samedi 10 décembre 2016

Lettre ouverte à Isabelle

Chère Zabou,

Le voilà arrivé le grand jour pour lequel tu te prépares depuis si longtemps, pour lequel aussi tu nous as bien préparés. A la fois aboutissement d'un long chemin et nouveau départ.

Quand j'ai commencé à te "fréquenter" tu m'as tout de suite intriguée. Qui donc était cette toute jeune femme qui partageait si ouvertement sa foi sur les réseaux sociaux, qui jonglait entre CAPES, agrégation et blog, entre servants d'autel et école de prière, entre chemin de Compostelle puis via Francigena, réco et accompagnement spirituel ? Pas la dernière à blaguer et profonde dans sa foi et sa réflexion. Capable de rire, faire rire, d'un vrai coup de gueule et de pardon, de pleurer dans un couloir d'hôpital ou au chevet d'un mourant et aussitôt de rebondir dans sa foi... Partageant sans complexe sa prière au rythme des temps liturgiques... J'ai vite compris qu'une vocation bourgeonnait et se cherchait sans savoir laquelle évidemment.

Et voilà, ce matin, dans la cathédrale de Nanterre, tu as été consacrée par Mgr Aupetit dans l'ordre des vierges consacrées, une forme de vie consacrée que l'on redécouvre, pas facile à faire entendre dans le monde d'aujourd'hui. Tu dis toi-même ta vocation "si méconnue chez la plupart des chrétiens", mais qu'elle est pour toi, par la prière, réponse à l'attente de Dieu.

Lundi tu seras la même pour tes collégiens de ZEP qui te donnent parfois du fil à retordre mais que tu aimes, et ils te le rendent bien. Tu ne pourras rien leur dire de ton engagement, devoir de réserve oblige, mais pourtant ils ont déjà compris que tu les aimes et ne cherches qu'à les faire grandir. 
 
Ce chemin qui s'ouvre devant toi aujourd'hui est chemin de bonheur. Je te souhaite bonheur dans ce choix de vie, continue à être témoin heureuse de ta foi et de tes engagements en Église. Merci pour la richesse de ta présence sur ce continent digital, pour reprendre une expression de Benoît XVI, où nous nous sommes rencontrées, merci pour ce que j'y ai reçu de toi. Ma prière continue de t'accompagner. Avec Marie, que le Seigneur achève ce qu'il a commencé en toi.

Très fraternellement à toi,

Cybersister

PS 1 - Ne va pas t'y tromper, je sais que tu as aussi plein de défauts...
PS 2 - Je t'ai piqué une photo... et quelle photo ! Tu ne m'en veux pas ?  😉

jeudi 8 décembre 2016

5 ans déjà !

C'était en effet un certain  8 décembre 2011, une page se tournait, une nouvelle aventure commençait. C'est mon réseau bien aimé qui m'a rappelé ça ce matin en allumant mon ordinateur, avec photo à l'appui. 

Ce jour-là une petite Congrégation fusionnait avec une plus grande. Je savais ce que je quittais, je ne savais pas bien où ça me mènerait mais j'y allais avec confiance et espérance. Je n'ai pas été déçue. Si le grand nombre a pu être pour certaines un élément déstabilisant j'y ai vu un facteur d'ouverture. D'autres sœurs à mieux connaître, d'autres terrains de mission, d'autres pays à découvrir. Le mélange des communautés a permis cette ouverture et a cassé la routine.

J'avais eu l'audace de penser avec plaisir et soulagement : finies maintenant les responsabilités de Congrégation !  Ça n'a pas duré longtemps ! Très vite "on a pensé à moi", à quoi j'ai répondu une fois, "j'aimerais bien que vous pensiez un peu moins à moi". D'abord des propositions de formation puis des appels plus clairs à quelques responsabilités dans la Congrégation. C'était à la fois courageux de leur part et me faire confiance pour une mission qui me dépassait dans cette Congrégation que je ne connaissais pas, où j'avais tout à découvrir ! Puisqu'elles me faisaient confiance, mon oui a été une façon d'apporter ma part à la fusion : vous nous avez accueillies, soyez-en remerciées et j'accepte ce service si vous m'en jugez capable.

J'ai fait mon chemin, j'ai découvert, j'ai bien peiné pour comprendre et connaître (et ce n'est pas fini !) mais ces années de Conseil m'ont aidée à connaître la Congrégation et les Sœurs tout en servant l'une et les autres et à retrouver le dynamisme de la vie religieuse dans une Congrégation diocésaine.

En ce 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception, avec Marie je rends grâces pour ces 5 années et je lui confie l'avenir de la Congrégation, le chemin que nous faisons ensemble au cœur de l’Église.



dimanche 16 octobre 2016

Ça manque à ta culture !

Oui, certes, ça manquait à ma culture, mais surtout aussi ça lui faisait un immense plaisir d'y aller.

Depuis quelques jours c'est son sujet de conversation privilégié et elle suit ça de près à la radio, la télé, les journaux. Hier, avec l'ouverture du village du Vendée Globe, elle nous racontait ses souvenirs des années passées aux Sables où elle vivait à fond l'événement du Vendée Globe. Comme si elle y était. Et puis elle a tout repéré : les exposants, les bateaux, les noms des skippers, les parkings proches... C'est sûr qu'elle serait un bon guide. Aujourd'hui encore, pendant le déjeuner, elle a le visage radieux quand on en parle. Je comprends que n'être jamais allée au village du Vendée Globe depuis si longtemps que je suis en Vendée est un manque grave de culture. Oui, me répond-elle avec un grand sourire, ça manque à ta culture. C'est trop clair qu'elle grille d'envie d'y aller. Alors je propose : et si on y allait cet après midi ? La réponse ne se fait pas attendre.

Fin de repas et vaisselle expédiés à grande vitesse, quelques quarts d'heure plus tard nous voilà au fameux village. Le soleil a pris ses congés laissant place à quelques ondées mais la foule est bien là. C'est un concert d'expositions, d'animations ludiques et pédagogiques pour grands et petits, un défilé ininterrompu sur les pontons pour voir de près, toucher chaque bateau, échanger un mot avec quelques skippers venus aussi pour un bain de foule avant la grande solitude de la course, s'arrêter devant les photos géantes "Dans les rues du globe", collectionner toute la doc possible à commencer par les magnifiques posters. Ambiance bon enfant, festive.

Et voilà une première immersion dans le monde du Vendée Globe grâce à Angèle, une sœur de ma communauté qui ne compte que 87 années au compteur de la vie. Je sens que son enthousiasme m'a contaminée et que je vais suivre de près cette belle aventure qu'est le Vendée-Globe 2016 (#VG2016 pour les geeks).

Sûr que le 6 novembre elle va passer sa journée devant la télé ! Elle a son supplément de jouvence pour 3 mois.

samedi 17 septembre 2016

Un démarchage pas comme les autres

Comme beaucoup je déteste le démarchage, quel qu'il soit. Mais cette fois, allez donc savoir pourquoi, je me suis prêtée au jeu de bonne grâce. On a le droit de s'arranger, non ?

Donc elle a commencé par une enquête de satisfaction sur le portage du journal à domicile. Bingo ! Ca tombe bien, c'est parfait, j'en suis contente alors j'y suis allée de mon petit couplet de félicitation et de remerciement pour ce service très matinal, régulier et tout. Oui, ce sont des étudiants qui font ça pour gagner un peu d'argent...

Puis elle a continué sur le fond, le contenu du journal, qu'est-ce que vous lisez en premier (non pas les obsèques, pas moi), qu'est-ce que vous aimeriez y trouver, qu'est-ce qu'on pourrait améliorer...  Pour un peu j'avais un journal sur commande et à défaut de refaire le monde je refaisais le journal. Ah oui, votre dernière page, j'aime bien la dernière page : un regard positif sur des événements ou des tranches de vie. Elle savait s'y prendre la fille. Pour en arriver à sa proposition, parce que c'était quand même bien le but de l'opération, me faire consommer un peu plus et donc me proposer le journal le dimanche, à l'essai pendant un mois, pour un prix intéressant si je m'engage après, et si vraiment ça ne me convient pas je pourrai arrêter, etc. le couplet habituel. On a discuté un moment, ça ne me disait rien du tout et j'ai fini par céder avec l'arrière pensée de ne pas donner suite après l'essai.

Après elle a dû me parler "des autres", entendons par là les Sœurs de ma communauté, avec qui je pourrais en parler et qui seraient peut-être intéressées, elles. Elle a bien compris qu'avec moi ce n'était pas gagné...

Et puis ça s'est terminé comme ça. Enfin non. Remerciements, elle était contente : merci d'avoir pu parler avec vous, c'est rare d'avoir un tel accueil, et puis merci pour ce que vous êtes, pour vos prières. C'est important ça vos prières. Ma grand mère disait toujours : si le monde tient encore debout c'est grâce aux prières des Sœurs. Alors là vous avez de quoi faire ! Merci. Continuez.

J'étais toute éberluée de cette façon de conclure une conversation à caractère commercial. Avec une inconnue, quelqu'un que je ne retrouverai jamais. Un joli message que je transmets à tous ceux et celles qui ont cette mission de prier pour le monde et pour l’Église. On nous y attend !


lundi 5 septembre 2016

Elles ont fait bénir leur maison

Certains auraient pendu la crémaillère, elles ont choisi de faire bénir leur maison.

Elles ont emménagé là il y a six mois, pas tout à fait nouvelles dans le quartier pourtant puisqu'elles n'étaient qu'à deux kilomètres. Quelle idée de déménager à deux kilomètres ! C'est l'aboutissement d'une réflexion commune entre la paroisse St Hilaire de Fontenay et la Congrégation des Soeurs des Sacré-Cœurs de Jésus et de Marie. La première, en restructuration, cherchait à garder une présence religieuse dans un quartier de la ville et un lieu d'accueil pour de petits groupes. La seconde cherchait un habitat plus adapté à une communauté religieuse.

En ce lieu, en réponse à l'appel de la paroisse, la communauté de quatre Sœurs a une mission d'accueil et de proximité, de présence toute simple aux gens du quartier.

Une pièce de la communauté sert donc aussi à l'accueil de petits groupes : enfants du caté, réunions d'équipes liturgiques, soirées bibliques, groupes de prière...

Accueil de groupes mais aussi accueil individuel, porte ouverte à qui veut venir confier une joie, une peine, partager un moment de prière, passer un moment pour rompre la solitude, ou le simple plaisir de prendre un café en bavardant.

Et alors pourquoi bénir cette maison ?
Dans la Bible, une bénédiction est d’abord un acte de Dieu qui veut le bien pour l’homme. Elle est aussi reconnaissance de la grâce de Dieu. Lorsque l’Église bénit elle affirme la présence de Dieu* à l’œuvre dans sa création. Bénir une maison rappelle que l'existence de l'homme dans toutes ses dimensions (travail, loisir, repos...) intéresse Dieu. Bénir une maison c'est bénir ses occupants afin qu'ils reconnaissent la présence de Dieu dans leur vie et qu'ils la transmettent à leurs frères et sœurs.

Ainsi comprise la bénédiction ne pouvait être qu'un coup de goupillon sur les murs de la maison, mais elle s'enracinait dans la Parole de Dieu, et la prière commune. Puis le célébrant a béni les personnes présentes et les pièces de la maison.

Michèle, Marcelle, Christiane et Isabelle avaient invité largement amis et proches, "utilisateurs" de la salle, la réponse a été à hauteur de leurs attentes. La diversité des participants reflétait la diversité des bénéficiaires, des amis, l'ouverture de la communauté, les liens déjà tissés.  Michel, ému, a spontanément pris le micro pour remercier les Sœurs de leur soutien quand il a perdu sa femme.

La soirée s'est poursuivie par un temps convivial autour de boissons fraîches où de nouveaux liens ont pu se créer, jusque tard dans la soirée, certains pas pressés du tout de rentrer. On était bien là.

Que cette maison soit en effet un lieu où il fait bon vivre, où il fait bon venir, où Dieu se fait proche, où la Bonne Nouvelle est annoncée et vécue. "Venez, et voyez" (St Jean 1, 39).

* Père Sébastien Antoni, assomptionniste


Photos de l'après-midi

samedi 3 septembre 2016

Mère Teresa, la face cachée

Demain elle sera canonisée, proclamée sainte par l’Église catholique à la face du monde. Et pour une fois l'ensemble des médias sont très bavards sur l'événement, je ne m'en plaindrai pas. Cependant il est une dimension de sa vie dont on ne parle pas, ou très peu, et qui alimentait son œuvre de charité. Je veux parler ici de sa grandeur spirituelle et mystique.

Sa première expérience mystique date de 1946 (elle a 36 ans), qu'elle nomme "l'appel dans l'appel". Dans le train elle entend un appel du Christ à tout quitter pour le suivre dans les bidonvilles et les trous obscurs et le servir dans les plus pauvres des pauvres. "Viens,  sois ma lumière", lui dit le Christ. A partir de ce jour elle mettra tout en œuvre pour discerner que cet appel vient de Dieu puis pour le réaliser. Et quand elle se heurte aux évêques et archevêques qui traînent les pieds pour transmettre sa demande au Pape elle n'hésite pas à les relancer plusieurs fois : "Pardonnez-moi si je vous importune avec toutes ces lettres.." [...] "Je vous supplie Excellence, au nom de Jésus et pour l'amour de Jésus de me laisser y aller. Ne différez plus. Ne me retenez pas." Car Mère Teresa est obéissante et veut l'aval du Pape, comme signe de la volonté de Dieu, pour réaliser son projet. En 1942 elle avait fait en privé "le vœu à Dieu, sous peine de péché mortel, de donner à Dieu tout ce qu'il pourrait demander, de ne rien lui refuser".
Elle est écartelée entre l’Église qui prend son temps et Jésus qui la confronte à son vœu dans un lancinant : "Refuseras-tu ? Refuseras-tu de faire cela pour moi ?". Elle devra attendre 2 ans pour avoir le feu vert : "Vous pouvez y aller".

Le discernement de son projet l'a mise à rude épreuve. Ce premier combat terminé Mère Teresa va rapidement être affrontée à une profonde nuit spirituelle qui ne la quittera pas, des ténèbres de plus en plus sombres. Elle ira jusqu'à dire qu'elle n'a plus la foi, craindra l'hypocrisie car elle parle bien de Jésus mais elle en est si loin. Une grande souffrance qu'elle ne dévoile qu'à ses pères spirituels, mais que bientôt elle ne pourra même plus exprimer : "Pour moi, je n'ai rien à dire, car les ténèbres sont tellement sombres, la douleur tellement douloureuse". Une grande souffrance dont rien ne perce à l'extérieur son sourire étant son arme : "le sourire est un grand manteau qui recouvre une multitude de douleurs". Elle demande à ses Sœurs : "Prenez tout ce qu'il vous donne et donnez tout ce qu'il vous prend avec un grand sourire".

Que ce soit pour le discernement et la mise en œuvre de son projet, ou dans sa nuit, Mère Teresa ne cesse de prier et de demander qu'on prie pour elle, pour son œuvre, pour ses Sœurs.

Cette nuit elle n'en verra pas la fin. Elle en viendra à aimer ses ténèbres et à même y penser pour après sa mort : "Si jamais je deviens sainte, je serai certainement une sainte des ténèbres. Je serai continuellement absente du Ciel pour allumer la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres sur terre." Paradoxalement, et c'est un trait de l'expérience mystique, la traversée de cette épreuve l'enracine dans l'amour de Dieu et des autres, sa seule raison de vivre.

Sainte Mère Teresa, priez pour nous !

Les citations sont tirées de
"Mère Teresa, Les écrits intimes de la Sainte de Calcutta"
Brian Kolodiejckuk. Editions Lethielleux

samedi 20 août 2016

Virée dans le ciel de Vendée

Alors voilà, sur une idée originale d'un neveu ils s'y sont mis à plusieurs pour m’offrir une virée en autogire. Non, parce que un bon d'achat à la Fnac (pardon frangin !) c'est très sympa mais ça ne décoiffe pas vraiment. L'autogire ça promet d'être plus hard. Les jeunes, ils ont des idées géniales, même pour les vieux. Enfin, vieux... c'est encore à voir !

Donc j'avais soigneusement mis de côté ce bon/beau cadeau pour les beaux jours de l'été. Et je suis passée aux choses sérieuses dernièrement. Accompagnée de ma nièce nous étions ponctuelles au rendez-vous : juste au bord d'un champ qui m'a paru minuscule, mais l'autogire n'a pas besoin d'une longue piste, il décolle tout de suite m'a assuré le pilote. Premier contact avec le pilote, vraiment chaleureux... enfin non, pas premier contact, j'étais déjà venue deux fois en repérage. Henri Gréaud, il y a 20 ans qu'il fait ça, à Thorigny. Il met vite à l'aise, rassure si besoin est et tutoie tout le monde sans demander. Il ne se fait pas prier pour prendre la pose photo avec son passager, il en rajouterait même un peu. Et il connaît bien sa virée, un pro qui partage ses connaissances et sa passion avec enthousiasme.

Avec l'installation dans l'engin l'aventure est déjà en route : casque-oreillettes-visière, sangles, appareil photos solidement attaché aux sangles, et... pas de consignes. C'est pas Air France ici, pas de répétition avec le gilet de sauvetage et le masque à oxygène. Le siège est à hauteur du rebord : pas de portière, pas de vitre, plein air complet. Naïvement je cherche quelque chose pour me tenir... "et on se tient à quoi ?"... "à rien. Si tu veux tu t'accroches aux sangles (autour de la taille)". Bon ! Et c'est parti. Un petit tour de piste pour dire au revoir à la nièce, une dernière photo et on s'envole aussitôt, direction les Sables d'Olonne, la côte vendéenne jusqu'à la pointe d'Arçay puis retour par les terres.

J'avoue que les 15 premières minutes je n'étais pas fière du tout, je n'osais pas bouger, à peine la tête, en tenant la visière du casque de peur qu'elle ne s'envole... (on ne rigole pas s'il vous plaît !). Parce que  ça souffle dur là haut et pas de vitres à remonter ! J'avais peur de basculer dans le vide d'un côté ou de l'autre, mais pas de vertige. Puis en arrivant vers les marais des Sables ça allait mieux, comme si j'avais moins peur de tomber dans l'eau que de tomber sur la terre... j'ai commencé à sortir mon appareil photos pour mitrailler jusqu'à l'arrivée. Ça allait de mieux en mieux.

En survolant cette bonne portion de Vendée j'ai pu admirer des paysages jamais vus, ou en tout cas pas de cette façon, les marais et les parcs à huîtres des Sables... jamais vus... Ces paysages si contrastés, se succédant les uns les autres : marais, côte, immenses plaines du Sud et bocage du centre,  les routes et les canaux rectilignes sur des kilomètres, le secteur désormais désert de La Faute et La Tranche ravagé par Xynthia, Luçon, Mareuil, Château-Guibert...  La mer était haute, c'était plus beau et plus facile à repérer.

Pour le côté technique, on devait voler à 300/400 mètres d'altitude et entre 100 et 150 km/h... au début j'avais l'impression qu'on n'avançait pas. Température environ 16° je pense mais avec le vent ça faisait bien plus frais.

Magnifique et inoubliable escapade où on se sent quand même bien petit dans cette immensité, entre terre, mer et ciel, où l'homme est minuscule et la voiture comme une fourmi. A la fois grandeur et fragilité de la vie, de notre embarcation qui porte bien son nom d'ultra légère (Ulm*). Un cadeau original qui laisse des images et des sensations inoubliables.

Une expression courante me vient spontanément à l'esprit, "Prendre de la hauteur", comme si cette expérience venait l'éclairer et lui donner tout son sens...

Photos de l'expédition

*Ulm : Ultra léger motorisé


jeudi 14 juillet 2016

"Maillezais sentinelle du marais"

L'immense abbaye St Pierre de Maillezais est une des curiosités à ne pas manquer dans le Sud Vendée. Mais que peuvent dire ces ruines, aussi imposantes soient-elles, sans explication, sinon laisser deviner une période prospère.

"Maillezais, sentinelle du marais" est un spectacle qui balaie l'histoire de l'Abbaye, faisant voyager le visiteur dans le temps et dans l'espace à la rencontre des personnages qui ont jalonné son histoire.

Le moine Pierre, premier chroniqueur de l'Abbaye, accueille le visiteur et remonte le temps jusqu'à l'origine de l'édifice, il y a plus de mille ans de cela, d'abord forteresse puis monastère sur la volonté d'Emma d'Aquitaine. 

Trois autres stations mettent en scène une rencontre entre Geoffroy de Lusignan, qui aurait incendié l'abbaye, et Emma d'Aquitaine, une scène épique entre Agrippa d'Aubigné et son fils Constant, et la scène finale, reconstitution de la vie des moines où se côtoyaient Geoffroy d'Estissac et François Rabelais au XVIe siècle. On y touche du doigt le rayonnement qu'a eu l'abbaye en son temps, tant dans sa dimension spirituelle que pour son rôle économique et social.

Un spectacle dynamique qui mêle harmonieusement histoire, théâtre, chant et musique. Les acteurs, professionnels, ont à cœur de présenter un théâtre populaire, ludique, varié, coloré et avec quelques traits d'humour. "L'esprit qui nous anime est celui de la joie et du partage" disent-ils.

Mais d'où viennent ces morceaux de statue négligemment abandonnés au bord du chemin ? Un pied, une main, une tête... Vu la taille il ne peut s'agir que d'un géant. Gargantua ?...  Négligemment abandonnés ? Non point, ils font partie du décor. Dès le début Rabelais est présent, même si on ne le rencontre que dans la dernière scène. Un Rabelais très sympathique d'ailleurs...





mardi 12 juillet 2016

Petit patrimoine fontenaisien

C'était une première, tant sur le fond que sur la forme. Une soirée co-organisée par la Pastorale du Tourisme et Fontenay Ville d'Art et d'Histoire pour une visite insolite de Fontenay-le-Comte : Chemin faisant levons les yeux sur le petit patrimoine religieux. PETIT patrimoine religieux ? Non point péjoratif le terme veut plutôt désigner ces richesses ignorées devant lesquelles on passe sans les voir, ou qu'on a tout simplement oubliées à force de les voir. Oui, levons les yeux, et pas que sur le patrimoine religieux.

Sous la forme d'une promenade découverte dans quelques rues des environs de l'église Notre-Dame, Marie-Gabrielle, animatrice du patrimoine, nous a entraînés au son de son accordéon attirant notre attention sur tel ou tel détail. Une nouveauté pour elle aussi, elle a dû fouiner un peu dans ses documents pour nous éveiller à ces détails, implorant de ce fait notre indulgence. Pas nécessaire ! passionnant son parcours et ses commentaires. Du parvis de l'église Notre-Dame aux jardins de l'Union Chrétienne elle nous a successivement dévoilé le porche de Notre-Dame et la petite place St Pierre, en hommage à une illustre religieuse aussi généreuse qu'intrépide capable de toutes les audaces, car pour le Bon Dieu que ne ferait-on pas ?

Puis la rue Émile Boutin qui conduit à l'entrée du parc Baron avec les vestiges de son château fort , rue de la Tuée (hum!), rue du Bédouard , rue Jean Imbert, rue Barnabé Brisson et le collège St Joseph, et toutes les richesses cachées de la rue Rapin : le château de Terre Neuve, la Tour Rivalland, l'ancien Carmel. Cette dernière partie du circuit est certainement celle qui a le plus surpris les fontenaisiens : depuis le temps qu'on est là, on n'était jamais venus ici ! Honte ! Merci Marie-Gabrielle. Il est vrai que pénétrer dans l'ancien cloître du Carmel n'est pas facile, souvent une grille en ferme l'accès. Carmel reconverti en logements.

La balade était ponctuée à trois reprises de lectures appropriées : une prière de St Jean-Paul II à la Vierge du Calvaire, pour l'arrêt au calvaire de la Commanderie, un extrait de la Vie de Ste Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face pour la station au Carmel et une poésie du P. Bonnaud (1898), curé de Charzais, "Prise de possession par Jésus de la chapelle de l'Union-Chrétienne", pour l'arrivée en cette chapelle.

Une quarantaine de personnes ont participé à cette première édition. De tous âges, d'origines diverses et aux motivations variées. De "vieux" Fontenaisiens curieux de découvrir ce qui aurait bien pu leur échapper, des "revenants", j'entends par là des Fontenaisiens partis pour études et travail professionnel et revenus au moment de la retraite, surpris de découvrir "comme c'est beau ici !", des croyants et des moins-croyants, une jeune tchèque avide de découvrir sa nouvelle terre...

La soirée s'est terminée autour d'une boisson fraîche dans les jardins de l'Union Chrétienne et un pique nique. Un dernier air d'accordéon avant de se quitter... certains n'ont pas résisté à son appel pour un pas de danse.

Quelques heures de bonheur alliant culture, détente, rencontre et partage. Pour une première, bravo les organisateurs, et merci... Rendez-vous dans un an pour la deuxième édition, n'est-ce pas ?


NB - Autres propositions de la Pastorale du Tourisme dans le Sud Vendée : 19 juillet et 9 août.





dimanche 10 juillet 2016

Pari tenu, il a sauté

Les Journées Mondiales de la Jeunesse, quel événement dans la vie d'un jeune catho ! Y participer est le rêve de beaucoup mais souvent le prix freine les élans.

Et voici qu'un jeune prêtre vendéen, Monsieur JMJ du diocèse, en novembre dernier, a lancé un appel aux dons pour aider les jeunes, avec un pari fou : si on atteint 10 000 € je saute à l'élastique. 10 000 €, c'est énorme, on se dit qu'on n'y arrivera pas. Pensait-il avoir mis la barre suffisamment haut pour échapper à l'exercice ? Se lancer comme ça, quand on sait la trouille qu'il a du vide, même sur une chaise il a le vertige, alors à plus de 50 m de haut ! Cela avait fait rire dans les sacristies et les chaumières, au conseil épiscopal aussi.

Il a toujours associé son saut à l'élastique à un saut dans la foi que sont les JMJ pour les jeunes. Une aventure en effet, en pays étranger, faite de rencontres, de découvertes et de partages, de catéchèses, de temps de prière, de célébrations et de fête... Un saut à l'élastique pour permettre à des jeunes de faire ce saut dans la foi.

Six mois plus tard la collecte a largement dépassé les attentes... Florent va devoir honorer son engagement. Et bravo pour les jeunes qui vont en bénéficier.

Et voilà le jour J arrivé. Pas très fier le Florent en haut du viaduc de Coquilleau mais courageux et toujours souriant. Et il est bien entouré : les jeunes venus l'accompagner qui l'attendent en bas dans la prairie et ceux qui sont montés sur le viaduc pour être avec lui jusqu'au bout ; ses parents, pas trop rassurés eux non plus... Après avoir revêtu l'équipement d'usage, solidement harnaché au corps et aux chevilles il s'est élancé dans le vide sous les applaudissements des jeunes.

De retour sur le plancher des vaches, via la vidéo de la journaliste, il a remercié tous ceux qui, par leurs dons, vont permettre à 200 jeunes vendéens de se rendre à Cracovie du 20 au 31 juillet, et eux, de faire le saut dans la foi.

Ami lecteur/JMJiste, si tu rencontres Florent à Cracovie, ne manque pas de le saluer et de le féliciter.

et bonnes Journées Mondiales de la Jeunesse 2016 !





lundi 4 juillet 2016

Week-end de grâce

Il s'annonçait bien dense ce premier week-end de juillet avec ses trois grands rendez-vous.

Dès le samedi après midi deux événements au même moment : 52 Sœurs de la Congrégation fêtaient un anniversaire de profession religieuse (25, 50, 60, 70 et 75 ans de vie religieuse) et à quelques kilomètres de là les Ursulines de Jésus (Chavagnes) accueillaient dans leur Congrégation les Religieuses de l'Immaculée Conception de Niort. Célébration de fusion qui, bien sûr, n'a pas manqué de me rappeler celle que j'ai vécue personnellement il y a bientôt cinq ans. Célébration très marquée par l'interculturalité. Tous les pays dans lesquels ces deux Congrégations sont implantées étaient représentés (France, Royaume Uni/Irlande, Madagascar, Amérique latine, Italie, Espagne). Célébration sobre et empreinte d'émotion au cours de laquelle toutes les Sœurs, avec une même formule, ont renouvelé le OUI de leur premier engagement, "entrant dans une nouvelle période de leur histoire", et les Sœurs de l'Immaculée Conception ont reçu le Livre de Vie et la croix des Ursulines de Jésus. Après la messe, un lâcher de ballon symbolique : autant de couleurs de ballons que de pays, autant de ballons que de communautés. Par grappes, par pays, les ballons ont été lâchés et sont partis au loin, symbole de l'envoi en mission des Sœurs et des communautés dans leurs divers lieux.

Ce même samedi avait lieu à Fontenay la 4e nuit des églises. La petite église Notre-Dame de l'Assomption, dans le quartier de Charzais, était à l'honneur. Sur le parvis, son histoire nous était tout d'abord retracée par un charzaisien de souche, de l'époque romane à nos jours, puis nous étions invités à entrer dans l'église, sur fond de musique. A l'intérieur trois vitraux remarquables (vitrail de l'Assomption, vitrail de St Laurent, vitrail de St Isidore) ont fait l'objet d'une présentation particulière, soutenue par le diaporama réalisé par l'association du patrimoine religieux. L'histoire... la légende de St Isidore, patron des laboureurs, nous était ensuite gracieusement mimée par quelques adultes et des enfants. Même le curé s'y est mis dans le rôle du riche propriétaire. Enfin le très beau chemin de croix de cette église fut l'occasion de rappeler l'origine et l'histoire de la dévotion au chemin de croix. Depuis quand ? (le XIVe siècle). Pourquoi ? (une pieuse volonté de mettre ses pas dans ceux du Christ sur le chemin de la Passion, du lieu de son jugement à celui de sa mise au tombeau). Comment ? (par la marche et la méditation de scènes évangéliques de la Passion du Christ). En écho à ce commentaire le curé a lu quelques passages des évangiles de la Passion du Christ suivis d'un bref temps de méditation sur fond d'improvisations à l'orgue.
La chorale paroissiale a accompagné la soirée et donné la note finale par l'interprétation de quelques pièces en latin, soutenue par le jeu harmonieux des organistes.
Un temps de déambulation a permis de découvrir une exposition de vêtements liturgiques et d'objets de culte, richesses ignorées.

Et dimanche l'au revoir au Père George. Trois ans seulement qu'il est parmi nous, mais que de liens tissés, que d'amitiés nouées. Arrivé tout droit du Ghana il ne connaissait pas un mot de français. Il arrivait en pays inconnu, ayant tout à découvrir, s'habituer au climat et à la nourriture, à notre culture et à notre façon de vivre...
Comme pour ses 10 ans de sacerdoce il avait préparé la messe avec ses amis Wallisiens. Musique et chants de leurs pays, ça fait du bien et c'est joyeux, ça ressemble bien à George aussi. Les chants, on ne les connaît pas... mais tout le monde chante. Comment font-ils pour nous entraîner ainsi ?... Il avait aussi mis son étole des jours de fête, aux couleurs vives et chaudes, si jolie.
A la fin de la messe, est venu le temps des remerciements. Marie-Thérèse et Claude se sont fait l'écho de tous les paroissiens, groupes, mouvements pour dire à George combien son séjour parmi nous a été riche, source de joie et restera dans nos mémoires et nos cœurs. Un moment fort et plein d'émotion... pour les uns et les autres. Au nom de l'équipe pastorale le Père François a également remercié George avec un brin d'humour et beaucoup d'émotion aussi, accolade finale à l'appui. Difficile de résumer ces 3 années, mais dire que George a incarné la Joie de l'évangile est d'une profonde signification, tout est dit en ces quelques mots. Monseigneur Castet aurait aussi dit que George est le prêtre le plus heureux du diocèse !
Impossible pour George d'aller jusqu'aux tables du verre de l'amitié à l'issue de la messe tant il était assailli de gens de tous âges et de tous milieux qui voulaient le remercier personnellement et l'embrasser.

Et ceux qui le souhaitaient ont pu prolonger la fête avec le pique nique partagé dans la joie, avec George bien sûr !

Oui merci George pour ta joie de vivre, ta proximité si fraternelle, merci de t'être fait l'un des nôtres et de nous avoir partagé tes richesses comme de petites semences qui vont porter leurs fruits. Merci pour le témoignage si fort que tu nous laisses. Au revoir... et à bientôt... Luçon, ce n'est pas si loin, tu te souviendras bien de la route, à moins que tu ne gardes tes bonnes habitudes avec Bla-bla car ! ;)


NB - On peut retrouver les textes de la nuit des églises, des interventions à la fin de la messe de dimanche ainsi que des photos sur le site de la paroisse St Hilaire de Fontenay.



lundi 16 mai 2016

Biennale 2016

Fidèle à sa renommée et à sa tradition la Biennale de Fontenay a enchanté grands et petits en cette Pentecôte 2016.

Organisée par le Comité des Fêtes de la biennale cette fête populaire habille les rues de Fontenay de couleurs, de musiques et de milliers de fleurs depuis plus de 150 ans. 67ème édition cette année.

La Biennale, comme son nom l'indique, c'est tous les deux ans, mais ce sont deux années de travail pour des dizaines de bénévoles. Des chars totalement renouvelés à chaque fois, repensés à zéro : thème, motif à représenter, confection des roses en papier (travail minutieux !), confection de la structure du char et collage des roses. Plus tard arrive l'élection des comtesses par quartier, puis pour la ville. De petites fêtes ponctuelles  qui préparent à la grande parade de la Pentecôte.

Pour cette 67e édition il n'y avait pas de thème précis, mais les dessins animés avaient la part belle : La reine des neiges, Bob l'éponge et les Minions... Et bien sûr les diverses fanfares et groupes de danse venus d'autres communes. Et les incontournables Espagnols, Moros y Cristianos, venus de Crevillent ville jumelée avec Fontenay depuis 1968. Leurs costumes et leurs musiques sont toujours impressionnants et attendus.

Les contrôles aux entrées de ville rappelaient que nous sommes encore en état d'urgence. Mais passées ces barrières, place à la fête, la bonne humeur, la musique et la danse, la beauté des chars, la grâce et le sourire infatigable des comtesses. Biennale 2016 tu nous as encore enchantés, sois remerciée ainsi que tous ceux qui ont contribué à un titre ou à un autre à ton succès. Même le soleil était au rendez-vous, balayant d'un coup la semaine pourrie qui avait précédé !

Chaque quartier de la ville avait choisi un thème et construit 2 chars chacun :
  • Irlande (Porte St Michel, Fontenay, Sérigné, Pissotte)
  • Sports mécaniques (Puits St Martin, Auzay, Longèves)
  • Vintage (Commerce, L'Orbrie, Bourneau)
  • La mer (La Gare, Les Moulins, Charzais)
  • La reine des neiges (Paradis, La Sablière, St Michel le Cloucq)
  • Bob l'éponge - Les minions (Centre, St Médard, Fontaines)
  • Force et douceur d'Asie (Les Loges, St Martin de Fraigneau, Doix).
  • Et le char de la ville de Fontenay avec ses élégantes comtesses et qui cette année a innové avec de vraies plantes vertes.
 

Et LA photo, exclusivité Cybersister !
Les reines de Fontenay ont posé spontanément et uniquement pour moi, sympa non ?
Photo unique. Droits réservés, of course !


Photos et vidéos de la biennale 2016








Biennale 2016 (1) .






Biennale 2016 (2) .




Biennale 2016 (3) .




dimanche 7 février 2016

Clôture de l'année de la vie consacrée en Vendée

L'année de la vie consacrée, voulue par le pape François, commencée le 30 novembre 2014 s'est terminée solennellement en Vendée le dimanche 31 janvier par une journée diocésaine festive ouverte à tous à St Laurent sur Sèvre.

Au terme d'une année dynamique et dense, à la rencontre des gens, selon des propositions audacieuses et parfois aussi drôles que profondes, l'équipe de pilotage a voulu terminer l'année comme elle s'était passée : dans la joie.

"Venez vous réjouir avec nous
de la Vie que Dieu nous donne"
disait le tract d'invitation qui s'adressait à tous :
"Tous invités"

De nombreux ateliers étaient proposés aux participants pour la découverte de la vie consacrée et des diverses familles religieuses, prière, témoignages de consacrés et échange avec eux... Des montages ont permis de rappeler les différentes propositions qui ont jalonné l'année et faire revivre le désormais célèbre Dodoche tour (voir ci-dessous ces 2 montages).

En début d'après midi concert de pop louange avec le groupe Etincelo ou possibilité de faire le parcours Montfortain à l'occasion du 300ème anniversaire de la mort du Père de Montfort ou encore de passer la porte sainte de la Basilique St Louis Marie.

La journée s'est terminée par une messe d'action de grâces présidée par Mgr Castet qui, dans son homélie, a invité les consacrés à être des oasis de la miséricorde et les a remerciés de nous aider par leur amitié, leur présence et leur soutien à mieux devenir chrétiens.

Homélie de Mgr Castet

Intervention du Père Ephrem Tenaud en fin de célébration

Photos de la journée à St Laurent (photos Frère Jean-Marie de la Croix)






Rétrospective de l'année de la vie consacrée






Rétrospective du Dodoche tour







mercredi 23 décembre 2015

Noël sans toi...

Il y a quelques mois
par un beau matin de printemps,
sans prévenir, sans rien dire,
tu nous a quittés.
Comme ça, tout d'un coup, sans raison.
Premier Noël sans toi...

Ça ne devait pas se passer comme ça,
ce n'était pas prévu ainsi.
Tu étais le plus jeune de nous trois,
et de loin,
tu étais mon petit frère, mon filleul aussi.
Premier Noël sans toi...

Je ne peux même pas
aller te faire une visite au cimetière,
me recueillir sur ta tombe :
il n'y a pas de tombe.
Nous avons respecté ta volonté,
tes cendres reposent au pays du Mont Blanc.
Premier Noël sans toi...

Tout à l'heure, en traversant la place,
les haut-parleurs crachaient doucement Petit Papa Noël.
Va donc savoir pourquoi
ça a fait gicler
les larmes que j'avais déjà du mal à contenir.
Regard étonné de l'ado que je croise.
Premier Noël sans toi...

Petit Papa Noël,
c'est un des chants de notre enfance,
c'est le tourne disque, la radio,
qui passaient en boucle
l'incontournable Tino et ses Noëls
et qu'on fredonnait avec lui.
Premier Noël sans toi...

Parce que Noël
ce n'est pas une fête comme les autres.
Tous ces chants, partout,
ces lumières et illuminations,
cette douce fébrilité, prémisse de fête.
Il n'y a que Noël qui nous offre ça.
Premier Noël sans toi...

Parce que Noël,
c'est la fête de la famille,
c'est le bonheur d'être ensemble.
Mais là, ce sera
Premier Noël sans toi...

Il y a quelques mois...
mais ce parfum de Noël
qui nous enveloppe a rouvert une plaie
pas même cicatrisée.
Premier Noël sans toi...

Et ta foi ?
Et ton espérance ? me diras-tu...
Elles me disent que la vie continue autrement,
que la mort n'aura pas le dernier mot,
qu'on se retrouvera...
Mais, que veux-tu,
elles ne te remplacent pas...
Premier Noël sans toi...
Premier Noël autrement avec toi...



samedi 14 novembre 2015

Pray for Paris

Ce soir-là j'avais bouclé l'ordinateur de bonne heure, préférant bouquiner à surfer.
Le lendemain matin, quand le radio réveil s'est mis en marche, encore dans un demi sommeil, j'entendais des propos bizarres : 120 morts, 200 blessés, Bataclan, Paris... ce n'était pas encore l'heure des infos, je croyais entendre le récit d'un événement lointain et pourtant je sentais émotion et stress dans les voix. Il m'a fallu du temps pour réaliser que "ça" s'était passé dans la nuit. Pour la mise à jour les réseaux ont ensuite bien fait leur boulot.

Un choc national et mondial incontestable. Un élan formidable de soutien, de solidarité avec les victimes et tout le peuple Français.
Et en même  temps cette impuissance qui nous envahit : que faire ? A notre niveau, surtout si on est loin, on ne voit  pas grand chose qui paraisse efficace. Pourtant un certain nombre de petits gestes qui en soi, apparemment, ne changent rien, mais qui tous ensemble manifestent solidarité, refus de la violence : une bougie sur la fenêtre, une minute de silence, les cloches des églises qui sonnent. On a vu ça pour le 7 janvier, on le voit à nouveau pour ce 13 novembre.

Et puis il y a la prière. Une initiative des évêques, bien et rapidement relayée dans les paroisses. Des temps de prière sont proposés dès aujourd'hui et les jours suivants : chapelet, veillée de prière, messe... Certes la prière ne nous rendra pas nos morts, ne guérira pas les blessés. Et cela a pu susciter quelques réactions agacées (voir tweets ci-dessous). Mais la prière pour changer notre cœur et ne pas céder à la violence, à l'esprit de vengeance qui engendre l'escalade. Dans son message le Cardinal Vingt-Trois invite à prier pour notre pays afin qu’ensemble nous demeurions dans l’unité et la paix des cœurs. [...] que personne ne se laisse aller à l’affolement ou à la haine. Demandons la grâce d’être des artisans de paix. Nous ne devons jamais désespérer de la paix, si on construit la justice.

Non, la prière ce n'est pas un truc bisounours. C'est à la fois reconnaître notre pauvreté face aux événements et implorer la grâce de Dieu pour apaiser nos sentiments de violence et de vengeance. Et en cela elle nous engage à être bâtisseurs de paix au quotidien. Bisounours, ça ? La grâce que nous demandons,  Dieu ne manquera pas de nous la donner, mais elle ne nous dispense pas de nous retrousser les manches...



dimanche 1 novembre 2015

Des rameaux à la Toussaint ?

Ça a commencé par une petite phrase sur un réseau social. Un jeune diacre y rapportait une question qui lui était posée en cette veille de Toussaint : "Excusez-moi mon père, vous n'auriez pas des rameaux ?". Question qui a suscité étonnement et quelques moqueries.

Certes il y a lieu de remettre les pendules à l'heure et de rendre à chaque fête ses symboles et ses signes, mais je m'explique facilement la confusion.

Le dimanche qui précède Pâques, dimanche des Rameaux et de la Passion, l’Église fait mémoire de l'entrée triomphale de Jésus dans Jérusalem. Il est fêté et acclamé par les gens qui étendent des palmes sur son passage. Aujourd'hui, habituellement, les palmes sont remplacées par des rameaux de buis.

Ces rameaux de buis, toujours vert, pour acclamer Jésus qui va mourir et ressusciter, sont aussi symbole de vie et de résurrection ; dans nos maisons ils seront déposés près d'un crucifix. Ce buis béni est symbole de la vie qui renaît de la croix, de la foi en la résurrection, de l'Espérance que la vie triomphe de la mort.

Les rameaux sont aussi parfois déposés sur les tombes, une façon d'associer nos défunts à cette espérance en la résurrection.

Et voilà comment j'explique la demande ci-dessus de rameaux pour la Toussaint. Puisqu'on met les rameaux des Rameaux sur les tombes, pourquoi n'y aurait-il pas des rameaux pour la Toussaint, où l'on a coutume de se rendre sur les tombes de nos proches ? Sauf que le jour des Rameaux ce geste prend son sens dans la célébration qui le suscite et qui n'existe pas à la Toussaint, il n'a plus de sens à ce moment-là.

De rameaux de buis dans les cimetières je n'ai point vu, mais j'ai vu de magnifiques potées de chrysanthèmes de toutes les couleurs. Elles sont signes de souvenir, de respect, d'affection, de tendresse envers les défunts. Ils sont magnifiques les cimetières en ce moment.

lundi 5 octobre 2015

La paroisse comme une famille

C'est désormais bien rôdé, un dimanche proche de la rentrée est consacré à la fête de la paroisse. Difficile en septembre cette année mais le premier dimanche d'octobre fait l'affaire, et c'est plutôt heureux.

4 octobre, ça fait penser à St François d'Assise, bonne fête aux François (et on en connaît plein). St François ça évoque sa belle prière,  Seigneur fais de moi un instrument de ta Paix et ça fait penser aussi à l'encyclique du Pape François Laudato si'.

4 octobre 2015, c'est aussi l'ouverture de la seconde session du Synode sur la famille avec une très belle homélie du Pape François.

Et donc 4 octobre 2015, fête de la paroisse sur le double thème de l'eau et de la famille (évident, non ?)  La paroisse, une famille de familles, pour reprendre une expression du Pape François.

La journée s’ouvre dès 9 h par un jeu de piste pour les volontaires et en particulier pour les enfants du caté qui font leur rentrée.
Enfants, jeunes et adultes se sont retrouvés nombreux autour des chamboule-tout, des phrases bibliques pêle-mêle à remettre en ordre, de la charade qui dévoile une parole de Jésus,
et aussi le brainstorming sur le mot eau, les coloriages, les plantations de crocus que l’on retrouvera bientôt en jeunes pousses dans les groupes de caté,
le coin lavement des mains où les parents lavaient symboliquement les mains de leurs enfants...
tandis que de très sérieux adultes s’offraient une explication des vitraux de l’église, questionnaire à l’appui !

La messe qui a suivi était riche de toutes ces recherches et rencontres, animée par la chorale St Hilaire. L'église au joli fleurissement enrichi des plantations faites par les enfants et de leurs coloriages.

Non moins animés et joyeux, chacun selon son genre, le verre de l’amitié et le pique nique couronnés par une tombola aux lots nombreux et variés dont plusieurs étaient des objets conçus et fabriqués par les élèves de la section bois du Lycée Notre-Dame : un vélo enfant (en bois bien sûr !), une étagère, un escabeau 3 marches...

Belle journée en famille(s). Merci à tous ceux qui ont donné de leur temps, de leurs idées, de leurs talents pour que la fête soit belle !

Et la réponse à la charade au cours du jeu de piste :

Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie (Jean 20, 21)





dimanche 27 septembre 2015

Un cierge pour prière


C'était le cœur de la messe, le moment le plus important : la consécration et l'élévation. Il s'est avancé du fond de l'église, comme s’il n'y avait personne et comme s'il ne s'y passait rien, jusqu'à la statue de la Vierge. Il a mis une pièce dans le tronc, et ça a résonné... pris un cierge qu'il a allumé aux autres et qu'il a posé sur le plateau. Il est resté quelques instants, le regard fixé sur Marie, puis il est reparti comme il est venu. Pas un regard ailleurs, ni même vers l'autel et ce qui s'y passait.

Et ça m'a effleuré l'esprit : quand même c'est la consécration ! (sous entendu : il pourrait au moins avoir une attention à ce qui se passe là). Bien sûr nous les cathos pratiquants très réguliers, qui connaissons la liturgie sur le bout des doigts et qui savons mettre en ordre les diverses dévotions ça peut nous déranger un peu. Nous les cathos au long cours on sait qu'à ce moment le plus important de la messe tous les regards et toute l'attention doivent se tourner vers l'autel et que ce n'est pas le moment de faire autre chose. Mais que puis-je savoir des intentions de cet homme, de sa foi, de sa recherche, des soucis qu'il est venu déposer... à moins que ce ne soit une action de grâces ?...
C'est tout simplement cette piété populaire qui en nourrit certains et dont on ignore ce qui les habite quand ils accomplissent ces gestes. Gestes non moins profonds pour qui les accomplit avec conviction et qu'on risque de qualifier de superstitions si on leur retire l'esprit de foi dans lequel ils ont été accomplis.

Et pour cet homme, ce matin, c’était sa façon à lui de prier, toute modeste, et probablement ignorant de ce qui se passait à côté. Il est parti, son cierge a continué à brûler comme poursuivant sa prière (cf ci-dessous). Et moi aussi je l'ai relayé dans sa prière, le prenant dans la mienne.

Quelque part ça me faisait un peu penser à l'obole de la veuve dont parle Jésus (Marc 12, 41-42). La foule et sa richesse, la pauvre veuve qui n'a que deux petites pièces à donner...





samedi 22 août 2015

Vœux perpétuels

Ils sont venus de toute la Vendée, et même de beaucoup plus loin pour être témoins de l'engagement définitif d'Anne-Lise et Anne dans la vie consacrée, pour les entourer de leur amitié et de leur prière. Famille, amis, religieux et religieuses, prêtres, collègues, enfants de l'école, compagnons d'études et d'aumônerie... Bref, tous ceux qui avaient fait un bout de chemin avec elles.

Une célébration joyeuse et priante, qui en a ému plus d'un par le sérieux et la simplicité du témoignage de ces deux jeunes. Des chants dynamiques, joyeux, confiants et pleins d'espérance, une assemblée participante et complice.
C'est au cœur de la célébration eucharistique de ce dimanche 16 août, à Challans, présidée par Mgr Castet, évêque de Luçon, que se situe le rite de la profession perpétuelle.

A l'appel de son nom par la supérieure générale chaque Sœur répond me voici et s'avance dans le chœur. Un dialogue va alors s'engager avec la supérieure générale d'abord puis avec l'évêque. En répondant chacune leur tour aux questions qui leur sont posées elles expriment publiquement le sens de leur démarche, à quoi elles s'engagent et quels moyens elles se donnent pour être fidèles à leur parole, avec des mots d'aujourd'hui, les leurs, aux couleurs de leurs insertions dans la société et l’Église, compréhensibles par tous. Ce n'est pas un texte standard passe partout, mais un vrai témoignage et engagement personnel (un poil pédagogique en même temps).

Devant Dieu et l’Église, devant vos parents, vos amis, vos sœurs de la Congrégation ici présents, voulez-vous dire le sens de la démarche que vous faites aujourd'hui.
Avec ses propres mots chacune exprime sa découverte progressive de l'amour de Dieu pour elle et pour toute personne. Les années d'engagement temporaire, dans l'activité professionnelle, la mission confiée, la vie consacrée elle-même, ont été pour elles chemin de vie et de bonheur dans lequel elles reconnaissent un appel du Christ, et dans lequel elles décident de s'engager définitivement.    

Le baptême engage toute personne à suivre Jésus-Christ. Vous, vous choisissez de le suivre dans la vie religieuse apostolique. Pouvez-vous dire ce à quoi vous vous engagez en Église ?
Chacune  peut ici préciser en particulier à quoi l'engagent les vœux religieux. L'obéissance dans le dialogue avec les responsables, la pauvreté dans une vie simple et sobre, de partage et de mise en commun, sûres que le bonheur est relationnel et non matériel, que toute personne est plus riche de ce qu'elle est que de ce qu'elle a ou fait. Le célibat consacré choix du Christ comme seul amour, laissant un cœur disponible pour accueillir chacun à la manière de Jésus.

Dans un monde où il est facile de se laisser entraîner par des séductions de toutes sortes, quels moyens seront les vôtres pour répondre chaque jour à votre vocation ?
A nouveau, chacune, consciente de ses limites et de ses faiblesses, se donne des moyens pour la route : prière personnelle et communautaire, sacrements, accompagnement et retraites, temps de partage divers, ouverture aux autres.

Et comme tout le monde elles ont leurs limites et leurs seules forces ne suffiront pas, l'assemblée invoque ceux qui nous ont précédés dans l’Église et ont été témoins de l'évangile en leur temps. Anne-Lise et Anne se prosternent en signe d'abandon et de disponibilité au service de tous dans l'amour du Christ pendant le chant de la litanie des Saints.

Elles reçoivent ensuite chacune un cierge, allumé au cierge pascal, signifiant que la consécration religieuse s'enracine dans la vocation baptismale, et prononcent les paroles de leur engagement : [...] je choisis de suivre Jésus-Christ, bien librement, de tout cœur, en m’engageant par les vœux d'obéissance, de pauvreté, de chasteté, pour toujours [...]

Dernier signe du rite de la consécration religieuse : l'anneau. Mgr Castet bénit les anneaux qui seront remis aux Sœurs par la supérieure générale : "... reçois cet anneau, symbole de l'alliance d'amour réalisée entre Dieu et notre humanité dans le Christ, et rappel dans le quotidien de ta consécration au Cœur de Jésus". Et l'engagement, en retour, de la Congrégation qui accueille définitivement chaque Sœur : "Tu fais définitivement partie de notre famille religieuse. Désormais tu auras tout en commun avec nous." A leur premier engagement elles avaient reçu la croix, signe visible de leur consécration, lors de l'engagement définitif elles reçoivent l'anneau, symbole d'alliance.

En guise de conclusion de ce long billet, je reprendrai seulement quelques réactions saisies à la volée à la sortie de l'église : 
- un moment de joie et des cœurs touchés, retournés par cette belle et grande célébration 
- moment de grâce et de joie profonde
- sur vos visages se lisaient la joie de ce moment. Magnifique
- merci Anne-Lise et Anne pour cette célébration priante et joyeuse qui redit au monde qu'on peut vivre pour Dieu seul
- heureuse d'avoir été témoin de votre engagement à toutes les deux
- [cette célébration,] un morceau de ciel
- je suis un peu en conflit avec l’Église et j'y allais un peu à reculons... j'ai été surprise, très marquée par cette célébration, ça me fait réfléchir.

jeudi 13 août 2015

Elles s'engagent définitivement

Depuis plusieurs mois, avec quelques autres jeunes consacrés,  elles ont arpenté les routes de Vendée au volant de leurs fameuses dodoches. Elles sont allées à la rencontre des gens, dans leurs paroisses, sur leurs terres, elles ont témoigné de leur joie de vivre et de leur engagement dans la vie religieuse. Vous les avez certainement rencontrées et vous n'avez pas été déçus.

Anne et Anne-Lise

Cela se passait généralement un samedi ou 4 jours d'été sur les plages de Vendée. Et le reste de la semaine, que faisaient-elles ? Anne-Lise travaillait aux admissions de l'hôpital de Challans et Anne enseignait à l'école de Nieul-le-Dolent. Chacune une profession exercée au milieu de collègues, de patients, d'enfants, un peu comme tout le monde. Et pourtant pas tout à fait comme tout le monde : leur travail, leurs rencontres, leurs joies et leurs peines sont marqués de leur engagement à la suite du Christ dans un souci de proximité et de solidarité selon l'esprit de la Congrégation.

Après plusieurs années de formation, et d'engagement temporaire, au cœur de l'année de la vie consacrée, Anne-Lise et Anne ont choisi de répondre pleinement à l'appel de Dieu dans leur vie et de se consacrer définitivement à Lui dans la Congrégation des Sœurs des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie. Elles nous invitent à être témoins de cet engagement et de les accompagner dans cette démarche par notre présence et notre prière

dimanche 16 août 2015
à 10 h 30 en l'église de Challans (Vendée)


Ne manquons pas ce rendez-vous !


La Congrégation des Sœurs des Sacrés-Cœurs au fil du temps

La Congrégation est fondée en 1818 par Pierre Monnereau (1787-1856), curé de la paroisse des Brouzils (Vendée).
Pierre Monnereau est un prêtre passionné d’un Dieu qui aime toute personne. Aux lendemains de la Révolution française, il veut retisser, par cet Amour, les liens humains dans sa paroisse.
Il veut que chacun(e) soit touché(e) par la tendresse de Dieu. Il fonde la Congrégation des Religieuses des Sacrés-Cœurs avec des jeunes filles et leur institutrice Angélique Massé (cofondatrice). Il leur communique sa foi vive, son amour du Cœur de Jésus, son goût de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Il les associe à ses préoccupations de pasteur et d’éducateur. « Je les ai consacrées au Cœur de Jésus, qu’elles y fassent leur demeure » (Pierre Monnereau).

Présence dans le monde et en France.
La Congrégation des Sœurs des Sacrés-Cœurs est présente en France, au Canada, à Madagascar, en République Dominicaine, au Congo et à l'île de la Réunion. Les Sœurs travaillent à l’humanisation et à l’évangélisation dans un esprit d’amour, de proximité et de solidarité avec le peuple dont elles font partie. Elles privilégient les services d’éducation, de santé, de pastorale.

Aujourd’hui, des femmes et des hommes, de toutes conditions de vie les rejoignent comme "Associés" ; le message du Père Monnereau et la vie des sœurs les ont attirés vers la Source du Cœur de Jésus. « Venez à moi vous tous qui peinez ..." (Matthieu 11).

mercredi 22 juillet 2015

L'église de mon baptême

Église St Martin de Meudon

Pèlerinage à l'église de mon baptême en ce jour anniversaire de ce baptême, qui est aussi celui de ma fête. L'église aussi de ma première communion, de ma profession de foi...

J'admire la beauté et la clarté, la propreté de cette église de mon enfance si bien restaurée et entretenue. Le Christ du retable est toujours le même et me transporte quelques dizaines d'années en arrière, au siècle précédent.


Loué sois-tu Seigneur
pour la grâce du baptême
qui s'est épanouie dans la consécration religieuse.

Loué sois-tu Seigneur
pour ces fonts baptismaux
où l'eau du baptême a fait de moi ton enfant.
Ces fonts baptismaux où aujourd'hui je viens te redire ma foi,
et renouveler mon offrande de moi-même
avec notre prière de Congrégation.

Loué sois-tu Seigneur
pour tant d'années de fidélité,
la tienne bien sûr, parce que moi j'ai eu quelques absences...

Loué sois-tu Seigneur
pour les prêtres qui sont passés dans cette paroisse,
et en particulier ceux qui ont contribué à mon éducation chrétienne et à faire grandir ma foi, au caté, au patro, en Équipe de Technicien Chrétien...

Loué sois-tu Seigneur...

lundi 6 juillet 2015

La nuit des églises avec St Christophe

Pour cette 3ème nuit des églises (la 5e pour la France) nous avions rendez-vous à la petite église St
Christophe de Longèves.

La nuit des églises, cet événement voulu par l’Église Catholique de France et fixé au premier samedi de juillet, a pour double objectif d'ouvrir, ne serait-ce qu’une fois dans l’année, des édifices chrétiens qui sont fermés ou très peu ouverts, et de s’adresser en priorité aux communautés chrétiennes locales et aux habitants dont ces églises sont le cadre de leur vie quotidienne et qu’ils ne connaissent pas forcément.

Après l'église Notre-Dame (2013) et l'église St Jean (2014) c'est l'église St Christophe de Longèves que l'on a (re)découvert tout au long de la soirée. Tout d'abord, alors qu'il faisait encore jour, son histoire nous était contée par un Longévois de longue date. De la première église édifiée à la fin du Xe siècle il ne reste aucun vestige, et celle qui se dresse aujourd'hui sur le côteau depuis le XIIe siècle est au centre de l'histoire de Longèves, malmenée par les outrages des hommes et du temps.

Nous étions ensuite invités à entrer dans l'église au son de l'orgue, accueillis par les enfants de la chorale. Après la découverte du bâtiment lui-même l'histoire de St Christophe nous était contée : diapositives et mime avec les enfants. Christophe, ce géant qui s'était mis au service de Dieu et faisait traverser le torrent impétueux aux voyageurs. Un jour un enfant se présente pour passer le torrent. Christophe le prend sur ses épaules et s'étonne du poids de l'enfant. Celui-ci lui répond : "en me portant c'est le monde entier que tu as porté". Saint Christophe est ainsi devenu le très populaire patron des voyageurs à travers tous les dangers, notamment ceux qui utilisent des moyens de transport.
Le riche patrimoine de l'église nous était ensuite présenté : les vitraux de St Christophe, St Isidore (patron des laboureurs) et Ste Germaine, la croix en bois peint du début du XIXe, les chandeliers en bois du XVIIe et bien sûr la statue de St Christophe en bois polychrome du début du XIXe. Attirer notre attention sur la beauté et la richesse de ces objets qu'on ne voit plus tant ils font partie du décor, tel est bien le but de la nuit des églises.

La nuit venue les lumignons dispersés dans l'église lui donnaient un cachet particulier mais c'est toutes lumières allumées que la soirée s'est terminée en musique sur des morceaux de harpe et avec les chants de la chorale St Hilaire et de la chorale des enfants, ces derniers grimpés jusque dans la vieille tribune désaffectée. Toujours sur le thème de l'eau car Longèves tient son nom de la rivière aux nombreux méandres, du latin longa aqua, longue eau.

Un verre de l'amitié sur le parvis de l'église prolongeait la soirée et là c'était vraiment la nuit, les lumignons étaient restés à l'intérieur. Mais chacun a pu partager telle ou telle découverte, jusqu'à dire : je viens ici depuis des années mais je ne la connaissais pas cette jolie église.


Photos de la soirée




Chant à St Christophe


Nuit des églises 2015 - Longèves


Un jour, c'est un tout jeune enfant, portant la chevelure blonde,
C'est Jésus, le Sauveur du monde, dont le poids surprend le géant.
O saint patron, notre voix répète le nom puissant à l'heure du danger,
contre la grêle et la tempête, toujours daignez nous protéger.



dimanche 31 mai 2015

Quand la radio a rendez-vous avec le silence


En ce samedi matin RCF Vendée a programmé de planter ses micros en plein air sur la place du marché de Fontenay-le-Comte.
En ce même samedi matin, le Cercle de Silence de Fontenay a programmé son rassemblement semestriel en plein air sur la place du marché de Fontenay-le-Comte.

Le premier a prévu une animation sur les ondes évidemment, mais aussi une diffusion dans les rues de la ville tandis que le second a prévu, comme son nom l'indique, de rester en silence et de faire passer le message par le silence.

Quelques mauvaises langues se demandaient comment allaient cohabiter ces deux activités, apparemment opposées, au même moment au même endroit.

Tôt sur les lieux, car il y a du matériel à installer, RCF a débuté son émission à 10 h par l'interview de deux jeunes, Guillaume et Guillaume qui ont participé au 4L Trophy, interviewés par Claude Arrignon, pour l'émission Ça c'est du sport.

Et pendant ce temps le cercle de silence s'installait en silence au milieu de la place. Quelques panneaux explicatifs, une lumière au centre, et le cercle qui se constitue au fur et à mesure. Le silence pour interpeller les passants et réfléchir sur les traitements inhumains réservés aux migrants du seul fait qu’ils n’ont pas (ou plus) de papiers en règle. Le silence au milieu des badauds, qui provoque, suscite des questions, fait rejoindre le cercle pour un temps.

Et RCF continue son émission Samedi c'est permis, reportages dans différentes communes de Vendée. Aujourd'hui Fontenay. C'est au tour de M. le Maire et de M. le curé d'être gentiment titillés par Patrick Longchampt, directeur de RCF Vendée et animateur de l'émission. Jean-Michel Lalère, le maire, présente la commune, les réalisations et les projets de la municipalité. François Bidaud, le curé, est opportunément questionné sur le Cercle de silence qui se tient juste à côté, occasion d'en rappeler la signification et l'existence à Fontenay depuis mai 2011, il présente également les réalisations et les projets de la paroisse.

D'autres invités ont ensuite pris place derrière les micros, des entrepreneurs, Myriam Garreau, adjointe au maire et déléguée à la culture et l'émission s'est terminée par une interview du conseil municipal des enfants tout contents d'être eux aussi de l'interview.

En fin de compte radio et cercle de silence ont parfaitement cohabité, avec même une heureuse interférence lors de la présentation du cercle de silence au micro. Deux formes d'expression a priori opposées, qui ont fait passer leur message chacune dans sa singularité.

Retrouvez toute l'émission Samedi c'est permis avec le podcast RCF




Photos de la matinée



jeudi 28 mai 2015

Dans la dynamique de l'année de la vie consacrée

Assemblée des religieuses de la Congrégation en ce lundi de Pentecôte à laquelle les associés étaient également invités. Joie de se retrouver nombreuses (on était bien 200 !), venant de toutes les communautés de France, pour une journée fraternelle, avec en toile de fond et pour fil conducteur les trois axes de l'année de la vie consacrée :
  • regarder le passé avec reconnaissance, 
  • vivre le présent avec passion, 
  • embrasser l'avenir avec espérance.

Regarder le passé...
une histoire tissée de cinq histoires. Nous réapproprier notre histoire plurielle qui remonte jusqu'à 1652, découvrir nos histoires respectives qui se mêlent pour n'en faire qu'une. Et rendre grâces pour cette richesse. Chacune connaît l'histoire de sa propre Congrégation, mais pas très bien celle des autres Instituts accueillis successivement depuis 30 ans. Ce fut l'occasion de découvrir les points communs de nos différentes histoires faites par des femmes, de maîtresses femmes parfois, nous souvenir des souffrances endurées pendant les guerres, des disparitions de Congrégations générées par les lois de séparation au début du XXe siècle, des nouveaux départs, de l'élan missionnaire toujours en réponse à des appels de l’Église et de la société défaillante.

Vivre le présent avec passion,
là où nous sommes envoyées, comme nous sommes, avec nos moyens d'aujourd'hui et la passion de la mission.

4 témoignages nous étaient offerts de la part de 3 Sœurs et une associée à la Congrégation. Trois générations, 4 bonheurs de vivre. Quatre témoignages lucides et humbles, sans complaisance, avec un brin d'humour : un vrai cadeau. Chacune relisant son histoire à la lumière de l'Esprit : comment l'Esprit m'a guidée dans ma vie et me guide encore aujourd'hui ? 

Embrasser l'avenir avec espérance
avenir... futur... inconnu par définition... c'est continuer la route en se rendant disponible à l'inattendu de Dieu qui ne manquera pas de nous bousculer.
La mission, les "œuvres" comme on dit, notre mode de vie doivent être signes pour le monde aujourd'hui et demain. Comment sont-ils appelés à évoluer pour demeurer signe et être dynamisme renouvelé dans l’Église et la société de ce XXIème siècle ? Et en écho, à quelle disponibilité sommes nous appelées ?

Une journée riche de rencontres et de partages, au terme de laquelle nous sommes invitées à poursuivre la route, à embrasser le futur et accueillir l'avenir qui sera donné.