mardi 9 octobre 2012

Allégresse

Elle avait commencé à nous parler de Noëlle et Jacqueline il y a quelque temps, ses deux amies avec qui et chez qui elle allait passer quelques jours de vacances. J'avais écouté, distraitement, ce n'étaient que deux noms, des personnes que je ne verrai sans doute jamais. Même si, à travers ce qu'elle en disait je comprenais que c'étaient de vraies amies, et qui comptaient pour elle.

C'est pas la Suisse, mais ce sont de belles Alpes quand même
La perspective de les revoir l'emplissait de joie autant que de retrouver ses frères et sœurs. Ça promettait d'être un beau séjour, bien préparé, des visites, des retrouvailles, des balades en montagne, des veillées au coin du feu, car il fera déjà froid là-bas en Suisse. De temps en temps elle nous livrait un peu de ce projet de vacances soigneusement préparé sans en avoir l'air. Quant à moi j'étais toujours un peu lointaine.

Puis elle nous a dit que Noëlle et Jacqueline viendraient la chercher. Comment ? Faire toute cette route en voiture, traverser la France pour venir la chercher et repartir dès le lendemain !
  • Mais elles ont quel âge tes amies ?
  • 78 et 82 ans.
  • Ha bon !
  • Mais ça leur fait plaisir de venir, et la route ne leur fait pas peur
  • Oui, bien sûr !
Au fur et à mesure qu'on approchait du jour J les préparatifs continuaient, l'accueil des amies s'organisait, discrètement, mais tout se mettait en place. Une fois ou deux j'ai dû répondre au téléphone quand Noëlle a appelé. Voix souriante et dynamique... oui, oui, ça s'entend un sourire au téléphone ;-)

Elles ont donc pris la route dimanche matin, de Genève, et sont arrivées le soir, avec la pluie. Non seulement elles ont fait le déplacement mais elles sont arrivées avec un sac de spécialités suisses (hum, pas besoin de détails sur le contenu du sac, n'est-ce pas !). Et j'ai fait la connaissance de Noëlle et Jacqueline. Un régal. Nous avons dîné ensemble, chez nous. Un moment de bonheur. Les retrouvailles de ces trois amies, simples et sans exubérance mais denses de vécu ensemble. Et on s'est mises à parler comme si on se connaissait depuis des lustres.

Pourtant il a bien fallu arrêter pour aller se reposer : 800 km aujourd'hui, autant demain pour le retour, même à 80 ans ça demande un minimum de repos ;-)

Et ce lundi matin, elles sont toujours en pleine forme, prêtes pour le départ. Pas d'effervescence mais un rayonnement de bonheur contagieux. Je ne sais pas ce qui s'est passé, ce n'était pas un départ en vacances ordinaire. Je les ai accompagnées jusqu'à leur voiture et elles ont pris la route, laissant derrière elles comme une traînée de leur bonheur paisible. Il faisait encore un peu sombre, ça brouillassait, ça crachinait, mais il y avait du soleil dans les cœurs, des regards radieux et un brin rieurs, des visages lumineux et paisibles.

Bon voyage, bonnes vacances Lætitia !

Tiens, au fait... Lætitia, ça veut dire allégresse.


3 commentaires:

  1. cela ressemble bien à une véritable amitié que l'on voudrait éternelle sur notre terre et au delà. ZD

    RépondreSupprimer

Laisser un commentaire et sélectionner un compte ou "Anonyme"