mardi 4 septembre 2018

JMJ à la voile


Les prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse se dérouleront du 22 au 29 janvier 2019 à Panama.

17 jeunes étudiants et professionnels de l'Ouest, dont la fontenaisienne Anne-Laurence, ont fait le pari fou de s'y rendre à la voile. Ils ont pris la mer vendredi dernier, 31 août, de Camaret-sur-Mer (Finistère) après la messe d'envoi présidée par Mgr Dognin, évêque de Quimper et Léon, qui leur a remis la statue de Notre Dame de la Antigua confiée à leur projet par l'archevêque de Panama

Leur projet audacieux repose sur 3 piliers : une expérience spirituelle, une aventure humaine, une aventure missionnaire pour le monde. C'est aussi "un triple défi pour [se] construire et devenir ceux qu'[ils] doivent être au monde pour porter du fruit". Ce voyage comme un long pèlerinage pour se préparer aux JMJ, faire une halte dans leur vie apparemment bien tracée et y découvrir à quoi le Christ les appelle. Ces jeunes qui ne se connaissent pas au départ apprendront à se connaître et à vivre ensemble dans cet espace réduit qu'est un voilier, ils devront mener à bien leur projet avec si peu d'expérience de navigation. Enfin "dans le sillage de saint Paul, l’apôtre des nations, qui brava maintes tempêtes pour témoigner de sa foi et la transmettre au-delà des mers" ils veulent "témoigner de leur foi aux quatre coins du monde" en allant à la rencontre des gens et des associations caritatives sur les lieux d'escale.

Partis de Camaret-sur-Mer ils feront halte sur la terre ferme à la rencontre des communautés chrétiennes locales, et pour se ressourcer : St Jacques de Compostelle, Fatima, au Maroc pour découvrir le Père de Foucault, au monastère de Keur Moussa au Sénégal... Et enfin ce sera la longue traversée de l'Atlantique pour atteindre les Antilles où ils devraient passer Noël et arriver à Panama mi-janvier 2019.

Bon vent jeunes matelots, et on va vous suivre ! Le pape François vous avait demandé de quitter vos canapés, vous l'avez pris au mot et vous n'avez pas choisi le chemin le plus confortable pour le rejoindre, maintenez le cap ! Ultreïa !



dimanche 24 juin 2018

Prêtre aujourd'hui...

En cette veille du dernier dimanche de juin, je me laissais aller à regarder sur internet quelques images et vidéos d'ordinations sacerdotales. En effet ce week-end, proche du 28 juin, fête des apôtres St Pierre et St Paul, auront lieu plusieurs ordinations de prêtres en France. 125 ordinations nous dit-on. Objectivement 125 c'est un bon chiffre, mais ramené sur la terrain cela ne fait que 1,3 prêtre par diocèse.

Des jeunes s'engagent et donnent leur vie à Dieu au service de l’Église dans un diocèse, et cela pour toute leur vie. C'est long une vie aujourd'hui !... Leur don est total et généreux. Là aujourd'hui ils sont entourés de leurs familles, de leurs nombreux amis. Sur les réseaux sociaux ça transpire la joie et le bonheur.

Et en même temps je voyais internet s’enflammer à propos de ce prêtre qui a giflé le bébé qu'il devait baptiser. Une vidéo vue par des millions d'internautes, le scandale, des tweets violents et haineux contre cet homme et pendant qu'on y est contre le prêtre en général et l’Église elle-même.

Même si son geste peut s'expliquer par la fatigue, l'âge (89 ans), les cris du bébé... rien ne le justifie. On est bien clair là-dessus. Mais cela n'autorise pas pour autant un tel acharnement sur lui, une condamnation péremptoire faisant fi de ce qu'a pu être toute sa vie de prêtre. Ce prêtre a peut-être fait du bien toute sa vie, loin des caméras, loin des directs, loin des lynchages par écrans interposés. Ces fruits seront oubliés parce qu'une vidéo est devenue virale. Cette société du direct devient irrespirable écrit Mahaut Herrmann, journaliste.

Certes cet événement ramène sur le devant de la scène une multitude de questions sur l’Église et la vie des prêtres, questions récurrentes, mais les balancer ainsi avec mépris et agressivité ne fera rien avancer.

Voilà, c'est ça internet : le beau et le très moche et méchant qui s'entremêlent. Le quasi-anonymat derrière lequel on se réfugie pour se laisser aller à l'injure et au dénigrement.

Alors, à la messe de ce samedi soir l'intention de prière empruntée au Pape François prenait corps et visages : "Pour que les réseaux sociaux favorisent la solidarité et l'apprentissage du respect de l'autre dans sa différence".

Et puis, à la fin de la messe, la petite annonce en plus, celle qui n'est pas sur les feuilles. Dès les premiers mots l'assemblée est toute ouïe. Tout d'abord on nous dit que notre curé est prolongé dans sa mission de curé de notre paroisse et de la paroisse voisine. Bon, là ce n'est pas un scoop, on n'y apprend rien. Et le prêtre de poursuivre la lecture de son message : les prêtres de l'équipe pastorale de Fontenay apporteront leur soutien aux paroisses de Fontaines, Benet et Maillezais. Là, par contre, grosse surprise. Visages interrogateurs. Et le prêtre d'ajouter avec humour et sourire : "espérons que nos santés tiendront".
Nous y voilà. On savait bien que ça viendrait un jour. Mais tant que ce jour est demain on n'y pense pas trop. Et là c'est aujourd'hui. C'est aujourd'hui que des prêtres travaillent jusqu'à pas d'âge et que, un peu plus jeunes, leur mission s'étend sur des secteurs géographiques de plus en plus vastes.

Un nouvel évêque nous arrive, il était attendu, il est bienvenu, bien accueilli. Un grand chantier l'attend.... Comment allons-nous trouver ensemble des chemins de foi et de prière sans avoir toujours besoin d'un prêtre... ou plutôt sans qu'un prêtre soit toujours indispensable ?

Prions pour les prêtres, au service de leurs frères habituellement jusqu'à 75 ans et au-delà pour encore de nombreux services. Prions pour les vocations sacerdotales. Prions pour l’Église.


dimanche 20 mai 2018

Incontournable biennale

Si tu es à Fontenay le week-end de la Pentecôte d'une année paire ne manque pas d'aller faire un tour à la biennale. Et en particulier d'aller voir le défilé de chars avec ses danseurs, ses musiciens, ses fanfares. 

Si la fête dure trois jours, c'est le dimanche qu'elle bat son plein. Une foule immense s'étale d'un bout à l'autre de la ville sur le parcours des chars. Ces chars décorés au cours de l'hiver précédent par des dizaines de bénévoles des différents quartiers, au moyen de roses en papier crépon. La bagatelle d'un million et demi de roses sont nécessaires pour décorer les chars sur lesquels siègeront les vicomtesses des quartiers de la ville et des alentours.


Cette fête traditionnelle, depuis 150 ans (sauf les années de guerre), est aussi l'occasion d'inviter l'une ou l'autre ville avec laquelle Fontenay est jumelée (Crevillent en Espagne,  Diosig en Roumanie, Gaoua au BurkinaFaso, Palatine aux Etats-Unis et Krotoszyn en Pologne). Cette 68ème biennale est aussi le 50ème anniversaire du jumelage avec Crevillent. Une centaine d'espagnols ont fait le déplacement. Ils sont toujours très attendus et remarqués dans leurs somptueux costumes de "Moros y Cristanos".

Les résidents de la maison de retraite toute proche avaient un espace réservé, près de la tribune des officiels, bien placé pour voir arriver le défilé et les évolutions des danseurs.

Fête populaire dans une ambiance bon enfant, sortie en famille pour le bonheur de tous dans un joyeux mélange de générations, la biennale c'est aussi le défilé à la nuit tombée quand les chars sont illuminés et le feu d'artifice pour terminer la journée.

Et demain lundi, la fête ne sera pas tout à fait terminée. Danses et animations diverses prolongeront cette belle journée de dimanche.


Photos du défilé


Biennale 2018












mardi 24 avril 2018

En paroisse, sur les pas du Père Monnereau


Pour leur pèlerinage annuel les paroisses St Hilaire de Fontenay et Notre Dame des Sources ont choisi de marcher sur les pas du Père Monnereau, aux sources de la Congrégation des Sœurs des Sacrés-Cœurs, en cette année du bicentenaire de leur fondation. Étapes : Les Brouzils et Mormaison.

Une dizaine de jeunes collégiens et lycéens étaient des nôtres avec des activités appropriées. Aux Brouzils ils ont effectivement mis leurs pas dans ceux du P. Monnereau sur le chemin des croix qu'il a lui-même érigées et près desquelles il aimait venir se recueillir.
L'après-midi, à Mormaison, avec des jeux ils ont pu découvrir la vie du Père Monnereau, réfléchir à quoi ils se sentent appelés (ce dimanche était aussi le dimanche des vocations), relever un défi et rencontrer trois témoins.
Tandis que les jeunes marchaient, les autres pèlerins découvraient la Maison des Aires, première maison des sœurs qu'elles ont habitée jusqu'en 1863, aujourd'hui lieu de mémoire. Au rez-de-chaussée nous avons fait connaissance avec cet homme, curé des Brouzils, pasteur infatigable, proche des petits et des pauvres, qui voulut semer la tendresse de Dieu dans les cœurs.
La visite de l'étage a été un moment fort de la journée. Accueil de ce parcours biblique, de la Création à l'Apocalypse, en forme de poésies et de sculptures sur bois, fruits de la méditation et de la prière de Sœur Marie-Agnès.
L'étape aux Brouzils s'est terminée à l'église par un temps de recueillement sur le tombeau du P. Monnereau.

A Mormaison la Maison mère nous a ouvert ses portes pour le pique-nique et une visite des lieux guidée par Sœur Marie-Edith, responsable de la maison, et Anne, archiviste de la Congrégation. Anne, toujours passionnée et passionnante nous a fait traverser 2 siècles d'histoire de la Congrégation à partir des plans de la maison, de ses trouvailles d'archiviste et d'anecdotes. Elle nous connaît sur le bout du doigt !

Dernière étape de la journée, le centre spirituel Pierre Monnereau pour la messe précédée de quelques témoignages émouvants de personnes qui ont eu des liens avec les sœurs des Sacrés-Cœurs.

De cette journée riche de rencontres et de partages chacun est revenu avec un petit « trésor », découvert, ou encore à découvrir…

Prochain rendez-vous : le 10 juin pour la fête du bicentenaire.

Photos de la journée


lundi 19 mars 2018

Notre-Dame à la loupe

Soirée découverte de l’église Notre-Dame de l’Assomption ce samedi 17 mars. Comme si on ne la connaissait pas… ou croit-on la connaître !

Crypte du XIème siècle
Plus de 150 personnes se sont déplacées pour cette présentation à l’initiative de l’Association des Amis du Patrimoine Religieux, et en lien avec l’équipe relais de la paroisse. Un diaporama passait en revue l’église sous tous ses aspects, depuis les origines que l’on fait remonter au XIIème siècle (même si elle est construite sur l’emplacement d’une église romane du XIème dont seule subsiste la crypte) jusqu’à nos jours et les recherches en cours concernant le clocher. Architecture, sculptures, peintures, mobilier, vitraux… rien n’est oublié. De magnifiques photos mettent en valeur la richesse de la construction et attirent l’attention sur des détails cachés ou ignorés.

La grande découverte de la soirée était la présentation, par Philippe de Reviers, des travaux de recherche de Louis Cazaubon, responsable de la commission Edifices de l’association, sur le clocher lui-même et les statues qui en décorent la galerie. Un nombre impressionnant d’impacts ont été découverts sur la tour, le clocher, la flèche. Plus de 500 impacts de tirs d’artillerie, d’arquebuses, de couleuvrines… témoins des combats des guerres depuis le XVème siècle. Cette étude de Louis Cazaubon et de nombreuses photos peuvent être consultées sur le site de l’Association.

C’est un autre regard que nous allons porter sur notre église témoin de la vie des fontenaisiens et fontenaisiennes depuis bientôt mille ans.

Le DVD de présentation de l’église Notre-Dame est en vente à la Maison paroissiale (25 rue St Nicolas à Fontenay-le-Comte) au prix de 10 €, de même que les DVD de présentation de cinq autres églises de la paroisse (St Jean-Baptiste à Fontenay, Notre-Dame de l’Assomption à Charzais, St Hilaire à Sérigné, St Michel à St Michel le Cloucq, St Vincent à l’Orbrie).

Prochains rendez-vous :
– 11 septembre 2018, à 18 h 30 à l’Hôtel de ville, conférence : Splendeur du clocher
– 15 et 16 septembre 2018 : journées du patrimoine



Notre-Dame à la loupe




samedi 17 mars 2018

La fête des soeurs c'est aussi la vôtre

Parce que nous voulions les associer à la fête du bicentenaire nous avons organisé cette journée spécialement pour eux, les laïcs qui travaillent  avec nous : personnels salariés, bénévoles, associés, membres des associations. Une journée de rencontre et de partage au cœur de l'année jubilaire du bicentenaire, rien que pour eux et avec eux.

La matinée était consacrée à la présentation des différents groupes pour faire connaissance. Chacun a pu découvrir l’éventail des associations mises en place par la Congrégation des Sœurs des Sacré-Cœurs de Jésus et de Marie. Six associations ont été créées ces quinze dernières années, dans les secteurs de l'éducation, de la santé, de l'aide aux pays de mission, des loisirs ainsi que l'Alliance Mormaison, groupement de neuf associations d'EHPAD. Si la plupart des laïcs présents avaient entendu parler de ces associations ils n'en connaissaient pas vraiment les activités ni les membres.

Dans le temps de partage qui a suivi chacun a pu faire part de ses découvertes, surprises.... Quelques expressions :

"J'ai découvert la vitalité des associations et leur place dans la société grâce à la détermination des sœurs et leur engagement dans le sillage du Père Monnereau".
"Maintenant je vais pouvoir mettre un visage sur les noms des personnes auxquelles j'envoie du courrier".
"Salariée au Foyer de la Louisiane, je me sens intégrée à la famille des sœurs".
"Les sœurs sont présentes à toutes les étapes de la vie... elles ont su anticiper dans de nombreux domaines et répondre aux besoins de la société à des moments-clés".

Aujourd'hui des laïcs ont pris le relais dans les associations avec le souci de continuer à œuvrer dans l'esprit de la Congrégation.

L'après midi plus festif a révélé quelques talents méconnus : sœur Nadia (Provinciale de France) façon Gospel accompagnée à la guitare par Jean-Paul (salarié de la Congrégation) ; Marie-Hélène et Évelyne envoyées en reporters dans les groupes du matin sont revenues cœurs joyeux chantant leurs découvertes. Enfin une présentation de la vie des autres pays pas sœur Marie-Louise, supérieure générale, donnait la dimension internationale de la Congrégation à cette journée.

La journée s'est terminée par la messe en l'église des Brouzils où se trouve le tombeau du Père Monnereau. Les panneaux avec lesquels les différents groupes s'étaient présentés le matin ont été portés en procession au tombeau du fondateur, comme un beau signe de continuité de l’œuvre qu'il avait commencée et qu'il nous a confiée.
Dans son homélie, comme un message d'envoi, le Père Patrice  nous a invités à la joie.
Joie et action de grâce pour le chemin parcouru, pour ce qu'il nous a été donné de vivre jusqu'à ce jour. En ce dimanche de Laetare, joie de percevoir à l'horizon la joie de Pâques, le salut que le Christ est venu nous apporter. 
N'oublions pas d'être dans la joie, non seulement ce dimanche, mais c'est toute notre vie qui doit annoncer la joie. Vous ne savez pas ce qu'un sourire peut faire dans une vie. Le Père Monnereau était toujours animé de la joie de servir le Seigneur.

(D'autres échos de la journée par une associée et une salariée, sur le site de la Congrégation)

NB. Prochain rendez-vous : 10 juin, fête du bicentenaire  😉




mardi 13 mars 2018

Ma première messe en prison

Robert, l'aumônier nous avait donné rendez-vous devant la porte, pour entrer tous ensemble.
Et une porte, et deux portes, et trois portes, bien verrouillées à chaque fois.
Dans la petite entrée où nous nous serrons tous les sept nous nous délestons de nos sacs, clés, portables, blousons... puis passage dans le détecteur de métaux, et encore une porte, un sas et une porte, et enfin la dernière porte nous donne accès à la salle. L'équipe est rodée et a tôt fait de transformer la pièce en oratoire : le rideau tiré laisse apparaître une grande croix et une icône de chaque côté, l'autel relégué dans un coin est mis au centre, il symbolise le Christ qui nous rassemble. Même des fleurs ont été apportées : un beau vase de jonquilles, fleurs de saison, du jardin de l'aumônier.

Et "ils" arrivent. Huit hommes, de nationalités et d'âges différents. Échange de poignées de mains et de sourires. Pierre, le prêtre, Robert et Annie de l'aumônerie ont déjà eu des temps de partage avec eux, ils les connaissent bien, les appellent par leur prénom, prennent de leurs nouvelles. Chacun prend place, on fait une brève répétition de chants et on peut commencer la célébration. Au fond de la salle un grand panneau, réalisé pendant le temps d'aumônerie la semaine dernière. Un genre de brainstorming autour du mot Dieu : Jésus, prière, Notre Père, lumière, nous, Allah, chemin... Avec tous ces mots l'un d'entre eux a fait une prière qu'il nous a lue à la fin du temps de partage après l'évangile. Ils prennent leur part dans la célébration par le chant, la prière, la lecture des textes, le partage après l'homélie et pour la prière universelle. Pour quelques uns qui ont plus de difficulté avec le français Robert a préparé une feuille avec les textes dans leur langue. Ce matin pour la messe il n'y a que des catholiques et des orthodoxes, les musulmans ne sont pas venus, mais ils participent aux temps d'aumônerie.

Ce n'est qu'à la fin que j'ai compris l'importance du vase de jonquilles et comme soudain il prenait toute la place et rayonnait dans la petite pièce. En réunion d'aumônerie l'un d'entre eux avait demandé à Robert : "y a des jonquilles dehors ?" Robert avait bien sûr répondu oui, il y a des jonquilles. Oui, on a du mal à s'imaginer que dans leur cellule, dans leur carré de cour bétonnée et murée ils ne voient rien de la nature, rien d'autre que le ciel et les nuages. Alors les jonquilles de ce dimanche matin, c'était un peu de la nature en réveil qui arrivait chez eux. Et chacun a pu en emporter une ou deux ou trois pour illuminer sa cellule.

Après la messe tout le monde donne un coup de main pour ranger tandis que deux orthodoxes s'attardent longuement devant les icônes et récitent les prières de leur religion. Et ce temps de rencontre se termine par un temps de convivialité autour d'un jus de pomme et d'un gâteau confectionné par l'aumônier lui-même. Puis ils sont repartis vers leurs cellules respectives, avec le poids de leur secret, peut-être un peu apaisés par ce moment de prière et de fraternité.

J'avais été sollicitée par Robert pour les chants. J'y suis allée ne connaissant rien de ce milieu, laissant de côté ce que je pouvais avoir d'idée préconçue. J'étais tout yeux et tout oreilles. Plus que tout, ce que je retiens de cette matinée ce sont les sourires, du début à la fin. Dès l'accueil chaleureux par le personnel de l'administration pénitentiaire, puis les gars eux-mêmes, plus réservés mais souriants et apparemment paisibles. J'ai aussi été très touchée par l'histoire des jonquille, rien qu'une jonquille pour rêver la nature en éveil.... la liberté...

dimanche 11 mars 2018

Lettre ouverte à Monsieur Frappat

Cher Monsieur,

Chaque samedi vous nous régalez , où vous nous irritez, c'est selon, de votre chronique dans La Croix. Deux trois sujets d'actualité auxquels vous trouvez un titre commun et voilà une pleine page de journal. J'admire votre écriture fluide et votre style coulant, moi qui ai tant de peine à faire vingt lignes de blog, épisodiquement.

J'ai lu avec émotion votre tendre et délicat hommage à Maëlys.
J'ai dévoré dans le suspense de la finale le couac de Placido Domingo.
Je me suis demandé comment allait se terminer votre papier sur le testament inique, déjà bien trop étalé dans la presse, dont je ne me tape pas forcément comme Alain Remond mais qui ne nous regarde vraiment pas. Peu importe comment vous vous en êtes sorti, ce qui m'a choquée dans ce petit paragraphe c'est votre conception d'une famille normalement constituée :

"Dans toute famille normalement constituée, les successions sont l’occasion de retours du refoulé, de rivalités recuites, de disputes perpétuelles resurgies post mortem."

Je ne trahirais donc pas votre pensée en formulant comme corollaire qu'une famille qui ne connaît pas de querelles successorales n'est pas normalement constituée.

Que des familles s'entre-déchirent et se livrent des guerres fratricides au moment des successions je vous l'accorde, et ce n'est pas rare OK aussi, mais quant à en faire un critère de normalité vous allez un peu loin.

Je ne vais pas vous condamner pour un mot regrettable perdu dans une si grande dissertation, bien que vous en rajoutiez une couche dans une citation conclusive, mais au final, j'ai beau lire et relire cet encart "Johnny" je m'interroge toujours sur son intérêt. Quel message avez-vous voulu faire passer ?... si message il y a. Ou une simple envie d'apporter votre grain de sel contribution à la saga Halliday ?

Bien cordialement.

lundi 19 février 2018

Gestuer la Bible avec les enfants

Chaque année les enfants du caté (CM 1 - CM 2) présentent quelques scènes bibliques, de l’Ancien Testament et de l’Évangile. C'est le fruit d'un long travail en équipe de caté sur des textes choisis par les catéchistes autour d'un thème, cette année : Petit, fragile, le choix de Dieu.
 
Au cours du premier trimestre les enfants travaillent les textes pour les comprendre, se les approprier, les prier, les intérioriser afin de les exprimer par des attitudes et des gestes significatifs.

Le jour J est arrivé, jour de représentation devant leurs parents, copains de caté et d'école, amis et paroissiens venus les encourager et les applaudir. Le trac aussi s'invite à la soirée.

Sur un décor réalisé par quelques adultes artistes, quelques photos judicieusement choisies pour illustrer le thème et projetées sur écran, les enfants costumés évoluent calmement sur scène gestuant les textes bibliques, traduits en un langage qu'ils comprennent, lus en voix off par des parents et des catéchistes

Petit, fragile, le choix de Dieu nous a fait traverser la Bible, du choix de David par Dieu à travers son prophète Samuel au choix des disciples par Jésus et le choix de Jésus lui-même d’être, au milieu des hommes, comme un serviteur, nous invitant à faire comme lui en nous mettant au service de nos frères.

Gestuer un texte biblique n'est pas seulement un spectacle, ce n'est pas non plus mimer, mais c'est une pédagogie pour s'approprier le texte et le message. C'est tenter de l'incarner en le respectant. Les gestes peuvent parler autant sinon plus que les paroles. Et les enfants l'ont bien compris. Une expérience dont ils se souviendront.




samedi 2 décembre 2017

Tout leur cœur dans "l'Hôtel du cœur"

Pour eux c'était un défi à relever, pour nous c'était un pari un peu fou, fondé pour les uns et les autres sur la confiance. Pour fêter les 200 ans de la Congrégation des Sœurs des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie nous avons misé sur les jeunes, notre lieu de mission privilégié depuis toujours avec le projet de monter une comédie musicale avec eux.

En faisant confiance à Tristan de Groulard, directeur artistique de l’association Comédie Musicamp il nous a fallu d'abord nous laisser déranger par le scénario qu’il proposait, puis confiance encore pour la mise en œuvre et la réalisation. Confiance dans les jeunes, en leur capacité de donner le meilleur d'eux mêmes et d'aller au bout du projet. Une petite poignée de semaines ont suffi pour monter le spectacle avec des jeunes motivés.

En faisant la proposition à tous les jeunes collégiens et lycéens de l'enseignement catholique de Vendée il fallait croire en la motivation des établissements scolaires, au dynamisme et à la persévérance des jeunes.

Un an et demi plus tard le résultat est là. Plusieurs établissements se sont mobilisés à fond dans le projet. Je retiens en particulier le dynamisme du directeur du collège St Joseph de Fontenay qui a perçu dans le projet la chance offerte aux jeunes et qui a motivé son équipe pédagogique pour en faire une activité pastorale pour tous les jeunes du collège. Motivation contagieuse : le Lycée Notre-Dame voisin a assuré l'accueil des jeunes artistes.

D'autres établissements de Vendée sont entrés dans l'aventure puisqu'une soixantaine de jeunes se sont engagés en prenant une, deux, trois voire quatre semaines de leurs vacances pour mettre sur pied "L'Hôtel du cœur" : chants, chorégraphies, dialogues...

Quatre représentations ont eu lieu à Fontenay en cette fin de semaine pour le plus grand bonheur de tous. Surprenant: le spectacle a enchanté toutes les générations, du petit collégien de St Jo aux papis et mamies des Maisons de retraite. Tous n'ont pas remarqué ou aimé les mêmes séquences, mais tous se sont laissés toucher par des paroles des chants, la fraîcheur des chorégraphies, les pointes d'humour, le bonheur qui rayonnait de cette jeune troupe.

Pari gagné, bravo et merci à tous les partenaires. Merci les jeunes ! Merci pour ce que vous avez réalisé, merci pour le bonheur que vous avez mis dans le cœur de vos spectateurs.  On repart avec vos refrains qui trottent dans la tête. Cette expérience, vous vous en souviendrez... nous aussi !
En guise de conclusion, une phrase glanée dans les commentaires des photos :  "Vous nous avez touchés... vous avez mis tout votre cœur dans l'hôtel du cœur".

Vous avez raté les séances de "L'Hôtel du cœur" à Fontenay ? ! Il est encore temps de le voir à La Roche sur Yon :
♦ mardi 5 décembre 2017 et dimanche 21 janvier 2018.
Réservation en ligne ici ou par téléphone (heures de bureau) : 02 51 37 51 38

♦ des places sont également disponibles à la séance scolaire du mardi 23 janvier, 10 h.
Réservation par téléphone : 02 51 37 51 38


D'autres photos et vidéos des séances à Fontenay

dimanche 2 juillet 2017

La (5ème) nuit des églises

La nuit des églises est une proposition de l’Église de France qui croise art, histoire et culte pour nous faire (re)découvrir nos églises dans toute leur dimension.

Pour cette 5ème édition à Fontenay (la 7ème en France) c'est à nouveau l'église Notre-Dame de l'Assomption qui était à l'honneur et l'approche historique était confiée à Marie-Gabrielle, animatrice du patrimoine de la ville de Fontenay. Une fine connaisseuse de Fontenay et son histoire, qui est remontée jusqu'au XIème siècle pour retrouver trace de la première église, la crypte romane étant le seul vestige de cette période. Dans l'élan de sa passion elle a poursuivi l'histoire de cette grande dame à travers les siècles jusqu'aujourd'hui.

Après cette présentation sur le parvis de l'église nous étions invités à entrer, suivis peu après par la chorale en procession au chant du Lauda Sion, composé au XIIIème siècle par St Thomas d'Aquin. Introduction à la présentation architecturale de cet imposant monument.

Un diaporama de magnifiques photos  réalisé par l’Association des Amis du patrimoine religieux a permis de découvrir l'extérieur puis l'intérieur de l'église, d'attirer l'attention sur tel détail significatif à la faveur d'un zoom de qualité, de décrypter des symboles, voir ce que l'obscurité ou la distance cachent à nos yeux, ce que l'habitude et le regard hâtif ont occulté. Mis en éveil par cette pédagogie nous étions ensuite invités à retrouver dans l'église ce que nous venions de voir en images. Temps de déambulation, et moment privilégié pour faire un tour dans les chapelles rayonnantes, habituellement inaccessibles.

La chorale, accompagnée de l'orgue, a apporté la touche cultuelle, et artistique, par l'interprétation de pièces religieuses, de chant grégorien de ces dix siècles. Du Lauda Sion du XIIIème siècle au tout récent chant du Jubilé des 700 ans du diocèse pour terminer la soirée.  Et ce superbe moment où, les hommes de la chorale descendus à la crypte ont interprété un Sanctus du XIVème siècle. Magnifique acoustique de la crypte qui renvoyait dans l'église le chant des hommes, nous étions comme transportés aux portes d'un monastère.

L'église Notre-Dame de Fontenay, dix siècles d'histoire, dix siècles d'architecture, dix siècles de musique, quelle richesse toujours à découvrir.
"Ça fait si longtemps que je viens dans cette église, et je n'avais pas vu tout ça !" pouvait-on entendre à la fin de la soirée...

Photos de la soirée (cliquer sur la photo pour ouvrir l'album)

https://flic.kr/s/aHskXXTUrC







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lundi 26 juin 2017

De jubilé en jubilé

Grande fête ce dimanche 25 juin, en la petite commune des Brouzils.
En ce lieu de fondation de la Congrégation, au cœur de l'année du bicentenaire, nous avons voulu célébrer à la fois la fête du Cœur de Jésus, notre fête patronale, et les sœurs jubilaires de 25, 50, 60, 70, 75 années de vie religieuse.

Le temps d'accueil donnait le ton de la journée : fête, chants, retrouvailles, partage... le tout dans la joie et mené de main de maître par nos 2 jeunes sœurs, Anne-Lise au chant et Isabelle au synthé. Après le mot d'accueil et de présentation de la journée par Sœur Marie-Paule plusieurs propositions ont occupé la matinée : réflexion sur l'eucharistie, avec un montage présenté par sœur Eliane, table ronde de témoignages de personnes proches des sœurs, associés et collaborateurs à divers titres, et en fin de matinée,  pour ceux qui avaient encore un peu de courage et de force, marche vers quelques lieux-mémoire en ce village du bocage : la Croix Caron, petit calvaire où le Père Monnereau aimait se retirer pour prier et se reposer, la Maison des Aires (première maison des sœurs) et le tombeau du Père Monnereau dans l'église des Brouzils.

Des témoignages de la table ronde je retiendrai le ressourcement que les laïcs trouvent auprès des Sœurs dans le partage de la spiritualité du Sacré-Cœur, dans les rencontres fraternelles, la prière commune, le travail ensemble autour des mêmes valeurs. Et l'enrichissement est réciproque.

Dans l'après-midi la messe présidée par Mgr Castet s'est déroulée dans l'église des Brouzils, lieu même où se trouve le tombeau du Père Monnereau notre fondateur. La grande église accueillait les sœurs et leurs familles, amis, associés, collaborateurs, de nombreux prêtres et diacres, évêques émérites... bref l'église était comble et débordante. Autant de témoins de la vie et de l'engagement des sœurs dans les paroisses du diocèse de Luçon et d'autres diocèses.

Cette célébration s'inscrit au cœur de l'année jubilaire des 200 ans de la Congrégation et au cœur de l'année jubilaire des 700 ans du diocèse de Luçon, une façon de signifier combien "la vie de la congrégation est liée à celle du diocèse"  comme l'a souligné Sr Marie-Louise dans son mot d'accueil.

De la messe je retiendrai le beau geste symbolique de la lumière que Sœur Marie-Louise a présenté ainsi :

Dans le diocèse de Luçon le père Monnereau a transmis la lumière de sa foi et l’amour du Cœur de Jésus à la congrégation qu’il a fondée.
La lumière déposée près de son tombeau va allumer les cierges des sœurs jubilaires.
Porter cette lumière à tous nos frères et sœurs c’est notre vocation dans l’Eglise et dans le monde. 

et chaque sœur jubilaire est allée déposer son cierge allumé dans une vasque au pied de l'autel tandis que l'assemblée chantait le chant du bicentenaire, composé par l'une de nous, Sœur Martine Chaillot, et mis en musique par frère Jean-Baptiste du Jonchay.

Magnificat ! était bien le chant final qui convenait pour terminer cette journée d'action de grâces et de joie, avec bien sûr une prolongation autour d'un rafraîchissement pour encore quelques échanges et rencontres...
et on était bien là, personne n'était pressé de partir... 😊


Photos de la journée

Vidéos :

- prière d'offrande chantée par les sœurs jubilaires
- symbole de la lumière avec le chant du bicentenaire
- un air de fête à la sortie de la messe




Homélie de Mgr Castet




Site de la Congrégation des Sœurs des Sacré-Cœurs
vous pourrez y retrouver entre autres le mot d'accueil de Sr Marie-Louise.



lundi 15 mai 2017

Echos d'une rencontre de Congrégation

Je suis toujours émerveillée par ces grandes rencontres de Congrégation et en particulier celles qu'on appelle Assemblée de province. Toutes les sœurs de France y sont convoquées et y répondent largement.

Pourquoi émerveillée ? Peut-être le nombre fait-il son effet. Les sœurs viennent, parfois de loin, heureuses de se retrouver, de prendre des nouvelles les unes des autres, des absentes, des malades... Il y règne toujours une ambiance très fraternelle. La journée faite de moments plus sérieux a aussi quelques espaces de détente et de libres partages. Il y a comme une étrangeté pour moi, un je ne sais quoi où je me sens de cette grande famille, et en même temps je n'y ai pas les mêmes racines, le même ancrage. Un imperceptible lien qui n'a pas fini de se tisser.

Ainsi donc ce dimanche 14 mai plus de 150 sœurs des Sacré-Cœurs se sont retrouvées à La Roche-sur-Yon, venant de Vendée mais aussi de Charente, Charente-Maritime, Paris. Plusieurs associés à la Congrégation se sont joints à elles. C'était la première Assemblée de province de cette année, deux autres suivront prochainement dans la Manche et dans le Cantal.

L'objectif de la journée était de redonner aux Sœurs et aux associés une synthèse de la réflexion qu'ils ont menée en 2015-2016 sur les besoins de la Congrégation, la place et le rôle des communautés dans les paroisses, les attentes à leur égard, tout cela face à la réalité qui est la nôtre aujourd'hui et pour demain. Toutes les communautés avaient participé et envoyé leurs réponses, elles en attendaient à juste titre un retour. Retour sur l'année écoulée et le cheminement de notre réflexion sur l'avenir. Plutôt qu'un exposé fastidieux c'est sous la forme d'un diaporama que la synthèse a été présentée, enracinée dans la méditation des pèlerins d'Emmaüs (Luc 24, 13-35). Quelle que soit notre situation c'est toujours le même charisme qui nous anime, nous en avons repris les grands traits avec des paroles du Père Monnereau, fondateur de la Congrégation.

Deux sœurs et deux associés nous ont partagé leur joie d'être religieuse ou associé là où ils sont aujourd'hui, à travers des événements ou des rencontres qui sont pour eux signes d'espérance.

Ce temps de rencontre nous a également permis de revoir le teaser du bicentenaire et de découvrir le chant du bicentenaire, écrit par l'une de nous, sœur Martine Chaillot, et mis en musique par Frère Jean-Baptiste du Jonchay,  du couvent des Carmes de Toulouse.

La journée s'est terminée par la messe célébrée par l'abbé Florent Murzeau, qui n'a pas manqué de dire sa reconnaissance aux sœurs des Sacrés Cœurs pour ce qu'elles ont apporté à l'enseignement catholique de Vendée.

Ces temps de rencontre sont porteurs de joie et d'espérance. Sans nous cacher nos limites et nos inquiétudes, ensemble nous trouvons force et enthousiasme. Cette année du bicentenaire est aussi source d'un dynamisme renouvelé et contagieux.

"Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous... [...] À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem."

vendredi 21 avril 2017

Conduire à 80 ans et +

Quelle famille ne s'est trouvée confrontée  à la question de la conduite de sa voiture par papy ou mamy ? La vie religieuse n'est pas exempte de la question. Pour plusieurs il n'y a aucun problème : je ne fais pas de grandes distances, je reste autour de chez moi et puis je connais la route (et la voiture aussi) ! Mais on oublie la vue et l'ouïe moins bonnes, les réflexes plus lents, la signalisation routière qui évolue etc. Autant de causes d'inquiétude pour l'entourage.

Face à cela nous sommes dépourvus sans aucune aide extérieure, si ce n'est de persuader papy/mamy de ne plus conduire. Or ne plus conduire est une décision grave et difficile à prendre, on en perçoit les conséquences, en particulier la perte d'autonomie et d'indépendance. C'est aussi une décision irréversible.

Pour nos communautés des Sœurs des Sacré-Cœurs de Vendée nous avons voulu relever le défi et chercher comment sensibiliser les Sœurs à cette question de la sécurité routière. Dans un premier temps nous avons proposé une démarche pédagogique de prise de conscience des situations personnelles et de l'évolution des conditions de circulation routière. Quelques 80 Sœurs ont répondu et participé, en 4 séances de 2 heures, à la pédagogie d'une ancienne formatrice en auto-école.

Puis nous avons fait un pas de plus avec le concours du CEFR de Fontenay-le-Comte (Centr'Europe de Formation Routière). Au cours d'un après midi une vingtaine de Sœurs ont pu évaluer leurs connaissances et être briefées sur des points sensibles tels que la circulation en agglomération et les zones de rencontre, les ronds-points, les voies d'insertion, de décélération et d'entrecroisement, les distances de sécurité, les clignotants etc. Quelques astuces et points de repère ont complété l'aspect très pratique de l'intervention.

Toutes sont reparties averties, réconfortées sur quelques inquiétudes ou interrogations, heureuses de leur après midi en tout cas. Sur la route du retour la signalisation aura pris ses couleurs de printemps et les ronds-points une allure moins stressante. Bonne route !

Ce type d'intervention était un service réciproque. Bien sûr par l'apport du CEFR lui-même mais aussi parce que cette démarche s'inscrit dans le cadre de la formation des futurs moniteurs d'auto école. Pour valider leur examen final ils doivent animer une séance de sensibilisation à la sécurité routière auprès d'un public déjà détenteur du permis de conduire. Nous remercions Christine, responsable du CEFR Fontenay, et Cécile, stagiaire, de leur intervention. Et bonne chance à Cécile pour l'étape finale de sa formation.

jeudi 13 avril 2017

Musicamp, saison 1

26 ados de l’Enseignement Catholique de Vendée ont fait le choix de passer une semaine de leurs vacances pour participer au Musicamp du 10 au 14 avril. Une semaine pour apprendre et enregistrer les chants de la comédie musicale du bicentenaire de la Congrégation qui s'ouvre ce Jeudi Saint, 13 avril 2017. Quel pari audacieux, Tristan de Groulard*, de vouloir réaliser cet exploit en une semaine !

Pour ces jeunes passionnés de musique les deux activités principales sont l'apprentissage des chants et des techniques musicales et l'enregistrement proprement dit.

L’enregistrement, très technique, demande un effort de concentration. Pour les jeunes c'est la face un peu austère de l'expérience où ils doivent faire preuve de persévérance pour une production de qualité : justesse des sons, netteté de la diction, sourire sur les paroles heureuses. Hé oui, ça s'entend un sourire...

Tandis qu'un groupe est à l'enregistrement le second se familiarise avec les techniques d'expression vocale et corporelle. Ici le coach opte pour une pédagogie ludique qui favorise l'expression et défoule après l'enregistrement. En fin de semaine ils devraient voir leurs efforts récompensés avec l'enregistrement et la production du CD du spectacle.

Voici donc le Centre spirituel de l'Epiardière transformé en camp d'ados et en studio d'enregistrement pour la circonstance, bruissant des rires et des chants de ces jeunes qui viennent l'envahir de tout leur dynamisme. Repas et veillées animés, ambiance ado... Ce soir la plupart d'entre eux (si ce n'est tous) devraient participer à la messe du Jeudi Saint aux Brouzils, lieu de fondation de la Congrégation. Ils y sont attendus et apporteront leur part dans l'animation de la messe par la fraîcheur de leurs voix. Et vendredi soir ils rentreront chez eux, riches de cette expérience, de découvertes et de dépassement de soi, des joies de quelques jours entre amoureux de musique et de chant. Plusieurs parmi eux reviendront en juillet pour le stage danse et théâtre, mise en œuvre de la comédie musicale "L'hôtel du cœur" qui sera donnée en novembre prochain.

Rendez-vous du 8 au 22 juillet pour "Musicamp, saison 2" !


Photos du Musicamp 1


* Tristan de Groulard, auteur et réalisateur de la comédie musicale "L'hôtel du cœur"

lundi 10 avril 2017

Pierres vivantes d'hier et d'aujourd'hui

Portail central - Église St Nicolas - Maillezais

Dans le cadre de l'année jubilaire des 700 ans du diocèse de Luçon le doyenné de Fontenay était invité à un parcours jubilaire en cette veille des Rameaux. Au programme quatre étapes dans quelques uns des hauts lieux de ce Sud Vendée pour redécouvrir les joyaux de notre patrimoine religieux, y rencontrer des témoins, se ressourcer et prier.

Vitrail - Église Ste Eulalie - Benet
Les richesses du patrimoine nous ont conduits à Maillezais pour y redécouvrir l'histoire de l'abbaye St Pierre et de ses moines dont la présence remonte au début du XIe siècle. L'église paroissiale St Nicolas est également une merveille datant de la même époque. Pour l'heure, le curé de la paroisse, l'abbé Louis-Marie Fillon, a pris sa casquette de guide pour nous en dévoiler toutes les subtilités architecturales et historiques. L'ancrage dans l'histoire nous a ensuite conduits à Benet où nous avons plus particulièrement porté notre attention sur le porche central et ses sculptures du XIIème. A Foussais-Payré, "Petite cité de caractère", le parcours a fait halte au Temple de l'Eglise Réformée (Foussais étant un foyer du protestantisme dans cette région) et à l'église St Nicolas, du XIIe siècle également, avec sa double nef et son vitrail de St Hilaire. Dernière étape du circuit, la chapelle de l'Union-Chrétienne à Fontenay-le-Comte, le rayonnement de la Congrégation dans ce Sud Vendée pendant plus de 300 ans qui se poursuit aujourd'hui avec les Sœurs des Sacré-Cœurs.

Quatre étapes dans ce parcours jubilaire où nous avons rencontré en chaque lieu des gens passionnés par leur service et qui aujourd'hui sont les pierre vivantes de ces lieux : guides bénévoles de monuments historiques humbles acteurs de la vie de l’Église locale dans l'accompagnement des familles en deuil et la célébration des sépultures, la gestion du site internet de la paroisse, des religieuses permanentes de la prière et accueillantes à la vie de la paroisse, des "laïcs associés" renouvelés dans leur vie chrétienne par le partage de la spiritualité du Père Monnereau, fondateur des Sœurs des Sacré-Cœurs...

La prière a ponctué de diverses manières ce parcours. Dès le départ du car le ton était donné avec le chant du jubilé du diocèse "Nos voix s'élèvent et publient ta louange". Puis le Salve Regina à l'abbaye de Maillezais, prière à Marie qui termine l'office des Complies le soir avant le repos de la nuit et une longue prière jubilaire à l'église St Nicolas ; l'Eucharistie à l'église de Benet, présidée par le curé du lieu, l'abbé Thierry Piet ; les Vêpres à la chapelle de l'Union Chrétienne, prière du soir de l’Église en cette veille des Rameaux.

La dernière étape, à la chapelle de l'Union Chrétienne a permis aux Sœurs des Sacré-Cœurs de présenter leur année jubilaire (13 avril 2017 - 18 juin 2018) à l'occasion du bicentenaire de leur fondation par le Père Monnereau. Mais nous aurons l'occasion de reparler de cet événement prochainement...

Le déplacement en car et le pique nique au collège St Martin de Benet ont favorisé des rencontres élargies aux dimensions du doyenné, des retrouvailles, permis de mettre des visages sur des noms et inversement, de nouer des relations. Un peu fourbus en fin de journée les quelques cinquante pèlerins d'un jour sont repartis heureux de leur journée et reconnaissants envers l'organisateur, le curé de la paroisse St Hilaire de Fontenay, François Bidaud.

D'autres photos de la journée


dimanche 26 février 2017

Comme un veilleur

Il est là devant moi,
emmitouflé jusqu'au sommet de la tête
avec son capuchon noir relevé.
Car le lieu finit par être frais
quand on y reste si longtemps,
sans bouger, à son âge.

Et mon regard et mon esprit
se laissent happer par lui
au détriment de l'Hôte du lieu
pour qui je suis venue.

Il ?
Un vieux moine
assis juste devant moi.
Évidemment il prie...
Mais encore ?
Qu'est-ce que ça veut dire prier
quand il fait ça des heures durant,
tous les jours que Dieu lui donne ?
Dirait-il, comme le paysan du saint Curé d'Ars
"Je L'avise, et Il m'avise" ?

C'est quoi une prière de moine,
seul et silencieux ?
Et le dimanche, comme aujourd'hui,
c'est comme les autres jours ?
De l'horaire qu'on voit, nous, de passage,
c'est bien pareil.
Il est seul ici, dans l'église du monastère,
un dimanche, en plein après midi.
Et les autres, où sont-ils ?
Ses frères, que font-ils ?
Sa sérénité épouse celle du lieu
et devient contagieuse
soudain illuminée par un rayon de soleil perdu.

"Non, il ne dort pas, il ne sommeille pas
le gardien d'Israël" (Psaume 120)

Il veille,
et sa seule présence est apaisante.
Il était là avant moi,
et il y restera après,
comme un veilleur.


dimanche 12 février 2017

Se laisser toucher par la fragilité

Cette semaine j'ai suivi la session annuelle proposée aux religieux et religieuses de France au  Centre Sèvres, à Paris. Le thème en était : Vivre la vie religieuse dans un monde incertain.
Quatre jours denses et riches avec des intervenants de qualité dans différents domaines pour une approche large du sujet : Jean-Pierre Winter, psychanalyste, le Père Robert Scholtus, théologien du diocèse de Metz, le Père André Wénin, bibliste, Sœur Sylvie Robert, théologienne. Et des témoignages courageux et lucides d'expériences de fragilité.

Quelques jours après je suis riche de plusieurs pistes à explorer, mais une en particulier m'interpelle : cette invitation non seulement à ne pas fuir la fragilité, mais à oser porter mon regard sur elle. J'aime bien ce mot de fragilité, délicat et ouvert, qui balaie discrètement nombre de situations. Moins dur que pauvreté, vieillissement, maladie, diminution... Entendons la fragilité douloureuse, celle dont on se détourne naturellement, qu'on ne peut pas (veut pas) voir. La fragilité heureuse, porteuse d'avenir et d'espérance ne fait pas détourner le regard. La fragilité du nouveau-né ne fait pas peur, elle est germe de vie. La fragilité du malade, du vieillard, de la personne blessée, amochée fait peur. La fragilité de nos instituts religieux face à ce monde difficile et incertain fait peur. La paradoxale fragilité induite pas les nouvelles technologies, les cyber-sécurités, à la réflexion déstabilise. Alors on les fuit. Comme l'autruche on se cache la tête ou on la détourne pour ne pas voir.

Inévitablement cette fragilité de l'autre, que l'autre soit personne ou institution, agresse et déstabilise car elle renvoie à sa propre faiblesse.

Peu à peu, paisiblement, prendre conscience de ces protections qui nous habitent et nous caparaçonnent pour ne pas être confrontés à notre propre fragilité. Peu à peu, paisiblement, oser regarder en face ces fragilités et entrer dans le chemin qu'elles ouvrent.

Me laisser toucher par la fragilité pour me laisser toucher par ma fragilité... à moins que ce ne soit le contraire...


vendredi 3 février 2017

Jean ou le courage de la vérité

Ce commentaire d'évangile a été diffusé sur RCF Vendée ce vendredi 3 février 2017.

(Évangile selon St Marc, 6, 14-29)

Nous voici à nouveau avec un épisode bien connu de la vie de Jésus, ou plutôt de la vie de Jean-Baptiste.
Avec deux personnages principaux : Hérode et Jean le Baptiste.
Dans les lignes qui précèdent ce passage St Marc nous parle de Jésus sur les routes de Galilée, enseignant, guérissant, faisant quelques miracles. Jésus commence à faire parler de lui et cela arrive aux oreilles du roi Hérode. On ne sait pas bien encore qui est cet homme qui fait parler de lui. Jean, celui qui baptisait, serait ressuscité ? Serait-ce le prophète Elie ? Un autre prophète ?...
De ces rumeurs Hérode retient celle de Jean le Baptiste. Il a un passé pour le moins douloureux avec Jean : il a sa mort sur la conscience et ça doit bien le harceler. Voilà donc Hérode à nouveau face à lui-même, face à sa conscience.

Vitrail église St Jean-Baptiste - Fontenay-le-Comte
Hérode savait que Jean était un prophète et il aimait bien l'écouter (avec plaisir précise Marc) même si ses paroles le dérangeaient. Jean lui avait reproché d'avoir pris la femme de son frère et cela avait particulièrement irrité celle-ci qui avait décidé de le faire mourir.
Profitant d'un serment d'Hérode en public Hérodiade va demander la tête de Jean. Hérode est au pied du mur. S'il avait été fidèle à sa conscience il aurait dû renoncer, quoi qu'il en coûte, à un serment fait devant ses admirateurs.

Qu'en est-il de nos décisions et de nos choix quand notre liberté intérieure est mise à contribution ? À quel engagement, à quelle prise de position mon baptême m'appelle-t-il mais auquel je résiste par peur du qu'en dira-t-on ?

Jean a été le précurseur de Jésus dans toute sa vie :
en naissant il a témoigné que le Christ allait naître
en prêchant que le Christ allait prêcher
en baptisant, qu'il allait baptiser
en souffrant le premier sa passion Jean le Baptiste signifiait que le Christ devait lui aussi souffrir.
Jean qui appelait à la conversion et à la pénitence a été témoin de la vérité jusqu'à en mourir.

A quoi nous renvoie aujourd'hui Jean le précurseur ?
Baptisés nous sommes devenus témoins de Jésus. Vivre en témoin de l'amour du Père n'est pas toujours facile. Quels témoins sommes-nous appelés à être dans/malgré les ambigüités de nos existences ?

jeudi 2 février 2017

Mes yeux ont vu ton salut

Ce commentaire d'évangile a été diffusé sur RCF Vendée ce jeudi 2 février 2017.


Évangile selon St Luc 2, 22-40)
Fête de la Présentation de Jésus au Temple

En cette fête de la Présentation de Jésus au Temple et avec cet évangile nous retrouvons l'enfance de Jésus, dernier signe de Noël. C'est peut-être pour cela qu'en certains lieux on laisse la crèche jusqu'à ce jour…

Et que voit-on dans cet évangile ?
Un tout jeune couple qui vient au Temple présenter et offrir au Seigneur son bébé comme le veut la Loi.
Comme il insiste, St Luc, sur cet accomplissement de la Loi ! Pas moins de 4 fois dans la 1ère partie et une autre fois à la fin.
Joseph et Marie se soumettent à la loi comme tout le monde. La filiation divine de Jésus ne les en dispense pas. Une mission, une responsabilité ne dispense pas de respecter le règlement.

Nous voyons aussi 2 vieillards, au soir de leur vie. Toute leur vie Syméon et Anne ont attendu le Sauveur, dans la prière.
De Syméon Luc dit que c'était une homme juste. De cette justice (justesse ?) au sens biblique qui consiste à s'ajuster à Dieu, à reconnaître sa volonté et y répondre dans le concret de la vie.

Sous l'action de l'Esprit, Syméon reconnait dans ce geste tout simple de l'offrande de Marie et Joseph le Salut annoncé, en ce bébé il reconnait le Sauveur, le Messie, la lumière qui vient éclairer les nations. Témoin de cette merveille il chante un cantique d'action de grâce que l'Église reprend chaque soir à la fin des Complies dans la liturgie des heures, le Nunc Dimittis : "Maintenait ô maître souverain tu peux laisser s'en aller ton serviteur, en paix selon ta parole…".

Cette lumière elle est aussi dans nos célébrations de ce jour avec la procession et la bénédiction des cierges, rappel de notre baptême.

Dans notre vie de tous les jours nous pouvons laisser Dieu venir nous rencontrer, dans le silence et la simplicité. Comme Joseph, Marie, Syméon, Anne regardant l’enfant, apprendre à voir l’extraordinaire dans l’ordinaire. Rendre, par notre foi et notre amour, les choses ordinaires extraordinaires.

Il y a tout juste 20 ans cette année, St Jean Paul II faisait de cette fête de la Présentation la journée de la Vie consacrée. Journée sous le signe de l'action de grâces pour mieux faire connaître et apprécier la vie consacré et invitation pour les consacrés à célébrer les merveilles que le Seigneur fait pour eux. C'est donc une journée particulière pour toute personne consacrée qui, inspirée par le don du Christ aspire à son tour à donner sa vie et à tout quitter pour marcher à sa suite.
Bonne fête à toutes, à tous les consacrés !


Nunc dimittis (Taizé)




mercredi 1 février 2017

Nul n'est prophète en son pays

Ce commentaire d'évangile a été diffusé sur RCF Vendée ce mercredi 1er février 2017.


(Évangile selon St Marc, 6, 1-6)

Et Le voilà de retour au pays ! Il a arpenté la Galilée, enseigné, parlé en parabole, il en a expliqué quelques-unes, guéri des malades et ça c'est plutôt bien passé. Et là il rentre à la maison. Il est chez lui, il connaît bien les gens et c'est réciproque eux aussi le connaissent bien.
Comme il se doit, le jour du sabbat il va à la synagogue et voilà que lorsqu'il se met à enseigner ça ne va plus du tout. Il choque ses auditeurs, il les choque même profondément insiste St Marc. Qu'a-t-il donc pu leur dire pour susciter une telle réaction ? Quelles paroles dérangeantes ? Jésus devient chez lui pierre d'achoppement sur laquelle les siens butent.
Ils restent sur un regard humain de leur connaissance de Jésus : le charpentier, le fils de Marie, ses frères, ses sœurs sont bien de chez nous…
Cet homme qu'ils croient connaître leur parle aujourd'hui en Fils de Dieu. Il y a un pas à faire pour le reconnaître Fils de Dieu, Sauveur. Et ce pas c'est la foi.
La foi, hier comme aujourd'hui, c'est reconnaitre la présence divine de Jésus dans la vie ordinaire de chaque jour, dans les personnes rencontrées au quotidien, c'est changer notre regard.

Si les proches de Jésus sont choqués, lui-même est étonné et "il ne pouvait accomplir aucun miracle" nous dit St Marc. Il ne pouvait accomplir aucun miracle, mais pourtant il a fait quelques guérisons. Alors ces guérisons ne sont donc pas des miracles ?

Ce manque de foi des interlocuteurs de Jésus est un obstacle majeur pour reconnaître ses actes de puissance, des miracles, mais ce manque de foi ne peut empêcher la puissance libératrice à l'œuvre en Jésus de se manifester. C'est pourquoi il a pu faire quelques guérisons.

Le miracle suppose la foi. Jésus ne peut nous sauver sans notre participation. "Je t'ai créé sans toi, je ne te sauverai pas sans toi" disait St Augustin.

lundi 26 décembre 2016

Leçon de bernaches


Hier, jour de Noël, nous nous étions retrouvées à plusieurs communautés pour partager le repas festif du jour. Les conversations allaient bon train d'un sujet à l'autre au gré des idées et des humeurs quand soudain sont arrivées les bernaches, ne me demandez pas pourquoi ni d'où elles venaient !
Christiane nous a alors raconté l'histoire des bernaches. Une belle leçon de fraternité où les oiseaux du ciel ont encore beaucoup à nous apprendre.

A l'automne, lorsque vous apercevrez des bernaches volant vers le Sud pour l'hiver, dans une formation en "V", pensez à ce que la science nous a appris sur la raison pour laquelle les bernaches volent de cette façon. Chaque battement d’aile d'un oiseau donne une poussée à l'oiseau qui le suit. Une telle coopération permet à toute la volée de parcourir une distance d’au moins 71 % supérieure à celle que parcourent individuellement les oiseaux volant en solo. Lorsqu'une bernache laisse la formation, elle se heurte à la résistance de l’air qui s'oppose à ses efforts de voler seule et elle revient vite dans la formation pour profiter des avantages de voler avec les autres.

Nous pouvons appliquer le même raisonnement dans notre vie et travailler avec d'autres personnes qui vont dans la même direction que nous. Lorsque la bernache de tête est fatiguée, elle revient dans l'aile de la formation et une autre bernache prend la relève. Les bernaches qui sont à l'arrière crient pour encourager celles à l'avant.

Enfin, lorsqu'une bernache s'affaiblit, qu'elle est blessée ou qu'elle tombe de la formation, deux bernaches en sortent alors et descendent à sa suite pour l'aider et la protéger. Ses compagnes demeurent avec elle jusqu'à ce qu'elle meure. Elles repartent ensuite de leur côté ou se joignent à une autre formation pour rattraper leur groupe.

Si nous avions le bon sens de la bernache, nous nous viendrions en aide les uns les autres de la même façon.

Auteur inconnu... Commentaires inutiles... Je vous laisse méditer la jolie histoire   😉
 
Et ce n'est pas un conte même si l'histoire est belle, sauf qu'il semble que ce ne soit pas spécifique aux bernaches mais plus largement aux oiseaux migrateurs. Recherches scientifiques à l'appui. Allez donc faire un tour sur la revue Nature, au moins pour la jolie petite vidéo, et si vous êtes vraiment allergiques à l'anglais, il y a du français par ici.


samedi 24 décembre 2016

Joyeux Noël !

Quand je vois autour de moi cette avalanche de souffrances je me demande comment je vais pouvoir dire JOYEUX NOËL ! Dans la liste il y a bien sûr les deux dernières grosses catastrophes que sont l'attentat de Berlin et le carambolage de Ste Flaive des Loups. Mais je n'oublie pas la Syrie, Alep... les pays en guerre, les migrants, les malades, les isolés... Ces catastrophes qui s'abattent la veille de Noël, sans prévenir, alors que la fête se prépare : maladie, hospitalisation, décès.

Comment dire Joyeux Noël à toutes ces familles sans blesser ?

Et pourtant Noël c'est la victoire de la lumière sur les ténèbres, en ces jours où justement la nuit cède doucement le pas à la lumière. Et au fond du cœur de chacun brille cette petite lumière, cette espérance. Pour nous chrétiens, cette lumière s'appelle Jésus. Né dans un dénuement extrême nous croyons qu'il est venu nous sauver et nous apporter Lumière, Paix et Joie. N'était-ce pas le chant des anges accourus à la crèche, "Gloire à Dieu... et paix sur la terre aux hommes qu'il aime" (St Luc 2, 14) ?

Noël, dans l'esprit de chacun, c'est aussi la trêve, un jour dans l'année où peuvent cesser les conflits des plus grands aux plus petits de nos quotidiens. Et pourquoi la trêve ne durerait-elle pas plus longtemps ?... Puis-je faire un rêve, moi aussi, aujourd'hui ?

Bénédictines de Venière
Noël c'est ce Dieu désarmé et désarmant qui vient à nos devants redonner espoir  espérance aux hommes.

Christian de Chergé disait : « Il s’agit bien pour le Fils de Dieu de prendre une humanité semblable à la nôtre et de la conduire à son terme qui est d’entrer dans la vie de Dieu.
Il nous faut trouver dans le mystère de l’incarnation nos vraies raisons de rester malgré les menaces et la tourmente. Noël, c’est l’Emmanuel, Dieu silencieusement présent, présence de l’amour même qui seul est révolutionnaire, qui seul transforme les cœurs des uns et des autres... »

Alors oui, avec confiance,  je vais oser dire

J O Y E U X   N O Ë L   !

et que le Prince de la Paix venu crécher chez nous et dans nos cœurs nous aide à être artisans de Paix là où nous sommes.




dimanche 18 décembre 2016

70 ans à la Maison diocésaine de Saintes

Une communauté qui ferme c'est toujours un déchirement. Pour les Sœurs qui partent mais aussi pour la Congrégation, l'Église locale (paroisse ou service) qu'elles laissent et où elles avaient trouvé leur place pour la mission qui leur était confiée. C'est reconnaître nos limites tout en rendant grâces pour le vécu, les relations et les amitiés nées et entretenues et passer le relais à d'autres. Ainsi en a-t-il été pour la communauté de la Maison diocésaine de Saintes. Trente cinq Sœurs y ont assuré divers services depuis 70 ans, de la direction de la Maison à l'entretien du linge en passant par l'animation spirituelle, l'accueil de groupes, la cuisine, le fleurissement, la Sacristie, le soutien à quelques prêtres résidents...

C'est en 1947 qu'une communauté de Sœurs des Sacré-Cœurs arrive au petit séminaire de Saintes, à la demande de Mgr Liagre, évêque de La Rochelle et Saintes. Déjà depuis 1920 une autre communauté était présente au grand séminaire de L'Houmeau. Le grand séminaire fermé, le petit séminaire transformé en Maison diocésaine, les Sœurs y sont restées jusqu'à ce jour.

Ce vendredi 9 décembre le personnel de la Maison diocésaine s'est donc retrouvé pour une messe d'action de grâces pour ces 70 années de présence de la Congrégation, autour de Mgr Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes, et de son Conseil. Une quinzaine de Sœurs ayant travaillé en ce lieu étaient également présentes tandis qu'on fêtait aussi le départ à la retraite de Marie Claude, après 40 ans de services discrets dans la maison et formée à l'école des "Sœurs de Mormaison".

Les unes et les autres ont exprimé remerciements et reconnaissance qui pour les liens tissés, le bonheur de vivre dans ce département et ce diocèse, dans cette maison où elles ont tant reçu par la diversité de l'accueil de gens d’Église ou hors Église, qui pour l'accueil, le travail discret, le service caché, la prière et la bonne humeur. Reconnaissance aux Sœurs qui ont fait vivre cette maison et lui ont- donné une âme depuis 70 ans.

Pour Sœur Jacqueline et Sœur Louise, une page se tourne. Dans un mois elles quitteront définitivement Saintes pour une autre mission au Centre spirituel Pierre Monnereau, à Mormaison. Un peu un retour aux sources, mais toujours dans l'accueil et le service, à la suite de Celui qui est Chemin, Vérité, Vie.







samedi 10 décembre 2016

Lettre ouverte à Isabelle

Chère Zabou,

Le voilà arrivé le grand jour pour lequel tu te prépares depuis si longtemps, pour lequel aussi tu nous as bien préparés. A la fois aboutissement d'un long chemin et nouveau départ.

Quand j'ai commencé à te "fréquenter" tu m'as tout de suite intriguée. Qui donc était cette toute jeune femme qui partageait si ouvertement sa foi sur les réseaux sociaux, qui jonglait entre CAPES, agrégation et blog, entre servants d'autel et école de prière, entre chemin de Compostelle puis via Francigena, réco et accompagnement spirituel ? Pas la dernière à blaguer et profonde dans sa foi et sa réflexion. Capable de rire, faire rire, d'un vrai coup de gueule et de pardon, de pleurer dans un couloir d'hôpital ou au chevet d'un mourant et aussitôt de rebondir dans sa foi... Partageant sans complexe sa prière au rythme des temps liturgiques... J'ai vite compris qu'une vocation bourgeonnait et se cherchait sans savoir laquelle évidemment.

Et voilà, ce matin, dans la cathédrale de Nanterre, tu as été consacrée par Mgr Aupetit dans l'ordre des vierges consacrées, une forme de vie consacrée que l'on redécouvre, pas facile à faire entendre dans le monde d'aujourd'hui. Tu dis toi-même ta vocation "si méconnue chez la plupart des chrétiens", mais qu'elle est pour toi, par la prière, réponse à l'attente de Dieu.

Lundi tu seras la même pour tes collégiens de ZEP qui te donnent parfois du fil à retordre mais que tu aimes, et ils te le rendent bien. Tu ne pourras rien leur dire de ton engagement, devoir de réserve oblige, mais pourtant ils ont déjà compris que tu les aimes et ne cherches qu'à les faire grandir. 
 
Ce chemin qui s'ouvre devant toi aujourd'hui est chemin de bonheur. Je te souhaite bonheur dans ce choix de vie, continue à être témoin heureuse de ta foi et de tes engagements en Église. Merci pour la richesse de ta présence sur ce continent digital, pour reprendre une expression de Benoît XVI, où nous nous sommes rencontrées, merci pour ce que j'y ai reçu de toi. Ma prière continue de t'accompagner. Avec Marie, que le Seigneur achève ce qu'il a commencé en toi.

Très fraternellement à toi,

Cybersister

PS 1 - Ne va pas t'y tromper, je sais que tu as aussi plein de défauts...
PS 2 - Je t'ai piqué une photo... et quelle photo ! Tu ne m'en veux pas ?  😉

jeudi 8 décembre 2016

5 ans déjà !

C'était en effet un certain  8 décembre 2011, une page se tournait, une nouvelle aventure commençait. C'est mon réseau bien aimé qui m'a rappelé ça ce matin en allumant mon ordinateur, avec photo à l'appui. 

Ce jour-là une petite Congrégation fusionnait avec une plus grande. Je savais ce que je quittais, je ne savais pas bien où ça me mènerait mais j'y allais avec confiance et espérance. Je n'ai pas été déçue. Si le grand nombre a pu être pour certaines un élément déstabilisant j'y ai vu un facteur d'ouverture. D'autres sœurs à mieux connaître, d'autres terrains de mission, d'autres pays à découvrir. Le mélange des communautés a permis cette ouverture et a cassé la routine.

J'avais eu l'audace de penser avec plaisir et soulagement : finies maintenant les responsabilités de Congrégation !  Ça n'a pas duré longtemps ! Très vite "on a pensé à moi", à quoi j'ai répondu une fois, "j'aimerais bien que vous pensiez un peu moins à moi". D'abord des propositions de formation puis des appels plus clairs à quelques responsabilités dans la Congrégation. C'était à la fois courageux de leur part et me faire confiance pour une mission qui me dépassait dans cette Congrégation que je ne connaissais pas, où j'avais tout à découvrir ! Puisqu'elles me faisaient confiance, mon oui a été une façon d'apporter ma part à la fusion : vous nous avez accueillies, soyez-en remerciées et j'accepte ce service si vous m'en jugez capable.

J'ai fait mon chemin, j'ai découvert, j'ai bien peiné pour comprendre et connaître (et ce n'est pas fini !) mais ces années de Conseil m'ont aidée à connaître la Congrégation et les Sœurs tout en servant l'une et les autres et à retrouver le dynamisme de la vie religieuse dans une Congrégation diocésaine.

En ce 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception, avec Marie je rends grâces pour ces 5 années et je lui confie l'avenir de la Congrégation, le chemin que nous faisons ensemble au cœur de l’Église.