arrivé tout droit du Ghana il ne connaissait pas un mot de français. Il arrivait en pays inconnu, ayant tout à découvrir, s'habituer au climat et à la nourriture, à notre culture et à notre façon de vivre...
Comme pour ses 10 ans de sacerdoce il avait préparé la messe avec ses amis Wallisiens. Musique et chants de leurs pays, ça fait du bien et c'est joyeux, ça ressemble bien à George aussi. Les chants, on ne les connaît pas... mais tout le monde chante. Comment font-ils pour nous entraîner ainsi ?... Il avait aussi mis son étole des jours de fête, aux couleurs vives et chaudes, si jolie.
A la fin de la messe, est venu le temps des remerciements. Marie-Thérèse et Claude se sont fait l'écho de tous les paroissiens, groupes, mouvements pour dire à George combien son séjour parmi nous a été riche, source de joie et restera dans nos mémoires et nos cœurs. Un moment fort et plein d'émotion... pour les uns et les autres. Au nom de l'équipe pastorale le Père François a également remercié George avec un brin d'humour et beaucoup d'émotion aussi, accolade finale à l'appui. Difficile de résumer ces 3 années, mais dire que George a incarné la Joie de l'évangile est d'une profonde signification, tout est dit en ces quelques mots. Monseigneur Castet aurait aussi dit que George est le prêtre le plus heureux du diocèse !
Impossible pour George d'aller jusqu'aux tables du verre de l'amitié à l'issue de la messe tant il était assailli de gens de tous âges et de tous milieux qui voulaient le remercier personnellement et l'embrasser.

Et ceux qui le souhaitaient ont pu prolonger la fête avec le pique nique partagé dans la joie, avec George bien sûr !

Oui merci George pour ta joie de vivre, ta proximité si fraternelle, merci de t'être fait l'un des nôtres et de nous avoir partagé tes richesses comme de petites semences qui vont porter leurs fruits. Merci pour le témoignage si fort que tu nous laisses. Au revoir... et à bientôt... Luçon, ce n'est pas si loin, tu te souviendras bien de la route, à moins que tu ne gardes tes bonnes habitudes avec Bla-bla car ! ;)


NB - On peut retrouver les textes de la nuit des églises, des interventions à la fin de la messe de dimanche ainsi que des photos sur le site de la paroisse St Hilaire de Fontenay.



lundi 16 mai 2016

Biennale 2016

Fidèle à sa renommée et à sa tradition la Biennale de Fontenay a enchanté grands et petits en cette Pentecôte 2016.

Organisée par le Comité des Fêtes de la biennale cette fête populaire habille les rues de Fontenay de couleurs, de musiques et de milliers de fleurs depuis plus de 150 ans. 67ème édition cette année.

La Biennale, comme son nom l'indique, c'est tous les deux ans, mais ce sont deux années de travail pour des dizaines de bénévoles. Des chars totalement renouvelés à chaque fois, repensés à zéro : thème, motif à représenter, confection des roses en papier (travail minutieux !), confection de la structure du char et collage des roses. Plus tard arrive l'élection des comtesses par quartier, puis pour la ville. De petites fêtes ponctuelles  qui préparent à la grande parade de la Pentecôte.

Pour cette 67e édition il n'y avait pas de thème précis, mais les dessins animés avaient la part belle : La reine des neiges, Bob l'éponge et les Minions... Et bien sûr les diverses fanfares et groupes de danse venus d'autres communes. Et les incontournables Espagnols, Moros y Cristianos, venus de Crevillent ville jumelée avec Fontenay depuis 1968. Leurs costumes et leurs musiques sont toujours impressionnants et attendus.

Les contrôles aux entrées de ville rappelaient que nous sommes encore en état d'urgence. Mais passées ces barrières, place à la fête, la bonne humeur, la musique et la danse, la beauté des chars, la grâce et le sourire infatigable des comtesses. Biennale 2016 tu nous as encore enchantés, sois remerciée ainsi que tous ceux qui ont contribué à un titre ou à un autre à ton succès. Même le soleil était au rendez-vous, balayant d'un coup la semaine pourrie qui avait précédé !

Chaque quartier de la ville avait choisi un thème et construit 2 chars chacun :
  • Irlande (Porte St Michel, Fontenay, Sérigné, Pissotte)
  • Sports mécaniques (Puits St Martin, Auzay, Longèves)
  • Vintage (Commerce, L'Orbrie, Bourneau)
  • La mer (La Gare, Les Moulins, Charzais)
  • La reine des neiges (Paradis, La Sablière, St Michel le Cloucq)
  • Bob l'éponge - Les minions (Centre, St Médard, Fontaines)
  • Force et douceur d'Asie (Les Loges, St Martin de Fraigneau, Doix).
  • Et le char de la ville de Fontenay avec ses élégantes comtesses et qui cette année a innové avec de vraies plantes vertes.
 

Et LA photo, exclusivité Cybersister !
Les reines de Fontenay ont posé spontanément et uniquement pour moi, sympa non ?
Photo unique. Droits réservés, of course !


Photos et vidéos de la biennale 2016








Biennale 2016 (1) .






Biennale 2016 (2) .




Biennale 2016 (3) .




dimanche 7 février 2016

Clôture de l'année de la vie consacrée en Vendée

L'année de la vie consacrée, voulue par le pape François, commencée le 30 novembre 2014 s'est terminée solennellement en Vendée le dimanche 31 janvier par une journée diocésaine festive ouverte à tous à St Laurent sur Sèvre.

Au terme d'une année dynamique et dense, à la rencontre des gens, selon des propositions audacieuses et parfois aussi drôles que profondes, l'équipe de pilotage a voulu terminer l'année comme elle s'était passée : dans la joie.

"Venez vous réjouir avec nous
de la Vie que Dieu nous donne"
disait le tract d'invitation qui s'adressait à tous :
"Tous invités"

De nombreux ateliers étaient proposés aux participants pour la découverte de la vie consacrée et des diverses familles religieuses, prière, témoignages de consacrés et échange avec eux... Des montages ont permis de rappeler les différentes propositions qui ont jalonné l'année et faire revivre le désormais célèbre Dodoche tour (voir ci-dessous ces 2 montages).

En début d'après midi concert de pop louange avec le groupe Etincelo ou possibilité de faire le parcours Montfortain à l'occasion du 300ème anniversaire de la mort du Père de Montfort ou encore de passer la porte sainte de la Basilique St Louis Marie.

La journée s'est terminée par une messe d'action de grâces présidée par Mgr Castet qui, dans son homélie, a invité les consacrés à être des oasis de la miséricorde et les a remerciés de nous aider par leur amitié, leur présence et leur soutien à mieux devenir chrétiens.

Homélie de Mgr Castet

Intervention du Père Ephrem Tenaud en fin de célébration

Photos de la journée à St Laurent (photos Frère Jean-Marie de la Croix)






Rétrospective de l'année de la vie consacrée






Rétrospective du Dodoche tour







mercredi 23 décembre 2015

Noël sans toi...

Il y a quelques mois
par un beau matin de printemps,
sans prévenir, sans rien dire,
tu nous a quittés.
Comme ça, tout d'un coup, sans raison.
Premier Noël sans toi...

Ça ne devait pas se passer comme ça,
ce n'était pas prévu ainsi.
Tu étais le plus jeune de nous trois,
et de loin,
tu étais mon petit frère, mon filleul aussi.
Premier Noël sans toi...

Je ne peux même pas
aller te faire une visite au cimetière,
me recueillir sur ta tombe :
il n'y a pas de tombe.
Nous avons respecté ta volonté,
tes cendres reposent au pays du Mont Blanc.
Premier Noël sans toi...

Tout à l'heure, en traversant la place,
les haut-parleurs crachaient doucement Petit Papa Noël.
Va donc savoir pourquoi
ça a fait gicler
les larmes que j'avais déjà du mal à contenir.
Regard étonné de l'ado que je croise.
Premier Noël sans toi...

Petit Papa Noël,
c'est un des chants de notre enfance,
c'est le tourne disque, la radio,
qui passaient en boucle
l'incontournable Tino et ses Noëls
et qu'on fredonnait avec lui.
Premier Noël sans toi...

Parce que Noël
ce n'est pas une fête comme les autres.
Tous ces chants, partout,
ces lumières et illuminations,
cette douce fébrilité, prémisse de fête.
Il n'y a que Noël qui nous offre ça.
Premier Noël sans toi...

Parce que Noël,
c'est la fête de la famille,
c'est le bonheur d'être ensemble.
Mais là, ce sera
Premier Noël sans toi...

Il y a quelques mois...
mais ce parfum de Noël
qui nous enveloppe a rouvert une plaie
pas même cicatrisée.
Premier Noël sans toi...

Et ta foi ?
Et ton espérance ? me diras-tu...
Elles me disent que la vie continue autrement,
que la mort n'aura pas le dernier mot,
qu'on se retrouvera...
Mais, que veux-tu,
elles ne te remplacent pas...
Premier Noël sans toi...
Premier Noël autrement avec toi...



samedi 14 novembre 2015

Pray for Paris

Ce soir-là j'avais bouclé l'ordinateur de bonne heure, préférant bouquiner à surfer.
Le lendemain matin, quand le radio réveil s'est mis en marche, encore dans un demi sommeil, j'entendais des propos bizarres : 120 morts, 200 blessés, Bataclan, Paris... ce n'était pas encore l'heure des infos, je croyais entendre le récit d'un événement lointain et pourtant je sentais émotion et stress dans les voix. Il m'a fallu du temps pour réaliser que "ça" s'était passé dans la nuit. Pour la mise à jour les réseaux ont ensuite bien fait leur boulot.

Un choc national et mondial incontestable. Un élan formidable de soutien, de solidarité avec les victimes et tout le peuple Français.
Et en même  temps cette impuissance qui nous envahit : que faire ? A notre niveau, surtout si on est loin, on ne voit  pas grand chose qui paraisse efficace. Pourtant un certain nombre de petits gestes qui en soi, apparemment, ne changent rien, mais qui tous ensemble manifestent solidarité, refus de la violence : une bougie sur la fenêtre, une minute de silence, les cloches des églises qui sonnent. On a vu ça pour le 7 janvier, on le voit à nouveau pour ce 13 novembre.

Et puis il y a la prière. Une initiative des évêques, bien et rapidement relayée dans les paroisses. Des temps de prière sont proposés dès aujourd'hui et les jours suivants : chapelet, veillée de prière, messe... Certes la prière ne nous rendra pas nos morts, ne guérira pas les blessés. Et cela a pu susciter quelques réactions agacées (voir tweets ci-dessous). Mais la prière pour changer notre cœur et ne pas céder à la violence, à l'esprit de vengeance qui engendre l'escalade. Dans son message le Cardinal Vingt-Trois invite à prier pour notre pays afin qu’ensemble nous demeurions dans l’unité et la paix des cœurs. [...] que personne ne se laisse aller à l’affolement ou à la haine. Demandons la grâce d’être des artisans de paix. Nous ne devons jamais désespérer de la paix, si on construit la justice.

Non, la prière ce n'est pas un truc bisounours. C'est à la fois reconnaître notre pauvreté face aux événements et implorer la grâce de Dieu pour apaiser nos sentiments de violence et de vengeance. Et en cela elle nous engage à être bâtisseurs de paix au quotidien. Bisounours, ça ? La grâce que nous demandons,  Dieu ne manquera pas de nous la donner, mais elle ne nous dispense pas de nous retrousser les manches...