samedi 20 août 2011

Grand âge


 Dernièrement j'ai passé quelques jours avec une dame âgée et fatiguée. Chez elle, elle était déjà fatiguée, mais la perspective d'une escapade de quelques jours ne lui déplaisait pas du tout. Un petit changement d'air. Même si elle savait (et moi aussi) qu'elle ne sortirait pas beaucoup.

Mais sur place la situation s'est aggravée. Hospitalisation... Examens de toutes sortes... Inquiétude.. et enfin retour à la maison, sans changement notoire.

Et me voilà face à la maladie et à l'âge avec son cortège de misères... J'ai un énorme problème avec la maladie et la vieillesse en général, et je les fuis. Mais là, j'y étais affrontée de plein fouet, je devais y faire face, vivre avec. Impuissante, très maladroite, ne sachant quelle attitude avoir.

Comment comprendre, apprécier le degré de fatigue de l'autre ? Jusqu'où proposer (voire insister) une sortie, une visite, un peu de nourriture, une gourmandise... à quelqu'un d'anéanti et sans appétit ?
Si j'insiste un peu (maladroitement, c'est sûr) je la blesse et elle se ferme. 
Si je ne dis rien je me culpabilise de l'abandonner...

Comment trouver l'équilibre ? Ne pas capituler, ne pas se décourager... Accepter d'être simplement là, laisser passer le temps, sans s'imposer... Patience… Humilité... Difficile... c'est pas tout à fait le genre de la maison !

Comment rendre les menus services élémentaires à quelqu'un qui est habité par la peur de déranger ?

Souffrance de part et d'autre.

Et moi, comment serai-je lorsque je perdrai doucement ma si chère indépendance ? Comment j'accepterai qu'on m'aide, qu'on me rende service ?...

Quelqu'un ne disait-il pas déjà il y a 2 000 ans à son fougueux disciple :
"Lorsque tu seras devenu vieux
tu étendras les mains
et c'est un autre qui nouera ta ceinture
et te conduira là où tu ne voudrais pas aller".
(Jean, 21, 18 - Traduction TOB)
Si peu de mots pour dire le profond abandon auquel l'âge nous conduit.

3 commentaires:

  1. Bon courage.Beau texte et belle photo.LMB

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  2. On est là courage! FB

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  3. Merci pour ton texte,ta franchise. Démuni, oui, on l'est face à la maladie, à la mort qui approche,à la solitude qui entoure souvent la vieillesse, à la peur de déranger. Mais je suis certaine que ta présence a pu être importante, que de petits gestes parfois allègent le quotidien rendu douloureux par l'âge.

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