samedi 2 juin 2012

D'horizons différents, rassemblées pour la mission

Quand il y a fusion entre Congrégations religieuses on parle surtout de la Congrégation qui va disparaître. Normal : elle va disparaître, bientôt on ne parlera plus d'elle et c'est une réelle souffrance pour ses membres, même si à terme c'est pour des raisons très positives. J'ai déjà parlé de cela ici, et là et là enfin.

On parle moins de la Congrégation qui accueille. Pourtant ça doit lui poser aussi plein de questions. Et quand, de surcroît, elle en est à la 4e Congrégation accueillie, cela pose inévitablement la question de l'identité. Même si juridiquement parlant il y a disparition des petits Instituts dans le grand corps, chacun arrive avec son histoire, son patrimoine, ses richesses, ses pauvretés. Et cela on ne peut en faire fi.

J'avais entendu cette question dans la bouche d'une responsable... Juste évoquée, discrète à l’époque, mais qui a eu le temps de mûrir. Et quand se profile à 12 mois un Chapitre général, il peut être intéressant d'approfondir la question. Venant de nos horizons divers, comment constituer un seul corps ? A part Jésus-Christ (ce qui n'est quand même pas négligeable) quel point commun peut à la fois nous rassembler et être moteur de la  mission ?

C'est ce défi qu'ont relevé les responsables de la Congrégation des Sœurs des Sacré-Cœurs de Jésus et de Marie, en nous convoquant à un temps de formation-rencontre-partage-connaissance le week-end de la Pentecôte. Génération ciblée : les moins âgées(1), c’est-à-dire les Sœurs nées en 1940 et après. Parce que  cette génération-là a davantage la responsabilité de l'avenir de la Congrégation et de vivre au mieux le charisme qui l'anime.

Product box du groupe "Pierre de Bérulle"
Quel sujet allait pouvoir motiver et rassembler les 50 Sœurs moins âgées (en France) et des cinq Congrégations d'origine ? Le fondateur, évidemment, n'est pas "commun", mais "l’École Française de spiritualité a marqué de différentes manières les Instituts qui sont aujourd'hui la Congrégation des Sœurs des Sacrés-Cœurs" (M. H. Sachot).  

École Française de spiritualité... c'est quoi ça ? Vite fait, c'est le courant de spiritualité du XVIe/XVIIe siècle qui a inspiré notamment Pierre de Bérulle, Jean Eudes, Jean-Jacques Olier, François de Sales, Vincent de Paul, Marguerite-Marie Alacoque. Courant ascético-mystique qui a inspiré nombre de fondateurs d'instituts religieux, dont les nôtres (pour en savoir plus c'est par ici).  Ils ont été nourris de cette spiritualité qui les a fait vivre. Né bien après cette période le Père Monnereau (1787-1856) en a été nourri aussi et elle a marqué de son empreinte son action et sa prière.

Nous étions donc une petite cinquantaine, de 34 à 72 ans pour ce temps de réflexion, avec le Père Michel Meneau, Eudiste. L'ouverture aux maîtres de ce courant et le rapprochement avec les textes du Père Monnereau ont établi des liens entre eux et entre nous. Au-delà de nos histoires de Congrégations individuelles ils nous ont donné de nous retrouver sur un même chemin et de nous reconnaître dans un même fondateur. C'est cet enracinement commun qui sera notre force pour réaliser la mission de la Congrégation dans le monde et dans l’Église.

Ça c'est pour le contenu du week-end. Il y avait aussi la méthode, la pédagogie, avec entre autres la confection de la Product box que quelques unes d'entre nous avaient découverte lors d'une session en février dernier. Excellent pour fonder une équipe de travail. Équipes, d'ailleurs soigneusement composées et panachées... Et puis des temps de convivialité (comme on dit), de prière et de célébration, de détente...

L’objectif des responsables a-t-il été atteint ? Les attentes des participantes ont-elles été satisfaites ?
Il semblerait... à entendre les évaluations des unes et des autres. 
Personnellement j'ai été heureuse de cette rencontre et de ce temps de connaissance, même si je n'ai pas assimilé tous les noms, les visages, les lieux d'insertion. J'y ai perçu de l'ouverture et du dynamisme que j'espérais de la fusion. Un vent de Pentecôte a soufflé pour toutes..



(1) Je n'emploie pas le mot jeunes, même s'il y en a quelques unes, comme on le fait parfois dans les Congrégations religieuses pour désigner cette génération... la moins âgée... Je trouve déplacé et irrespectueux à l'égard des vraies jeunes d'employer ce mot pour des personnes qui ont 60 ou 70 ans.
(On a toutefois le droit de ne pas partager ce point de vue...)

2 commentaires:

  1. Bravo Cybersister ! La forme et le fond : OK
    Une sister qui aime lire tes blog. MH

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  2. Très bon ton C.R. Tout à fait d'accord avec toi pour ne parler des "jeunes religieuses"... en tout cas,nous, les "âgées", on s'y retrouve très bien, et dans ton "point de vue" et dans ton texte.
    G. Rezeau

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