mercredi 11 avril 2012

Leurs yeux s'ouvrirent

Blasés, écœurés, découragés, dépités... tous leurs espoirs déçus. La débandade des copains, les rumeurs dans tous les sens, le tohu-bohu autour d'eux, dans leur tête, et leur cœur lourd et blessé.

Ils prennent le large.
A quoi bon rester ici, tout est fini, il n'y a plus d'avenir pour eux.
Ça fait du bien de reparler de tout ça seulement tous les deux, même avec amertume, mais calmement.

Et c'est pas le gars qui les rejoint qui va les aider. Mais d'où il sort celui-là, même pas au courant de l'histoire. Cette histoire dont tout le monde parle pourtant.
Alors il faut tout lui raconter, depuis le début : tout ce qu'on avait vécu avec l'ami disparu, les missions, les pêches... parfois mouvementées, les connivences, les engueulades aussi, toute l'espérance qu'on avait mise en lui, et puis la débâcle, l'arrestation, la mort, et maintenant encore ce qu'on raconte et ces histoires de femmes. La déception, l'angoisse, l'incompréhension, l'horizon bouché...

Pourtant ce gars-là, il n'était pas au courant (enfin, qu'il disait) mais il leur a quand même raconté des trucs qui les ont aidés à comprendre ce qui venait de se passer. Bizarre ! Et ils se sentaient tellement bien avec lui qu'il l'ont invité à dîner avec eux : "Reste avec nous". Et puis il a fait des gestes qu'ils avaient déjà vus, des paroles déjà entendues, et là, ils ont compris. Tout. D'un coup.

Et retour chez eux au pas de course, au point de départ, au milieu des leurs, mais changés, transformés par la lumière de la Vérité, lumière du Ressuscité qui leur a juste laissé le temps de le reconnaître, et rien de plus. On ne traîne pas avec le Ressuscité, il faut le révéler tout de suite.

Ce besoin de prendre le large quand la vie est dense pour revoir, relire, comprendre, avec celui qui chemine à nos côtés, avec celui qui porte un autre regard, avec celui qui élève. Celui qui accompagne. Pour repartir...

 Jésus qui m'as brûlé le cœur
Au carrefour des Écritures,
Ne permets pas que leur blessure

En moi se ferme :
Tourne mes sens à l'intérieur.
Force mes pas à l'aventure,
Pour que le feu de  ton bonheur
À d'autres prenne !
Les Pèlerins d'Emmaüs - Arcabas

La Table où tu voulus t'asseoir,
Pour la fraction qui te révèle,
Je la revois : elle étincelle
De toi, seul Maître !
Fais que je sorte dans le soir,
Où trop des miens sont sans nouvelle,
Et par ton nom dans mon regard

Fais-toi connaître !

Leurs yeux ne t'ont jamais trouvé,
Tu n'entres plus dans leur auberge,
Et chacun dit: "Où donc irai-je,
Si Dieu me manque ?"
Mais ton printemps s'est réveillé
Dans mes sarments à bout de sève,
Pour que je sois cet étranger

Brûlant de Pâques !

(Texte de Didier Rimaud)



5 commentaires:

  1. Ce qui est bien chez toi aussi, c'est que le temps passe moins vite. Il n'est que 9h et des poussières. La journée ne fait que commencer !

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  2. c'est fou le nombre de gens qui lisent ici.

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  3. Oui, c'est bizarre, quelle affluence soudain ;-)
    Anne-Claire, Corine, David, je vois que vous avez bien lu un certain commentaire 71 d'un certain billet "Le silence feutré du lecteur" (http://davidlerouge.fr/index.php?post/2012/03/17/lacht%C3%A9com#c8660). Merci David d'avoir lancé ce sujet, ça a amené des réponses intéressantes.

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