dimanche 29 avril 2012

Piégé par les sondages

Les sondages, on sait bien ce que c'est : quelques personnes interrogées (selon des critères précis quand même) et on en tire une tendance voire un résultat. Et on y croirait presque. Mais les sondages c'est un peu comme la météo : y a des jours où c'est pas ça du tout. Alors on en prend, on en laisse, on oublie, on laisse filer.

Dernier exemple où les sondages se sont plantés : l’abstentionnisme au premier tour de la présidentielle. Ça devait être un taux presque record, plus de 20 %, voire 25 % même et plus (cf. La Croix), un des plus forts taux de la Vème République. Et dimanche soir, c'est pas tout à fait comme ça que ça se termine. Taux de participation plutôt satisfaisant. Enfin, les sondages étaient tellement pessimistes, que la réalité est rassurante.

J'en étais là, sans état d'âme particulier, quand je suis tombée sur l'édito d'un mensuel parti à fond sur l'abstentionnisme. A fond dans le sujet : les bureaux de vote des lieux en voie de désertification, désintérêt de la politique, l'abstentionnisme exprime un dépit vis-à-vis de l'action politique, individualisme, l'abstention un signe parmi d'autres du délitement du tissu social... La cata quoi. Pour un peu j'avais un doute sur les résultats officiels.

Dubitative, j'attrape une autre revue, un hebdo... (c'est peut-être important comme précision). Complètement à l'opposé, tout aussi à fond que le précédent, mais ici en relief là où c'était en creux dans le premier. Les Français aiment l'élection présidentielle [...] leur élection favorite [...] ils ont voté [...] il faut croire que nous sommes des incorrigibles passionnés de politique [...] le droit de vote est un bien trop précieux pour être délaissé [...]* on salue le sens civique des Français [il faut aussi se laisser interroger par leurs choix]. Serait-ce l'air du verre à moitié vide et du verre à moitié plein ?

Vraiment pas de chance. Les deux revues ont atterri le même jour dans ma boîte à lettres, et j'ai lu les deux éditos à la suite. De l'art de disserter aux antipodes sur un même événement. C'était presque amusant.

Pardon amis journalistes qui lirez ce billet... ne prenez pas ça pour une critique... Disons que le calendrier n'a certainement pas joué en faveur du premier édito... ou mauvais hasard.... Et puis là c’était facile ici de comparer et de s'en amuser.

J'ai envie de mettre cette anecdote en lien avec la journée mondiale de la communication... qui se tiendra dans quelques jours (dimanche 20 mai) où nous sommes invités (même si ce n'est pas directement le thème cette année) à avoir un regard critique (dans le bon sens du terme) sur les différents médias, à croiser nos sources d'information pour se forger une opinion, surtout quand les questions sont plus difficiles. Et puis on va pouvoir discuter de ça avec des journalistes dans notre table ronde du 11 mai prochain : les médias, info ou intox ?

* Au passage, je souligne qu'il y a 67 ans aujourd'hui les femmes votaient pour la première fois.

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